Auteur/autrice : Jean-François ROUBAUD

Un rapport sur les mines

– Société de statistique de Marseille. Tome 4 – 1840 

La découverte de l’importance des lignites est une des gloires de Marseille. Parmi les départements les plus grands producteurs du charbon, celui des Bouches-du-Rhône s’est élevé au cinquième rang, uniquement par ses produits en lignite. Il y a quatre-vingts ans environ , les savonneries et les verreries avaient épuisé les derniers restes de végétation qui couvraient nos collines, quand , auprès de Fuveau, furent entreprises les premières extractions d’un combustible qui vint alimenter les foyers de nos industriels. La facile inflammation du lignite, ses longs jets de flamme, le rendaient éminemment propre à remplacer le bois. Mais on ne s’était guère appliqué depuis à surmonter les inconvénients qu’il présente lorsqu’on veut étendre ses services à tous ceux que la houille peut rendre. On ne savait ni utiliser ses débris dans les fours à chaux , ni les transformer en coke propre au travail du fer. Toutes les difficultés que présentait la confection des chaux ordinaires et hydrauliques par le lignite viennent d’être vaincues, quelques modifications dans la forme et la conduite des fours ont suffi pour amener ce résultat. De pareils succès attendent ceux qui s’appliqueront à distiller le lignite pour en obtenir le gaz lumineux ou à l’employer à travailler le fer. Quelques modifications dans les formes des fourneaux et la conduite des opérations, l’injection de l’air chaud qui compense le calorique perdu par la vaporisation d’une trop grande quantité de matières volatiles  permettront de résoudre ces questions. Tout ce que font la houille et le bois, le lignite peut le donner.
Les parties les plus altérées du lignite peuvent heureusement servir à l’agriculture. Les propriétés désinfectantes du  lignite de Coudoux, nous ont paru partagées par tous les lignites décomposés ; ce qui était un obstacle ou une perte dans les parties altérées des couches pourra ainsi devenir une source de richesses plus précieuses encore que celle de l’industrie.
Enfin , les parties des couches de lignite où le soufre est si abondant qu’elles s’enflamment spontanément, deviendront sans doute dans peu de temps la source de grandes fabrications d’acide sulfurique ou, au moins , de sulfate de fer. Alors nos mines et nos salines nous donneront tous les éléments de la fabrication de la soude.
Les mines de lignite qui environnent Marseille  ont donc encore de grands services à ajouter à tous ceux qu’elles ont rendus : leur masse est-elle en rapport avec leur utilité ? Voyons quelle est la richesse du bassin sous lequel elles s’étendent ? 7 couches exploitées dans la vallée de l’Arc s’étendent, depuis l’origine, vers Trets et Pourcieux jusqu’ à l’embouchure de la Fare à Gignac.
Ces mines distribuées sur une zone épaisse de 143 mètres , ont une épaisseur ensemble de 7 mètres 45 cent., qui diminuée de toutes les veines de charbon trop terreux se réduisent à 3 mètres 84 centimètres de bon charbon.
Outre cette zone, nous avons découvert une zone de couches inférieures donnant sur trois couches une épaisseur de près de 2 mètres de charbon.
Enfin , il est d’autres couches plus importantes dans une zone supérieure. Nous calculons ainsi que la quantité de charbon existant dans les couches exploitées, est de 4608000 tonnes par kilomètre carré, moitié en charbon pour foyers , moitié en mines et charbons altérés pour l’agriculture et les fours à chaux.
En admettant que les exploitations ne soient jamais portées au-delà de 600 mètres de profondeur, on trouve que la superficie exploitable de 430 kilomètres carrés, pourra fournir plus de 200000 tonnes par an , pendant 4730 ans.          Intéressant aussi ce rapport de l’intendant des galères Arnoul qui nous apprend que le charbon de Fuveau était utilisé  pour chauffer les galères.

Les déversoirs

Voici un peu plus d’un demi-siècle, la quasi totalité des maisons du village en étaient équipées. Sans qu’il s’agisse d’une spécificité fuvelaine, loin s’en faut, il semble bon de nous rappeler avec un brin de commisération amusée le souvenir de ces édicules qui ont reçu tant de contenus de tinettes. Ci-dessous trois exemples appelant à la méditation avec commentaires.

Photo du 15 07 2003. Ces déversoirs, encore visibles à l’angle rue Château Vert – route de Belcodène, sont les seuls qui restent au village encore dans leur état d’origine et pourraient, peut-être, recevoir encore le contenu de quelque pot de chambre. Peuvent-ils entrer dans le cadre d’une politique de sauvegarde du patrimoine ?

Rue Nationale, ceux-ci n’ont disparu que dans les années 50 mais la carte postale reste un précieux témoignage.

Au-dessus du préau de l’école laïque de filles, on voit le derrière des maisons de la rue Barthélémy Niollon, rue Hoche à l’époque de la photo, en observant attentivement, éventuellement à la loupe, on peut découvrir au moins quatre de nos chers déversoirs !
Nous avons pu apprendre par un témoin digne de foi (Elise GUILLAT) que les plus « luxueux » étaient recouverts d’un couvercle de bois et au village ils étaient joliment surnommés « le bouquet ».

Sur cette carte postale colorisée de 1909, Editions E. Lacour,  une vue de l’école de filles prise de l’extérieur sur laquelle les déversoirs sont encore plus nets en particulier ceux du presbytère sous le clocher. 

Et pour prouver si besoin était que les déversoirs ne sont pas notre apanage, en voici un rencontré en Bourgogne dans la patrie de Colette à Saint-Sauveur-en-Puisaye. La forme est sensiblement différente mais l’usage identique.

Les déchets étaient collectés dans des sortes de cuves métalliques ou parfois des barriques posées sur des charrettes on les appelait « la torpille » ou « le torpilleur ». Les photos ci-dessous concernent Toulon, Fuveau, bien qu’équipé assez tôt du tout-à-l’égout, a pu en connaître de semblables.

La photo ci-dessous qui, elle, est authentiquement fuvelaine représente peut-être un torpilleur mais plus vraisemblablement   une tuyauterie destinée à un quelconque puits de mine.

Lou pastre

Dans les fins de banquets, il est partout d’usage que chacun  y aille de sa chansonnette, sa blague ou son poème.

Au cercle Saint-Michel, cette tradition a été longtemps tenace et en particulier cette superbe poésie en provençal, jamais éditée mais figurant dans la mémoire de beaucoup était systématiquement récitée. Elle était due à Ricard, un ancien berger aixois.

Lou pastre 

Eri darrieramen en de noço invita
Ounte après lou dina, nous fagueron canta
Quand sias touti d’ami, acò va pas tant just,
Un pau men, un pau mai, fai tira Marius.
Dei pichoun au plus grand, chascun digué la siouno
E quand vengué à ieù, l’aneri de la miéuno.
Avieu coumo vésin, lou pastré dòu meinage
Un jouine ome craintous que fasié ié tapagi,
Avié pas dis très mot tout lou long dòu repas !
Aussi de la jouinesso devengue léu la ciblo
« À Tounin, à Tounin, fau que canto o que siblo,
Digo nous ço que voues en francès, en prussien
Se voulès pas canta, digo-nous la Passien ! ».
E vague de piqua, dei coutéu, dei fourcheto.
Fatigua d’aquéu brut, alors me sieu leva
En diguen « Mei ami, parlen pas de canta ».

Coumo voulès qu’un pastre vous digué de canson ?
 Es toujour dins lei astre
En train de tafura coumo un chin mort de fam.
L’estello dòu bergié, lou camin de san Jan
La grande ouso, Jupiter et touto la sequélo
Dei astre luminous li nèblon la cervello.
Tau que l’abbé Moreux, l’astrologue sabènt
Un mendre pastrihoun vous dévino lou tems
Sias à vous demanda coumo podoun ben faire pèr jamai se troumpa
Mai en fa de cantaire, n’ai jamai rescountra dei mountagno à la Crau.
Ah ! S’èro pèr sibla vo pèr dire de mau !
D’abord pèr ben canta, fau saupre la musico,
Bada facilamen e supprima la chico
E sarié pas tout’un quitta lou berlingau !
Sé privarien plus leù de béure de Jacot
E Dieu sau se un pastre a souvènt la pépido.
À la raio dòu tems, luen de touto bastido,
Tant de jour que de nue après quatre mòutoun,
Dormi dedins de jas tout rempli de migon,
Au mitan 
dòu pòutras fa de pèto de gari.
Es un paure mestié, li vias ié de noutari, es pas proun destingui.
Lei un sentoun lou bou, d’autre soun tout crassous,
N’ia de plen de pesou
Sian ben luen d’aquéu tems ounte lei pastourello
Espousavoun lei rei talamen eron bello,
Lei vesias qu’en ruban et raubo de satin.
La raço dei bergié n’en es à soun declin,
Lei pastre d’au-jour-d’uei, s’habilloun pas de sedo
N’an bèn proun 
dòu cadis per casteja de fedo
Mai se soun pas bisquet coume dins l’ancian tems
N’an pas mens d’apetis e forço mai d’argènt.
Diro que l’a de gént que li cridon « canaio » !
Suffise que pèr fes, bouchounoun une sounaio,
Es que s’appren à éu, s’esfraiado 
dòu chin
Lei fedo an sauta dins lou prat 
dòu vésin
Vo se pèr cop d’asard an despampa uno vigno.
N’ia que neissoun chançous e d’autre émé la guigno.
Es la fatalita.
Mai lei gent d’au-jour-d’uei soun touti de parpaillo.
Lei tems si fan marrit, l’amista deven raro,
Li fas dous sòu de mau, te fan paga l’eitaro.
Vesoun pas lou soumié, s’embroucoun en uno paio.
Cresès qu’un carbounié siegué pas plus capoun
Quand t’adus de clapas en guiso de carboun ?
E Léon, lou pégo, te la fa pas plus bello
En metten de cartoun au mitan dei semello ?
E lou marchand de vin, quand adus de pinard,
Siès-ti ben assura qu’a pas chaucha dins l’Ar ?
Es que lei minoutié drogon pas la farino ?
Lei hôtel-restaurant e touti lei cantino,
Quand commandès de biòu, t’aduen pas de chivau,
De singe, d’esquiròu vo d’acò que fa miaòu ?
E lei marchand de la, n’ia pas que fan la fraudo ?
Encaro se mettien d’aigo de la font caudo,
N’en sarié que mié-mau, mai aquèli couquin
Per agué plus léu fa, tant pescon au bassin.

