Catégorie : Lieux

Où niche sainte Barbe ?

ou contribution à la conservation du patrimoine

Cette photo à été prise dans la traverse du Rieret qui mène de l’avenue Célestin Barthélémy à l’avenue Alexandre Philip. Ce nom de Rieret est celui du petit ruisseau, actuellement le plus souvent à sec, qui lui est parallèle. Le mot de Riéret dérive très vraisemblablement du provençal « riou », ruisseau.
   Sur la photo, une niche toute récente dédiée à sainte Barbe patronne des pompiers, des mineurs et artificiers. L’immeuble actuellement transformé en appartements était comme l’indique la plaque, le siège de la première caserne de pompiers du village.
   Grace soit rendue au propriétaire de l’immeuble qui a eu le bon goût de rappeler à tous ce pieux souvenir.

Les coutrons

Les coutrons ? Qu’es acò ?  Ce mot, vous ne le trouverez sur aucun dictionnaire il est spécifique à Fuveau, il fait partie du patrimoine local.

    Ce qui est plus connu en Provence  c’est une « androne », ça n’est pas non plus au dictionnaire mais cela désigne un passage couvert et privé  dont les us et coutumes locaux font que tout un chacun peut l’emprunter librement. L’androne la plus connue est celle de Sisteron (mérite le détour) mais à Gréoux par exemple vous avez la rue de l’androne,  également -entre autres- à Dauphin, à Mezel  et même dans le Gard. À Trets il y en a une célèbre mais localement cela s’appelle un « trou » et les Bassaquets (surnom des Tretsois) sont fiers de parler du « Trou de Madame Lion ».

    Revenons à Fuveau, les locaux appellent cela un coutron. On peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’une déformation de « traucon » (prononcer traoucon), petit trou en provençal. Nous en avons un magnifique que tout le monde connait, c’est tout simplement la porte de Bassac que parmi les habitants des vieux quartiers d’aucuns appellent encore le « coutron de Poli ». Plusieurs coutrons, connus des vieux résidents ont été murés et récupérés par leur propriétaire, ils facilitaient pourtant bien des raccourcis.

   Il en reste pourtant un, encore en service si l’on peut dire, il est presque au bout de la rue Barthélémy Niollon côté est. Certains l’appellent le « coutron de Piq » du nom de l’ancien propriétaire, à l’origine c’était le coutron de Minguin. Lorsqu’on l’emprunte, on a vraiment l’impression de rentrer dans un jardin privé, pourtant le droit de passage ancestral est toujours respecté et nous rendons hommage à son propriétaire actuel ainsi qu’à ceux qui l’on précédé.

Le coutron de Minguin

Et ci-dessous, voilà un page du journal municipal de juillet 2004 où A.H (Auguste Honorat) a publié un article sur les coutrons.

Le pont des Frères en polémique.

Petite polémique actuellement autour de ces deux ponts. Au premier plan le très vieux pont, que beaucoup appellent encore le pont de Bégude car un berger surnommé Bégude avait une petite bergerie à proximité. Le problème vient du fait que les propriétaires riverains en ont squatté l’accès alors que ce pont est un lieu public. Il n’est pas dans nos attributions de prendre position sur le problème.
Quant au pont sur le deuxième plan, c’est le pont des Frères baptisé ainsi en souvenir des Frères des écoles chrétiennes qui ont longtemps géré l’ancienne école Sainte-Barbe, actuelle Maison pour Tous à proximité. Il est en réfection, élargissement et consolidation en cet an de grâce 2012. Ce sont les Fuvelains (Daudet aurait dit les lapins) qui ont été étonnés. Lors de sa fermeture provisoire, affiches et communiqués officiels annonçaient la fermeture du pont des 3 Frères, appellation qu’aucun autochtone digne de ce nom ne connaissait jusqu’à ce jour. Après recherches, cela vient tout simplement d’une erreur d’un faiseur de cadastre qui avait unilatéralement mais malheureusement officiellement entériné ce nouveau nom, peut-être pour l’éternité car l’administration, aussi limitée soit-elle, est souveraine au-delà de la sagesse populaire et de la mémoire locale !

Une erreur similaire était survenue voici quelque vingt-cinq années avec le chemin de saint François, qui, de mémoire de Fuvelain, avait toujours été le chemin de saint Francet. Là, c’est un « responsable » d’un comité de quartier qui, très ignorant de l’existence de saint Francet, avait unilatéralement transformé le local saint Francet en un plus classique mais non local saint François. Il aurait dû lire Daudet, Le secret de Maître Cornille, entre autres, on y trouve Francet Mamaï, le joueur de fifre ! Heureusement, à Auriol et à Manosque saint Francet est toujours présent.

Bastide du Puget

La Bastide de Puget est une bastide provençale située sur le chemin de Bourtins à Meyreuil mais dans sa partie fuvelaine , dans le département des Bouches-du-Rhône (France).

Historique

L’établissement de la bastide est attesté depuis au moins le xviiie siècle, car elle a appartenu à Victor d’Hupay, philosophe et écrivain.

La bastide de Puget est maintenant une résidence hôtelière, entourée d’un parc de 4 hectares.

La bâtisse aurait vu naître le terme « communisme » dans son sens contemporain, créé par Victor d’Hupay dans son premier ouvrage de 1777 Projet de communauté philosophe, écrit dans cette bastide.

C’est dans cette acceptation définie par d’Hupay que Rétif de la Bretonne, qui entretenait une correspondance épistolaire avec le propriétaire de la bastide, repris les termes pour définir « le meilleur gouvernement », lequel « consisterait à mettre en commun tous les produits, tant des champs, des vignes, des prairies, des bestiaux de toute espèce ; que les produits des métiers, des arts, des sciences : de sorte que tout le monde travaillât, comme on travaille aujourd’hui, et que chacun profitât du travail de tous ; tous du travail de chacun. »

Source Wikipedia

Le pigeonnier de l’Espace Saint-Michel

Dominant le sud du village, l’Espace Saint-Michel offre à tous ceux qui veulent profiter d’un moment de calme un lieu tout à fait adapté. Tout près de la chapelle, ce pigeonnier extérieurement bien entretenu a une histoire qui n’est pas inintéressante. Construit vraisemblablement au  XVIIIe, c’était à l’origine un moulin à blé dont les coseigneurs successifs ont su largement tirer profit. Saisi pendant la révolution, il a été transformé en pigeonnier après une tempête qui l’avait décapité en 1839. Plus d’une centaine de boulins subsistent à l’intérieur au-dessus d’une partie de mur lisse.  La dernière rénovation, bien agréable à l’œil, a permis de l’adapter en espace scénique utilisé certaines soirées d’été.

Tiens, voilà les boulins !

Les fours à chaux ou à ciment

Voici ce qu’il reste d’un four à ciment exploité en limite de la commune jusqu’au début du siècle dernier. Les photos ci-dessus et ci-dessous sont celles d’un même four sous deux angles. Celui-ci se trouve au bord de la RN96 face au domaine de la Galère. On en rencontre beaucoup approximativement dans le même état sur les communes voisines de Gréasque, Belcodène, Peynier et La Bouilladisse. Ils utilisaient  le calcaire local pour le transformer en chaux ou en ciment et éventuellement en apport pour certains sols. 

Visible également au bord de la RN96 au niveau du chemin de la Lionne, ce monticule qui est le dernier reste de la dernière production de chaux de Fuveau.

Et voici un bonus, cette facture de chaux provenant du four de la Jacquasse. Celui-ci a récemment été rasé pour faire place à un lotissement. Ce document est rare et mérite une place dans notre musée virtuel.
Et ci-dessous l’acte de propriété de l’un des exploitants de ce four qui était domicilié sur La Bouilladisse.

Le Barrage

Avant le passage de l’autoroute A7, un barrage, maintenant totalement rasé et dont aucune substruction ne subsiste existait sur l’Arc au niveau de la barre de péage de l’autoroute. Son unique fonction en son temps était de dévier une partie des eaux vers un béal ou bief ou biaou qui alimentait le moulin de Bachasson sur la commune de Meyreuil.
Un autre barrage dont les substructions sont encore nettement visibles se trouvait quant à lui sur le Grand Vallat au niveau du lavoir. Celui-ci permettait d’alimenter le moulin de Barthélémy, une centaine de mètres plus bas.
Joël Honorat en a photographié les parties encore visibles et a même tenté une reconstitution de ce qu’il aurait pu être en son temps. Appréciez ci-dessous ce sympathique travail.
Dans son livre « Fuveau autrefois. Le temps des mineurs paysans », à la page 79, Michel Colon nous confirme l’existence d’autres barrages sur ce même ruisseau.

Vue générale et situation.

Détails de l’emplacement de la martelière.

Et une superbe tentative de reconstitution.

Cet extrait du cadastre de 1825 semble confirmer que la prise d’eau se faisait sur le « Vallat de Liman ».

La galerie et le lavoir

La galerie est un souterrain de 3000 mètres creusé de 1842 à 1846, par la compagnie Michel et Armand, pour permettre l’exploitation des mines de charbon situées au sud de Fuveau, à Belcodène et à Gréasque. Le principe consistait à drainer les eaux de ruissellement et à évacuer les eaux de nappes souterraines qui inondaient les chantiers.

La sortie de la galerie est située au pied du village (à proximité du lotissement « les Fontaines ») et remonte vers le sud. Lors des travaux de creusement, quatorze puits ont été aménagés pour évacuer les décombres. Le puits numéro 1 se trouve à coté de la Maison des Associations (puits en travaux en octobre 2002). Le puits numéro 10, nommé puits L’Huillier, est situé au lieu-dit Jas de Bassas. La galerie dessert ensuite le puits numéro 15, puis va rencontrer la « grande mine » qu’elle suivra en affleurement, sous le nom de « galerie des piémontais », jusqu’à se diviser en deux branches sous Gréasque.

Le débit d’eau à la sortie était considérable et variait, bien sûr, selon les saisons et les intempéries. Après de fortes pluies, il pouvait atteindre 100m3 par minute ! Le village a su en tirer parti : une roue hydraulique a été installée au puits 1 pour permettre aux habitants de s’approvisionner en eau potable à la force des bras, un moulin a été bâti en aval, et plus bas, les champs ont pu être irrigués.

Plus tard, une pompe hydraulique a été installée pour monter l’eau dans un réservoir de 60m3, situé dans la maison de « l’ancien four » (toujours existante aujourd’hui, face à l’église). Cette installation a permis la desserte en eau des premières fontaines du village.

Les mines fonctionnaient alors à plein régime, employant 300 fuvelains ; cette période de révolution industrielle fut pour Fuveau la première révolution démographique …et les pompes pompaient : jusqu’à 33m3 par minute au puits L’Huillier. Ces pompes à vapeur fonctionnaient avec le charbon qu’elles permettaient d’extraire, mais les rendements étaient mauvais : à plein régime, elles consommaient la moitié de la production ! De temps à autre, l’exploitation était interrompue pour cause d’inondations, les pompes ne suffisant plus ou s’arrêtant, elles aussi inondées.

En 1873, une nouvelle étape dans la modernisation a été franchie en construisant le lavoir
.
Cela permit aux femmes de laver leur linge dans de meilleures conditions.

Des lavandières professionnelles travaillaient pour le compte de leurs clients. La dernière d’entre elles, Madame Corti, exerçait encore dans les années 1950.

Une précipitation d’ampleur exceptionnelle inonda en 1886 le puits L’Huillier, détruisant en partie les installations : son exploitation fut alors abandonnée, mais la galerie continuera à remplir ses fonctions pour les autres puits de mines plus au sud.

Lorsque Monsieur Verminck acheta le château Freugier et les maisons qui étouffaient l’église en 1903, la commune eut l’idée de faire creuser sous la future place un bassin d’environ 350m3 alimenté par une toute nouvelle pompe à vapeur. Plus tard on la remplacera par une pompe électrique. Ce bassin a été comblé en janvier 2002 à cause des risques d’effondrement.

Grâce au bassin Verminck, la distribution de l’eau dans le village se développe au fil de la première moitié du siècle, puis à partir de 1960 sur toute la commune au travers d’un réseau d’adduction géré par la SEM. L’eau de la galerie, de moins en moins généreuse (arrêt des mines – creusement de la « galerie à la mer » – diminution des précipitations, dit-on) devra être complétée par des adductions depuis le canal à ciel ouvert (S.C.P.), afin de suffire aux besoins de la population.

Ce n’est qu’en 1985, que l’eau sous pression du Canal de Provence, intarissable, desservira les réseaux de Fuveau.

Notre galerie de Fuveau, la vraie, la souterraine, a apporté l’Eau et le Travail à plusieurs milliers d’Hommes. Moins brillante que la Galerie des Glaces, moins célèbre aussi, elle aura été tellement plus utile aux Fuvelains !

Le vieux lavoir.  

Voici un « classique » du patrimoine de Fuveau. Ce vénérable lavoir n’est pas encore âgé d’un siècle et demi puisque bâti seulement en 1873 après que la compagnie des mines ait creusé une galerie souterraine, dite galerie des Piémontais, destinée à évacuer les eaux de ses différents puits dans un premier temps en direction de Gréasque puis vers la mer. Il est bon et intéressant de préciser que ces eaux étaient relativement chaudes et rendaient plus agréable la tâche des lavandières. Elles se déversaient dans le ruisseau dit de la « Font des Prés » (anciennement de la Font des Pieds), lui-même se jetant dans le Grand Vallat dit parfois l’Alli ou Alic jusqu’au siècle dernier. Auparavant nos grands-mères faisaient leur lessive dans les ruisseaux surtout au niveau de la source de la Casserole (près du laboratoire actuel) et descendaient jusqu’à l’Arc pour les lessives importantes.

Dans son état actuel sur ce joli cliché de Flo Vatin,
et ci-dessous le plan établi en 1871.

Il se composait d’un rafraîchisseur, le « rafrescadou » et de deux bassins destinés au lavage proprement dit: les « lavadou », le petit bassin prévu sur l’extrême droite du plan en principe destiné au petit-linge n’a pas été construit.

Par la suite -nous sommes à Fuveau!- l’utilisation en a été contestée par les divers propriétaires riverains ainsi que par les utilisateurs des eaux du Grand Vallat en aval qu’ils soient mouliniers, fabricants de produits chimiques (usine de la « Potasse ») voire même agriculteurs arrosants. Ces diverses querelles sont contées avec de savoureux détails par Michel Colon dans son livre « Fuveau autrefois ». La dernière lavandière promenait encore son « charreton » de linge jusqu’en 1968. Après une malheureuse expérience d’utilisation comme vivier à poissons il est tombé en état de délabrement mais vient d’être agréablement restauré et peut constituer un sympathique but de promenade. Pour un peu prolonger la balade dans le passé, ont peut marcher une cinquantaine de mètres de plus pour découvrir sur la droite du Grand Vallat les substructions d’un ancien   moulin qui appartenait à Toussaint Barthélémy, celui-là même qui a vendu une partie de son terrain à la commune pour édifier le lavoir.. Celui qui se trouvait sur le même ruisseau au niveau de l’ex-coopérative vinicole était propriété de Corsin Suzanne.

Et pour le plaisir le lavoir dans son état vers 1970. La photo est due à Pirozelli qui exerçait en son temps son activité de photographe à Fuveau.

Cette carte postale est connue, son éditeur qui se cache sous une ancre marine aussi  mais elle a un intérêt particulier. Le pont sur le Grand Vallat est presque neuf et le lavoir est déjà caché par la végétation , la carrière de la Roucaoudo n’est pas encore ouverte mais regardez en plein centre de la photo ce moulin et sa (cheminée?). Il s’agit d’un bâtiment d’assez grande taille aujourd’hui rasé qui se trouvait sur la propriété Gontard (d’où le nom du chemin) et conséquemment juste derrière le lavoir, on peut supposer qu’ils utilisaient les mêmes eaux.
A l’extrème gauche de la photo, un autre moulin (Mouttet) devenu plus tard porcherie de Léon Roubaud et maintenant habitation au niveau du gué du Vallon.

Fuveau 1825

Nous voici au début du dix-neuvième siècle, Fuveau vient de sortir de ses murs et un vrai cadastre est dressé. Le voici avec une bonne visibilité, en bonus le nom des rues de l’époque et le nom actuel pour s’y retrouver. On remarquera l’ancien cimetière à la place de l’actuel Monument aux Morts : il n’a été transféré qu’en 1847 au lieudit Montplaisir plus connu maintenant sous le nom de La Calade. La porte au bout de la rue de Nice, actuelle rue Nationale n’est pas encore ouverte.

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales :

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales : https://www.archives13.fr/archive/resultats/cadastre/n:36?Rech_commune=Fuveau&Rech_typologie=Plan&type=cadastre
Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».


    Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».

Ci-dessous, une vue d’ensemble de ce plan détaillé

Mystérieuse cheminée – Saint Pol

Annie aime flâner sur les sentiers de colline de la commune. Elle vient d’y redécouvrir une bien mystérieuse cheminée  de forme tronconique du coté de la colline Saint-Pol. Précisément on peut la repérer sur google maps avec ces références :
43.467614,5.541201. Elle pose bien quelques problèmes quant à son ancienneté et son utilisation primitive sachant qu’il y avait à proximité et sur la même propriété, une fabrique de soude, a  t-elle servi à éliminer ou bruler des déchets toxiques ou tout autre utilisation ?

De bons spécialistes n’ont pu éclairer notre lanterne. L’un de nos lecteurs aura-t-il une information précise ? Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un four à chaux, ni d’un four à cade, alors quoi ?

Voilà l’entrée est de l’édifice sachant que la même entrée coté ouest a été murée.

Quelques travaux de défrichement à proximité laissent supposer que le paysage alentour pourrait évoluer.

Une étude particulièrement fouillée effectuée en septembre 2013 par par Monsieur André Gensel, éminent spécialiste régional de ce type de construction, des fours anciens en général et des norias, nous a été transmise.
En voilà ci dessous la copie.

FUVEAU – Colline Saint-Pol : le four et sa cheminée, mystère

Généralités et vue d’ensemble :

La structure n’apparaît pas sur le cadastre Napoléonien de 1829, elle est mentionnée sur le cadastre actuel , lieu dit Bramefan, parcelle 000CE5.

La piste charretière qui passe à coté est indiquée comme le Chemin de Gardanne à Fuveau sur le plan E3 de la section La Roquette, Cadastre Napoléonien de 1829 ; ce plan mentionne que nous sommes au quartier de la fabrique, la fabrique porte le numéro 1023 et la matrice cadastrale nous dit : fabrique de soude factice avec cour et relarge.

Le premier propriétaire est Vitalis Auguste et compagnie, puis son nom est rayé et remplacé par Menut Jean Philipe.
 

Nous sommes en présence d’une structure tronconique d’environ 3 m de diamètre et 4 m de hauteur, en grosses pierres calcaires non taillées et bâties au mortier de chaux et sable (ou terre) :

–        elle a été construite contre une barre rocheuse de 2 m de hauteur, orientée ouest-est et se prolonge dans la colline, cette barre rocheuse a servi de carrière pour la construction de la structure.