E la boulanjarié qu’en guiso de repasso
Ensarrarraio lou pan, es pas la Jan trépasso ?
Boute ! Lei elevaire e lei marchand de porc
Quand podoun t’empéga attendoun pas lou sér,
Subre-tout, s’a pès vièu, as vendu la nisado,
lei fan un pau manja per gagna de pesado.
Mai lei entreprenéire sérien-ti tant grana
Se lou sistèmo D avié pas founciouna ?
Sias voula de pertout, coumestible, bouchié,
Ti cougnon chasque cop un eitò de papié !
Memo lei marchand d’òli,
 S’èro pas lei infer marcharien pas tant fioli.
Farmacian, medecin, doutour e doutouresso
Fan pas dura lou mau tant que sentoun de pèço ?
E lou gouvernamen se mette-ti de gant
Per pipa de chascun la susour jusqu’au sang ?
Ah ! N’en poudés manda ei moussu dei finanço
An pas enca proun de sòu, an pas rempli la panso.
Au-jour-d’uei fau d’argènt, qu’importo lou mejan
Mai alors, diguès pas qu’un pastre es un pau-vau
De tout ço qu’ai cita, es éu lou plus ounèste
Aussi pastre neissu, tant vau que pastre resti.

Ci-dessous, une édition revue et corrigée par les Escoulan de La Garde

Ere, i’a pas gaire, à de noço invita

Ount’ après lou repas nous faguèron canta.

Quand sias tóuti d’ami, tout acò va tant  just

Un pau mens, un pau mai, fai tira Marius.

Dóu pichoun fin qu’au grand, chascun diguè la siéuno

Quouro venguè à iéu, i’anere de la miéuno.

Aviéu coume vesin, lou pastre dóu menage,

Un jouinome crentous que fasié ges  tapage.

Avié pas di très mot tout dóu  long dóu repas.

Tambèn de la jouinesso devenguè léu la ciblo.

« A Tounin, à Tounin, fau que canto vo que siblo 

Digo nous ço que vos en Francès, en Bretoun

Se voles pas canta, digo nous la Passioun ! »

E vague de pica di coutèu, di fourcheto.

Alassa d’aquéu brut, alor me siéu leva

En disènt : « Mis ami, parlen pas de canta. »

Coume voulès qu’un pastre vous digue de cansoun ?

Es sèmpre dins lis astre

En trin de tafura coume un chin mort de fam:

L’estello dóu pastre, lou camin de San Jan,

Lou grand Càrri, Jupiter e touto la seguido…

Lis astre luminous ié nèblon la cervello.

Tau l’abat Moreux, l’astroulogue sabènt

Un mendre pastrihoun vous devino lou tèms.

Sias à vous demanda coume podon bèn faire pèr jamai s’engana.

Mai, en fa de cantaire, n’ai jamai rescountra di mountagno à la Crau.

Ah ! S’èro pèr sibla vo pèr dire de mau !

D’en proumié pèr  canta, fau saupre la musico,

Bada facilamen e supremi la chico

E n’en sarié pas tout, quita lou berlingau !

Se privarien pulèu de béure de Jacot

E  Diéu saup s’un pastre a souvènt la pepido.

A la raio dóu tèms, luen de touto bastido,

Tant de jour que de nue après quatre móutoun,

Dourmi dins de jas tout rempli de migoun

Au mitan dóu póutras fa de pèto de gàrri.

Es un paure mestié, s’ié vèi ges  de noutàri, es pas proun ditingui.

D’uni sènton lou bou, d’autre soun tout crassous

N’i’a que soun plen de pesou.

Sian bèn luen d’aquéu tèms ounte li pastourello

Espousavon li rei talamen èron bello,

Li vesias qu’en riban e raubo de satin.

La raço di pastre n’en es à soun declin.

Li pastre d’au-jour-d’uei s’abihon pas de sedo,

 N’an bèn proun dóu cadis pèr casteja de fedo.

Mai se soun pas lisquet coume dins l’ancian tèms

N’an pamens d’apetis e forço mai d’argènt.

Dire que i’a de gènt que ié cridon «  canaio »!

Sufis que pèr de cop, bouchounon ‘no sounaio:

Es que s ‘apren à n-éu, s’esfraiado dóu chin

Li fedo an sauta dins lou prat dóu vesin ?

Vo se pèr cop d’astre, an despampa ‘no vigno ?

N’i’a que naisson chançous e d’autre emé la guigno.

Es la fatalita.

Mai li gènt d’au-jour-d’uei soun tóuti di parpaillo.

Li tèms se fan marrit, l’amista devèn rare.

Ié fa dous sòu de mau, te fan paga l’eitaro.

Veson pas lou saumié, s’embrounca dins uno paio.

Cresès qu’un carbounié siegue pas plus capoun

Quouro t’adus de clapo en guiso de carboun ?

E Leoun, lou pegot, te la fa pas plus bello

En metènt de cartoun au mitan di semello !

E lou marchand de vin quand adus de pinard

Sies-ti bèn assura qu’a pas chaucha dins Lar ?

Es que li minoutié drougon pas la farino ?

Lis hotel-restaurat e tóuti li cantino,

Quouro coumandes de biòu, t’aduson de chivau

De singe, d’esquiròu vo d’acò que fa miau !

E li marchand de la, n’i’a pas que fan la fraudo ?

Encaro se metien d’aigo de la font caudo

N’en sarié que mié-mau, mai aquéli couquin

Pèr ague pus lèu fa, tant pescon au bassin.

E la boulanjarié qu’en guiso de repasso

Ensarraio lou pan, es pas Jan la trepasso ?

Boute ! Lis elevaire e li marchand de porc

Quand podon t’empega, espèron pas lou sèr,

Subre-tout, s’a pès viéu, as vendu la nisado,

Li fan un pau manja pèr gagna de pesado.

Mai lis entre-prenèire sarien-ti tant grana

Se lou  sistèmo D avié pas founciouna ?

Sias rauba d’en pertout, coumestible, bouchié,

Te cougnon chasque cop un eitò de papié !

Meme li marchand d’òli,

 S ‘èro pas lis infer marcharien pas tant fiòli.

Farmacian, medecin,dóutour mé dóutouresso

Fan pas dura lou mau tant que senton de pèço ?

E lou gouvernamen se met-ti tant de gant

Pèr pipa de chascun la susour fin qu’au sang ?

Ah ! N’en poudès manda i moussu di finanço.

An panca proun de sòu, an pas rempli la panso.

Au-jour-d’uei fau d’argènt, que n’enchau lou mejan.

Mai alor, diguès pas qu’un pastre es un pau-vau.

 De tout ço qu’ai cita, es éu lou plus ounèste.

Tambèn pastre neissu, tant vau que pastre resti.

Ricard

Où niche sainte Barbe ?

ou contribution à la conservation du patrimoine

Cette photo à été prise dans la traverse du Rieret qui mène de l’avenue Célestin Barthélémy à l’avenue Alexandre Philip. Ce nom de Rieret est celui du petit ruisseau, actuellement le plus souvent à sec, qui lui est parallèle. Le mot de Riéret dérive très vraisemblablement du provençal « riou », ruisseau.
   Sur la photo, une niche toute récente dédiée à sainte Barbe patronne des pompiers, des mineurs et artificiers. L’immeuble actuellement transformé en appartements était comme l’indique la plaque, le siège de la première caserne de pompiers du village.
   Grace soit rendue au propriétaire de l’immeuble qui a eu le bon goût de rappeler à tous ce pieux souvenir.

Un piano Baldwin

Voici un vieux piano, actuellement propriété de l’école municipale de musique, il est entreposé à la Maison des Associations. Aucune réparation n’est envisageable, ce serait beaucoup trop cher. Il a néanmoins sa place dans notre petit musée virtuel et dans la page des anecdotes car il a une histoire qui intéresse la mémoire locale.

 Eh oui ! Ce piano à été acheté courant 1949 chez le marchand d’instruments de musique Gèbelin à Marseille. C’était le plus important du département. L’originalité de l’achat, c’est qu’il s’est agi d’une souscription sans intérêt que le Cercle Saint-Michel avait lancé auprès de ses membres. Peut-on imaginer pareil élan de solidarité de nos jours pour ce type d’opération ?

   En matière de piano, voici une confidence. Le Cercle philharmonique, quasiment depuis sa création, possédait un magnifique piano d’époque Louis-Philippe. Après que cette vénérable association ait cessé ses activités dans les années 60-70, celui-ci ne servait plus que de décor dans la grande salle vouée durant plusieurs années à n’être plus qu’un bar.  Un soir de tournées d’apéritifs largement distribuées, un citoyen de Peynier propose au maire de l’époque, Alexandre Philip en l’occurrence, d’acheter ledit instrument moyennant une tournée supplémentaire. Sitôt dit, sitôt fait, et c’est ainsi que depuis ce temps ce piano d’époque orne une salle à manger peyniérenne.

Les coutrons

Les coutrons ? Qu’es acò ?  Ce mot, vous ne le trouverez sur aucun dictionnaire il est spécifique à Fuveau, il fait partie du patrimoine local.

    Ce qui est plus connu en Provence  c’est une « androne », ça n’est pas non plus au dictionnaire mais cela désigne un passage couvert et privé  dont les us et coutumes locaux font que tout un chacun peut l’emprunter librement. L’androne la plus connue est celle de Sisteron (mérite le détour) mais à Gréoux par exemple vous avez la rue de l’androne,  également -entre autres- à Dauphin, à Mezel  et même dans le Gard. À Trets il y en a une célèbre mais localement cela s’appelle un « trou » et les Bassaquets (surnom des Tretsois) sont fiers de parler du « Trou de Madame Lion ».

    Revenons à Fuveau, les locaux appellent cela un coutron. On peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’une déformation de « traucon » (prononcer traoucon), petit trou en provençal. Nous en avons un magnifique que tout le monde connait, c’est tout simplement la porte de Bassac que parmi les habitants des vieux quartiers d’aucuns appellent encore le « coutron de Poli ». Plusieurs coutrons, connus des vieux résidents ont été murés et récupérés par leur propriétaire, ils facilitaient pourtant bien des raccourcis.

   Il en reste pourtant un, encore en service si l’on peut dire, il est presque au bout de la rue Barthélémy Niollon côté est. Certains l’appellent le « coutron de Piq » du nom de l’ancien propriétaire, à l’origine c’était le coutron de Minguin. Lorsqu’on l’emprunte, on a vraiment l’impression de rentrer dans un jardin privé, pourtant le droit de passage ancestral est toujours respecté et nous rendons hommage à son propriétaire actuel ainsi qu’à ceux qui l’on précédé.

Le coutron de Minguin

Et ci-dessous, voilà un page du journal municipal de juillet 2004 où A.H (Auguste Honorat) a publié un article sur les coutrons.

Enfant trouvé

Tiré des archives municipales, voici un rapport administratif digne d’intérêt et remarquable tant pour son orthographe intégralement respectée que pour l’anecdote qu’il conte avec précision.

« Lan mille huit cent quinze et le vingt huit du mois d’avril sur les cinq heures du matin par devant nous maire de cette commune (…) est comparue la nommée Marie Vidal épouse Brémond boulanger (…) qui nous a déclaré que le jour d’huy sur environ quatre heures et demy (…) elle a trouvé au devant de la grande porte de l’église parrossale un enfant tel quelle nous a présenté emmailloté de mauvais lange et d’un gilet de nanquin d’un garcon agé denviron douze ans le tout sein d’un mauvais mouchoir ou ficheux couleur ramoneur et la tette coiffée de deux callotes blanches le tout sans marques.

Après avoir visité l’enfant, avons reconnû qu’il étoit du sexe masculin qui paroissoit etre né cette nuit agé denviron neuf heures. N’ayant trouvait sur son corps ni sur ses vetements a nous le faire connoitre, desuite avons inscrit lenfant sous les noms de Joseph Bonnaventure et avons ordonné qu’il fut remis est tremsporté desuite (à) lhospice civil de la ville d’aix de quoi avons dressé procès verbal (…) »

[B. SUZANNE, maire

Note : au départ le maire a compris 2 ans (dous en provençal) qu’il a écrit douze, ensuite après constatations il s’est avéré n’avoir que quelques heures

Les jumeaux

Cette histoire, entièrement vérifiable, est présentée ici sous forme de nouvelle

Les jumeaux ont cent cinquante ans.

   Il était une fois un chroniqueur que tous surnommaient Capèu, chapeau en provençal. Voici précisément un siècle et demi, il tenait une sorte de bulletin quotidien, plus près de l’éphéméride ou de l’almanach. Cette pratique, en vogue en ce temps-là, représentait un peu le livre de raison du pauvre pour ce modeste mineur. Ayant hérité à la fois de son surnom et de cette flamme, sa fille, l’ancienne marchande de journaux dite Marcelle Capèu, sut transmettre par la suite cette mémoire aux futures générations.
   C’est bien grâce à ces écrits que nous savons que le préfet Poubelle n’était pas en odeur de sainteté au village ou pourquoi le chemin de Tra-Tra porte ce nom bien surprenant. La liste des révélations est bien loin d’être exhaustive.
   Il nous apprend aussi l’arrivée de deux jumeaux d’origine vraisemblablement nord-américaine. Siffrein Dépousier, les a plantés en face de sa maison afin de pouvoir pour toujours les admirer et en profiter.
   Peut-être sont-ils d’origine étrangère ? Pourtant, dans ce village où il est si difficile de s’intégrer, ils font l’unanimité.
Son aïeul qui, sauf erreur, était Malachie Dépousier, avait fait poser sur l’imposte de leur porte d’entrée le joli monogramme MD que tout curieux peut encore voir aujourd’hui car il habitait l’immeuble de l’actuelle agence postale au bas de la rue Rondet. Siffrein, lui, aura laissé à la communauté deux platanes qui, s’ils ont connu bien des vicissitudes, sont toujours là, hauts, bien feuillus et forts.
   Ils sont restés quasi-indispensables à l’équilibre de générations d’éméchés qui ont, de tout temps, un peu trop prolongé leur apéritif dans les bars voisins. Et que dire de la concurrence qu’ils ont subi lorsque, quasiment à leur pied, on a planté un chichourlier ? Cet arbre de la déchéance. Arraché depuis quelques décennies, il prévenait le chaland de la présence de chichourles dans l’hôtel voisin. C’était le nom des femmes de mauvaise vie, en français, des jujubes…
   Quel avilissement lorsque des pissotières ont fait leur apparition entre eux et le jujubier ! Ils ont connu pire ! Pendant toutes les années d’occupation, ils ont été contraints à faire de l’ombre au Q.G des Allemands installé à proximité leur branchage.
   En cet an de grâce 2012, on pourrait imaginer que l’anniversaire de leur naissance soit rappelé. Pourtant, sans le savoir, bien des gens du village l’évoquent quotidiennement en profitant d’un petit arrêt sous leur couvert dans la montée de la rue Rondet.Mercredi 12 Février 1862

Thermomètre -1 à 7h du matin.

Temps passablement beau froid air du Mistral.

M. Siffrein Dépousier a fait planter deux platanes en face de sa maison.

La vierge aux indulgences

Cette photo prise en 1961 concerne les communiants nés en 1949. Elle est prise dans la cour de la Maison pour Tous, à cette époque école libre Sainte-Barbe.
 Elle n’aurait qu’un intérêt anecdotique si la vierge que nous voyons au second plan n’avait pas été transportée en 1981 dans la cour de l’actuelle Ecole Sainte-Marie après un bref passage dans l’église paroissiale. Des anciens nous ont dit que des indulgences avaient été achetées lorsqu’on récitait certaines prières devant cette Vierge mais cela date de l’époque où la communauté des pénitents du village était florissante.

Tout aussi intéressant, ce cliché de 1901, dû à Edvard Rabasse également pris devant la vierge indulgenciée. On remarquera le petit clos entourant la statue qui avait déjà disparu dans les années 40.

Extrait du Dictionnaire général de la Langue Française (1926)

Ce véritable trafic s’appelle la simonie du nom de Simon le magicien à qui saint Paul avait refusé de vendre son don à faire des miracles. Cette condamnation faite en son temps par l’apôtre n’a pas empêché  l’église d’en couvrir un trafic très juteux dans les siècles passés.

Marie Machouette

Marie Machouetto -en français Chouette- était le surnom peu amène d’une pauvre femme, de son véritable nom Marie AURENGE. On la voyait souvent errer dans le village habillée en guenilles, autour les années 50 et au début des années 60. C’était l’épouse de Gabriel Teston.
En travaillant sur les archives numérisées d’un hebdomadaire de l’époque : « Le mémorial aixois », j’ai retrouvé cette vente qui n’aurait aucun intérêt si elle n’avait concerné cette malheureuse Fuvelaine et si elle n’avait été effectuée à l’orée de l’été 42 époque pas vraiment indiquée pour solder un partage.
Pour tous ceux qui ont compati en ce temps à son désarroi, j’adresse ce souvenir.
Une vente aux enchères publiques effectuée sans connaître le prénom ni le véritable nom de la personne intéressée, c’est plutôt rare, vraisemblablement illégal, cela mérite de rentrer dans la mémoire du village.
Pauvre Marie Machouetto, en son temps figure du village à son corps défendant !

Le pont des Frères en polémique.

Petite polémique actuellement autour de ces deux ponts. Au premier plan le très vieux pont, que beaucoup appellent encore le pont de Bégude car un berger surnommé Bégude avait une petite bergerie à proximité. Le problème vient du fait que les propriétaires riverains en ont squatté l’accès alors que ce pont est un lieu public. Il n’est pas dans nos attributions de prendre position sur le problème.
Quant au pont sur le deuxième plan, c’est le pont des Frères baptisé ainsi en souvenir des Frères des écoles chrétiennes qui ont longtemps géré l’ancienne école Sainte-Barbe, actuelle Maison pour Tous à proximité. Il est en réfection, élargissement et consolidation en cet an de grâce 2012. Ce sont les Fuvelains (Daudet aurait dit les lapins) qui ont été étonnés. Lors de sa fermeture provisoire, affiches et communiqués officiels annonçaient la fermeture du pont des 3 Frères, appellation qu’aucun autochtone digne de ce nom ne connaissait jusqu’à ce jour. Après recherches, cela vient tout simplement d’une erreur d’un faiseur de cadastre qui avait unilatéralement mais malheureusement officiellement entériné ce nouveau nom, peut-être pour l’éternité car l’administration, aussi limitée soit-elle, est souveraine au-delà de la sagesse populaire et de la mémoire locale !

Une erreur similaire était survenue voici quelque vingt-cinq années avec le chemin de saint François, qui, de mémoire de Fuvelain, avait toujours été le chemin de saint Francet. Là, c’est un « responsable » d’un comité de quartier qui, très ignorant de l’existence de saint Francet, avait unilatéralement transformé le local saint Francet en un plus classique mais non local saint François. Il aurait dû lire Daudet, Le secret de Maître Cornille, entre autres, on y trouve Francet Mamaï, le joueur de fifre ! Heureusement, à Auriol et à Manosque saint Francet est toujours présent.

La mort d’Alexandre

Maire très populaire depuis la Libération, Alexandre Philip resta durant plus de deux décennies le premier magistrat du village. Terrassé par la maladie, le faux-bruit de sa mort courut un beau jour. L’une de nos concitoyennes qui prenait tout pour argent comptant s’empressat d’aller « faire visite » comme on dit à Fuveau.
Arrivée avec la tenue et la figure qui s’imposaient dans ces tristes circonstances, elle vint présenter des condoléances à l’épouse.
« Mais il n’est pas encore mort ! »
« Oh, c’est pas grave, je reviendrai »…………

Une signature maçonnique ?

Dans le registre parroissial pour les années 1728 et suivantes, ont compte par dizaines les signatures du prêtre Coulon qui exercait son ministère à Fuveau. Une observation attentive desdites signatures amène à se poser des questions. Nous sommes en plein Siècle des Lumières : notre curé était-il franc-maçon ? Nous avons posé la question à des historiens, spécialistes de cette époque et voici ci-dessous la réponse obtenue qui résume toutes les autres.La signature qu’il appose au bas du serment comporte le signe de reconnaissance que l’on trouve sur beaucoup d’actes de cette période, celui des francs-maçons, deux traits pour les deux colonnes du Temple et trois points pour le passé, le présent et l’avenir.

Quant au signe JM ou SM situé au dessous à gauche, il pourrait s’agir des initiales de la Loge : Jeunesse Maçonnique ou Solidarité Maçonnique ?

Ces signatures sont consultables sur internet dans la rubrique état-civil des Archives13.

La porte de Bassac par Milon

Retrouvé récemment dans une vente aux enchères, voici un tableau intitulé « Ancienne porte à Fuveau » peint en 1925 par Joseph Milon, un petit maître aixois qui a pu connaître Niollon. Un curieux hasard fait que la maison natale de ce dernier est adossée à la porte de Bassac.
Outre son intérêt pictural et artistique, cette œuvre nous confirme la présence en ce lieu d’une fontaine, l’une des trois premières du village. Les autres se situaient l’une Place Verminck et la deuxième rue Nationale.
Cette œuvre a été acquise en 2011 par la municipalité de Fuveau.