– les fondations qui reposent sur la roche mère sont réalisées en deux niveaux d’énormes pierres d’environ 200/300 kg, elles sont jointives et couvrent l’ensemble du sol d’emprise du four cheminée. Cette façon de faire garantie une parfaite stabilité à l’ouvrage (usure du temps, effets de pyrogénation, séismes) C’est ainsi qu’il n’y a aucune fissure dans le mur maître (circulaire) d’environ 0,50 m d’épaisseur.
 

En élévation se trouvent deux ouvertures de 1,50 m de hauteur et de 1,10 de largeur en face extérieure et 0,80 cm en face intérieure, elles sont en ogives solidement clavées. L’une est orientée face à l’Ouest (mistral) et l’autre face à l’Est.

Cette construction a été réalisée par des gens de métier et selon les règles de l’art (inclinaison du mur maître vers l’intérieur de la cheminée pour que le centre de gravité soit sur l’axe vertical du foyer).

De part et d’autre des deux ouvertures un escalier volant* a été inséré sur la face extérieure du mur eu utilisant des boutisses (grandes pierres longues et épaisses qui traversent l’épaisseur du mur). Ces deux escaliers s’arrêtent à hauteur des ogives clavées pour que la solidité de l’ensemble soit conservée.

La photo de l’intérieur de la partie cheminée montre la grande qualité du montage des pierres, seuls quelques coups de massette sont visibles.

*L’escalier volant est utilisé en Provence pour passer d’une restanque à l’autre, il n’occupe pas de place au sol.

Une grande pierre plate forme le seuil de l’ouverture Ouest, ce seuil donne dans le vide ce qui ressemble à un trottoir pour approcher une charrette afin de charger ou décharger le four. Au cours de l’extraction des pierres de la barre rocheuse un accès coté O

Au cours du temps, l’ouverture Ouest (mistral) a été obturée par un mur peu épais , non étanche et sommairement bâti au mortier, a été aménagé ce qui permettait de rejoindre le chemin Fuveau – Gardanne.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

Braconnerie de Saint Pol

Encore un bout du patrimoine de La Barque : la Braconnerie Saint-Pol sur la Nationale 96, bâtie en 1819 pour les responsables des fabriques de soude et de potasse de Fuveau puis transformée en élevage.
Au départ cette usine fut fondée par le sieur Menut, propriétaire par mariage de la Grand’Bastide et exploitée par un De Pouzier dont le nom s’est transformé en Dépousier. Il ne s’embarassait pas de principes pour exploiter un établissement particulièrement toxique et polluant. L’usine s’appelait la Marie-Gabrielle Saint-Paul pour devenir plus tard domaine Saint-Paul ou Saint-Pol. 
Consultez le document redécouvert par Max Derouen de Belcodène. On peut aussi consulter la page « cheminée ».

Intéressante cette vue prise sur le bas de la colline Saint-Pol et qui nous montre la plaine jusqu’à La Barque on l’appelait le quartier des Fabriques ou la plaine des Fabriques.

La Barque

Voici en préambule une notice sur La Barque et son pont antique tirée de l’excellent ouvrage de Jean Ganne : Châteauneuf -le-Rouge édité en 1998, I.S.B.N 2-9511683-0-6.

Voici ci-dessus une « vraie » photo de La Barque qui à l’origine ne se situait pas dans l’actuel croisement dit des Quatre Chemins mais une centaine de mètres plus loin en direction d’Aix. La maison la plus importante du petit hameau au premier plan, était appelée « Veuve Long » au milieu du dix-huitième siècle, c’est l’actuelle maison Féréoux.

Ce bâtiment qui abritait l’école de La Barque n’a pas changé mais en 1910, il était le seul construit sur la gauche du croisement dit des « Quatre chemins de La Barque » avec l’agence postale qui n’a pas changé non plus.  A cette époque personne ne disait « Je vais à La Barque » mais « Vau eï Quatre Camin », « Je vais aux Quatre Chemins ». Dans les nouveaux noms de rues et passages donnés au hameau, le nom des « Quatre Chemins » a été oublié de nos topographes.

Voici le bar-tabac de La Barque au temps où il était tenu par Madame Malet et où il n’y avait aucune borne au milieu du croisement et encore moins de feux tricolores. Madame Gaudry lui succéda dans les années 50 et fit installer devant une pompe à essence manuelle. Plus tard, Baudino, puis Del Rio, puis « Sylvain » puis Barielle s’y sont succédé. Il a plusieurs fois changé de mains depuis les années 2010

Le tabac après l’arrivée de la pompe à essence.

Et ci-dessus la borne qui a tant fait de victimes sur laquelle montaient des agents en gants blancs pour faire la circulation les jours d’afluence. Au second plan, la station-service toute neuve, nous sommes en 1954 !

La plus ancienne des cartes postales connues des « Quatre Chemins » c’est celle-ci, elle date de 1904. On y remarque une borne d’indication de direction située dans un coin du carrefour au niveau de l’actuelle station-service.

Voici en 1955 la grande borne au milieu du carrefour. Elle a été  responsable de nombreux accidents souvent très graves.

Très active au début du siècle dernier, elle est aujourd’hui en état de délabrement et le musée des trains qui était bien entretenu dans les années 70 fait maintenant triste figure. La ligne Gardanne – Carnoules créée en 1877 a été utilisée pour le transport des voyageurs jusque en 1938 et pour le transport de marchandises essentiellement la bauxite jusqu’en 1963. Elle est antérieure à la gare de Fuveau et lui a tant bien que mal survécu.
On remarquera au fond et à gauche de cette photo la maisonnette peinte par Cézanne en 1906.

En corollaire à ces photos, le  texte de loi rendant « d’utilité publique » la ligne La Barque – Valdonne ainsi que le copie du télégramme annonçant, vingt ans plus tard, la mise en chantier de la ligne !

Voilà deux photos du musée des trains au temps de son apogée. 

Une légende vraie à Château-l’Arc

Après deux ventes au cours du dix-neuvième siècle, Château-l’Arc est passé dans les mains d’une riche et noble famille au début du siècle dernier : les de Jessé-Charleval.
 En cet heureux temps, on vivait bien au domaine. Les propriétaires s’employaient à rénover la bâtisse ainsi que ses abords et les gens de Fuveau employés aux tâches ménagères étaient nombreux. Tous avaient accès à toutes les salles, sauf une. Située dans une des ailes du château, elle avait une particularité qui ne manquait pas de faire des envieux : le sol était recouvert de pièces d’argent à l’effigie de Louis le quinzième et, comble de la fortune ainsi que de l’attachement à la royauté, ces pièces étaient posées sur le chant. car ne fallait pas marcher sur la face du roi !
Malheureusement la fortune de la famille n’a eu qu’un temps,  déjà avant la dernière guerre, celle-ci était ruinée par les mauvaises affaires et lorsque Bernard Buffet leur à acheté le domaine en 1956, il n’y a pas trouvé de trésor, peut-être même n’a-t-il jamais eu vent de cette légende vraie dont témoignaient ceux qui avaient connu Château-l’Arc avant lui en particulier les descendants du personnel domestique.

Histoire de Château l’Arc

Vous trouverez ci-dessous la copie d’une publication écrite par Antoine de Jessi en 1940 sur l’histoire de Château l’Arc intimement mélée à celle des Boutassy et de leurs alliances, nous nous sommes contentés de scanner les onze pages qu’elle comporte.

Et ci-dessous un extrait de l’armorial général de France

Archéologie de proximité.

Lors de tous récents travaux de consolidation des voûtes situées au-dessous du monument aux Morts, derrière l’actuel mur de soutènement, nous est apparu l’ancien cimetière qui peut selon toute vraisemblance être daté du dix-huitième siècle à l’époque où le cimetière situé auparavant autour de la chapelle Saint-Michel a été transféré sous les murs du village. Avant que ce pan de mur historique ne retourne dans l’oubli, pour la mémoire, nous l’avons fixé sur la pellicule à toutes fins utiles.
Un petit rappel historique au passage sur l’actuelle Place du Souvenir Français dite couramment place du Monument aux Morts. Après l’interdiction d’utiliser comme cimetière les abords de la chapelle Saint-Michel, celui-ci fut transféré là en 1748 et c’est presque un siècle plus tard en 1837 qu’il trouva son emplacement définitif au quartier Montplaisir dit maintenant La Calade et la place qui fut aménagée prit le nom de Place Neuve.

Vincent FLO

Quand aurons-nous, une rue, des escaliers ou une salle Vincent Flo ?

Oui, ça y est ! C’est fait !  La partie de la D46 qui en dépit de toutes les constructions qui la bordent  n’avait pas de nom et que les vieux autochtones appelaient le « Tour des Frères » est depuis mars 2019 l’avenue Vincent Flo. Il était temps. Une petite cérémonie d’inauguration eût peut-être été de rigueur mais le principal est acquis. Bonheur pour le facteur, les riverains auront un numéro!

Voici le plus célèbre des disciples de Thalie fuvelain. Homme de théâtre connu dans l’entre-deux-guerres, époque qui l’a mené sur toutes les planches de l’hexagone, en particulier avec Marcel Merkes et Paulette Merval, il a  vu sa carrière brisée par l’occupation. Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo est revenu dans son village avec une passion intacte qui l’a poussé quasiment jusqu’à la fin de ses jours à monter des pièces, écrire des poèmes toujours dans un genre comique et remettre en selle la Pastorale en utilisant le plus souvent les structures du cercle Saint-Michel, seule  salle de théâtre du village à l’époque. 

En tenue de scène dans « Comme la lune ».

Ici avec le populaire Zè Vottero sur la scène du cercle Saint-Michel.

En 1947, il écrit Hyppolite et compagnie, une opérette qui sera jouée 10 fois entre juin et septembre de la même année à Saint-Savournin, Fuveau, Trets, Auriol, Gréasque, Mimet, Les Milles, Rousset et deux ans plus tard au théâtre d’Aix et à la salle Mazenod à Marseille. Succès ensuite avec Réséda, Le gang des trottinettes noires en 1950, Comme la lune en 51, Les tribulations de Cabasson en 1952, Les Bijoux de l’abbé Grégoire en 54 et Feux Fu-Fu début 55. Il monte l’opérette Les Cloches de Corneville au printemps 55 mais, pour des problèmes de « droits » celle-ci ne put se jouer, par dépit, il montera un pastiche : Les cornes de Clocheville.

Chemin de Villaret

Un Villaret, avec un L ou deux, est à l’origine un petit village. Si aucune commune ne porte ce nom en France, les hameaux et les quartiers de ce nom sont légion.

Pour le chemin qui nous concerne, il a été ainsi nommé car il menait vers les vignes de Vilaret,de son prénom, Silvy, de son nom. Ce brave employé de la SNCF avait reçu ce prénom original car un de ses oncles alors marin, avait trouvé la mort lorsque le bateau sur lequel il servait la France avait été coulé : ledit bateau était le VILARET.

Une autre fuvelaine avait si l’on peut dire subi le même sort , il s’agit de Senones ETIENNE, décédée au début 2006, dont un parent avait été tué lors de la bataille de Senones, un charmant village forestier des Vosges mais aucune rue ne rappelle à ce jour le nom de cette dame qui était la nièce du peintre Barthélémy Niollon.

A partir du quartier du Vallon, le chemin de Villaret monte vers les Escassades.

Charles Joseph VERMINCK

Sur cette carte postale colorisée de 1908, voici l’église et la statue en bronze de Charles Verminck qui lui fait face.
Hormis les statues à caractère religieux et le petit buste de Leydet sur la fontaine du Cours, c’est bien le seul personnage statufié du village.
Un belge statufié à Fuveau ! Ceci mérite quelques explications historiques.

Charles Joseph VERMINCK est né le 17 octobre 1799 à Poperinge en Belgique, gros bourg proche de la frontière française. On trouve également les graphies Poperingue et Poperinghe.

Orphelin à l’âge de cinq ans, il est élevé par le prêtre du lieu et ne connaît que la langue flamande. Il apprend la musique et l’orgue en particulier. Décidé à préparer la prêtrise il se retrouve d’abord en Picardie chez les trappistes puis à Mortagne dans l’Orne où il perfectionne ses connaissances en français et en latin. Une rencontre avec des Frères Gris, le mène vers Montrouge près de Paris où cette communauté a un couvent et dans la continuité, il se retrouve à Luynes près d’Aix-en- Provence où la dite communauté possède également un monastère. Le quartier des Frères Gris existe toujours entre Luynes et Aix. Il pose pied en Provence le 28 avril 1817. Il se sent plus attiré vers l’enseignement que vers le sacerdoce et parvient à obtenir d’enseigner dans quelques familles de Fuveau grâce à l’abbé Eymeric alors curé de la paroisse. Il obtient un tel succès que le 20 février 1824, il parvient à ouvrir la première école du village dans l’ancien château des Peysonnel, actuel Cercle Saint- Michel et à cette occasion il s’installe à Fuveau dans la rue des Lices actuelle rue Barthélémy Niollon. Il achète même une partie du Château pour prendre des élèves en pension et donne des cours du soir aux adultes. Il ne tarde pas à trouver l’âme sœur en la personne de Magdeleine Virginie BLANC née à Fuveau le 25 mars 1806 qu’il épouse le 21 novembre 1825. Elle lui donnera 13 enfants tous nés à Fuveau.

Charles Auguste Joseph né le 21 04 1827, armateur et bienfaiteur du village qui commanda la statue de son père.

Joseph Alexandre né le 30 09 1828

François Marius Frédéric né le 01 03 1830

Henriette Appolonie Magdeleine née le 10 03 1832

Joséphine Caroline née le 12 01 1834

Julienne Caroline Joseph née le 19 01 1836

Louis Charles Joseph né le 09 03 1837

Michel Marius Joseph né le 29 04 1838 

Victorine Jéromine Joséphine née le 30 04 1840

Félicie Appolonie Alexandrine née le 20 11 1842

Rose Henriette née le 23 12 1843

Marie Michèle Joséphine née le 05 03 1846

Casimir Marius Charles né le 15 03 1848

Malheureusement il perd son épouse le 17 12 1849 mais son action pour l’enseignement de la jeunesse du village continue au moins jusqu’en 1860 quoique d’autres écoles se soient ouvertes entre-temps.

Il meurt chez son fils aîné à Marseille le 01 mars 1880. Ce dernier commande alors la statue de bronze que nous connaissons pour la mettre d’abord devant son château à Calissane près de La Fare-les-Oliviers mais sur la commune de Lançon. Lors de la vente dudit château en 1902, il la fait transporter pour orner la place de l’église devenue à cette occasion place Verminck.

La statue de Charles Verminck dans son emplacement originel au château de Calissane

Nouvelle de mai 2003 : les hasards de la vie et les nécessités du travail ont conduit un descendant de notre illustre instituteur à s’installer tout récemment au village.

NB: d’autres vieilles photos de la statue de Verminck sont dans la page  » encore des cartes postales »

Chemin de la Tuilière

Le chemin de la Tuilière se trouve sur la portion de route qui provisoirement  rejoint le hameau de La Barque au CD6 en direction de Gardanne, effectivement, la campagne qui se trouve au bout du chemin est bien la campagne « La Tuilière » et ce depuis toujours. Ceci nous amène à une hypothèse qui ferait   penser que le nom de ce chemin évoque une page particulièrement ancienne de notre terroir, à méditer après un clic sur ce lien 

Eh oui, l’ancienne tuilière redécouverte relativement récemment a vraisemblablement donné son nom à ce chemin et à cette campagne. Ceci n’est certes qu’une supposition mais elle est bien jolie !

Chemin de Tratra

Au dix-neuvième siècle, le dernier seigneur de la Grand’Bastide, le sieur Menut de la Verdière, héritier par sa mère née de Boutassy de la partie ouest du domaine de Château-l’Arc qui s’étendait jusqu’à la Grand’Bastide, a considérablement diminué son patrimoine en vendant de fertiles parcelles de terres agricoles. Sur l’une d’elles, un certain Joseph Policarpe Barthélémy dit Tratra, peut-être parce qu’il faisait « beaucoup d’embarras », construisit une petite ferme. Celle-ci est depuis longtemps devenue habitation mais le nom du lieu est resté et tout récemment, la propriété Tratra à donné son nom au chemin qui y conduit et qui dessert d’autres habitations toutes relativement récentes.

Voici, tirée de l’éphéméride d’un parent de son épouse une preuve de l’existence dudit Tratra né le 26/01/1811 à Fuveau et marié le 08/10/1836 à Marie Virginie Barthélémy dite Nini de Vive. 

Impasse de la Taize

Devant la prolifération des constructions le long du chemin de Masse, il est devenu indispensable de créer de nouveaux noms de voies et cette tâche a été réalisée avec goût. L’impasse de la Taize, le chemin des Clapiers méritent une explication intéréssante.

La teso, c’est la résine en provençal et cela peut nous mener sur une fausse piste, celle des résiniers qui sévissaient aussi dans ce quartier. Le dernier résinier de Fuveau était Monsieur Pougnasse, il travaillait avec un Négrélien, Monsieur Tauziat dont l’épouse tenait le café de Chateauneuf-le-Rouge.

Il nous faut rapprocher le mot du verbe provençal tésa, tendre. Une taize était en fait une tenderie, filet destiné à capturer les oiseau dans les passages encaissés ce qui est le cas ici. Nous avons eu confirmation de cette hypothèse à La-Fare-les-Oliviers où l’on trouve le chemin des Taizes, une voie aussi encaissée qui descend vers l’Arc. Et pourquoi un ruisseau où une rue ne porterait pas le nom d’un piège ? Quand on pense qu’à Luynes on trouve le quartier du Quatre-de-Chiffre !

Pour mieux situer ce ruisseau de la Taize, c’est celui qui passe sous le petit pont en bas de l’avenue Alexandre Philip et termine, maintenant souterrainement sa course au niveau du terrain de basket juste en amont de la source de Trente-Gouttes.

Chemin de Tachou

Prenez le chemin de la Galère pour une balade dans la relative tranquillité des collines et à cinq cents mètres, vous rencontrerez le chemin de Tachou qui vous permettra de revenir au village toujours dans la quiétude. Encore un chemin qui rappelle le surnom d’un propriétaire riverain. Une « tacho » en provençal, c’est le clou qui tenait le fer des godillots des galapiats de l’époque, en français, une broquette ou une caboche. Il faut préciser que pendant toute une première  moitié  du siècle dernier, le pégot, le cordonnier du village, avait la louable habitude de reclouer gratuitement les fers aux enfants qui les perdaient.