Saint-Charles aux enchères

C’est peut-être grâce à la Révolution Française que nous avons actuellement une zone industrielle à Saint-Charles. Jugez-en plutôt avec ce document annonçant la mise aux enchères des terres et de la ferme sur l’emplacement de l’actuelle zone à la suite du décès du sieur  Boutassy. Nous noterons que nous sommes en période révolutionnaire et que le comte de Boutassy est devenu Boutassy. Précisons que la surface des terres évaluée à 92 journaux correspond à environ trente hectares.

Le grain de blé

Dans son livre « Lei Fuvelenco » et à la page quatre-vingt-cinq de l’édition originale, Eugène Long nous conte une plaisante histoire intitulée « Lou gran de blad », « Le grain de blé ». Elle est inspirée de la célèbre légende indienne qui voulait qu’un émir paie en mettant un grain de blé sur la première case d’un jeu d’échecs et en double le nombre chaque jour sur les cases  suivantes jusqu’à remplir toutes les cases, soit soixante-quatre, ce qui devait aboutir à remplir plusieurs bateaux qui feraient cote à cote le tour de la terre.

Un paysan Fuvelain avait proposé le même marché au comte De Boutassy seigneur de Château-l’Arc simplement sur les trente jours d’un mois. La galéjade du poète était inspirée d’une histoire vraie et le malicieux paysan fut désormais surnommé « le grain de blé ». Le nom d’une terre de notre homme était resté dans les mémoires et était appelée « le grain de blé ». Elle à malheureusement disparu car elle se trouvait au niveau de la barre de péage de l’autoroute à La Barque. La terre est sous l’asphalte mais la mémoire reste …

Fuveau dans le mensuel Détective. Mai 1955.

Grand branle-bas dans le Landernau fuvelain en ce mai 1955. Le village avait, sur une page entière, les « honneurs » du journal Détective, mensuel d’investigations à succès de l’époque. La brigade de Trets venait d’arrêter un honnête villageois qui après avoir travaillé dans les houillères du bassin de Lorraine continuait sa carrière à Biver puis à Gréasque. Il était d’origine sicilienne et à la suite d’une demande de papiers dans son pays, la justice venait de le rattraper lui reprochant un passé plus que douteux.
Pour la mémoire du village, nous mettons ce numéro de Détective au musée virtuel fuvelain.
La photo tirée dudit journal est intéressante à plus d’un titre car on y voit la rue du Nord en 1955 avant que d’autres constructions viennent cacher les maisons d’origine.

Fuveau dans Détective en 1948

Dans son numéro 110 paru en octobre 1948, le journal d’investigations à succès Détective trouvait déjà matière à parler de Fuveau pour un crime commis au Quartier Rives-Hautes et précisément à la Bastide du Lapin. Sur deux pleines pages, photos et détails y sont proposés au public, le journal ayant, bien sûr, explosé ses ventes chez la marchande de l’époque Marcelle Capéu.
Bien d’autres se sont succédé jusqu’à nos jours. Est-ce à dire que les « lagnes » de chez nous ne se limitent pas de simples disputes ou jalousies locales ?
Pour étayer cette page, voici seulement la photo de cette déjà vieille bastide telle que publiée sur le journal de l’époque. Actuellement le puits a disparu

Au presbytère

Nous voici à l’actuel presbytère, au 61 rue Barthélémy Niollon  sous la faitière la date que nous indique la photo ci-dessous très vraisemblablement, celle de la construction de ce bâtiment ou de son grand réaménagement.

C’est devant cet immeuble, transformé en troquet pour la circonstance, que fut tournée en 1953 une scène du Boulanger de Valorgue avec Fernandel, les figurants sont des enfants Fuvelains

La pèiro d’amoulaire

« L’a de caus, de cimènt, de pèiro d’amoulaire … »

Il y a de la chaux, du ciment, de la pierre à aiguiser…

Beaucoup au village connaissent ce vers extrait de « A Fuvéu », le poème de notre félibre Eugène Long vantant les richesses de notre sous-sol. On trouvait de la pierre à aiguiser dans nos carrières, utilisée essentiellement pour les couteaux et les faux. Elle était dite « Pierre de Cos » car on trouvait une pierre aux qualités similaires sur l’île grecque de Cos.

Sur la photo ci-dessus, la pierre que voici n’a d’autre intérêt que d’avoir été extraite ici voici bien plus d’un siècle et avoir été utilisée par des générations de faucheurs. Elle prend naturellement place dans le petit musée virtuel. 

Fuvèu ?

Comme une majorité de communes de Provence, Fuveau a fait le sympathique choix de placer à l’entrée du village,sur chaque route d’accès, le nom de notre cité en provençal et il n’est pas déplacé d’y avoir ajouté « en Prouvenço ».  Tout est bien, à un petit détail près qui surprend ceux qui connaissent  la langue du pays, la lengo nostro. On a oublié que comme tous les mots en èu, bèu (beau), lèu (vite) camèu (chameau) nouvèu (nouveau), il y en a des centaines, l’accent grave n’est pas sur le u mais sur le e. Gageons que nous trouverons bientôt des crédits, voire deux pots de peinture, pour effectuer la correction.

Aimeriez-vous trouver ceci ?

Sur un bout de sac de ciment, ce morceau de mémoire locale a été trouvé en mai 2010 lors de la réfection d’une cheminée. Victor Mameli alors très jeune manoeuvre pour le compte de l’entreprise Bourrelly Frères mais qui avait déjà le sens du patrimoine a écrit et caché ce document entre deux pierres. Il travaillait pour le compte de Léopold Silvy, agriculteur. Nous l’ajoutons au musée virtuel.

Une paillarde

Voici une courte paillarde paysanne qui se chantait à Fuveau dans les siècles précédents, dans la mesure où elle était courte, facile à chanter et pas vraiment méchante elle était connue même de plus prudes.

L’autre jour plantavi de cebo,
Mei couion tiravon la règlo,
Moun aucéu servié de courdèu.

Le loto et ses boules

Quel Fuvelain n’a pas participé à un loto ? Même pour ceux qui n’aiment pas ça, par solidarité avec un association ou par amitié, il a bien fallu y aller quelquefois dans sa vie. Si la réglementation actuelle fait que le choix des lots est limité et encadré, il n’en était pas de même à d’autres époques où l’on pouvait gagner des animaux vivants, du gibier souvent pendu dans la journée devant l’établissement organisateur et en fonction du public attendu des lots particulièrement importants.
Les commentaires du tireur sur l’annonce de chaque boule contribuaient à l’ambiance.   L’un deux, Zène Véra, était particulièrement apprécié pour ses traits d’esprit dans les années 50.
Voici quelques commentaires qui accompagnaient les tirages.

01 : Premier de mille
02 : Comme papa et plus récemment comme Jean Paul
03 : Lou gibous (le bossu)
04 : La cadièro (la chaise)
05 : Coumo lei dé (comme les doigts)
06 : La queue en l’air
07 : Cette semaine
08 : La coucourdo
09 : La queue en l’air
10 : La croix de saint André (X en chiffre romain)
11 : Les jambes (on ajoutait souvent de ma femme, de la patronne ou tout autre personne)
12 : Enlève la blouse
13 : Thérèse ou porte-bonheur
14 : L’homme fort (un homme fort est fort comme 4)
15 : Le rugby
16 : De cese (pois-chiche en provençal)
18 : Les pompiers (c’est récent)
20 : Bourdin (commentaire spécifique à Fuveau, nom du marchand de vin)
22 : Les deux poulettes, les flics
33 : Le docteur
36 : Le front populaire
40 : La marine française
44 : Caracaca
45 : La moitié du jeu
50 : Le cul de ma tante
51 : Le pastis
54 : Le boulevard Baille (numéro du bus de ce boulevard qui avait son terminus à la Timone
59 : Les quinquins
66 : 99 puis le tireur se reprenait en faisant croire que la boule était sortie à l’envers)
69 : Essuyez vos moustaches
75 : L’artillerie
77 : Lei dous picolo (les deux pioches)
80 : C’est le public qui reprenait « dans le coin »
85 : Les Chouans (département de la Vendée)
89 : L’an terrible ou la révolution
90 : Le vieux grand-père, le papet
Souvent : un coup de sac pour les plaignants

Cette énorme brochette de grives (lei tourdre) pouvait constituer la dotation d’une soirée, la tranche faisant partie du lot.

Drame de sacristie

Dans les archives paroissiales de l’an de grâce 1710, ainsi que dans les archives judiciaires et même dans des travaux universitaires, on peut trouver la relation de cet épisode croustillant et particulièrement édifiant de la vie paroissiale du village.

Infanticides non élucidés

Dans les années 20, avoir un enfant sans père était une faute grave que la communauté villageoise ne pardonnait pas. Cette mésaventure était arrivée à Rose TAMPOU, ce n’était pas son nom, mais le surnom de certains membres de la famille de sa mère. Vers le cinquième mois, elle quitta le village pour aller finir ses couches on ne sait où. On dit qu’elle mit au monde un rejeton des plus malingres qui ne vécùt pas. Revenue à Fuveau, à tous ceux qui évoquaient la question, elle apportait une invariable réponse. « Peuchère, il était tellement petit que ça compte pas ».

Pour une fille Fabre, dont les lignées sont nombreuses à Fuveau, elle s’était mise « à la colle » avec un veuf gardannais bien plus âgé qu’elle lorsque le problème survint. Réaction identique à la précédente, ils quittèrent le village pour revenir quelques mois plus tard. Ils furent soupçonnés d’avoir enterré l’enfant dans une vigne du quartier de Masse qu’elle tenait de famille… les rumeurs vont bon train mais le mystère perdure, il y a plus que prescription.

Le reposoir

Les Rogations, vieille fête de la France rurale tombée en désuétude, c’était  à Fuveau un véritable grand jour. On choisissait souvent le dimanche qui suivait celui des communions solennelles et toutes les familles des communiants accompagnés de tous les catholiques du village se retrouvaient à la Grand’Bastide et comme un long serpent, ce groupe de deux à trois-cents personnes allait chantant sur les chemins à travers champs sur un parcours d’un bon kilomètre pour se retrouver devant un reposoir débordant de fleurs et recevoir la bénédiction du prêtre après qu’il eût abondamment béni la campagne pour obtenir de bonnes récoltes.

La photo ci-dessus date précisément du 15 juin 1958.

Que san que siegue

Les traditions religieuses de type processionnaire étaient particulièrement nombreuses à Fuveau dans les siècles passés. Qu’il s’agisse de pénitents, de congrégations diverses voire de la communauté chrétienne tout entière, on ne manquait pas de montrer sa vitalité par ce moyen.
L’une des processions ayant laissé un souvenir particulier, c’est celle qui aux alentours du 24 juin partait du village pour aller en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean en passant par l’oratoire du chemin d’Aix, l’actuelle impasse de l’Esper, qui était loin d’être voie sans issue en ce temps béni, et descendait droit vers le hameau de la Grand’Bastide pour poursuivre jusqu’à la chapelle. Toute les fidéles défilaient au son des fifres et des bachas, des tambours sommaires, en chantant les litanies des saints. Le curé allait devant avec un chanteur qui égrenait la très longue liste des noms de saints du calendrier puis des saints plus locaux et la foule répondait invariablement « Ora pro nobis », priez pour nous. Or un jour le chanteur eut un trou de mémoire et ne sachant plus à quel saint se vouer, c’est le cas de le dire, il lança « Que san que siegue », quelque saint que ce soit, et la foule répondit « Ora pro nobis ». Depuis, on entend encore l’expression « Que san que siegue » pour exprimer que l’on est indifférent à une ou l’autre des solutions d’un problème.

La même histoire est connue avec la variante « Aqui l’a un traou » – « Ora pro nobis » Là, il y a un trou, le chanteur avait rencontré un trou sur le chemin de Saint-Jean.

Le cadeau du pâtissier

Cette litho de l’illustratrice Germaine Bouret était offerte avant-guerre par les établissements Barbaroux, pâtisserie à Fuveau, à l’angle du cours Leydet et du boulevard Loubet. Outre ses qualités professionnelles, la clientèle dépassait le cadre du village, il s’avérait être aussi un commerçant hors pair. Elle prend place dans le musée virtuel et dans les anecdotes.

Un hommage à Jeannot SICCARDI

Jeannot Siccardi devait être né un petit jour, il n’était pas vraiment grand et n’avait pas un corps d’athlète. Il était pourtant très actif et avait travaillé dans sa jeunesse pour un maçon tretsois. Par la suite, dans les années 50, il eu l’occasion de rentrer aux Ponts et Chaussées pour y excercer le noble métier de cantonnier. Il se mit à la tâche avec la même vigueur, maniant pioche et pelle à tour de bras. Peu au fait des usages de la profession,   quand son chef d’équipe lui demandait de faire une pause, il n’en avait que faire, quand bien même ce fut un ordre. Frisant la désobeissance civique, il continuait de curer avec rage les ruisseaux de bord de route. Devant la désapprobation de ses supérieurs et collègues, un décision devint nécessaire : il fut dit que désormais, il constituerait à lui seul une équipe de travail . L’ordonnance fut prise officiellement et de ce jour on vit Jeannot sans arrêt à l’oeuvre ne comptant pas trop ses heures et toujours piochant, toujours piochant comme le pauvre Martin dans la chanson de Brassens sauf que l’exercice l’avait maintenu en bonne santé et il mourut à un âge très respectable.

Les longuistes

Selon les villages, cela ne fait pas encore partie de l’histoire ou de la mémoire collective, mais à Fuveau, c’est fini, ceux qui jouent aux boules ne jouent plus qu’à la pétanque. Voici un demi-siècle on jouait encore majoritairement « à la longue »,  jeu qu’il n’y a pas lieu de présenter ici.

Les deux derniers « longuistes » de Fuveau sont réduits à jouer à Gréasque, alors, pour conserver cette mémoire et cette histoire, voici leur photo.

Dans les années 30, le champion local était Albertingo dit Ficelle, plus tard, François Polichetti, Senoch Giraud voire Jean Paoli ont été ses dignes successeurs.

Plus anciens encore les inscription au concours du « Petit Provençal » dans l’entre-deux-guerres.

1923-Fuveau Audisio Jacques dit Le casseur de boules
Audisio Sauveur dit Le Gaucher
Audisio Félix dit L’inquiet

1928-Fuveau Baussan Henri dit L’inquiet
Trinci Félix dit Fichou
Pécol Kléber dit Bouis

Martin Joseph dit Le ténor
Giraud Marius dit Le grand
Fabre Georges dit Minois

1929-Fuveau Pécol dit Bouis
Lorenzati dit Niqui
Roubaud dit Poupon
Groupe de Boulomanes Fuvelains

1931-Fuveau Henri Baussan dit L’inquiet
Laurent Julien dit Le Sombre
François Cello dit le Pas pressé

1932 Fuveau Mouren Amédée
Scasso Maurice dit Tasso
Philip Alexandre dit Trentage

1934 Fuveau Pécol Kléber dit Bouis
Lorenzati Joseph dit Niqui
Roubaud dit Le camionneur

FAN DE CHICHOURLE !

L’expression provençale est bien connue. Une chichourle est une jujube mais c’est aussi le nom qui était donné à ces dames dites de mauvaise vie en Provence, ceci parce qu’elles attendaient souvent le chaland sous un jujubier. Donc qui dit « fan de chichourle » insinue sans le savoir « enfant de putain ». Comme nous le montre la carte postale ci-dessous datée de 1906, nous avions à Fuveau notre Hôtel Frégier devant lequel trônait par hasard un jujubier. Que penser ? A la fin des années 1800, le tenancier de l’établissement était Bourrelly dit Laboutèze.
 
Certains anciens disaient : « Fuvèu, pitchoun villagi, grand bordéu ». Allez savoir ?
N.B : dans nos recherches aux archives départementales de Marseille, nous avons relevé des plaintes en 1886 contre le Café du Siècle et le Café du Cours qui « emploient des filles non seulement pour servir les consommations mais les laisser se livrer à la prostitution dans les étages » (côte 4M908).
Ci-dessous le célèbre jujubier.

Les font

En provençal, la fontaine c’est la « font », il y avait plusieurs lieux à Fuveau pour lesquels on parlait de « font » : la Font de Sòlé, elle se trouvait juste en face le restaurant Le KF du coté droit de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd’hui détruite. Elle était adossée au mur de clôture de la maison d’un certain Monsieur Soler surnommé Sòlé. Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous l’autoroute, le quartier Font de Prat, « Fontaine des Prés » mais à l’origine « Font deï pèd », Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé aujourd’hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les années 50 la construction d’un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de la route a asséché cette arrivée d’eau.
Pour le quartier Font d’Aurumy qui a donné son nom à l’actuel collège, nous en sommes réduits aux suppositions. La « Fonte d’Aurimia » est attestée dès 1259 sur la commune de Fuveau. Cela en fait l’un des plus anciens noms de lieu connu sur notre village. La racine latine « aur » peut faire penser à la fontaine d’or mais rien n’est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini (fin du dix-huitième) par contre sur le cadastre dit de Napoléon publié en 1823 nous trouvons le quartier « Font d’Aurumy et Masse ».

Une toute récente (mai 2006)

Georges Morrucci se taille consciencieusement la moustache et se coupe régulièrement les cheveux en ce moment, cela se remarque et lorsqu’on lui demande s’il est allé chez le coiffeur, il explique fièrement que c’est lui qui s’entretient et qu’à chaque fois, il économise environ dix pastis en ajoutant : « le problème, c’est que, bè, c’est comme si j’allais tous les jours chez le coiffeur ». 

LE CATECHISME SELON BIKI.

Question un peu similaire posée à Ghislain MATTIO dit Biki dans les années 50 par Madame Moustier plus connue sous son nom de jeune fille Jeanne Bouissounouse, catéchiste émérite.
– Où est né Jésus?   …pas de réponse  – Je t’aide à Bè, à Bè…
– A Belcodène ! 

LE CATECHISME SELON PIERRE BENOIT

Pierre BENOIT est entre autres l’auteur des Croix de feu au milieu du siècle dernier. A la même époque, il avait un homonyme beaucoup plus discret à Fuveau. Il était toujours au fond de la classe à l’école comme au catéchisme. L’abbé Moisan pose un jour cette question à la cantonade, combien il y a-t-il de Bons Dieux ? Le petit BENOIT lève la main. Devant ce fait rare, l’abbé Moisan lui donne la parole « Un plen pouciéu Moussu lou cura » (Une pleine loge à cochons, Monsieur le curé).  
– Ah bon, pourquoi ?
– Mon père, y dit toujours « aqueli boun diou de porc » (ces bon Dieu de cochons).
Marcel Dellasta nous conte sur son site une autre anecdote concernant Pierre Benoit, elle est intitulée « La bonne action ».

ANECDOTE BOULISTIQUE

Lorsque l’on parle anecdotes villageoises au moins une se rapportant aux boules semble indispensable. La partie dont nous faisons état s’est jouée au début des années 1970 à La Barque. Pendant cette décennie, un immuable concours nocturne « à la mêlée,  deux joueurs trois boules » se jouait le samedi soir sitôt que revenaient les beaux jours. Sur les une heure du matin, deux équipes se retrouvent en finale Masia (corse de Ghisonnaccia, passionné entre tous) associé à Michel (c’était son nom, ouvrier agricole originaire du hameau des Michels) ils étaient opposés à un habitué surnommé Pintade (de Gardanne ou de Meyreuil) associé à Choual un émigré d’Algérie solitaire bien aimé de tous à La Barque. La partie se jouait devant la station service dont le terre-plein n’était pas goudronné à l’époque. 12 à 12! Michel pointe et « embouchonne », Pintade n’a que deux boules en mains face à Masia qui en a encore trois mais devant la situation le gardannais est obligé d’y tirer. Il frappe comme d’usage mais le bouchon va se planter quinze mètres plus loin au milieu de la route, en l’occurrence la RN96 et la boule de Michel suit le bouchon à cinquante centimètres environ. Vous me suivez ? Le bouchon est donc à plus de vingt mètres du cercle mais il n’a pas touché d’obstacle et il est visible car dans le croisement la route est éclairée. Palabres ! Pintade qui n’a plus qu’une boule en mains avec un bon point à reprendre à plus de vingt mètres demande que la mène soit annulée et Masia dans une situation plus que favorable, point quasi imprenable et trois boules en mains soutient que l’on doit jouer. Palabres, encore palabres on prend à témoin la galerie, on évoque tous les points du règlement que personne ne détient en y mêlant le code de la route, la déontologie sportive voire la philosophie. Au bout d’un quart d’heure d’affrontements verbaux les deux équipes conviennent de laisser la décision au président Jean Magraner qui attend la fin du concours dans le bar en sirotant quelque alcool de circonstance. Dans un état que certaines morales eussent réprouvé il décide péremptoirement : « On va au bout ». Pintade est obligé de s’exécuter à contrecœur . Il joue la boule de la dernière et minime chance et c’est l’exploit historique : il embouchonne au milieu de la route sur le goudron ! Masia fou de rage tire trois fois et manque ce qui est bien normal à cette distance. La fin de l’histoire, c’est que Pintade et Choual, fiers de leur authentique exploit, n’ont pas encaissé l’indemnité due aux vainqueurs et ont payé deux tournées générales.