Rue Marc Scudo

Rue Marc Scudo, un adresse bien connue au village puisqu’elle dessert l’école Sainte-Marie, le Pôle Culturel Jean Bonfillon avec la Bibliothèque et l’Ecole de Musique mais aussi la Maison pour Tous Eugène Long.
Cette artère inaugurée en 1990 commémore le souvenir de l’adjudant Scudo qui avait fondé le centre de secours de Fuveau. Précisons qu’auparavant, cet établissement dont les dimensions étaient plus modestes se situait dans la traverse du Riéret, il est maintenant tranformé en immeuble d’habitation.

Les Sauvaires

Par son étendue, le quartier des Sauvaires est l’un des plus importants de Fuveau, c’est aussi le plus excentré puisqu’il touche aux confins de Meyreuil et de Gardanne, ces deux communes se partageant sa desserte postale. Il est traversé par la Route des Sauvaires, une appellation récente car il y a peu, c’était le Chemin des Sauvaires qui menait jusqu’à un modeste hameau familial. On ne trouve plus ce patronyme sur Fuveau, quelques descendants se sont fixés entre autres sur Meyreuil et Gardanne.
Le nom de Sauvaire a une belle origine, comme Salvaire c’est un dérivé de Sauveur. Pour une étude historique détaillée sur Les Sauvaire, il y a lieu de consulter le livre de l’abbé Chaillan « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » page 101 et suivantes.

Chemin et lotissement de la Roucaoudo

Le chemin de la Roucaoudo part du chemin des Pradels et s’enfonce dans la colline vers le nord en direction du lotissement de la Roucaoudo sans l’atteindre toutefois puisque obstrué par des propriétés privées. Dans son livre Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle, Michel Colon nous donne l’origine de ce nom  au chapitre 1 titre 4 : la roco caudo, le rocher chaud particulièrement bien exposé au sud par opposition à la roco auto, le rocher haut, colline où est bâti le vieux village, voire la roco Martino, Roque Martine, le rocher de Martin sur la route de Chateauneuf. Martino est un nom de famille d’origine povençale francisé en Martine.

Chemin de la Roque Martine

Un chemin qui est certes une appellation récente mais un nom de quartier qui, lui, est nettement plus ancien. Cette petite éminence de la Roque Martine est un quartier enserré entre le Cros du Pont, le Vallon et les Escassades. Ses dimensions étaient trop exiguës pour que ce quartier figure sur des cartes mais on retrouve son existence sur certains actes au moins au dix-neuvième siècle. Ce n’était qu’un rocher inculte mais au côté des Roque Haute et Roque Caudo, chaude, ce n’était qu’un rocher de plus dans la clique des rochers fuvelains. Une carrière de pierres y était d’ailleurs exploitée voici un siècle comme le prouve la carte postale ci-dessous.
La Roco Martino était donc le rocher de Martin. Le nom de famille Martin, Martino en provençal.

Amalgame à faire ?

Ci-dessous voici le plus grand dolmen du sud de la France, il se trouve à Livernon dans le Lot, c’est le dolmen de la Pierre Martine. Qu’en pensez-vous ?

Les Rajols et la Rimado

 Qui a connu ce qui était le plus grand quartier de la commune et qui le voit maintenant ? Un quartier de collines qui fut longtemps le paradis des chasseurs tant Fuvelains que Belcodénois est maintenant, un entrelacs de chemins desservant des propriétés bâties avec ou sans goût et solidement clôturées.
   Le chemin des Rajols partait de la route de Belcodène (Le panneau indiquant le quartier des Rajols est toujours en place) et il rejoignait la route des Michels qu’il traversait pour se prolonger jusqu’aux Longs Cols.
   La situation a changé, Ah ! La Fontaine, « Jean Lapin allégua la coutume et l’usage ». Ah ! Jiget le bègue et simple d’esprit dans la pastorale Maurel « Sabi l’us », vous êtes un peu oubliés. Les propriétaires riverains n’écoutant que leur droit que l’on ne saurait mettre en cause ont coupé ce chemin pour le transformer en plusieurs impasses ce qui pourrait peut-être un jour être grave de conséquences en cas d’incendie. Curieusement la partie du chemin des Rajols partant en direction du nord à partir de la route des Michels s’appelle maintenant impasse de la Rimado, la trop bien nommée, car la rimado, en provençal, c’est à la fois le brulage et les dégâts et restes consécutifs à celui-ci…. sans parler du sens interdit installé  dès l’entrée de ce chemin, en son temps le plus long de la commune en dehors des drailles bien sûr.
   Trêve de polémique inutile. Le but de la rubrique est d’expliquer l’étymologie ou plutôt l’origine du nom des Rajols. Les rajols, c’est l’endroit par lequel l’eau coule (du provençal « raja », couler),  ce qui nous laisse supposer que l’on devait y trouver de nombreuses sources, ce qui n’a rien de surprenant car on en trouvait pratiquement dans tous les quartiers de la commune. Cette appellation de Rajols se retrouve très fréquemment dans tout le grand sud de la France.

Rue du Pont

Ci-dessous, la rue du Pont qui a perdu son caractère champêtre pour devenir une rue encaissée et triste joignant l’avenue Alexandre Philip, maire au milieu du siécle dernier, à la rue du chanoine M-J MOISAN. Le petit pont qui a donné son nom à la rue surplombait un ruisseau : le Riéret. Aujourd’hui il ne coule pratiquement plus, son lit sert surtout de dégagement des eaux lors de fortes précipitations pour aboutir au niveau du stade Georges Martin et se jeter dans le Grand Vallat.

Cette carte est due encore à l’éditeur Lacour.

Chemin du Pin de saint Francet

Que de beaux souvenirs des années 50 lorsque les instits du village menaient leur classe en promenade dans la colline   Saint-Francet. Quelques années plus tard, une bonne connaissance des lieux permettait aux chenapans du village de chasser au nid agassons et écureuils. Ores, les constructions ont pris le pas sur les argelas, les pins et les chênes verts, reste un nom bien rare et original, Saint-Francet.
Ce prénom n’était pas en usage, c’était seulement un diminutif donné à certains François. Seul un Francet est resté dans les mémoires, Francet Mamaï, le joueur de fifre qui a inspiré l’histoire de maître Cornille à Alphonse Daudet. Par contre, Fuveau n’est pas le seul village où l’hypothétique saint Francet avait cours, puisque du coté d’Auriol ainsi qu’à Manosque ont trouvait un quartier Saint-Francet. Il est fort plaisant que le nom perdure pour ce chemin qui part au niveau du rond-point du pont des Frères, face au terrain de basket. Certains riverains ont créé de toutes pièces un chemin de saint-François ce qui a, en son temps, engendré quelques querelles de clocher dans lesquelles nous n’entrerons point.

Le maquisard : Louis Pécol

Nous avons tenu à faire figurer parmi les personnages qui ont marqué le village, le seul Fuvelain qui ait pris le maquis durant la période de l’occupation, c’est Louis Pécol. Envoyé d’office en camp de jeunesse à l’âge de vingt ans, d’abord dans le Jura puis à Gonfaron dans le Var, il a été embarqué d’office dans un train à destination de l’Allemagne. Sentant le danger, il a sauté de celui-ci à l’occasion d’un arrêt à Lyon pour prendre le maquis en compagnie de deux camarades du coté de La Lance, Nyons et La-Motte-Chalençon dans la Drôme provençale et le Vercors. Il y passera quatorze mois sous le nom de Roméo (son deuxième prénom) Vernet (nom d’un cousin) soi-disant né à Luynes et domicilié à Bourdeau. À son retour, après la libération, Fuveau et son maire, Alexandre Philip, ont su dignement l’accueillir et il a repris sa vie de mineur. Il s’est éteint le 29 janvier 2005.
Le sous-lieutenant Dufour dit le capitaine Paris a conté les faits d’armes de ce maquis dans un livre intitulé Mémoires de l’ombre aux éditions Scriba de l’Isle-sur-la-Sorgue en mai 1989.
Un certificat particulièrement intéressant relate les actions héroïques de notre compatriote de La Barque.

Ces faits n’enlèvent rien au mérite d’autres héros maquisards Fuvelains : Raymond Mattio, Marcel Giusti et Maurice Digne qui ont passé quelque temps au maquis de la Sine sur la commune de Vauvenargues en 1944.

Impasse du Pastre

Face au stade Paul Prieur se niche le très discret impasse du Pastre qui ne porte pas ce nom par hasard. C’est exactement là que l’un des derniers bergers du village possédait un cabanon et un lopin de terre. André Beltrando dit Lou Pastre, lui-même fils de Mesté Pèire, également berger, veillait jalousement sur sa petite propriété, voisine du stade, ce qui lui avait valu quelques démélés avec le Joyeux Sport Fuvelain avant que des grillages de protection ne soient installés afin d’éviter les arrivées de ballons inopinées sur ses fleurs et parfois sur sa table.

Impasse du Pailladou

Du Pailladou, il ne reste aujourd’hui que ce modeste impasse mais au départ, c’est le nom que donnaient les Fuvelains à la montée sur le CD96 partant de l’actuel rond-point de l’Europe jusqu’au sommet au niveau du domaine de la Galère. Cette montée du Pailladou était, également appelée « le 15 » puisque le puits de mine numéro 15 ou puits du Rocher Bleu était creusé à proximité.
Au départ, c’était « l’apaiadou » du verbe s’apaiassa en provençal, se jeter sur une paillasse ou sur une litière et c’est de là qu’est dérivé le nom de Pailladou. Nous noterons que la route menant à Gréasque était appelée la montée des Paillasses.

Le quartier et le lotissement l’Ouvière

L’oronge est un champignon plutôt réservé aux connaisseurs, parfaitement comestible il foisonnait dans les collines de Fuveau et surtout de Châteauneuf-le-Rouge. L’ouviero, c’est son nom en provençal et donc rien d’étonnant que ce quartier situé à la sortie du village mais très boisé à une époque ait pris ce nom, on peut supposer que les oronges étaient plus faciles à trouver il fut un temps que maintenant.

Rue Nationale

Gloire à cette rue qui fut longtemps avec 150 mètres environ, la plus longue du Fuveau intra-muros, donc la plus importante artère du village. Son appellation n’a rien de particulièrement intéressant ni original, il faut préciser qu’elle était dénommée rue de Nice avant le dix-neuvième siècle du fait qu’elle était orientée est-ouest, précisément dans la direction de Nice. Plus recherché, est le nom que lui donnaient et donnent encore tous les autochtones : la traverse Roumpe-cuou, casse-cul en français du fait qu’en d nombreux endroits elle était pentue, ombragée et glissante.

Au début de la rue, la vénérable demeure à gauche, actuellement dite maison du Pasteur fut propriété de plusieurs seigneurs secondaires ou notabilités du village.

Ce passage, ouvert au cours du dix-neuvième siècle, marque l’extrémité ouest de la rue, il est  souvent appelé porte de Lenglet du nom d’une famille qui demeurait au-dessus. Noter que l’autre passage que l’on trouve au milieu de cette artère et qui ouvre vers le nord est contemporain de celui-ci.

Allée des Mûriers

Les diverses allées, rues ou impasses du thym, du romarin ou autre plante n’ont pas grand intérêt dans cette rubrique. On pourrait croire que ce soit aussi le cas pour l’allée des Mûriers que l’on trouve à mi-chemin entre le pont de chemin de fer et le hameau de La Barque sur la RN 96. Que nenni, ce nom d’allée n’a pas du tout été mis au hasard. Jusque dans les années 50, c’était un chemin de terre et il était effectivement bordé de mûriers dont les riverains venaient prendre les branches ou les feuilles pour nourrir les très voraces élevages de vers à soie qui ne manquaient pas dans la vallée de l’Arc. Cette photo nous montre un élevage à La Barque à la fin des années 30.

Chemin et quartier de la Montjoie

Sur la route de Rousset, au début du siècle dernier, un famille marseillaise ayant quelque attache au village avait fait construire une résidence secondaire. L’emplacement était bien choisi, face à la Sainte-Victoire, avec une belle exposition. Situé à moins d’un kilomètre du village le bâtiment était à l’époque plutôt isolé. Ils avaient eux-mêmes choisi le nom de la maison : La Montjoie ce qui se justifiait pleinement car elle se trouvait sur le tracé d’une ancienne carraîre c’est-à-dire un chemin destiné et troupeaux transhumants le long duquel les montjoies ne manquaint pas. Précisons que ces montjoies étaient des tas de pierres, souvent disposés artistiquement et servaient à baliser les dites carraîres. Les bergers et accompagnateurs de troupeaux avaient pour habitude lorsqu’ils en rencontraient d’ajouter leur pierre à l’édifice.

Ci-dessous la maison, agrandie depuis l’origine, qui portait ce joli nom.

Rue Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944 à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres, ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904 et ne quittera plus sa paroisse.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Dix ans de patronage rural » qui donnent de très précieux renseignements sur la vie de la paroisse et du village en général dans la première moitié du siècle dernier.  Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910. L’abbé Cheilan, de son côté, a publié en 1949 une biographie intitulée « M. le chanoine Marie-Joseph Moisan curé de Fuveau 1865-1944 ». Trés impliqué dans la vie du village où il était particulièrement apprécié, il s’occupait entre autre d’un patronage de garçons très florissant. Pressenti pour être nommé évêque il a toujours refusé pour rester dans sa paroisse comme prêtre puis comme chanoine.


On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes Cougourdié. La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps Chemin d’Aix, elle devint rue Pétain (sic) sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis à nouveau rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Une photo de Marie-Joseph Moisan, avec les élèves du catéchisme et les catéchistes à la Grand’Bastide.

Chemin de Mime

Vers 1868, deux frères, Louis et François Barthélémy bâtissent une ferme à étages sur un terrain acheté quelques années auparavant à Messire Menut, châtelain de La Grand’Bastide. Tout de suite, elle sera baptisée Bastide de Mime qui est le diminutif de Géromine, épouse de François. Depuis un siécle et demi, la bastide n’a jamais changé de nom et il coulait de source que lorsqu’il a fallu donner un nom au chemin y conduisant il ait été ainsi dénommé. Cette histoire est détaillée avec talent dans le livre de Noëlle Faure-Vincent et Jean Bonfillon, Nos racines sont les vôtres.

Impasse de la Micouline

Le chemin de Gréasque à Fuveau se prend à partir de Gréasque sur la route de Gardanne par le chemin du Puits de Coudeil et rejoint la RN96 au niveau de la Bastide de La Bégude. L’impasse de la Micouline marque approximativement la limite entre les deux communes. La Micouline, qu’es aco ? Simplement une petite miche de pain, en provençal, la micolo, joliment francisée avec le diminutif Micouline. Dans notre département en particulier, le patronyme MIcoulin existe, dans ce cas c’est un dérivé du prénom Michel. Le quartier où cet impasse se trouve quartier Madame d’André est une appellation du dix-neuvième siècle mais ce nom de Micouline est tout récent, il fallait bien désigner tous les nouveaux chemins où impasses générés par les constructions nouvelles. Il est vraisemblable que c’est le Vallon de la Micouline dans le onzième arrondissement de Marseille qui à inspiré ce joli nom.

Monsieur et Madame Michel

Un parking à La Barque évoquant le souvenir de deux instituteurs. Peut-être méritaient-ils un prix Nobel de la Paix voire une auréole de bienheureux mais Fuveau a fait ce qu’il a pu en donnant au parking, proche de l’école qu’ils ont tant aimé, le nom cet admirable couple.
Pour éviter trop de débordements d’admiration subjectifs, nous nous contenterons de montrer ci-dessous l’interview paru dans le Troumpetaïre numéro 10 de juin 83. Ils évoquent avec la discrétion qui les caractérisaient une infime partie de leur action et de leur vie consacrée à leurs enfants et à leur école. 

Georges MARTIN

Parmi plusieurs Martin de Fuveau, le plus souvent sans lien de parenté proche, deux ont laissé une empreinte. L’un est l’auteur du bronze représentant Victor Leydet sur la fontaine du cours, l’autre, Georges Martin a laissé son nom au stade de basket de Fuveau.
C’était en fait un aixois puisque né au quartier du Pont-de -‘Arc le 03 avril 1921. Issu de la dernière promotion de l’école normale d’avant-guerre, il est nommé à Fuveau en octobre 1942 mais doit subir les chantiers de jeunesse et deux ans de déportation près de Brunswick. Il reprend son poste en octobre 1945. Généreusement, il met tout de suite en pratique sa vocation d’éducateur. Il relance la société des A.I.L avec Romolo Agostini et Félix Vitalis dit le maréchal. Bientôt il lance le basket et obtient pour le terrain de Trente Gouttes un bail emphytéotique qui permet d’y d’établir le stade de basket actuel. Avec Guérin Marchi, le dernier chef d’orchestre du Cercle Philharmonique, il monte une chorale en son temps florissante. Malheureusement sa santé est altérée par son temps de déportation et il s’éteint en 1963.
La conclusion sera laissée à une infirmière, sœur Saint-Privat qui, elle aussi, a marqué le village dans les années 60 : « S’il était chrétien, ce serait un saint ».

La première équipe de basket de Fuveau avec Georges Martin en numéro 10. Pouvez-vous me dire qui sont les autres ?

Guérin MARCHI

« Le dernier chef d’orchestre » comme l’ont appelé un moment les fuvelains après son décès en 1957. L’avenue qui honore son œuvre et sa mémoire part de la fontaine place Charles de Gaulle en direction de la Bégude. Guérin Marchi fut longtemps le chef d’orchestre et l’âme du Cercle Philharmonique de Fuveau, importante société s’il en est par laquelle passaient tout les jeunes qui ont eu à cette époque une formation musicale.

Boulevard Loubet

C’est dans le cadre des nouvelles dénominations de rues voulues par la municipalité radicale au début du siècle dernier que la plus longue et la plus belle artère de Fuveau a pris son appellation actuelle. Il était normal à ce moment d’honorer le président en fonction d’autant que c’est lui qui avait dirigé le pays pour le passage du dix-neuvième au vingtième siècle et surtout pris la dure succession de Félix Faure mort dans les conditions que l’on sait.   C’est parce qu’il a fortement appuyé la demande du député Leydet  pour que Fuveau obtienne sa gare que le village a donné son nom au plus beau de ses boulevards.

Cliquez sur ce lien pour connaître son histoire  http://www.senat.fr/evenement/archives/loubet.html

Impasse lou Bèn dóu Sóudat

Juste en-dessous du cimetière, lorsqu’on emprunte à gauche en descendant ce joli chemin de terre, on trouve un panneau bien mystérieux pour le profane mais si beau pour l’initié que vous êtes ou que vous allez devenir. Cette impasse qui n’en est pas vraiment une suit le tracé de l’ancienne voie ferrée La Barque-Valdonne.
Traduit littéralement, c’est l’impasse « Le fond de terre du soldat ». Non, vous ne trouverez pas de cimetière militaire en ces lieux. Lou Bèn, c’est le champ ou le fond de terre souvent d’ailleurs francisé en « bien » pour ceux qui mélangent les langages provençaux et français. Quant au « sóudat », il désigne bien le soldat qui en l’occurrence avait été le surnom d’un Vitalis, plus tard surnom de toute une dynastie de Vitalis qu’il fallait bien différencier d’une façon ou d’une autre. Les plus nombreux étaient les Vitalis « dòu Castèu », du château, mais les Sóudat  prononcé et écrit « Sourdat » dans sa forme marseillaise voire « sordat » plus localement, n’avaient rien à leur envier, de plus ils avaient la réputation d’apprécier les plaisirs du palais. 
« A taulo lei Sourdat », à table les Sourdat, était encore il y a peu une expression populaire courante du village. On connaît aussi la devise que s’étaient donnée certains Vitalis : « La table et le reste ». 
Dans ce quartier auparavant tout en restanques, le moindre lopin était cultivé et le nom de l’impasse correspond tout à fait à la réalité historique de notre microcosme villageois.