DESTINS DE MAIRES

 Il fut élu dans l’entre-deux-guerres, Virgile BOURRELLY, dit le Lapin, passa un mandat et décida de ne pas faire de campagne électorale pour le second : il fut sèchement battu mais conserva une place d’adjoint. Ses fonctions étaient moins prenantes qu’aujourd’hui, il avait coutume de passer le soir devant la mairie et son secrétaire lui criait généralement : « Il n’y a rien, tu peux filer ».
  Maire entre les années 1833 et 1840, Joseph Long dit l’Américain aurait pu  se targuer du titre de maire le plus détesté. Revenu nu et crû d’un séjour aux Amériques, il monta une petite fortune en louant à prix d’or quelques terres sans valeur directement à la commune et se bâtit en sept ans de « règne » un patrimoine confortable, bien des chroniques de l’époque relatent ces faits délictuels.
  Félix Barthélémy (dit de la pompe, dit Bamban) ne fut pas élu mais nommé pendant l’occupation en 1942, à la libération il fut jugé pour faits de collaboration et interdit de séjour sur la commune, il finit ses jours comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice ! La fin de son « règne » marqua l’avènement d’Alexandre Philip qui fut réélu jusque dans les années 60 avec ses deux adjoints Joseph Martin et Lazare Richier. Entre les deux, l’un de nos compatriotes, Maurice Digne (qui est toujours parmi nous) avait été nommé d’office maire pendant 48 heures par les Américains, il ne tenait pas du tout à cette fonction et fut donc remplacé par Alexandre Philip.
  Une petite confidence pour laquelle il y a maintenant prescription : bien des fuvelaines ont eu à la fin des années 40 et même dans les années cinquante une ferveur soudaine pour sainte Rita, patronne des causes perdues. La plupart avaient eu leur mari ou fiancé prisonnier libéré plus tôt que prévu. Chacun pourra conclure cette histoire à sa façon. Il faut lire la page « Héroïque Ninette » et  » Docteur Loran » pour mieux comprendre jusqu’où on pouvait pousser la collaboration.

BEU L’AIGO

Un représentant de la famille Blanc de Fuveau, disons plutôt de la dynastie car c’était un des noms les plus répandus avait une sorte de tare : il ne buvait pas de vin ! Il n’était pas question de le surnommer Boileau, cela aurait été prétentieux, on l’avait donc appelé Beù l‘aïgo qui, si vous n’entendez pas la lengo nostro, est la traduction littérale du français « Boit l’eau ». 

DES RUES CURIEUSES

Le S oublié au bout du chemin de Marlois n’est qu’un modeste détail parmi les aberrations qui foisonnent dans les noms de nos artères diverses. Nous pouvons commencer par le chemin des Esquirous, des écureuils en provençal, que nos cartographes ont affublé d’un S final ignorant totalement une règle essentielle de grammaire provençale,  pas de S même lorsque le nom est pluriel. Quoique, coté orthographe de la lengo nostro, il y a d’autres surprises chez nous.
 Et la traverse de Quène ! C’était le nom (ou le diminutif) de l’exploitant de l’ancien cinéma du village qui avait précédé Barrême jusque dans les années 50. L’ancienne plaque à droite en montant la traverse porte bien le mention traverse de Quène mais une nouvelle plaque à gauche indique traverse du Quène et à quand la traverse Duquesne ?
Autre sottise pour la rue du Ferrage parallèle au Boulevard Loubet derrière la presse. Une ferrage (au féminin) était auparavant une propriété non bâtie, c’était le cas pour ce quartier au début des années 1800. Les quartiers et rues de la Ferrage foisonnent en Provence. La rue qui nous intéresse ne doit en aucun cas évoquer le ferrage des chevaux et quand on dit chez nous de quelqu’un qu’il est « ferré » ou plein de « fer », c’est qu’il a des propriétés.
Que dire de la rue Barthélémy Niollon que de piètres administratifs ont transformé en rue Miollon ?
Et pourquoi, outre la rue du 14 Juillet, autant de rues portant le nom de tribuns révolutionnaires ? Rue Hoche, rue Marceau, rue Kléber, rue Danton, rue Mirabeau, liste peut-être non exhaustive. C’est que vers 1898, une municipalité radicale, d’extrème gauche de l’époque, a tenu à débaptiser la rue Vendôme (signe aristocrate s’il en est !) en rue Rondet, syndicaliste Forézien venu haranguer les mineurs, et en a profité pour donner un nom à connotation révolutionnaire pour ces traverses qui n’en avaient pas jusque là.

La Passion selon Moustier

Jusque dans les années 50, outre la Pastorale en période calendale, le Cercle Saint-Michel donnait aussi la Passion selon saint Matthieu, œuvre grandiose s’il en est. Dans les années 30 se produisit un événement fort rare. Pierre Barthélémy dit le Grand Pierre jouait le rôle du Christ et Denis Moustier  celui de Joseph d’Arimathie. Lors de l’une des scènes les plus pathétiques, la descente de croix, le Christ, sensé être mort, ne put retenir un vent particulièrement sonore et malodorant. Eclat de rire général dans la salle et dans la foulée une réplique inédite de Moustier qui est restée dans la mémoire locale  » Encà, en sus que t’ajudi, m’encencès ! », « Encore, en plus que je t’aide, tu m’encenses ! ». Il fallait vraiment que ces gens de l’époque aient un sens inné du spectacle, de l’à-propos et de la comédie pour sauver les meubles de cette façon. 

Miu L’abbè

Parmi la quantité impressionnante de surnoms donnés au village, il est quasiment impossible cent ans plus tard d’en retrouver l’origine. Pourquoi Marius Dépousier fut-il  toujours connu sous le nom de Miu l’Abbé ? C’est intéressant ! Miu, parfois Meu, diminutif de Marius, c’est facile, et l’Abbé c’est parce que dans sa jeunesse il avait été « Abat« , terme qui n’a rien de religieux mais qui désignait le responsable de l’organisation des fêtes votives de l’année. Le terme d’Abat qui était employé entre autres à Fuveau est à rapprocher de « l’Abbé de la Jeunesse » qui désignait à peu près la même fonction à Aix voire du « Prieur » qui désigne toujours surtout dans la partie nord du département le responsable des festivités et défilés de la Saint-Eloi.

Coulomb, le Chouan

Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d’une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c’est au garde champêtre qu’incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d’être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C’était un dur et pour donner l’exemple, il n’hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s’inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de détails, c’est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.

La soupe d’épeautre.

Hormis quelques champs dans la vallée de l’Arc, encore étaient-ils très argileux, les terres de Fuveau étaient pauvres, ceci expliquant la présence d’oliviers, aulx, pois chiches et autre culture adaptée au terroir. La céréale qui convenait le mieux était le petit épeautre et les fuvelains étaient friands de recettes réalisées à partir de ces grains, en particulier la soupe d’épeautre, un plat qui nécessitait une cuisson particulièrement longue et donnait un bouillon assez gras d’autant que les ménagères n’hésitaient pas à ajouter un os pour donner un peu plus de goût. En provençal, l’épeautre se dit « l’espèuto » que d’aucuns n’hésitaient pas à franciser en « soupe des putes » ! 

Une colle pour fuvelains avertis.

Trois voies ou quartiers rappellent le souvenir d’anciens maires du village. Les connaissez-vous ? La première, c’est relativement facile, c’est l’avenue Alexandre Philip devenu maire après la dernière guerre, il conserva son poste jusque dans les années soixante. La deuxième, un peu plus difficile, c’est l’avenue Célestin Barthélémy qui fut également médecin du village au début du siècle dernier quant à la dernière, elle peut vous permettre de coller un fuvelain de vieille souche fut-il même très au fait du passé de son terroir. Eh bien il s’agit du chemin de Cassagne du nom d’un aixois, officier de santé, maire du village dans les années 1815 et qui était propriétaire d’un domaine situé sur la route des Michels à droite avant le pont de l’autoroute. C’est sur le dit domaine que le premier court de tennis de Fuveau vit le jour dans les années trente. 

La folle

Sauf erreur, c’est la commune de Termignon-en-Vanoise (73) qui avec sa superbe pleureuse possède le plus beau monument aux morts de France. A Fuveau, nous sommes très vraisemblablement bien placés dans le classement des plus laids et tristes édifices commémorant le souvenir de ceux qui sont tombés lors des dernières guerres. Erigé rue Rondet sur l’emplacement de l’ancien cimetière de la commune, notre monument, au demeurant bien entretenu, représente une Marianne les bras levés qui en son temps a dû brandir d’une main une palme et de l’autre un étendard mais ces deux attributs ayant subi des ans l’irréparable outrage, celle-ci se retrouve les bras en l’air avec la bouche ouverte de façon quelque peu surprenante et conséquemment, des autochtones observateurs ont donné à notre vénérable monument un surnom peu amène, la folle. Au passant de juger.

Rendons à César : dans l’été 2008 ce monument a été restauré, l’anecdote perd son sens mais l’histoire restera.

Le tour des chapelles.

Il est une expression d’origine bretonne fort connue, c’est « partir en bordée ». La performance consiste à faire le tour des maisons accueillantes d’amis ou connaissances sans oublier les bars, points de passage obligés et de finir une journée voire une soirée dans un état aisément imaginable. A Fuveau, ce noble sport s’appelle le « Tour des chapelles » mais ne diffère en rien du précédent hormis que le pastis tient la part la plus importante des ingurgitations. Cette pratique est devenue quelque peu désuète quoiqu’elle ait connu le temps de l’absinthe et qu’elle ait allègrement traversé le siècle dernier.

Voici la gare 

Elle aura vécu de 1904 à 1964. Les photos ou cartes postales de cet édifice vues sous cet angle sont rares alors que coté voie ferrée elles foisonnent. L’avenue Célestin Barthélémy était une voie sans issue et ne menait qu’à ladite gare à l’emplacement de laquelle se trouve maintenant un rond-point orné d’une fontaine sans intérêt achetée sur catalogue et point de départ des avenues Delattre de Tassigny ou maréchal Leclerc, noms donnés dans les années 70 alors que les dites avenues sont longées par le ruisseau au nom pittoresque de « La Casserole » qui mène à la source de « Trente Gouttes », des noms que l’on veut bien oublier sauf en cas de gros orages et de débordement.
Elle a connu une intense activité pendant toute son existence comme toute la ligne La Barque-Valdonne avec passage du transport de chaux, de charbon et de voyageurs en particulier de mineurs.