Tant pis pour les quatre fautes d’accent, une par mot, sur cette plaque néanmoins intéressante.
Le chemin de terre n’existe déjà plus, depuis août 2010 c’est une large voie, et non plus une impasse, qui mène à l’école de la Roque Martine.

Impasse des Lotiers

Ne vous laissez pas abuser par Mappy ou autre carte routière internet, l’impasse des Lotiers n’est pas accessible par la RD96. Pour l’atteindre, il faut prendre le chemin des Mines au niveau du collège et à trois cents mètres à droite on découvre ce modeste impasse bien mal entretenu.
Aucune origine spécifique ou locale et s’agissant d’une plante la recherche n’intéresse pas vraiment cette rubrique, celle-ci étant bien moins connue que le thym ou le romarin nous l’avons incluse ici.

Cours Victor Leydet

Pour les anciens grecs, c’était l’agora, pour nous c’est le cours, centre de la vie du village, place du marché et lieu de rencontre quotidien pour la discussion des événements. Fallait-il que le personnage dont il porte le nom fût quelqu’un d’important ? Voici résumée l’ascension de cette personnalité.
Né à Aix-en-Provence le 3 juillet 1845 dans une famille d’ouvriers, il est placé très jeune chez un commerçant. Autodidacte, il parvient à se créer une situation enviable dans le commerce des huiles. Il a 25 ans en 1870 lorsqu’il est élu conseiller municipal d’Aix. Un an plus tard, il fonde un journal : Le National. En 1876, il est adjoint et le voilà conseiller général du canton de Peyrolles dès 1880 puis député de la première circonscription d’Aix dont fait partie Fuveau en 1881. Il siège à la gauche radicale. Il est sénateur en 1897, Parlementaire influent, membre du comité national consultatif pour les chemins de fer et les Caisses d’épargne, il intervient pour la loi sur la retraite des vieux travailleurs. Aix lui doit la création de la fabrique d’allumettes maintenant bibliothèque Méjanes et le tribunal des prud’hommes. Il eut deux fils avec lesquels on le confond parfois: Edmond conseiller d’arrondissement d’Aix-Nord et Louis, peintre et ami de Niollon.
Cependant, pourquoi notre cours porte-t-il son nom ? Tout simplement parce que c’est lui qui fit adopter la création de la ligne ferroviaire La Barque-Valdonne et corrélativement la construction de la gare de Fuveau. A cette époque cette réalisation à changé la vie des mineurs et cimentiers du village. Son buste de bronze, dû à l’artiste-fondeur local Martin, orne la fontaine du cours Victor Leydet. Cliquez pour voir le télégramme qui a annoncé la ligne de chemin de fer.

Victor Leydet

Lors de sa visite au village, un pantagruélique repas lui fut offert.

Pour mémoire, la photo de l’inauguration de son buste en bronze dans les années 70.

Et voici Victor Leydet portraituré par un Fuvelain : Barthélémy Niollon

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

Chemin du Guignolet

Aucun rapport avec le Guignol mais précisément avec le guignolet, cet apéritif à base de griottes ou de merises qu’un propriétaire riverain devait particulièrement apprécier dans les anées 30 puisqu’il avait hérité de ce surmom. Même les plus anciens habitants du village ne l’on pas connu mais certains, dont Denise Honorat, se souviennent de son épouse qui lui avait survécu et qui avait hérité du surnom de Guignolette.  A droite en montant l’avenue Alexandre Philip, on peut voir la maison où s’est déroulé pendant l’occupation l’un des plus dramatiques évènements du village : l’arrestation du Docteur Loran et de sa famille et ce en dépit d’efforts importants de plusieurs personnes pour les aider à se cacher. Cet épisode  est conté en cliquant ici.

Chemin du Gros Matièu

Une nouvelle fois, faut-il critiquer nos dévoués cartographes locaux qui apprennent à connaître les sympathiques petits chemins de nos collines mais n’ont une idée que très approximative de la graphie provençale ? Qu’à cela ne tienne ! L’important est de découvrir ce petit coin caché de la commune près du chemin des Mines et d’en découvrir le pourquoi.
Orthographié Matiou sur le panneau, comme ça se prononce, le chemin du Gros Matiéu est une création récente nécessitée par l’urbanisation galopante de nos collines. Quelque part dans les pins, il reste des ruines d’une ancienne bergerie qui appartenait au gros Matthieu, l’un des pâtres vraisemblablement bedonnant du village et le lieu était dénommé « Jas du Gros Matiéu ». L’endroit était connu des chercheurs de champignons.
D’autres « Jas », tous anciens, étaient connus, en particulier le Jas de Bassas qui a donné son nom au quartier éponyme, le Jas de Grenier du coté des Laouvas, le chemin portant ce nom existe, la bergerie de Bégude curieusement flanquée sur l’ancien « Pont des Frères », nous avons aussi le chemin et le quartier du Petit Jas près du cimetière sans oublier la bergerie de la Grand’Bastide tout en-haut de la montée qui part du hameau, d’où le chemin de la Bergerie.

Gousto-Soulet

C’est l’un des quartiers excentrés de Fuveau puisqu’il touche aux confins de Gréasque, Gardanne et Meyreuil. C’est un nom ancien puisqu’il est répertorié sur la carte de Cassini et d’ailleurs écrit Cousto Soulet ! Il pose bien des problèmes orthographiques à sa légion nouveaux résidents qui se posent aussi des questions sur son origine, c’est pourtant bien simple. Un gousto-soulet en provençal est tout simplement un égoïste, ce qui se conçoit aisément car jusqu’aux années 1950, il n’y avait qu’une seule bastide, aujourd’hui fort défigurée par les rénovations, dans ce quartier perdu et il fallait une dose d’égoïsme certaine pour vouloir et pouvoir régner seul sur ce territoire.  

Chemin de La Galère

Voilà le chemin qui vous mène jusques aux confins sud de la commune et précisément au Domaine de la Galère, grande propriété enclose à usage de piste de 4×4 et chasse privée, à cheval sur les territoires de Fuveau et Belcodène.

Voici le détail de la carte de Cassini qui situe le domaine au confins des communes de Fuveau, Gréasque et Belcodène.
La galère, simplement parcequ’au cours des dix-septième et dix-huitième siècles, ce domaine était une étape pour les chaînes de forcats en route vers le bagne de Toulon et les galères. Avant de prendre le nom de « La Galère », le domaine était dénommé les Grands Lauds.
Le chemin de La Galère part du rond-point de la Croix du Goï où se rejoignent aussi le chemin de la Foux,  la route du Stade et le chemin du Goi. Avant d’être plus justement nommé chemin de la Galère, il était appelé route de Nice. Voilà une ville qui devait susciter bien des rêves à Fuveau car, rappelons-le, la principale artère du village, actuelle rue Nationale était nommée rue de Nice.

Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goï, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
Mais la croix du Goï, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goï, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

Chemin de Fine Long

En descendant de Fuveau par la route de Châteauneuf, CD 56A, juste après la route de la Grand’Bastide, toujours à gauche, c’est le Chemin de Fine Long. Certes, il ne dessert qu’une maisonnette qui à une autre époque était le cabanon d’une grand-mère autochtone, Fine Long, vraisemblablement Joséphine. Seulement voilà, son petit-fils, Richier, était très fier du cabanon de son aïeule et le dit petit-fils était relativement connu puisqu’il faisait partie du célèbre orchestre de Ray Ventura. Il n’en fallait pas plus pour que le nom de Fine Long reste dans les mémoires.

Chemin de la Potasse

Le chemin de la Potasse qui est une création récente due à la construction de l’autoroute était auparavant une modeste pente charretière d’une cinquantaine de mètres partant du CD6 jusqu’à l’ancienne usine de fabrication de potasse.
Si actuellement cette voie occasionne force difficultés de droit de passage et autre histoire de clocher, les problèmes étaient bien plus graves voici plus d’un siècle au temps où la fabrique tournait à plein rendement sans aucun respect du voisinage et de la pollution occasionnée.
Les propriétaires avaient installé une prise d’eau sur le Grand Vallat dont voici la photo ci-dessous. Cette usine de fabrication de soude et potasse s’appelait l’usine Saint-Laurent. Elle avait été fondée en 1833 à l’instigation du sieur Menut alors propriétaire de la Grand’Bastide et des terres et domaines aux alentours.

Cette cascade est superbe bien que très difficilement accessible. La prise d’eau installée au-dessus alimentait la fabrique mais les rejets provoquaient une pollution dont se plaignaient tous les riverains et même l’ensemble de la commune. Cette potasse servait à la fabrication de savons et détergents, l’usine n’était en fait qu’une annexe des savonneries de Marseille tout comme la fabrique de cristaux de soude du domaine Saint-Pol.  Ce qu’il reste de cette usine est en état de ruine dans un triste état de délabrement.

La prise d’eau aujourd’hui.

Chemin de la Fabrique

Sur la RD96, juste après La Barque en direction de Toulon, on peut voir à droite un modeste panneau « Chemin de la Fabrique ». De ladite fabrique, il ne reste rien ou quelques substructions et pourtant elle avait son importance avant-guerre. C’était une fabrique de soude qui se situait vers le château Saint-Pol, de fait c’était une annexe des savonneries de Marseille mais excentrée du fait de la pollution qu’elle générait quoique dans ces temps le mot n’inquiétait pas grand-monde. Jusque dans les années cinquante, sur la partie droite de la RD96, juste au-dessus de la voie ferrée, on pouvait apercevoir l’endroit où tous les déchets étaient déversés créant un bord de colline très multicolore. Outre l’appellation récente du chemin de la Fabrique, sur le plan cadastral, reste le quartier des Fabriques qui s’étend sur l’autre coté de la RD96 jusqu’à la Grand’Bastide et jusqu’à La Barque.

Une autre fabrique encore plus polluante se situait non loin de là, c’était la fabrique de potasse, d’où le chemin de la Potasse.

Chemin de la Foux

Long seulement de quelques centaines de mètres entre la route de Belcodène et la Croix du Goi, le chemin de la Foux est certainement l’un des plus jolis et des plus paisibles coins de la commune.
L’origine de « Foux » est moins évidente qu’il ne parait, on pourrait penser à une fontaine qui se dit font ou fous en provençal mais non, il s’agit d’un vallon ce qui se justifie lorsque l’on observe la topographie du lieu. Une étude sur l’origine de la Foux-d’Allos, la plus connue des foux de France, ainsi que sur l’origine du nom de famille Bonnafoux ont confirmé cette théorie. Faut-il préciser que le nom de quartier du Vallon était déjà pris ?

Chemin de la Falade

Prenez la route de Belcodène, vous rencontrerez toujours le chemin de la Foux et sur celui-ci, une voie sans issue qui s’enfonce assez loin dans la colline : le chemin de la Falade.
Voici l’explication du nom donné à ce chemin qui nous a paru la plus vraisemblable.
Dans ce quartier de colline où les constructions étaient bien rares vivait une femme qui avait plus ou moins perdu la raison, il n’en fallait pas plus pour que cette voie devienne un jour le chemin de la Fadade, féminin imaginaire de Fada selon la définition que la tradition donne de façon erronnée à ce mot. On a  tôt fait de demander un changement d’appellation et de faire transformer la Fadade en Falade ! Erreur qui appelle force commentaires.
Avant tout il est bon de préciser que la totalité des dictionnaires de langue française, s’ils connaissent le mot fada, ignorent tous son féminin fadade. D’autre part, ce mot, lorsqu’on en connait l’origine et l’étymologie est l’un des plus beau de la langue provençale et partant, de la langue française. Un fada, c’est un être qui a quelque chose de supérieur, un être habité par les fées, une fée, fado en provençal, peut habiter tout être qui devient fada. Pourquoi avoir pris ombrage d’habiter chemin de la fadade et préférer à ce nom un mot qui n’a aucun sens ?

Les Espinades

Les habitants de Fuveau et ceux du Tholonet ont eu un jour la même idée : baptiser l’un de leur quartier Les Espinades. Ces endroits avaient en commun d’être assez excentrés par rapport au village et recevoir peu de visites hormis celles de quelques chasseurs ce qui n’est plus vrai à notre époque au Tholonet avec la présence du barrage Zola, à Fuveau avec l’urbanisation galopante.
Au-delà de la Bégude, en direction de Gréasque, ils sont nombreux à avoir élu domicile dans ce quartier de collines où, à l’époque, on pouvait « s’espina », se prendre dans les épines, s’y piquer voire s’y déchirer la peau ou les vêtements. Voilà, simplement résumée l’origine du nom de ce quartier où l’argelas et toutes sortes d’épineux ont régné en maître au cours des siècles.

Les Espinades, c’est cette partie boisée qui est complètement en haut et à droite de cette photo, au-dessus de la ferme de la Bégude.

Impasse de l’Espèr

« L’espère, quel joli nom pour désigner l’affût », c’est Alphonse Daudet qui nous le dit à la fin de Lettres de mon Moulin lorsqu’il conte ses souvenirs camarguais. A Fuveau, nous avons la bien nommée impasse de l’Espèr qui est la vraie graphie provençale pour désigner à la fois l’espoir ou l’affût quoique la prononciation locale est bien « espère » lorsque nous désignons cette forme de chasse qui consiste à se poster en attendant le passage du gibier.
Pourquoi, ici, au bout du chemin du Moulin des Forges, côté ouest, l’impasse de »l’ESPÈR » ?
Elle est bien située car au bout de cet actuel passage, donnant à la fois sur la vallée de l’Arc, la Grand’Bastide mais aussi sur la chaîne de l’Etoile, était l’espère de Dóufin en français Dauphin qui était le prénom de son propriétaire, un poste à feu de bonne qualité dans lequel on pouvait s’attendre à tirer des grives et des « petites bêtes » qui désignaient les oiseaux plus petits, pinsons, verdins, linots, gros-becs, à l’époque.
Petite note de nostalgie : lorsque les habitants du village descendaient pédestrement en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean pour leur pèlerinage au son des « bachas », ils empruntaient cette voie avant de traverser la Grand’Bastide.

Le moulin à huile

Nous montons la rue Rondet qui était auparavant dénommée rue Vendôme, quel revirement ! L’avant-derniere maison à droite (actuel numéro 4 rue Rondet) avant le monument aux Morts est historique pour le village. Elle fut au milieu du dix-huitième siècle, le premier immeuble bâti hors les murs à l’initiative des sieurs  Peysonnel alors principaux coseigneurs du lieu. Curieusement, les escaliers intérieurs sont les plus larges de tous les immeubles de Fuveau et de la même facture que ceux du Cercle Saint-Michel. On peut accéder à son sous-sol en passant par derrière, en empruntant le passage au niveau du tabac et les jours où la remise est ouverte, on peut visiter l’ancien moulin à huile de la dynastie des Barthélémy plusieurs fois modernisé et remis à neuf au cours des siècles. Inutilisé depuis quelque cinquante années, il est propriété privée mais n’en constitue pas moins un élément fort intéressant de notre patrimoine. Une précision historique bien mise en exergue dans l’ouvrage de Michel Colon s’impose : l’une des principales sources de revenu des seigneurs du lieu provenait des moulins qu’ils soient à blé ou à huile car point de moulins banaux au village.

Lou destrait (le pressoir)

En complément de cette page, une photo du dernier pressoir à huile portatif du village ressorti pour la dernière fois en 1904 par « Mesté Fidèlo », le dernier pénitent de Fuveau. Il est orthographié destrait par le photographe local Marius Blanc mais on trouvera plus souvent destré. On remarquera l’épaisseur de l’empilement  des escourtins.

Chemin du Moulin des Forges

l rejoint la route de Châteauneuf à partir du pont sous la voie ferrée jusqu’au chemin d’Aix au niveau de l’ancien dépôt d’ordures. L’origine de ce nom est innattendue. Il faut préciser que ledit chemin passait et passe toujours à proximité  du Moulin des Escassades. Ce moulin érigé au dix-huitième siècle avait perdu ses ailes dans les années 50 et menaçait ruine lorsqu’un hippie néanmoins ingénieur des Travaux Publics, précurseur en son temps au village, vint s’y installer pour le retaper et l’habiter au début des années 60. Il forgeait sous un abri à proximité. Lorsqu’il a fallu donner une appellation à cette voie, innommée jusqu’alors, le long de laquelle les constructions poussaient comme du chiendent, c’est  CHEMIN DU MOULIN DES FORGES qui fut retenu. Cette artère doit donc son nom à notre ami Jacques BROSSIER, bien connu au village, maintenant installé rue Niollon, auquel nous devons d’avoir sauvé cet édifice historique d’une ruine certaine. Rappelons que ce moulin fut propriété des seigneurs du village, en particulier des Peysonnel, qui imposaient aux paysans d’y moudre leur grain jusqu’à la révolution de 1789. Il en était de même pour le Pigeonnier de l’aire Saint-Michel qui était un ancien moulin à vent et pour le moulin à huile de la rue Rondet .

Caché par la végétation et les constructions, le Moulin des Escassades devenu Moulin des Forges est de plus en plus difficile à apercevoir.

Les Escassades

Dominé par le Moulin des Escassades qui a lui-même donné son nom au chemin du Moulin des Forges, ce quartier s’étend de la route de Châteauneuf au chemin d’Aix et au Vallon au Pin de Luquet. Pour connaître l’origine de ce nom, rien de plus simple, il suffit de prendre un dictionnaire provençal – français, Lou pichot Trésor ou le Trésor du Félibrige, pour constater que des « escassado » sont des bois à brûler. Il n’y a pas un gros effort d’imagination à faire pour savoir que ce quartier de terres de collines très sèches était peu cultivé en son temps et évidement pas construit, par contre tout un chacun venait y faire sa provision de bois en particulier de feissino d’où son nom.

Ce moulin qui dominait le promontoire des Escassades est maintenant à peine visible lorsque nous observons la campagne fuvelaine depuis le haut de la rue Rondet. Végétation et habitations le masquent.

Chemin de Tapagi

Comme si les « Lagnes » ou les « Encabrons » ne nous suffisaient pas, voici à mi-chemin entre Fuveau et Les Michels, le chemin de Tapagi. On peut le traduire du provençal, selon Mistral, en tapage mais aussi en vacarme ou en querelle. Fuveau village d’embrouilles ?

Chemin des Lagnes

Le bas du chemin

Là encore, il suffit de prendre un dictionnaire provençal-français pour saisir l’origine du nom de ce chemin que l’on rencontrera en prenant le chemin des Piboules au niveau de la stèle de l’aviateur Canadien à partir de la route de Châteauneuf. « Lagno », en français : fâcherie ou tout synonyme n’ayant pas un sens fort. Ce nom de voie, proposé par Auguste Honorat dans les années 90, reflète bien les difficultés qu’avaient pour s’entendre les divers riverains sur les droits de passage et autre limite de propriété. Plus qu’ailleurs, ces divers désaccords étaient nombreux et importants et l’expression locale « Il va y avoir des lagnes » quand ont sent venir une brouille s’est appliquée ici.  Parmi les nom de voies qui ont un sens appochant, les Encabrons et le Tapagi.

La partie haute du chemin coté Moulin des Forges

Chemin de Encabrons

Nous sommes bien à Fuveau, le pays des « lagnes », des contrariétés et des désaccords entre personnes ou entre familles. Ce nom de chemin des Encabrons est bien dans la tradition fuvelaine du verbe « encabra » en provençal, se cabrer, se gendarmer mais aussi s’enchevêtrer car, faut-il le préciser, sur ce chemin, les propriétes s’enchevêtrent de façon quasi systématique, d’où des « lagnes » continuelles.

Impasse des Demoiselles

Sur le CD6, juste avant le rond-point de la route de Châteauneuf et de la coopérative, à droite, cet endroit pas toujours bien entretenu qui permet le stationnement a une appellation récente sur laquelle il ne faut pas s’illusionner. Malheureusement point de libellules en ces lieux et les demoiselles qui fréquentaient l’impasse ne l’étaient plus depuis longtemps. Si les cartographes locaux ont donné ce joli nom au dit impasse, c’est pour rappeler que des dames y ont longtemps vendu leurs charmes et l’entreprise avait un succès certain. On voyait force routiers stationnés mais aussi des gendarmes et des véhicules de particuliers de tous âges, pas les véhicules, les particuliers ! 

Chemin de la Croix

Endroit historiquement très intéressant même s’il porte un nom un peu sujet à caution, un chemin de la croix ou chemin de croix, c’est autre chose. Cette appelation récente a été retenue car il avait auparavant en ces lieux une croix  aujourd’hui disparue. Celle-ci avait été érigée au XVIIIème par une pieuse propriètaire des lieux, la veuve Long qui avait un moment donné son nom au quartier comme en témoigne la carte de Cassini.
C’est ici que se situe le hameau d’origine de La Barque, l’actuel croisement avec feu tricolore est plus récent il se nommait les Quatre Chemins. Se reporter sur la page ex-voto et sur la page « La Barque pour des renseignements plus complets.

Impasse du Courdurié

Petit impasse discret qui part à gauche au milieu du chemin des Pradels. Et un satisfecit à celui qui a choisi ce joli nom pour cette voie. Si à Fuveau, comme ailleurs, les noms de rue en provençal sont souvent mal orthographiés ou francisés, là c’est un joli travail de puriste.
Le « Courdurié », c’est tout simplement le couturier ou le tailleur (lou sartre). Nous trouvons plutôt du côté de Gardanne quelques familles qui portent le nom de COURDURIER mais ici, il est vraisemblable que le nom ait été donné en hommage à notre félibre Eugène LONG qui était effectivement couturier
.

Chemin des Pradels

Histoire et étymologie intéressantes que celles du nom de ce chemin qui relie depuis longtemps la route des Michels, CD57A, au quartier de la Bastide Neuve. Les Pradelles, mot qui tire son origine du pays d’oc sont des prairies naturelles fournissant généralement une herbe plutôt pauvre. Ce mot relativement ancien tend à disparaître des dictionnaires modernes, seul le Lexis l’atteste encore, mais il figurait sur tous les dictionnaires voici encore un demi-siècle. Ces prés ne pouvaient être que pauvres dans ce quartier qui manquait cruellement d’eau. Les gens de Fuveau l’appelaient quartier des Prado, tout simplement les prés en provençal. Ces prado ont été francisés en pradelles et parisianisés en pradels. Avant que ce quartier ne devienne constructible dans les années 70, la partie gauche de ce chemin était constituée de parcelles d’environ un hectare, bien délimitées par des pierres lancées sur les bords, sur lesquelles était bâti un cabanon.

Impasse des Clapiers

Presque au bout du chemin de Masse, un impasse au nom particulièrement intéressant: les Clapiers, non pas d’élevage de lapins autrefois en ces lieux mais des pierres…
En provençal un clapas est un gros caillou ou une pierre et un clapié tout simplement un tas de pierres, ce nom de lieu, on le retrouve assez souvent en Provence où les tas de pierres ne manquent pas qu’ils soient sous forme de montjoie pour signaler des passages en particulier le long des carraïres et autre chemin de transhumance, simplement au bord des champs dépierrés, dans ce cas ce sont des pradelles, soit pour délimiter une propriété ou une commune.
Le célèbre moraliste Vauvenargues était duc de Clapiers et il subsiste au-dessus du village éponyme le col de Claps sur la face nord de la Sainte-Victoire. Sur le plus vieux document d’arpentage et de délimitation de diocèse sur lequel Fuveau est cité, on retrouve régulièrement des « clapérium » qui n’étaient point des parcs à lapins mais bien des tas de pierres.

Chemin du Chouan

Une modeste artère qui ne serait pas dans les plus connues si elle ne se situait pas juste à l’aplomb de la chapelle Saint-Michel et surtout si elle ne portait pas ce patronyme original surtout dans notre région. C’était en fait le surnom de Coulomb, héros de l’anecdote ci-dessous car, comme garde champêtre, il n’hésitait pas à faire régulièrement des rondes de nuit comme en avaient l’habitude les célèbres Chouans de Vendée.

Coulomb, le Chouan


Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d’une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c’est au garde champêtre qu’incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d’être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C’était un dur et pour donner l’exemple, il n’hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s’inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de précisions, c’est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.

Rue du Chateau vert

Une photo unique de la rue du Château Vert aux alentours de 1920 ainsi nommée pour la vue qu’elle offrait sur la propriété de Mr Verminck fils, actuellement fort décrépite, considérée à l’époque comme un château.

Impasse du Cengle

En descendant le chemin du Moulin des Forges, à gauche, on découvre de nombreuses impasses qui donnent accés à de récentes propriétés. L’une d’elles, d’où l’on aperçoit cette barre de colline masquant un peu le bas de la Sainte-Victoire, est la bien nommée impasse du Cengle, imposante masse entre la barre des Chapeliers et la montagne de Cézanne.
Le but de cette page est de faire connaître l’origine du mot « Cengle ». Notre accent fait que lorsque nous prononçons le son « en », les gens de plus haut entendent généralement « in ». Ceci expliquant cela, il faut entendre Cingle et les Cingles ne manquent pas en France en particulier à Figeac dans le Lot, ainsi que sur les bords de la Dordogne, ce sont effectivement des collines qui suivent le cours d’une rivière comme c’est le cas pour le Cengle sur les communes de Trets, Rousset, Châteauneuf et Meyreuil. qui suit le cours de l’Arc.

Cours Célestin Barthélémy

Le docteur Célestin Barthélémy ancien maire de Fuveau et l’une de ses sœurs. Le Boulevard partant de la nouvelle fontaine jusqu’à l’actuelle mairie rappelle son souvenir. Il occupa un poste important à l’union des Maires de France.

Il est mort le 04 juillet 1898 alors qu’il était encore maire de Fuveau en fonction.

Il ne faut pas le confondre avec son homonyme le docteur Célestin Barthélémy. Celui-ci était né à Fuveau le 18 avril 1850 et avait exercé sa profession à Fuveau de 1876 jusqu’à sa mort le 3 novembre 1933.

Tous deux ont été maires de Fuveau.

Le docteur Henri Bourgeois-Gavardin qui succéda un temps au docteur Barthélémy et excerça aussi comme médecin militaire. Il fut également président du Cercle Saint-Michel.

Chemin de Cassagne

Sur la route des Michels, à droite, au niveau du passage sous l’autoroute de Toulon, un chemin quelque peu raviné au nom un peu énigmatique hormis le fait qu’il a une bonne consonance de par ici. Ce quartier de Cassagne porte le nom d’un ancien maire de Fuveau dans le premier quart du dix-neuvième siècle. Cassagne était un notable aixois qui possédait ici une résidence secondaire particulièrement tranquille dans sa colline et comme seul occupant, il a naturellement laissé le nom au quartier de Cassagne et plus récemment au chemin de Cassagne.  Derrière la superbe bastide qu’il occupait a été construit le premier court de tennis de la commune inutilisé voire détruit depuis environ un demi-siècle.

Chemin de la Caisse des Pins

En préambule, voici une anecdote qui ne concerne pas notre village mais une commune des Hautes-Alpes. Elle nous avait été contée par Sylvette Michel de Fuveau.
Des cartographes qui établissaient le cadastre dit de Napoléon demandèrent à un brave homme comment s’appelait le quartier où ils se trouvaient et celui-ci répondit en provençal « Va sabi pas », en français « Je ne sais pas ». Depuis cette époque ce quartier a pris le nom de Vasabipa.
C’est presque le cas du chemin de la Caisse des Pins dont le nom a été tronqué au départ. Ce chemin était le chemin de la Caisse de Pain dans laquelle le boulanger Albert Nouveau laissait quotidiennement ses flutes pour les habitants du quartier dans les années 50. Lorsqu’il a fallu mettre le nom sur un panneau la Caisse de Pain est devenue Caisse de Pin puis Caisse des Pins ce qui a rendu incompréhensible sans explication le nom de cette artère fuvelaine campagnarde au quartier Rives-Hautes.

Chimie, alchimie ou palimpseste?

Nous sommes à l’angle de la rue de la République  –  la Grand’rue – et de la rue Cachichi juste à gauche de la Caisse d’Épargne et voici une enseigne chargée d’histoire. Les occupants de ce local ont successivement peint leur enseigne à même le crépi au cours du siècle dernier et le résultat aujourd’hui est surprenant. Par chimie ou alchimie on peut distinguer d’abord la plus ancienne : BOULANGERIE avec en-dessous M. NEGREL peint en lettres droites aux alentours de 1902, puis une deuxième enseigne BOULANGERIE peinte en lettres plus fantaisie par le fameux boulanger Cachichi (voir son histoire dans la rubrique anecdotes) et la plus récente qui a néanmoins plus de quarante ans c’est CFTC puisque ce local a servi de bureau à ce syndicat à partir des années cinquante.

Autre phénomène identique à observer cette fois à l’angle rue du 4 septembre et rue du Jeu de boules, après passage de plusieurs couches de peinture sur le crépi, c’est une pub d’un autre âge qui ressort: meubles, parapluies, maroquinerie, quincaillerie. Un peu plus difficile à distinguer, au-dessus, le mot quincaillerie également peint dans des temps encore plus anciens.

On notera aussi des restes de vieilles enseignes au-dessus du café de France et également au café du Cours.

Rue Cachichi

 C’est l’histoire d’un homme qui n’a passé que quatre ans à Fuveau dans l’entre-deux-guerres mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu’eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon SILVESTRE né à Velaux en 1888 poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu’il pétrissait à la main. Début 1925, l’occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d’un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu’à Salonique, un quartier de Gréasque, ne trouvant le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d’Aix, une pâte molle d’un demi kilo, et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le « pain de luxe » qui n’est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l’actuelle Caisse d’épargne : « Boulangerie Cachichi ». La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n’avait pas de nom bien défini à l’époque, fort peu utilisée qu’elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l’époque pour les boulangers du village et même pour ceux d’Aubagne et Marseille. Certains l’appelaient la traverse NÉGREL du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l’idée de peindre aussi au coin de sa maison « RUE CACHICHI » et depuis le nom est resté sans qu’aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

Léon SILVESTRE dit Cachichi.

Impasse des Bugadiero

Vraisemblablement le plus joli nom choisi pour une artère fuvelaine. Parfaitement située, sur le CD6, à gauche en direction de Trets juste avant le pont sur l’autoroute. Une appellation qui a parfaitement son sens et rappelle les traditions d’antan précisément sur le lieu où elles se déroulaient. 
Les « bugadiero » en provençal sont nos buandières ou nos lavandières en français. La tradition voulait que deux fois par an, les fuvelaines descendent jusqu’à l’Arc pour y faire une grande lessive en particulier pour les draps. Elles y venaient en groupe en un lieu aménagé tout exprès, munies de leur battoir, savon, caisse, cendres pour une journée aussi festive que laborieuse. Le lieu a été détruit lors des travaux d’aménagement de l’autoroute A7 mais il est heureux que le nom du chemin qui menait jusqu’à l’Arc remémore cette tradition.

Note de l’auteur : de plus, pas de faute d’orthographe sur un mot provençal, « bugadiero » dans ce cas pas de s et pas d’accent intempestif !

Le panneau indicateur était détruit le chemin des Bugadiero reste.

Voici une lavandière en pleine action, la photo a été prise à la source de la Casserole accessible à cette époque au quartier de l’Ouvière.

Cité et quartier Brogilum

1962. C’est l’arrivée des pieds-noirs et avec eux, les Harkis, soldats d’origine algérienne ayant servi dans l’armée française et ayant par la force des choses opté pour la nationalité française. Notre département doit en toute hâte et dans l’urgence construire quelques structures pour accueillir ces familles. En cette période, Alexandre Philip est maire socialiste de Fuveau mais surtout président de l’union des maires des Bouches-du-Rhône, à ce titre, il ne peut politiquement pas se soustraire à la nécessité donner au département un terrain pouvant accueillir des préfabriqués vraisemblablement très amiantés mais pouvant être mis à disposition de leurs futurs occupants dans des délais record. Au bord de la RN96 au quartier Madame d’André, ce qui a été appelé au départ le « Camp des Harkis » fera l’affaire pour ces chefs de famille dont la totalité ont droit à un emploi prioritaire des forestiers. Précisons qu’en 1976, des bâtiments en dur ont remplacé les préfabriqués.
Brogilum ? Pourquoi ? Ce nom aussi a été choisi dans l’urgence d’une façon peu concertée. Ce coin de colline maintenant bien dégagé était un véritable breuil, où régnait une végétation épaisse de taillis et argelas, un refuge naturel pour certains animaux. Le nom de Brogilum qui n’est autre que breuil en latin correspondait à la conception de ce lieu pour les décideurs de l’époque.

Chemin du Biaou

Ô gué, Ô gué

Au quartier du Vallon, sur la route de Châteauneuf, voici le chemin du Biaou. Bien sûr, c’est le chemin du ruisseau orthographié dans le patois fuvelain, dans le provençal de Mistral, un ruisseau c’est un riau ou un rièu mais chez nous, on tombe ou on se detourne dans le biaou et jamais dans un riau.

Ce chemin, bien nommé, a eu de tous temps la particularité de permettre le passage à gué du Grand Vallat, en particulier avant que ne soit construit le premier pont au niveau du vieux lavoir au milieu du dix-neuvième siècle. Avant cette époque on passait par la Roque Martine et on traversait à gué. Le grand Vallat n’était jamais à sec faute de quoi, les moulins qui le bordaient n’auraient plus fonctionné.

Plein été, le gué est à sec !

Chemin des ménagers

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Bien choisi, le nom de cette voie que l’on découvre un peu avant Gréasque juste avant d’arriver au croisement dit des Quatre Termes. Les ménagers étaient les agriculteurs, fermiers ou propriétaires, qui tenaient un ménage, entendez par là une ferme. Ce terme n’est tombé en désuétude qu’au début du siècle dernier et dans ce quartier gagné dans un premier temps par la colline puis maintenant par les habitations, on rencontrait quelques petits ménages sachant que ce chemin menait jusqu’à « La Bégude » qui était un des ménages les plus importants de la commune hormis les exploitations de la vallée de l’Arc.
Dans son livre « Un village de Basse Provence. FUVEAU », Michel Colon a assez largement évoqué ces ménagers qui représentaient une partie non négligeable de la population du village.

La Bégude

Profusion de Begudes dans tout le grand sud de la France, forcément, c’est l’endroit où l’on boit. Ce nom est tiré du verbe provençal béure, boire.

Voici l’état actuel de cette ferme qui fut en son temps le plus important  « ménage » du village en dehors des terres seigneuriales. Elle se situe en bordure de la RD96 juste avant le restaurant du clos de l’Olivier. La Bégude bégudo en provençal servait aussi de relais de poste jusqu’à la révolution. L’actuel Lotissement de la Bégude ainsi que le profond vallon de l’autre côté de la route faisaient partie du domaine dont la totalité des terres étaient cultivées.

Le quartier de la Bégude de Fuveau a donné son nom à un étage du crétacé supérieur fort connu des géologues avec sa couche de lignite épaisse de 312 mètres : le Bégudien.

Voici un bail intéressant daté de 1810 concernant la ferme de la Bégude au bord de la « grande route de Roquevaire ».

Superbe photo ,vieille de soixante ans au moins, avec les moutons de la ferme de la Bégude et la RD96 pas encore goudronnée !

Barthélémy NIOLLON

Barthélémy NIOLLON par John Erskine  en 1979.

Il est né à Fuveau dans l’ancienne rue du Figuier dans la deuxième maison à gauche après le Cercle Saint-Michel, le premier mars 1849 d’une famille dont les origines plus lointaines sont à Peynier. C’est à la suite d’un accident à la mine qu’il doit quitter ce travail et partir à Aix où il devient chocolatier. Peintre, ami de Cézanne, il a fait partie du groupe des Petits Maîtres Aixois de la belle époque. Nous rappellerons que parmi ces petits maîtres étaient les pro-Cézanne et les anti-Cézanne. Le livre « Les petits maîtres aixois de la belle époque » (Franck BAILLE, éditions Paul Roubaud 1981) évoque largement son œuvre. On trouve rarement ses tableaux à la vente mais avec quelque persévérance on peut arriver à ses fins. Une place d’Aix en bas du cours Sextius porte son nom de même qu’une rue de Fuveau sous l’église, celle-ci s’appelait précédemment rue Hoche. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Granet et d’autres sont dans la réserve, d’autres sont au pavillon Vendôme et surtout trois toiles et deux dessins qui étaient au Louvre  font maintenant partie du fond du musée d’Orsay !  Il est mort en 1927 à Aix, dans sa maison, angle Boulevard du Roy René et rue du 4 Septembre.

Ci-dessous « Fontaine dans le parc de Repentance » (détail).

L’atelier des Lauves

Un très bel hommage lui fut rendu le 23 avril 1932 à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.

Une rétrospective regroupant 33 de ses oeuvres extraites des collections Niollon, Germain, Zémiro, Didelot, Rouchon, Swellen, Gaujoux ainsi que les fonds du Musée Granet et du Pavillon Vendôme a été réalisée à la Maison pour Tous de Fuveau en février 1983. 