Faire carrière au village

La vue (1902) ci-dessus prise du haut de la rue Rondet est particulièrement intéressante, elle montre la carrière de la route de Châteauneuf ou de la Roque Martine encore en activité. Celle qui est encore très visible au bout de l’avenue Chanoine Moisan était déjà fermée et celle de la Roucaoudo, à l’ extrême droite de la photo, n’était pas encore ouverte. La plus belle des anciennes carrières de la commune mérite la promenade : c’est celle de Jauffret le tailleur de pierres. On ne peut y accéder autrement qu’à pied à partir du hameau de la Grande Bastide. Il faut monter tout droit, laisser à droite l’ancienne bergerie dite bergerie d’Armand, passer sous le petit pont de chemin de fer et continuer à monter en face dans la colline toujours tout droit sur 100 mètres en obliquant à peine sur la gauche. Là, on trouve encore « in situ » de gros moellons smillés que la mort du dernier exploitant a laissés sur place, l’œil de celui qui sait voir fait le reste pour la découverte de ce site resté relativement intact et qui mériterait certainement un réaménagement. Noter aussi que l’on aperçoit en plein centre de la photo, le moulin des Bosques maintenant quasi invisible dans la végétation.

Devisons en devises

 Fuveau n’avait pas de devise sur son blason. Au début du siècle dernier, le félibre Eugène LONG a voulu pallier cette petite carence et a proposé « Fuveù enfuvello ». C’est un jeu de mot qui peut être compris et traduit par « Fuveau rend fuvelain » ou « Fuveau attache » par allusion à la boucle de ceinture (la fuvelo) figurant sur le blason. C’est la devise non officielle mais néanmoins couramment admise, reconnue et acceptée.
Une famille du village est aussi connue pour sa devise. Les VITALIS proclament : « La table et le reste ».  Tout un symbole au pays de la « Confrérie de l’aïet ».  « Aïet »: nom commun provençal qui signifie ail mais surtout aïoli.

Pourquoi autant de surnoms à Fuveau ?

Dans tous les villages, la tradition des surnoms ou des « faux-noms » était monnaie courante mais plus encore sur le notre où se mélangeaient un tel contingent de Barthélémy, Vitalis, Blanc et autre Bourrelly qu’il fallait bien les distinguer et lors du pointage des ouvriers mineurs, chacun était appelé par son surnom et personne n’y trouvait à redire. En voici au hasard : Bamban, Barioù,  Baron,  Bartoche,  Belle-nuit,  Bi,  Blanquet,  Bretelle,  Cabanon, Chinchet, Chinchin, Gamate, Gauche, Laboutèze, Lapente, Lapin, Mariette,  Marlois,  Massaque, Nabo, Pèti,  Pia,  Saguiche,  Sinsoire,  Sordat, Tachou,Tra-Tra, la liste est loin d’être exhaustive.


Sur ce cliché pris devant le bar des Joyeux, on peut remarquer une ancienne inscription prouvant que les surnoms n’étaient pas l’apanage de la mine. On lit encore au-dessus du fronton « Coulomb dit Gauche » ! Le personnage qui tient le chien dans ses bras était surnommé « Noël lou cantaïre », Noël le chanteur.

La chasse au furet   

Cette forme de chasse était certainement la plus appréciée à Fuveau. Il fallait trouver des terriers de lapins dans la colline (une troucharié) et envoyer un furet à l’intérieur. Si le lapin y était, il s’enfuyait nécessairement par une autre issue et devenait facile à tuer. Les marseillais qui étaient considérés comme des béotiens à l’époque aimaient être invités à cet amusement particulier. Paul fit savoir à l’un d’eux qu’il avait repéré une « troucharié » de Géants des Flandres et l’invité eut plaisir à l’accompagner. Peu après que le furet fut envoyé dans une galerie  pour accomplir sa tâche, on vit sortir de l’autre coté du terrier un lapin albinos d’élevage paré d’une somptueuse cravate. L’histoire se passait dans l’entre-deux-guerres, depuis quelque trente années, cette chasse est prohibée.  

La Quadrette   

Jeu de cartes typique de Fuveau et de quelques villages voisins dont La Bouilladisse, Rousset et Meyreuil,  il oppose deux équipes comme à la belote (32 cartes) avec en valeur roi, dame, valet, as, dix, neuf, huit, sept. L’atout est la couleur de la dernière carte distribuée que le donneur retourne et garde. Pour marquer le point, il faut être la première équipe à réaliser quatre levées ou plis. Si la même équipe fait les huit levées elle a deux points et si le même joueur fait les huit levées, il fait « quadrette » et son équipe marque quatre points. On va généralement en huit. Le plaisir du jeu c’est que l’on peut parler et demander à son partenaire qu’il dise les cartes qu’il a en mains, choisir celle qu’il doit jouer et discuter de la tactique à adopter. Il est conseillé d’annoncer ses rois, ses coupes, les petits mariages (dame et valet) ou lorsqu’on met feu (une seule carte d’une couleur) mais éviter d’annoncer les dames seules et le jeu d’Aix (deux cartes de chaque couleur). Le parler provençal est certes admis voire même conseillé.       

Les deux Roses    

 L’un des concours de quadrette des années 50 est resté dans les mémoires. Les équipes qui s’inscrivaient, parmi elles de nombreuses équipes féminines ou mixtes, donnaient le nom ou le prénom de l’un des deux joueurs et plus souvent le surnom: les deux « Gamate », les deux « Bartoche », les « Sinsoire », les « Mariette », les « Saguiche », les « Bretelle », les « Marlois », les « Pèti », les « Belle-nuit », les « Barioù » au hasard des quelque soixante équipes, la liste n’est pas exhaustive. Cette année-là, après le tirage au sort des équipes devant s’affronter, la paire des deux « Roses » qui faisait anormalement attendre leurs adversaires était recherchée par les organisateurs qui pestaient contre ces femmes qui s’inscrivaient puis allaient vaquer à quelque tâche ménagère avant le concours. On en était venu à faire le tour des maisons de certaines Rose du village mais aucune n’était inscrite. Au moment de les déclarer forfait on vit sortir d’un bar Joseph et Auguste, deux grands amis : l’un était responsable de la cellule communiste et l’autre engagé et marqué à droite le mélange de leur couleur, le rouge et le blanc, en avait fait « Les deux Roses ». Osera-t-on ajouter qu’ils étaient peut-être noirs ?

La Bague à Boghei   

Photo centenaire et à notre connaissance unique de la bague à boghei.

 Au temps où la fête votive à Fuveau avait encore un sens, outre les classiques bals et concours de boules, les animations consistaient en de nombreux jeux dont la bague à boghei. Les participants juchés sur une charrette, élevée au rang de boghei pour l’occasion, se passaient à tour de rôle une longue perche et devaient retourner un pot de peinture accroché à une barre en travers du cours Leydet. Ce jeu très populaire attirait une vraie foule et les primes offertes aux plus adroits mais aussi aux plus sales, aux mieux déguisés ou autre, tombaient à gogo. Au début des années 60, cette jolie tradition qui a dégénéré en une bataille de seaux d’eau a dû être supprimée. On l’appelait également le « pouaire » ce qui veut tout simplement dire « seau » en provençal et plus précisément le seau qui va chercher l’eau au fond du puits. La Bague à Boghei se pratique encore pour la fête de Cuges-les-Pins et de Lascours, hameau de Roquevaire, sous des formes très épurées mais pour combien de temps encore ?
Ce jeu est également attesté plus anciennement à La Ciotat, Château-Gombert et   quelques autres lieux de la périphérie marseillaise. Depuis 2002, un nouveau comité des fêtes a remis la Bague à Boghei au goût du jour en utilisant un camion en remplacement de la charrette. 

La photo ci-dessous est également unique, elle est de 1948 et c’est « Poupou »  Cernoïa qui est à la perche.

NB : Le seau (pouaïre) actuellement utilisé pour ce jeu est propriété d’Elian Barthélémy, fils d’André, maçon et bricoleur émérite qui l’avait lui-même fabriqué.

Et voici une anecdote « corollaire ». Savez-vous qu’un fuvelain a failli être décapité à cause de la bague à boghei ? Dans les années 50, Valentin, un transporteur de la Barque aimait mener ses amis à la plage de La Capte en été. Pour ce faire il laissait monter dans la benne de son camion tous ceux qui le voulaient ce qui n’avait rien de répréhensible en cet heureux temps. En traversant La Ciotat, lorsque un « passager » a dit « On voit la mer », le petit Jacky s’est levé le plus haut possible sur la « tinteino » du camion, lorsque sa tête a effleuré un seau pendu en travers de la route. Il y a laissé quelques cheveux et une grosse frayeur rétrospective : il venait de toucher un « pouaire », un seau de bague à boghei. Ce « petit », c’est Jacky Casucci, fils de la dernière garde-barrière du village, celle qui durant des lustres a donné le passage aux trains de la feue ligne La Barque – Valdonne au niveau du Jas de Bassas.   

Le Cours Leydet

Carte postale de 1902 comme la plupart des vues du village portant un numéro de série (ici 3542) ainsi que la mention « phototype E. Lacour Marseille » .

La physionomie de cette place n’a pratiquement pas changé depuis cette époque. Un buste en bronze du député Victor Leydet a été ajouté sur la fontaine en 1979, il est dû au sculpteur Martin.

La carte postale en tête de page, c’est le cours, en l’occurrence, il honore Victor Leydet (1845-1908), un député et sénateur aixois ripailleur qui voici plus d’un  siècle présidait aux destinées de notre arrondissement mais n’a pas laissé un grand souvenir dans l’histoire, souvent confondu avec son fils Louis Leydet petit maître aixois ami de Monet et Cézanne. Le cours donc, c’est la faute de prononciation commune, le péché véniel du village car pour ne pas se faire remarquer, il faut prononcer « coursss » et surtout pas cour comme le veut la bienséance ailleurs. Et puis à Fuveau, le coursss, c’est l’agora où l’on se retrouve tout les jours -après étape au Bar des Joyeux- du coté le plus ensoleillé et le plus abrité du vent pour y refaire le monde de préférence en français au milieu duquel sont introduites quelques phrases en provençal accompagnées d’une bonne dose de parler marseillais. 
Un petit clic sur les documents ci-dessous et vous comprendrez ce qu’était la ripaille fuvelaine en 1906 avec ce menu offert à Victor Leydet lors de sa venue chez nous.

Des écrevisses à Fuveau ou Fuveau vu par Frédéric Mistral

En dépit de l’amitié qui le liait à notre félibre local Eugène Long, Mistral n’a jamais parlé de Fuveau dans son œuvre sauf dans son grand dictionnaire le Trésor du félibrige où il cite son nom en provençal :Fuvèu (ne pas oublier l’accent grave sur le E) et les anciens noms du lieu : Fuvel, Fuellum, Affuellum, Affuvellum.
Il signale la boucle de ceinture sur le blason : la fuvello mais il cite surtout une expression depuis longtemps oubliée, remplacée en langage moderne par « Envoyer paître quelqu’un », c’est : « Manda pesca de chambre à Fuvèu » qui se traduit par « Envoyer pêcher des écrevisses à Fuveau ».Avions- nous des écrevisses dans le Grand Vallat ou ailleurs ? C’est bien peu vraisemblable mais personne ne sait.