Campagne près des Artaud

Nature morte à la bassine en cuivre, l’une de ses pièces maîtresses

Sainte-Victoire vue ouest.

La calanque de Niolon (avec un seul L). Tableau dédié à l’ingénieur Guichard.

Il est à noter que la rue qui porte son nom à Fuveau n’est pas celle où il est né. La rue Niollon, curieusement orthographiée Miollon par un précédent maire, était auparavant la rue Hoche et encore précédemment la rue des Lices. 
Et en bonus ci-dessous son acte de nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

La porte de Bassac par Milon

La porte de Bassac par Milon

Retrouvé récemment dans une vente aux enchères, voici un tableau intitulé « Ancienne porte à Fuveau » peint en 1925 par Joseph Milon, un petit maître aixois qui a pu connaître Niollon. Un curieux hasard fait que la maison natale de ce dernier est adossée à la porte de Bassac.
Outre son intérêt pictural et artistique, cette œuvre nous confirme la présence en ce lieu d’une fontaine, l’une des trois premières du village. Les autres se situaient l’une Place Verminck et la deuxième rue Nationale.
Cette œuvre a été acquise en 2011 par la municipalité de Fuveau.

Chemin du Ballest

Chemin des Pradels à droite. Ballest, tout fuvelain ou presque sait ce que cela veut dire mais  le sens ne saute pas aux yeux à tout visiteur. C’est un nom de famille que l’on rencontre parfois en Provence mais c’est surtout une déformation du mot balèze c’est à dire costaud. Une expression très courante ici est « Qui c’est ce ballest ? » pour parler d’un inconnu généralement baraqué. Il s’agit donc d’un habitant des lieux qui portait ce surnom.

Impasse Aurélien

Ne nous trompons pas de destination, nous avons certes les Monts Aurélien au-dessus de Trets qui eux-mêmes tirent  leur nom de l’empereur romain qui vécût au troisième siècle de notre ère et sous le règne duquel fut ouverte la fameuse Via Aurélia qui passait au-dessus de Rousset et Châteauneuf pour joindre Rome à la gaule Narbonnaise. Non, le chemin Aurélien honore la mémoire d’Aurélien Nicolas, modeste agriculteur qui avait ses terres au début de la nationale 96 en direction d’Aix à partir de la Barque. Il était populaire et apprécié de tous, plus connu sous son prénom que sous son nom de famille. Redoutable lorsqu’on lui rendait visite car on ne s’en tirait jamais sans partager avec lui un ou plusieurs verres d’une gnôle de sa fabrication.

Avenue Alexandre Philip

Après s’être appelée montée de Montre puis route de Gréasque, cette artère fuvelaine, récemment rénovée, est devenue avenue Alexandre Philip, pour honorer celui qui natif de Marseille, a eu, de loin, le plus long règne comme maire du village : quatre mandats de 1944 à 1970, année de son décès.

Le voici à droite sur la photo dans les années 60 à l’inauguration de nouveaux bâtiments rue du 14 Juillet en compagnie de Gaston Deferre.

Ici lors d’un apéritif dans l’ancienne mairie, actuelle Maison des Associations.

Maire S.F.I.O depuis 1944 il fut longtemps trésorier de l’Union des maires de France et toujours bien secondé par ses adjoints, Martin, Richier ou Long. C’est lui qui a accueilli le groupe de Harkis lors de leur arrivée en 1962.
Seulement deux autres maires de Fuveau ont donné leur nom à des voies : l’avenue Célestin Barthélémy (maire de 1897 à 1903) et le chemin de Cassagne (Guillaume Cassagne, maire de 1817 à 1826)
Et en cliquant sur ce lien vous trouverez Alexandre Philip entouré de sa foule d’amis.

Font d’Aurumy

Voici quelques explications qui éclaireront en partie sur l’origine du nom de l’actuel collège, elles sont aussi intégrées dans la page 3 des anecdotes.

La Fontaine d’or?


En provençal, la fontaine c’est la « font », il y avait plusieurs lieux à Fuveau pour lesquels on parlait de « font » : la Font de Sole, elle se trouvait juste en face du restaurant Le Cézanne du côté gauche de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd’hui détruite. Elle était adossée à la maison d’un certain Monsieur Soler surnommé Sole. Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous l’autoroute, le quartier Font de Prat, « Fontaine des Prés » mais à l’origine « Font deî pèd » Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé aujourd’hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les années 50 la construction d’un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de la route a asséché cette arrivée d’eau.
Pour le quartier Font d’Aurumy qui a donné son nom à l’actuel collège, nous en sommes réduits aux suppositions. La « Fonte d’Aurimia » est attestée dès 1259 sur la commune de Fuveau. Cela en fait l’un des plus anciens noms de lieu connu sur notre village. La racine latine « aur » peut faire penser à la fontaine d’or mais rien n’est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini publiée à la fin du dix-huitième siècle et n’existait peut-être pas en temps que quartier par contre sur le cadastre de Napoléon publié en 1823, nous trouvons le quartier « Font d’Aurumy et Masse ». On peut le consulter sur :  http://www.archives13.fr/archives13/CG13/pid/103 (descendre ensuite jusqu’à l’étape 3).

Ci-dessus la copie de la page 22 du livre  » Antiquités de la vallée de L’Arc » publié en 1907 par Gérin-Ricard et Arnaud  d’Agnel qui donne l’année de la première mention de la « Font Aurimia ».

Impasse de l’aïet

En arrivant du Collège Font d’Aurumy, vous passez le stade Paul Prieur et tout de suite à votre droite voici au bord du chemin des Vertus l’impasse de l’aïet. Personne n’ignore à Fuveau que l’aïet, c’est l’ailloli et c’est le nom le plus courant que l’on donne ici à ce plat divin. Pourtant un certain nombre de lexicographes le définissent comme une sorte de mayonnaise voire une pommade à base d’ail voire un aioli raté ! Dans le village, l’aïet est vénéré au point qu’il est le siège des Chevaliers de l’aïet, association fondée dans les années 70 par le regretté Guy Graveleau avec la complicité d’Henri Reynier dit Roulette, un célèbre amateur éclairé.
Longue vie à l’impasse de l’aIet, à son président Marcel Colombani y domicilié et à ses Chevaliers !

Rue du 4 septembre

S’il est peu opportun d’expliquer la présence d’une rue du 14 juillet ou du 11 novembre, en ce qui concerne le 4 septembre, c’est moins connu. Pourtant cette artère qui partant du cours Leydet qui permet de sortir du village soit en direction de Rousset soit de Belcodène n’est pas là par hasard. Si elle prolonge la rue de la République, toujours appelée Grand’rue par les vieux du quartier, c’est que le 4 septembre marque l’avènement de la troisième République qui, succédant au second Empire, fut proclamée par Napoléon III le 4 septembre 1870 après la capitulation de Sedan. Ce fut de très loin la plus longue puisqu’elle s’éteignit, peu glorieusement, le 11 juillet 1940.

Dans cette artère, observez cette Croix de Lorraine au niveau de la patte d’oie et pour en savoir plus, cliquez dessus.

Impasse des Vertus

Voici la copie de l’article paru dans le journal local « Lou troumpetaire » n°13 de janvier 1984.

Partant de la RN96 au niveau de l’ancien pont de chemin de fer sous le puits Lhuillier, le chemin des Vertus rejoint la route de Belcodène. Rassurons tout de suite les prudes, on ne perdait rien sur ce chemin, son histoire est plus originale.
Il nous faut remonter au temps de Louis XIV, venant d’Italie, une nouvelle tradition pieuse s’installe en Provence, ce sont les Pénitents. Ces confréries de laïcs s’obligent à de fréquents exercices de piété, la pratique des vertus et un grand respect du culte des morts. Leur aube de toile grossière à cagoule pointue leur confère un original anonymat.
A Fuveau, un groupe de pénitents blancs naît en 1648, l’abbé Chaillan a conté leur histoire dans son livre « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » et une partie de leurs archives est conservée au presbytère.
Lors de certaines fêtes religieuses (Sacré-Coeur, Fête-Dieu) ils partaient en procession, décrivant de larges boucles autour du village allant pieds nus et chantant le plus souvent « Jésus siègue lausa », Jésus soit loué !  Ils portaient à cette occasion, soit des reliquaires, soit d’impressionnants bâtons de marche sculptés ou surmontés d’une lanterne . Après s’être rendus à la chapelle Saint-Michel, ils passaient entre autres par ce chemin qui a conservé leur souvenir dans la mémoire locale.

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Une précision : le chemin des Vertus, par suite d’achats et autres est devenu récemment impasse des Vertus. On peut légitimement supposer qu’à l’origine il s’étendait au-delà de ses limites actuelles. Écrit vers 1850, un témoignage de Pierre Joubert, le prêtre qui est à l’origine de notre église actuelle nous éclaire sur les Vertus et sur ce chemin.
Le jour de l’Ascension, la première messe est dite dans la paroisse à six heures précises. La procession part de l’église à sept heures, on porte à cette procession, la croix, les bannières, la Sainte Vierge. Les congréganistes habillés de blanc y assistent ainsi que les pénitents et la musique.
« La procession passe devant la maison curiale, descend vers les murs de Monsieur Blanc, arrive au pont du Riéret, prend le chemin de Masse, le quitte pour prendre le sentier des Vertus, tourne la montagne de Saint-Michel et arrive à la chapelle du côté du levant de la montagne. Les trois bénédictions sont données la première à la croix de Masse, la deuxième à celle qui se trouve au chemin de Belcodène la troisième enfin devant la chapelle.
Après la messe, on bénit la campagne, la procession se remet en marche en faisant le tour de la chapelle, le choeur chante alors le « Libéra ». Il y avait là autrefois un cimetière. On revient à la paroisse en passant par le cours.
Autrefois on portait à cette procession un caisse en forme de grand reliquaire appelée les Vertus. Les personnes chargées de porter cette caisse la plaçaient à la tête de la procession et à certains endroits marqués pour cela, elles s’arrêtaient, relevaient les brancards et tout le monde passait dessous en baisant les étoles qui en pendaient. Cela n’a pas toujours eu lieu parce qu’on manque souvent d’hommes de bonne volonté pour porter les Vertus cependant cet usage était très populaire. »  

Pour mémoire, voici les deux derniers pénitents de Fuveau : Fidèle Barthélémy, chantre et sacristain, Richard Michel, chantre, avec leur bâton de pénitent.

Chapelles détruites

La chapelle des Pénitents(XVIIe siècle)La chapelle des Pénitents-Blancs de FuveauUn registre curial du XIXe siècle veut que les Pénitents-Blancs de Fuveau aient été fondés en 1648.Nous tenons, « du 12 avril 1660, une permission originale octroyée par les coseigneurs de Fuveau pour la bâtisse d’une chapelle dans ledit lieu en faveur des Pénitents-Blancs, au choix de Mr de Fuveau-Puget ». (Archives hospitalières de la famille d’Hupays)Cette chapelle fut édifiée dans la rue de l’église, près de la cure, sur l’emplacement d’un casal appartenant aux Puget et loué précédemment à M. de Flotte, prêtre de Roquevaire.Les Puget, dames et messieurs, sont les protecteurs de la confrérie ; et si par leurs bienfaits ils coopèrent à l’érection, à l’ornementation du monument, ils recrutent des membres par la vertu de leur influence.
Aussi, à la mort de Louis Puget arrivée en 1680, les Pénitents font éclater leur reconnaissance en lui faisant des funérailles magnifiques. Ils auraient voulu l’ensevelir dans leur chapelle mais aucune tombe n’avait été préparée.

La chapelle des Pénitents érigée au milieu du XVIIème fut détruite en 1902 lors du premier aménagement de la place Verminck. Dans leurs études respectives consacrées au village, l’abbé Chaillan, Michel Colon ainsi que Guy Graveleau ont évoqué différents aspects de la vie de la confrérie des pénitents de Fuveau. Voir aussi le page de l’impasse des Vertus sur ce site.

Ci-dessous un croquis de cette même chapelle antérieur à la photo.

Chapelle des Pénitents à Fuveau, croquis antérieur à la photo ci-dessus.Chapelle des Pénitents à Fuveau, avant sa destruction.
Peu avant le décès dudit seigneur, la confrérie, déjà florissante, avait jugé à propos de paraître en corps aux cérémonies des enterrements. C’était, d’abord, les membres, puis les amis, les bienfaiteurs qui réclamaient les prières, les bons offices religieux de ces hommes fidèles à leur règlement de pénitence.
Le 11 septembre 1706 « on ensevelit pour la première fois à la tombe des Pénitents Toussaint Barthélémy, âgé d’environ 66 ans, membre de la confrérie ». Près de la tombe des confrères, on creuse les tombes des bienfaiteurs qui, avec empressement, demandent à y être déposés après leur mort.Claude Rossolin, après Etienne et Jacques Vitalis, est très dévoué aux Pénitents. Curé de Fuveau, comme eux, il se fait recevoir de la compagnie et assiste aux chants de ses offices.Pierre Vitalis, prêtre, fils d’Henri Vitalis, notaire, est aussi confrère de la gazette, et presque tous les membres de sa très répandue et influente famille agissent comme lui. C’est le moment de l’apogée des Pénitents de Fuveau.Ils font refaire par Barthélémy la façade –très artistique- de leur chapelle, en 1723. […] Claude de Faudran, coseigneur, en 1742, Etienne Vitalis, coseigneur, en 1753, Bernardin d’Hupays, en 1771, se font ensevelir à la chapelle des Pénitents…
Mais, aux années 1742 et 1743, le cimetière de Saint-Michel étant en interdiction , il fallut, pour éviter de porter les morts à Belcodène ou à Gréasque, ensevelir presque tous les défunts du pays aux tombes de la chapelle des Pénitents. (sur l’Etat-civil, on a relevé 234 noms de défunts déposés auprès de l’autel de cette chapelle).Le 3 germinal, an VI, les citoyens de Fuveau y procèdent à la nomination de l’agent municipal et y élisent Jean Louis Long… En 1818 les pénitents se reconstituent et l’office est de nouveau chanté dans leur chapelle, mais avec beaucoup moins d’éclat que dans les siècles disparus. La chapelle est démolie en janvier 1902.p. 48 à 51
SOURCE /  Vallée de l’Arc Supérieur, Recherches Archéologiques et Historiques Sur FUVEAU,  Par l’Abbé CHAILLAN,  1901

Ne pas oublier la chapelle Sainte-Anne qui, elle, fut détruite en 1809 pour faire place au premier site d’extraction industrielle du charbon : le puits numéro1, celui-ci a été remplacé plus tard par l’ancienne mairie, actuelle maison des Associations, cours Leydet. Elle est bien située sur la carte de Cassini.

La chapelle Saint-Charles à Château-l’Arc est transformée en habitation depuis les années 70.

Rue Rondet

Partant du cours Leydet jusqu’à l’église, elle voit défiler bien des événements  de la vie de Fuveau. Elle rappelle le nom d’un syndicaliste des mines de la région de Saint-Etienne, Michel RONDET qui est d’ailleurs statufié à l’entrée de cette ville. Cet homme  a fait une apparition éclair chez nous pour un rapide meeting de propagande à la fin du dix-neuvième siècle. Il est généralement admis qu’il serait à l’origine de la CGT. Son personnage et les événements  qu’il a provoqué en particulier  l’une des plus importantes grèves de l’histoire du bassin du Forez et la fusillade dite « du brûlé » ont largement inspiré Zola dans Germinal. Sa biographie a été écrite par André Philippe, Editions Hier et Aujourd’hui 1949. Le patronyme de Rondet n’est pas très répandu mais nous avons actuellement à Fuveau du coté du quartier Saint-François, son homonyme, Monsieur Michel RONDET.
Curieusement, avant de prendre cette appellation au début du siècle dernier elle s’appelait rue Vendôme ! C’est d’ailleurs à cette même époque qu’un certain nombre de rues sont devenues rue Kléber, rue Mirabeau, rue Hoche, actuelle rue Barthélémy Niollon.

Michel RONDET statufié à Saint-Etienne.

Deux cartes postales qui n’ont pas dix ans d’écart. Pour l’une rue Rondé et l’autre rue Vendôme.

Rue du Docteur Defaix

Si l’ancienne rue de l’École est devenue rue du Docteur DEFAIX dans les années 80, cela n’est pas dû au hasard. Certes, l’ancienne appellation n’avait plus de sens du fait que la nouvelle mairie avait remplacé l’ancienne « École publique de filles » mais la mémoire de cet héroïque praticien se devait d’être honorée peu après don décès.
S’il fut pendant sa longue carrière le dévoué généraliste du village, c’est dès son arrivée en 1932 qu’il a su montrer sa valeur en évitant au village une catastrophe pour endiguer une épidémie de fièvre typhoïde qui au final s’est soldée par seulement, si l’on peut dire, douze décès. 
Auguste HONORAT, disparu en 2006, avait publié sur le journal paroissial une étude approfondie sur ce fléau avec un travail sur l’état sanitaire du village à l’apparition des premiers symptômes, les mesures prises, la liste détaillée des victimes et sur l’énorme contribution du bon docteur à endiguer le mal. A ce titre il fut décoré de la médaille d’honneur des épidémies par le maire Théophile Coulomb avec mesdames COMTE et GIUSTI, infirmières qui l’ont efficacement assisté. Il resta pendant cinquante années compétent et dévoué généraliste. Passionné de tout ce qui touchait à la montagne, on raconte que pendant les jours de neige, il effectuait ses tournées à ski mais en temps normal, c’est en 2CV qu’il visitait ses patients. En 1945, il a ouvert une nouvelle voie dans la montagne Sainte-Victoire, c’est une directissime qui s’appelle l’arête de Surprises. Hommage lui soit rendu !

La chapelle Saint-Roch

Le glorieux saint Roch avait protégé la communauté fuvelaine de la contagion lors de la peste de 1720 et dans les années qui suivirent, sous l’impulsion du consul Honorat Jourdan une chapelle lui fut élevée.
L’habitude d’aller y chanter le Salve Régina le soir du 15 août fut rapidement prise. Du début du siècle dernier et jusqu’à nos jours, l’office s’achevait par « O grand san Ro », chant en provençal dû à Eugène Long. La mélodie que vous entendez est de Constant Chayne et correspond à ce chant.

Le chœur de la chapelle a gardé sensiblement le même aspect aujourd’hui que sur cette photo de 1906.

Voici le « trésor » de la chapelle Saint-Roch, ce superbe ex-voto sur lequel on peut lire :
Honorat Jourdan étant consul en l’année 1720
la peste étant dans la Province
le peuple ayant recours au glorieux saint Roch
ce lieu a été préservé de ce mal
et en mémoire cette chapelle a été édifiée des aumônes
que le sieur Jourdant a ramassées des bonnes gens
et il a fait faire ce tableau avec sa famille

C’est effectivement le saint en majesté, le consul avec sa mère, sa femme et ses six enfants qui sont représentés.

À l’angle rue Barthélémy Niollon – rue de la Paix, voici l’édifice dans son état actuel. Au fronton on peut lire la date de 1729.

Précisions sur saint Roch

Au début du XIe siècle, Roch, un jeune montpelliérain, partit pour Rome accompagné de son chien et sur son chemin, guérit de nombreux malades, en particulier des pestiférés. Il est normal qu’après la grande peste de 1720, de nombreux oratoires et chapelles aient été élevés en son honneur par les communautés qui avaient été épargnées de ce mal. L’église a fixé sa fête au 16 août ce qui explique que son culte accompagne souvent celui de l’Assomption.
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Ce cantique, dû à Eugène Long, les fuvelains ont pris pour habitude de le chanter tous les 16 août . On l’appelle parfois le chant du « Grand Roumiou », ce mot signifie pèlerin. La musique que vous entendez, due à Constant Chayne est précisément celle de ce cantique.

Cantico de Sant Ro.

Canten, Crestian, canten la glori
E fasen redire eis écos
E lou renoun e la memori
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Emé lou cor que nous trampello,
Plen d’afecioun e d’estrambor
Venen prega dins la capello
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Coumo un sourgent que toujour raïo,
Maugra lei esten e lei ro,
Caminaren dedins la draïo
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

En aqueou san tant populari
Sieguen sempre un pople dévo
E saluden lou santuari
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

E se jamaï la pesto affrouso
Venié ravaja notei lio,
Implouren l’ajudo amistouso,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Se d’autrei fléu nous menaçavoun, 
Vers eu moutarien nostei vo,
Envoucant lei man que sauvavoun,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Mai dou pecca qu’es taco d’oli,
Aluencho lei bouco de fio,
E gardo nous per l’aout regoli
O grand Roumiou, o grand San Ro.

Une autre vue de la chapelle Saint-Roch, l’un des nombreux endroits de Fuveau bien exposés où les dames aimaient se retrouver pour enfiler des perles.

L’oratoire

Ils sont nombreux les villages de Provence sur le territoire desquels les oratoires sont légion, la palme revenant vraisemblablement à Orgon dans la montée entre le village et Notre-Dame-de-Beauregard. Fuveau, lui, ne compte qu’un seul de ces édicules anciens, les croix de missions ou autre niches ne pouvant être définies comme tels. Il est encore visible et parfaitement entretenu sur le Chemin d’Aix à deux cents mètres environ du cimetière. Par contre, son origine nous est parfaitement connue et ce détail d’histoire locale rehausse l’intérêt de ce monument, inscrit au patrimoine fuvelain. Petite précision, il existe au bord de l’Arc au niveau de Favary un deuxième oratoire celui-ci dédié à saint Mitre, il est en limite des communes de Fuveau et Rousset mais réellement sur Rousset. Le notre donc est dédié à saint Jean de Mélissane.
Auguste Honorat (dcd 04/10/2006) en a bien étudié les détails et raconté l’histoire qu’il a juste un peu romancée comme à son habitude mais si ce n’était pas le cas, celle-ci perdrait vite sa saveur.

L’histoire de l’oratoire

Voici comment en septembre 2000, Auguste Honorat a analysé et à peine romancé l’histoire de l’oratoire Saint-Jean-de-Mélissane après de minutieuses recherches sur une quantité importante d’archives paroissiales, municipales et familiales.

CYPRIEN FOUQUE (1702 – 1782)
ou l’histoire de l’ex-voto du Pin de Luquet à Fuveau.

 Celui qui emprunte l’ancienne route d’Aix à partie de la croix des Missions lorsque on quitte le CD56E, va trouver sur sa droite à deux cents mètres environ un oratoire dédié à saint Jean de Mélissane dit saint Jean le Moissonneur et immédiatement après il verra le chemin qui vient des Escassades. C’est à ce carrefour qu’en 1779 se déroulèrent les faits qui aboutirent à la construction de cet édifice. C’est cette histoire que nous avons reconstituée pour vous la conter. 
Pour bien se mettre dans l’ambiance de cet évènement, il est indispensable de connaître le constructeur de l’ouvrage : Cyprien Fouque né le 18 octobre 1702 ainsi que d’avoir un aperçu de la famille dont il est issu.  Famille profondément chrétienne car lors de leur décès, les Fouque reçoivent toujours les sacrements, plusieurs d’entre eux furent membres des Pénitents Blancs. Dans l’ancien régime, ils apparaissent comme conseillers et auditeurs aux comptes de la communauté malgré leur illettrisme. La famille aura son époque, au dix-huitième siècle, même un huissier royal. Lors de la confection du cadastre de 1777 qui va recenser la fortune des habitants de Fuveau, plusieurs Fouque vont figurer.

LE MIRACLE DU PIN DE LUQUET

Le 23 juin 1779, le vieux Cyprien Fouque qui a 77 ans s’est réveillé bien avant l’aube et en cette veille de Saint-Jean il songe aux onze enfants issus de ses deux mariages. Madeleine ESTIENNE, lui a donné 10 enfants dont aucun n’a survécu a ce jour, seul lui reste le dernier de ses fils, le « caganis », Jacques, issu de son second mariage avec Gabrielle FABRE, de Gardanne. Ses filles Maire et Françoise lui avaient auparavant donné cinq petits-enfants dont seule reste en 1779 Marie BOURRELLY née le 9 décembre 1761, fille de Françoise. En 1779, la famille Fouque se compose donc de Cyprien, Gabrielle Fabre, Jacques Fouque et Marie Bourrelly qui à 17 ans.
 Le vieux Fouque s’est levé et comme à l’accoutumée, après avoir passé sa grosse chemise et son pantalon s’est ceint les reins de la taillole. Il a enfilé ses grosses chaussures, a mis par dessus des bottes de cuir qui protègent le coup de pied , il a soufflé les braises pour ranimer le feu et a mis à  réchauffer un reste de soupe de la veille puis il a réveillé son fils. Il pense que demain c’est la grande fête de Saint-Jean, sa petite fille qui réside à Gardanne est  venue à Fuveau pour aider son grand-père et participer à la fête.
Jacques s’est levé et a avalé une bonne assiette de soupe avec son père avant de partir. Les voilà qui descendent l’escalier et dans le couloir le long de l’étable ils prennent leur grand chapeau de feutre à larges bords. Celui de Cyprien n’a plus de couleur mais il ne saurait aller aux champs sans lui.
En longeant la rue de Nice pour sortir du village par la porte du même nom, ils devisent du travail qu’ils vont accomplir ce jour pour avancer leur moisson. La saison a été propice, le vieil adage n’a pas menti « Au mes de jun s’en fa qu’aucun ». Le vieux Fouque et son fils ont moissonné les orges et un peu de froment pendant que Gabrielle et Marie formaient les javelles ensuite ils ont foulé les gerbes au fléau et aujourd’hui ils vont vanner sur l’aire du Pin de Luquet car Cyprien a préparé les vans, ces paniers à deux anses qui servent à nettoyer le grain battu.
  Pendant ce temps, à Fuveau, l’épouse de Cyprien qui a 59 ans vaque au tâches ordinaires du ménage et réveille sa petite-fille Marie. Elles se reposent un peu des efforts de la moisson. Même le mulet qui n’est pas parti avec les hommes ne s’est pas levé de grand matin, il a été laissé à la disposition des femmes pour aller chercher de l’eau à la restanque de Font d’Esprat car l’eau est rare au village.
 Les heures passent, la maîtresse de maison s’est mise aux fourneaux pour préparer une soupe de fèves bien épaisse avec un morceau de lard, un peu rance ainsi qu’une omelette d’oignons le tout accompagné du pain cuit voici deux jours au four communal sans oublier deux bouteilles de vin.
  L’horloge de l’église ayant sonné la onzième heure, Gabrielle demande à sa petite-fille de préparer le mulet et de lui mettre un petit « eissari » pour porter le repas aux hommes.
 Voici donc Marie qui s’en va, sortant du village par la porte de Nice, rejoignant la route royale d’Aix à Toulon qui longe le village au Nord, traversant le ravin sur le vieux pont médiéval et commençant à monter vers la grande carraire qu’elle traverse en continuant sa route vers le Pin de Luquet distant d’environ 600 mètres.      
Du chemin du quartier des Escassades qui va rejoindre la grande route d’Aix, descend un mulet bâté que son propriétaire accompagne nonchalamment perdu dans ses pensées. Il fait chaud, la demie de onze heures est déjà bien passée, soudain le mulet de Mesté Poulacre énervé par les taons entame un petit trot quelques dizaines de mètres avant le carrefour malgré les cris et vociférations de son maître qui ne peut le retenir.
Le mulet s’engage sur la route alors qu’arrive Marie juchée sur son animal et qui révasse, bercée par le balancement de sa monture. Que s’est-il passé dans la tête de cette bête ? Nous ne la saurons jamais mais ce qu’il advint, c’est qu’elle se jeta sur son congénère la bouche ouverte et les sabots en avant, Marie fut désarçonnée et tomba entre les pattes des mulets qui continuaient à se cabrer en échangeant des coups de pieds.
  Mesté Poulacre qui était arrivé sur les lieux continuait à vociférer et avec sa canne tentait de séparer les antagonistes. Le combat dura longtemps et la pauvre Marie, recroquevillée, les mains sur la tête gisait toujours au milieu de leurs pattes, recommandant son âme à Dieu et invoquant le grand saint Jean pour qu’il la sauve du danger pensant aussi à son promis et à son mariage prévu dans quelques mois.
Après un dernier soubresaut, la lutta s’acheva. Les bâts des animaux jonchaient le lieu de la bataille, la soupe de fèves, l’omelette, le pain et les bouteilles, tout était à même le sol dans la poussière du chemin. Enfin mesté Poulacre put porter secours à la jeune fille et la remettre sur ses jambes car il la croyait morte ou grièvement blessée. Celle-ci, après avoir remis de l’ordre dans ses vêtements commença en tremblant à articuler quelques mots : « Je crois que je vais bien, je n’ai rien de cassé pourtant j’ai senti plusieurs fois que les sabots me piétinaient ». Mesté Poulacre la regardait ahuri « Mais c’est une chose impossible ce que tu me dis, j’ai bien vu ce qui s’est passé, je te croyais morte ! » disait-il en s’épongeant le front « Oui mais pendant ce temps je priais Dieu et j’invoquais le grand saint Jean des Moissons » « Tu as été entendue et exaucée ». Alors il se découvrit  et ensemble avec Marie ils s’agenouillèrent et s’étant signés, ils remercièrent Dieu et le grand Saint Jean de Mélissane du prodige qui venait de se produire.
Les animaux calmés attendaient la suite des événements alors mesté Poulacre refit le bât qui était tout désarticulé quant à Marie, elle essaya de sauver ce qui pouvait l’être du repas de son grand-père et de Jacques. Ce jour là, le vieux Cyprien  se contentat du pain, de l’omelette et et l’eau. Lorsque Marie eut narré les faits, Cyprien se découvrit, se mit à genoux et à haute voix, promit à Dieu et au saint d’élever un oratoire en ex-voto sur le lieu du prodige. 

Chemin de Masse

En montant l’avenue Alexandre Philip, ex montée de Montre, à gauche, voici le chemin de Masse, une voie longtemps connue par les autochtones parce qu’il y avait un pin géant dit le « pin de Masse », de très loin le plus grand arbre du village dont la foudre a eu raison pour fêter à sa façon l’an 2000. Un sympathique chemin de balade qui aboutit au collège de Fuveau. Ce quartier appelé de tous temps Font d’Aurumy est devenu plus tard « Font d’Aurumy et Masse ». C’est un maçon, du nom de Masse, celui-là même qui avait en 1677 rénové en quasi-totalité la chapelle Saint-Michel qui lui a laissé son nom. Il avait acheté une terre relativement importante mais peu productive sur le quartier Font-d’Aurumy et voilà l’origine du nom dévoilée.

Fouilles archéologiques chapelle Saint Michel

Dans le cadre d’un projet de rénovation de la chapelle Saint-Michel, il était nécessaire et surtout obligatoire de réaliser des fouilles archéologiques autour de ce vénérable édifice. Le rapport des archéologues apporte quelques éclairages d’importance. Il nous est apparu intéressant d’en publier le contenu afin que celui-ci ne soit pas définitivement enterré dans des archives municipales ou régionales.

À titre personnel, nous en tirons les conclusions suivantes : la chapelle d’origine date bien du XIsiècle et n’a pas été bâtie sur un édifice antique comme beaucoup le supposaient et surtout la communauté villageoise n’a jamais vécu autour de la chapelle, même si elle y a été enterrée, elle s’est  toujours trouvée sur l’emplacement de la colline de Roque-Haute différente de la Roque-Caudo (Roucaoudo) voire de la Roque-Martine. 

Terribilis est locus iste

C’est une bien curieuse inscription qui figure au fronton de notre église.

TERRIBILIS EST LOCUS ISTE
HIC DOMUS DEI EST
 ET PORTA CŒLI
Ce lieu est terrible. C’est la maison de Dieu et la porte du ciel.  C’est un phrase tirée du de la Bible (Génèse, 28, 17) qui elle-même regorge de ce type de formule. Sachant qu’elle figure dans l’introït des messes de dédicaces des églises, cela peut être une explication car pour l’église Saint-Michel, celle-ci a été célébrée en très grande pompe. 

Très rares sont les lieux de culte où figure cette inscription : l’une à Lyon sur l’église Saint-Georges et, plus interpellant, l’église Sainte-Marie-Madeleine à Rennes-le-Château. Cette dernière a été voulue par le célèbre et énigmatique abbé Saunière à la fin du XIXe.

La façade et toutes ses inscriptions.

Le tour des Frères

Il était une promenade digestive qu’aimaient faire les fuvelains surtout au frais le soir. Longue d’un bon kilomètre, elle consistait à partir de la rue d’Aix, maintenant chanoine Moisan, passer devant l’école libre de garçons, maintenant Maison pour Tous, passer le pont des Frères, passer le Pont du Grand Vallat à droite, devant la carrière de pierres et remonter au centre du village côté Galerie. La circulation de véhicules n’étant pas ce qu’elle est maintenant, le circuit était sans danger. On appelait ça faire le « Tour des Frères » simplement parce que ladite ancienne école de garçons était tenue par des Frères maristes jusqu’à la première guerre, d’ailleurs le pont que l’on traversait juste après l’école était aussi appelé le Pont des Frères.
C’est l’occasion de rappeler le souvenir de deux instituteurs qui ont marqué cette école: le frère Rodrigue connu pour son extrème sévérité et plus tard, Monsieur Rabasse, père de Marie-Jeanne Moustier. Charles Verminck fut le premier instituteur de Fuveau et curieusement avant de venir au village, il était novice chez les Frères Gris près de Luynes.

NDLR: Un employé fonctionnaire du cadastre à la conscience professionnelle et la conscience tout court très limitées a appelé un jour  le pont des Frères : pont des 3 Frères ce qui enlève tout son sens au nom de ce pont.

Croix de Lorraine et Durili

Ce « graffiti » est dû à un certain Durili Jean-Baptiste Napoléon, conseiller municipal corse et hâbleur dans les années troubles de l’occupation. C’est aussi un palimpseste ! Les allemands avaient peint une marque de reconnaissance de leur découpage de zone :  KN4A sur ce mur au bout de la rue du 4 septembre. Notre DURILI, en forme de vengeance avait passé une couche de peinture rouge sur ce sigle et avait ajouté un symbole fort à côté : la croix de Lorraine. La chimie, là aussi, a fait ressortir plusieurs années après, le sigle allemand que DURILI croyait avoir recouvert pour toujours et pourtant, cette peinture était connue pour être la plus résistante et de meilleure qualité, elle était utilisée surtout pour les cuisines.

Durili et son épouse née Augusta Grégoire.

Triste fin pour ce « monument » de la mémoire fuvelaine. Au cours de l’automne 2011, le nouveau propriétaire de l’immeuble, dans un but de rénovation, a décidé de crépir toutes les facades dont celle qui arborait cette précieuse relique et, en une minute, tout a disparu. Mairie, propriétaire, agents immobiliers, associations peuvent se renvoyer la responsabilité, le résultat est là. Les journées du patrimoine, si elles perdurent par-delà cet incident, seront sérieusement amputées et, à Fuveau, perdront une grande partie de leur charme.

Chapelle Saint Jean de Melissanne

Cet édifice a été superbement rénové en 2022

Au sud, le CD6 un axe sursaturé par la circulation intensive, au nord l’ancien lit de l’Arc qui est devenu un cloaque, à l’est un ancien champ, fertile en d’autres temps, que la volonté du propriétaire actuel a transformé en jungle, dépotoir et refuge pour amoureux en voiture, le champ à l’ouest reste encore cultivé ! Triste décor pour la plus vénérable des chapelles rurales de la commune ! 
Le prieuré de Saint-Jean-de-Mélissane dit aussi Saint-Jean-le-Moissonneur fut construit sur les substructions d’une propriété rurale qui peut être datée du Bas-Empire ou plus vraisemblablement de l’époque wisigothique en fonction des nombreux tessons noirs avec décors à rouelles qui pullulent à cinquante mètres à l’ouest de la chapelle, là où sont encore visibles quelques pans de murs en petit appareil ainsi que deux arrivées de canalisations qui apportaient l’eau depuis les sources de la Grand’Bastide. Mentionnons également, à quelques mètres de là, un grand couvercle de sarcophage moyenâgeux en bordure du champ cultivé vraisemblablement exhumé lors d’un labour. Sur la photo ci-dessous on notera la présence d’un grand fut de colonne en grès exhumé lors d’un labourage profond, il a été volé mais il témoigne de la présence d’un établissement important sous le sol de ces lieux. Il parait urgent d’ouvrir un jour un chantier de fouilles. Précisons que de nombreuses colonnettes avaient été récupérées dans les années 50 avec l’apparition des tracteurs.

Le lieu est mentionné comme appartenant successivement aux Templiers ou aux Hospitaliers puis à l’abbaye de Saint-Victor, ce qui est peu original dans la région, Dès le xvisiècle, ce n’est plus qu’une chapelle autour de laquelle la population locale se fait enterrer en nombre, des labours profonds effectués dans les années 60 l’ont confirmé. C’est aussi à cette dernière époque, après le départ de l’abbé Huart que la pratique de la messe dominicale en ce lieu a cessé pour être remplacée par un pèlerinage de mainteneurs autour du 24 juin parfois suivi d’un aïoli pris en commun. Précisons que ce pèlerinage est une très ancienne tradition du village. Il se faisait à pied dans les siècles passés au son des fifres et des « bachas », gros tambours à ne pas confondre avec le tambourin, en français une bacholle. Notons que le plus ancien des oratoires de Fuveau au chemin du Pin de Luquet est également dédié à saint Jean de Mélissane ou saint Jean le Moissonneur.

Les vitraux ayant été brisés, les ex-voto et souvenirs des pénitents de Fuveau dispersés, la reproduction d’époque d’un Baptême du Christ de Rubens volée, que reste-t-il à l’intérieur ? Un autel composé d’une dalle retrouvée in situ et d’un fût de colonne de même. L’autel d’origine a été transporté on ne sait pourquoi à la chapelle Saint- Michel. On y voit aussi un curieux confessionnal qui est taillé dans l’épaisseur du mur. Le cul de four a été remis à neuf à la fin des années 60 par le jeune Charles Lagalisse (Ven 2014)alors âgé de 15 ans. Peu après, le vitrail qui orne la meurtrière retrouvée à cette occasion fut l’œuvre d’un un artiste local, Monsieur Gérard. Le fût de colonne en grès que l’on aperçoit (par terre à droite) sur la photo ci-dessus prise en 2005 a aussi été volé mais on en retrouve d’autres près de la face nord du château de la Grand’Bastide tous provenant de labours autour de la chapelle.
Des modillons qui ornent l’extérieur de la chapelle sous la corniche de la cella en cul de four, il ne reste que ceux qui n’ont pas de décor, les manquants étaient parés de feuilles d’acanthe ou représentaient des faces humaines. Nous avons fixé ci-dessous le seul qui présente encore une jolie volute.

A l’extérieur, une ancienne base de pressoir oléicole fut longtemps objet d’une tradition locale : on faisait mettre le pied dedans aux nouveau-nés ou aux nouveaux baptisés. Volée également en 2009, la voici encore dans son jus (volée en 2010).

Voici l’ancienne arrivée des eaux de la Grand’Bastide à l’aplomb de la chapelle (photo Flo Vatin). Ci-dessous le couvercle de sarcophage.

Je vais vous livrer un secret sur cette chapelle orientée. Elle est entièrement construite en beaux matériaux de réemploi et sur son angle nord-ouest, à une hauteur de deux mètres, se cache une pierre exceptionnelle. Elle est ornée d’une magnifique frise de grappes de raisins et de poissons, seulement voilà, une ancienne municipalité qui se souciait bien peu du patrimoine n’a rien trouvé de mieux que de l’enduire d’une couche de ciment ! Peu avant cette triste décision du maire Guiguet en 1974, ce joyau avait été filmé quelques secondes en super 8 à l’occasion d’un rallye-surprise. La réhabilitation indispensable de ce site passera aussi par la remise au jour de cette pierre ainsi que de toutes celles qui ont été utilisées pour rebâtir la chapelle dont plusieurs dalles en particulier, une très visible avec ses encoches typiques est la pierre de base d’une entrée de maison. 

Exhumée par un labourage profond le 23 mars 2007, voici une base de colonne maintenant déposée en mairie de Fuveau qui pourrait constituer le « Trésor de Saint-Jean ».  Cette découverte est la confirmation de la présence en ces lieux d’un établissement agricole florissant car au vu du diamètre de cette pierre il est certain qu’elle supportait une colonne de plus de trois mètres de haut. Donc, à quand un vrai chantier officiel de fouilles archéologiques ?

Pour mémoire, ci-dessous le chant du « Grand San Jan Batisto » qu’il est d’usage de chanter à l’occasion de la messe en provençal célébrée le 24 juin. Paroles Eugène Long, musique Constant Chayne. C’est précisément cet air que vous entendez .

Refrain
Grand San Jan Batisto vous lou demandant
Dounas nous lou courage
Souténès nous dins lou camin glissant
D’aquéou pélérinage. (bis)

San Jan Batisto servitour
Dóu Dieù que countemplen la glori
Sièguès nostre bon proutectour
Que perden jamai la mémori.

San Jan Batisto à l’an que ven!
Fuvéu vendra mai vous rendre oumagi.
Se sian pas mai siguen pas men
Per faire aquéu pélérinage.

De ço qu’aven proumé dins la mission
D’estre coutent e sage
Afin d’agué nostro bello pourtien
D’aquéu san eiretage. (bis)

Pour le fun ci-dessous, un curieux document de 1524 concernant la chapelle

« le visiteur découvre des cendres ou les restes d’un foyer, parfois devant l’autel, quelquefois même sur l’autel que les habitants de l’église utilisent pour faire leur cuisine, ainsi qu’en témoignent les ustensiles qui trainent au pied de l’autel, oules et sartans et les restes du repas qui demeurent sur l’autel. Ces foyers entretenus continuellement finissent à la longue par enfumer et noircir complètement l’église. Le visiteur découvre également dans ces sanctuaires des outils et des instruments agricoles ainsi que des tas de foin aménagés pour servir de lit aux bouviers.Cette appropriation des édifices du culte peut aller encore plus loin. Le cas limite est bien celui de la chapelle Saint Jean de Mélissane, près de Fuveau dont les habitants détiennent la clé, usant du sanctuaire comme de leur demeure propre. Aussi Durandus Alesi est-il contraint de visiter par un trou du mur cette chapelle qui selon ses propres termes ressemble davantage à une habitation profane qu’à une église ». (Ut apertuit nobis plus videturdomus prophanaquam ecclesia).

En 2022, La façade de la Chapelle a été réhabilitée par la Municipalité de Béatrice Bonfillon-Chiavassa

De belles découvertes sous cette façade. Un magnifique arche au dessus de l’entrée, une porte cachée jusqu’alors sur la façade sud, et l’ensemble de pierres d’angles mise en valeur. N’oublions pas la mise au jour de la fameuse pierre au poisson.

Nouveau site archéologique

Ceux qui ont lu les deux  » bibles  » d’histoire locale que sont le livre de l’abbé Chaillan et celui de Michel Colon n’ont pas pu avoir connaissance d’un petit site archéologique se trouvant au quartier du Puget puisque l’invention de celui-ci est postérieure à l’écriture de ces ouvrages.

A peu de distance du pont sur l’Arc, déjà connu, dont les substructions sont antiques, les structures basses d’un four de tuilier ont été mises au jour au cours de travaux d’excavation. La DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) immédiatement prévenue a pu en son temps procéder a des relevés conservatoires et des fouilles de sauvetage pour donner au propriétaire des lieux un maximum d’explications ainsi que ses conclusions sur l’originale et intéressante découverte.

Différents matériels ont permis de dater approximativement la période entre le premier et le cinquième siècle de notre ère dans l’attente d’une fouille exhaustive. Certains tessons de tuiles portent un cartouche en forme de fer à cheval permettant de lire  » P.FURIROGATI « , en clair Publius Furius Rogatus.

Il est possible de dire que probablement, nous avons là le plus vieux nom de famille attesté sur Fuveau  !

Ces mêmes tessons comportent aussi des poinçonnages à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

" P.FURIROGATI ", en clair Publius Furius Rogatus.
poinçonnage à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

Sous les ponts de Fuveau

Voici le plus ancien des ponts se situant sur notre commune, il a été rénové au cours des siècles mais De Gérin Ricard et Arnaud d’Agnel dans « Antiquités de la vallée de l’Arc »  nous confirment que ses substructions sont antiques. Notre rivière coule maintenant à une trentaine de mètres de celui-ci et il n’a plus qu’une fonction décorative à l’intérieur d’une propriété privée. Autrefois visible depuis la nationale 96 lorsque l’on passait le pont qui lui a succédé vers 1803, il est maintenant caché par la végétation, il suffit cependant pour l’admirer de se rendre dans la propriété, le maître des lieux n’est pas hostile aux visites. L’abbé Chaillan nous apprend que ce pont a été réparé acec la participation de la communauté de Meyreuil en 1806. Il a aussi été détruit au mois de ventôse an V, soit en mars 1797, puisqu’il a fallu mettre des planches pour faire passer une troupe.  

Pour le plaisir des yeux, la version colorisée de la carte postale ci-dessous.

Appelé pont du Grand Vallat (vallat=ruisseau en provençal), par l’éditeur de la carte postale, ce n’était certainement pas le nom retenu par les gens du village car il y avait bien d’autres ponts sur ce ruisseau dénommé l’Alic jusque dans les années 1850. L’appellation la plus courante était le Pont des Frères car voici un siècle, l’actuelle Maison pour Tous qui se trouve à proximité était une école religieuse tenue par des Frères maristes dont un certain frère Rodrigue était réputé pour sa rigueur. Le pont « récent » au deuxième plan a été bâti  par Benoît Barthélémy dit Mameluk en 1862. L’un des itinéraires de détente des villageois était un circuit qu’ils appelaient  « le tour des Frères » consistant à passer devant l’actuelle Maison pour Tous, passé le pont des Frères, ils allaient vers le pont du lavoir pour remonter vers le village coté est. Le trafic automobile a fait que cette sympathique habitude s’est perdue. Lorsque l’ancien pont (au premier plan) a été remplacé par le pont actuel , une bergerie dite « Bergerie de Bégude » avait été construite sur le vieux pont et on parlait souvent du « Pont de Bégude » pour le différencier du nouveau « Pont des Frères ». Ce   pont pourrait être vieux de sept siècles.

Vieille photo du Pont de Bégude sous la neige prise à partir du nouveau pont. A gauche, la bergerie de Bégude à ne pas confondre avec la ferme de la Bégude sur la RN 96. Bégude dans ce cas était le surnom du berger. Ce cliché nous a été aimablement confié par le docteur Kerbastar.

C’est surprenant mais ce pont existe toujours enfoui sous la végétation.  On pourrait croire qu’il s’agit du pont à proximité du terrain de basket visible au départ de la rue Scudo, il n’en est rien. Bien que construit quasiment sur les mêmes plans   il s’agit en fait d’un pont qui enjambe le ruisseau de la Foux sur la route de Belcodène à 1 km environ de la sortie du village, il suffit de regarder voire de compter les moellons pour s’en assurer.

Le pont du Lavoir, ici vu de la rue Rondet n’a pas changé depuis la carte postale (1906), le tracé des routes de Châteauneuf et de Rousset non plus, seules les nouvelles constructions sont venues désordonnancer ce paisible paysage. Ce pont a moins de 150 ans, nous devons préciser que sur le cadastre de Napoléon, le début de la route de Rousset n’existait pas : à partir de Fuveau on prenait la route de Châteauneuf et pour obliquer vers Rousset, on traversait à gué au niveau du Vallon, face au chemin de Vilaret, ce gué n’a pas changé aujourd’hui.

Ce petit pont dit « Pont des Tilleuls » est détruit, il agrémentait les jardins de Château l’Arc lorsque les lieux étaient propriété de la famille de Jessé Charleval.

Un pont sous l’ancienne voie ferrée essentiellement destiné à l’écoulement des eaux, lui aussi a été immortalisé sur carte postale. L’éditeur n’est autre que P.Ruat, un grand nom de l’édition marseillaise.

Vue unique provenant du fond Pirozelli avec ce Pont du Jas de Bassas entre l’ancien passage à niveau et la RN 96 avec en fond l’actuelle maison Robin dont la remise est démolie.

Ne quittons pas cette rubrique sans la photo actuelle des Trois Ponts. Le nom qui leur est donné ne fait pas preuve d’une imagination débordante néanmoins cet ouvrage est de loin le plus grand en matière de ponts à Fuveau. Il permet le passage de la voie (un jour réhabilitée ?) Gardanne-Carnoules pour franchir le vallon et le ruisseau du Grand Vallat au niveau du chemin de La Potasse.

Histoire de cloches (mai 2014)

Voici, retrouvé dans des archives dont nous ignorons la provenance, ce qui peut être considéré comme la petite histoire des cloches de Fuveau.

Et ci-dessus pour conclure, voici la dernière cloche installée inaugurée dans les années 70 par l’abbé Grimonpont. Pour sa fabrication, c’est le bronze de l’ancien bourdon (qui était fendu) qui a été utilisé. Une souscription auprès des paroissiens a permis son financement.

Où est la porte ? (juin 2016)

Au treizième siècle au premier quart du dix-neuvième, Fuveau, enserré dans ses murs et perché sur son piton rocheux ne comptait que deux portes : la porte de Bassac parfois appelée porte Barbière et la porte Fabre où Mounet-Miou selon l’époque.
Si la première est parfaitement connue et conservée, il n’en est pas de même pour l’autre, pourtant accès principal vers l’intérieur des murs en son temps. Bien qu’aucune preuve absolue n’existe sur l’emplacement de celle-ci, nous pouvons logiquement supposer qu’elle se situait sur le haut de la rue Rondet (ex rue Vendôme) au niveau de l’arrivée en angle de la rue Niollon (ex rue Hoche).
La photo ci-dessous nous montre celle-ci située maintenant quelques mètres à l’intérieur d’un immeuble. Elle se prolonge dans les soubassements de la maison.

NB : les deux portes situées l’une à l’extrémité nord de la rue Nationale (ex rue de Nice) dite souvent traverse Rompe-Cue, l’autre au milieu de cette même rue dite porte Basse n’ont été ouvertes que vers 1820 et n’ont jamais eu d’utilité défensive, il s’agissait surtout d’aérer cet axe, principale rue du village.

Les croix

À l’angle Rue du Nord – rue de la Paix, voici la « croix de fer » toute repeinte et rénovée en 2016. Elle vient nous rappeler les « missions » que venaient prêcher dans les campagnes marseillaises voici plus de deux siècles, les Oblats et autres congrégations religieuses. La croix de la Calade au début du chemin d’Aix, la croix de Masse au début du chemin de Masse côté collège et la croix du Goï au chemin de la Galère nous rappellent aussi à ce pieux souvenir.

Sur les photos ci-dessous qui immortalisent la croix de la Calade au début du siècle dernier on remarquera la tenue des fuvelains pour la promenade dominicale, ici le docteur Bourgeois. Bientôt sur cette même page, une étude sur les diverses dates inscrites au socle de cette croix. Bonne promenade, docteur.

Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goi, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
Mais la croix du Goi, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goi, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

L’éphéméride de Fredo Jourdan ( juin 2017)

Deux éphémérides  ont déjà été évoqués sur ce site, pour qui voudrait les consulter en totalité, on les trouve à la bibliothèque municipale, ils sont dus à Hippolyte Dépousier dit Capéou et Richard Michel. C’est le regretté Guy Graveleau qui s’est chargé de les mettre en page. Dans un autre style, l’éphéméride de Fredo Jourdan, en son temps chef du crible à la mine n’est pas dénué d’intérêt. Il est détenu par la famille Coulomb et nous éclaire sur la fondation de la confrérie des pénitents blancs en 1647. Il contient de nombreuses notes personnelles assez disparates ainsi que l’histoire de la famille.
Ci-dessous la copie des deux premières pages du cahier fondateur dont l’original semble avoir été perdu.

Bâtie par les pénitents blancs au tout début du règne de Louis XIV et détruite en 1902 voici la chapelle immortalisée peu avant sa destruction par Marius Blanc, père du populaire « Cabanon ».

Château  l’Arc

Voici le plus grand par la taille des châteaux de Fuveau actuellement transformé en restaurant et hôtel. Son parc et le vaste domaine agricole qui l’entouraient sont transformés en golf mais son histoire n’est pas dénuée d’intérêt.

C’est au onzième siècle que les vicomtes de Marseille érigèrent « Lou Castélas » qui se situait à quelques centaines de mètres de la demeure actuelle mais celui-ci fut détruit par les bandes d’Arnaud de Cervoles dit l’Archiprêtre vers 1363. Les terres restèrent possession de la famille d’Agoult qui fit bâtir le château actuel en 1620. Celui-ci passa à Joseph Ignace de Boutassy en 1750. Son fils Valentin Bruno l’améliora en 1780 et surtout agrandit considérablement le domaine qui s’étendait sur Saint-Charles, la Cairanne, les Beaumouilles et jusqu’à la Grand’Bastide à la veille de la révolution. Par suite d’alliances, partages et héritages le domaine morcelé passa aux Chaubet, aux Pourquier puis à la famille de Jessé Charleval qui en reconstitua une partie jusque dans l’immédiat après-guerre en particulier Antoine de Jessé qui y consacra toutes ses disponibilités et même au-delà. Pendant la période noire des années 40, il y cacha bien des personnages importants dont certains membres de la famille de France. Par suite le domaine fut racheté par le peintre Bernard Buffet qui le perdit sur une table de jeux ! Cet achat, à l’occasion des 30 ans du célèbre peintre fut l’objet d’une fête grandiose avec en particulier la présence d’Yves Saint-Laurent et Françoise Sagan.

Ci-dessus état actuel, et ci-dessous, du temps des De Jessé. 

La même, colorisée différemment par les Editions Pignatel.

Le Pont des Tilleuls dans les jardins du Château du temps de sa splendeur.

Et ci-dessus l’un des plus vieux clichés répertoriés de Château l’Arc .

Les autres châteaux de la commune ne se visitent pas : Le Puget, Saint-Pol, La Grand’Bastide.

Ne quittons pas Château-l’Arc sans signaler ce livre publié en 1962 édité par Galerie David et Garnier sur lequel on voit les fresques murales signées par Bernard Buffet dans la chapelle du château. Il est important de savoir que cette chapelle dénommée à l’époque chapelle Saint-Charles-Borromée est à ce jour transformée en habitation et n’offre aucune possibilité de visite.

Ci-dessus, deux vues historiquement intéressantes puisque prises du temps de Bernard Buffet.
Avec une nouvelle information apportée par Madame Antonia Lopez qui y travaillait à cette époque et transmise par Christine Véra, les fresques de la chapelle ont été léguées au Vatican par l’artiste.

Impasse Sainte Rosalie


Impasse sainte Rosalie

Nom curieux que celui de cette impasse et pourquoi donc ? C’est une appellation des années 50 due à l’abbé Christophe alors curé de Fuveau lorsque celui-ci a demandé à ses ouailles Barquaises de donner un saint patron (ou patronne) au hameau de La Barque,et c’est sainte Rosalie qui fut choisie. C’est la dite sainte Rosalie, une sainte ayant vécu un millénaire auparavant du côté de Palerme qui fut choisie car à cette époque la Rosalie était le nom d’un véhicule en vogue produit chez Citroën.

La Rosalie

Rue de la République

L’actuelle rue de la République encore appelée Grand rue  par nombre de fuvelains. Photo du 17 février 1906 prise à l’occasion de la venue du ministre des colonies Clémentel et carte postale expédiée le 31 juillet de la même année. Au premier plan, à droite, un charreton de fascines (li feissino) vraisemblablement destiné au boulanger Négrel, sous le balcon coté droit de la rue. Légèrement cachée par le charreton, la boucherie d’Auguste ROUBAUD.

Elle a été longtemps la plus longue rue du village et s’appelait « Grand’rue » auparavant  mais à l’avènement de la Troisième République, le 4 septembre 1870, elle a pris son nom actuel.

Notons qu’ele est prolongée par la rue du 4 septembre en direction de Belcodène..

La Grand’rue où l’on remarque les supports de treille, photo prise en février 1906