Inauguration de la Place Verminck

Voilà ci-dessous un article paru sur le Petit Marseillais en 1902 et qui relatait avec emphase l’inauguration de cette place, c’est quasiment d’actualité, comprenne qui pourra !

Une carte postale pratiquement contemporaine de l’inauguration. Elle est due à Lacour de Marseille et fait partie d’une série connue. On remarquera que devant l’église, le rocher affleure encore et que les travaux sur la place ne sont pas achevés.

Associations disparues au cours du XIX° siècle.

Sur les associations disparues au cours du XIX° siècle, les archives départementales de Marseille ont conservé les statuts, la liste des membres fondateurs et quelques documents épars. Cela peut aider dans certains cas à quelques recherches particulières.

Voici une liste d’associations déclarées dissoutes avant 1853:

Association « Le Château »
Les anciens chanteurs
les Amoureux
Saint-Etienne
Sainte-Claire
Saint-Pierre
Saint-François
Anciens chasseurs
Les Tranquilles

Et quelques associations enregistrées plus tard

Orphéon de l’Union (1876)
Union conservatrice (1874)
Cercle de la Purification (1853)
La Roquette (1892)

Références du dossier aux archivesdépartementales: 4M656

Le Rugby-Club Fuvelain

Un mot aussi sur le Rugby-Club Fuvelain qui entre les années 1964 et 1968 connut quelques modestes heures de gloire. C’était en fait l’équipe réserve des ex-pro de Marseille XIII , les Rinaldi, Cruciani, Ledru, Dop, Carmouze, Vannini, auxquels se joignaient quelques amateurs fuvelains au rang desquels Yvon Daudignon, Michel Bourrelly, Gérard Gontard, Jean François Roubaud, Carmelo Barretta, André Ourdas, Poyatos. Ce club n’avait pas attendu les actuels échanges à grands coups de subventions avec l’Italie pour organiser en 1965 un match international Venise contre Fuveau  et plus tard la revanche à Fuveau,  tous les frais étaient à la charge des joueurs.
Anecdote amusante : le terrain était plutôt pierreux à l’époque et avant chaque match, quel qu’il soit, tous les joueurs des deux formations se mettaient en ligne et remplissaient chacun un seau de pierres, c’était une autre époque.

Et ci-dessous l’affiche du premier match international qu’une équipe de sport collectif fuvelaine n’ait jamais disputé !

Le Joyeux Sport Fuvelain

L’Association Joyeux Sport Fuvelain a été constituée le 10 avril 1921, déclarée au journal officiel le 10 mai et enregistrée le 21 mai. Au départ, les buts de l’association étaient « sport, éducation physique, athlétisme et cyclisme en particulier » mais l’activité football s’est développée rapidement.
Les membres fondateurs étaient :
Président, D Barthélémy, chimiste
Vice-président , L Chayne, ajusteur
Secrétaire, R Rey, forgeron
Trésorier, R Verra, coiffeur
Premier conseiller, C Sénès, mineur
Deuxième conseiller, J Vitalis, maréchal-ferrant
Troisième conseiller, D Serradimigni, maçon
Quatrième conseiller, A Champion, cycles
Le siège était fixé au Bar des Joyeux.

C’était leur tenue dans l’entre-deux-guerres ! Ne pas oublier le club de foot le « Joyeux Sport Fuvelain » qui, même s’il n’a pas connu de grandes heures de gloire fut très actif auprès des jeunes. Il avait son siège au Bar des Joyeux et il est à l’origine de la construction du stade Paul Prieur, du nom de l’un de ses joueurs qui s’était tué dans un accident d’avion. Noter que le terme de « joyeux » évoque à la fois les bataillons d’Afrique et les bagnards dont les chaînes traversaient le village pour aller embarquer à Toulon.
Les plus vieux documents concernant cette association sont déposées aux archives départementales à Marseille. On peut y retrouver les premiers statuts, la liste de membres fondateurs et quelques courriers intéressants très épars.
Parmi les meilleurs joueurs au cours du temps: Les Théagno, Pierre Grand, Noziglia (dit Chinchet, c’est du pain frotté à l’ail), Reynier (dit Roulette parcequ’il conduisait des camions) et le buteur Bruno Granelli.

Ci-dessus l’équipe en 1922, la fille de l’un des joueurs, Pierre Grand, a reconnu le team dans sa totalité.
En haut: Louis Pisson, Lazare Chayne, Henri Richaud, André Dépousier (entraîneur). Au milieu : Noziglia dit Chinchet (ancien boucher), Marcel Rey, Maurice Etienne. Au premier plan : Auguste Théagno, Boyer, Lafoi, Pierre Grand, Daniel Olive.
Le football à Fuveau, c’était cela, peu de moyens mais un cœur énorme.
Une anecdote concernant le stade Paul Prieur. En 1965, le rugby-club fuvelain avait été créé. Avant chaque match, la totalité des équipes présentes, locaux et visiteurs se mettaient en ligne dans la largeur du terrain et en effectuaient la traversée un seau à la main en ramassant les pierres qui se trouvaient sur leur passage ! Ce terrain avait été acheté à l’époque par le joueur  Henry Richaud, le grand-père des Jampy précisément pour en faire un terrain de foot, on imagine mal pareil acte de bénévolat cent ans plus tard !
En cliquant sur son nom, vous trouverez la photo et l’histoire de Paul Prieur.

L’association « Les Amis réunis » à La Barque.

Aux archives départementales à Marseille, entre mille documents, on peut retrouver la liste de toutes les vieilles associations qui existaient à Fuveau avec les statuts et les membres fondateurs. L’une d’elles, fondée en 1886 avait son siège à La Barque dans l’actuel Restaurant Sylvain. Voilà la liste des premiers membres dans laquelle il sera possible de retrouver un trisaïeul pour ceux qui ont quelque origine Barquaise.

BONNET Bénonin              Boulanger    54 ans
BARTHELEMY Frédéric    Voiturier      55 ans
TURCAN Auguste              Propriétaire  30 ans  (ce terme signifie agriculteur exploitant : terres au chemin de Tratra)
BARLATIER Albert            Voiturier       34 ans (ancêtre d’une lignée de camionneurs)
BERTRAND Jauffret            Carrier         42 ans (sa carrière encore visible au fond de la gare de La Barque en montant dans la colline à droite)
BONNET Désiré                Boulanger      23 ans  (la boulangerie était déjà à l’emplacement de l’actuelle)
PAUL Albert                      Cultivateur     47 ans  (du Canet de Meyreuil)
LAUGIER Baptistin            Propriétaire    55 ans  (terres en dessous de la gare de la Barque près du Miantou)
LAUGIER Pascal               Négociant       48 ans
ROUBAUD Marius            Propriétaire    44 ans
FERRAT André                 Cantonnier      52 ans
BARTHELEMY Matthieu  Propriétaire     42 ans (terres à Tratra)
BURLE Augustin               Cultivateur       60 ans  (descendance à Peynier)
CHAMOUX Joseph          Cultivateur       62 ans
SAURIN Jules                   Cultivateur       44 ans
BOURRELLY Henri          Cultivateur       27 ans
BOURRELLY Victorin      Cultivateur        36 ans
TURCAN J-Baptiste          Cultivateur       38 ans
MOUSTIER Justin             Cultivateur       37 ans  (Quartier La Roquette)
GAUTHIER Paul               Cultivateur       37 ans   (Quartier Saint-Jean)
SAMAT Théodore             Meunier           29 ans  (Le Canet)
MICHEL Ernest                Cultivateur        54 ans
ROCHE Henri                   Propriétaire      27 ans (terres au Miantou et Route d’Aix)

SSPJ : statuts et licences

Les statuts

Le premier bureau

Les deux plus anciennes licences ayant été conservées sont celles de Bruno Zuanon et Jean Dépousier, celles de Jules Véra, Francis Aulagnier, Michel Giraud, Henri Royère, Henri et André Vitalis, André et Michel Fabre, Denis Coulomb, Louis Rémy ROUBAUD, André REBUFFAT figurent  également parmi les toutes premières.

Renseignements sur le champ de tir de la SSPJ.

Sur ce document ,on note l’importance des stands de tirs utilisés par la S.S.P.J et le fait que les agrès destinés à la gymnastique sont au 35 rue d’Aix, actuelle rue M-J Moisan, c’est à dire à l’école Sainte-Barbe actuelle Maison Pour Tous.

S.S.P.J  : des photos

Carte postale de 1922 prise dans la « basse-cour » partie ouest de l’actuel parking de la Maison pour tous au niveau de la bibliothèque municipale.

Dans la cour de l’actuelle école Sainte Marie (partie haute)

Portique dans la cour de l’actuelle école Sainte Marie

Un exercice de défilé dans les années 20, le geste de la main des enfants est assez surprenant. Sur la gauche, les armes rangées en faisceau également.

Pour ce cliché contemporain des précédents, l’auteur est connu, c’est André Barthélémy, maçon demeuré célèbre au village

SSPJ – Photos Ping-pong

Les deux premiers champions à l’extrême gauche rang du bas André Rebuffat, à l’extrême droite rang du haut Louis Rémy Roubaud
Rang du haut : Justinien Barthélémy, André Vitalis, Louis Barthélémy, Henri Royère, Louis Rémy Roubaud. Rang du bas : André Rebuffat, Christian Roubaud, Daniel Coulomb, Henri Vitalis, Françis Aulagnier, Nicole Moustier, Roger Bourdin, ?, André Fabre, ?, Michel Fabre, Jean-Claude Bourdin.

Jules Véra, Suzanne Vitalis, Francis Aulagnier, Justinien Barthélémy et Madame (assise), Claude Amiel, Louis Barthélémy, Mireille Vitalis, André Vitalis, Edouard Faa (accroupi).

Remise au président du club ASPTT Marseille de la coupe Pierre Joubert 1959 qui se disputait sur 4 tables dans les locaux de l’ancienne école Sainte-Barbe, actuelle Maison pour Tous. De gauche  droite Francis Aulanier, le jeune vainqueur de cette édition, Louis Barthélémy, Jules Véra et son épouse, le président de l’ASPTT et Suzanne Vitalis.

Réunion des jeunes : Jean Jacques Dellasta, Jean Marie Giraud, Pierre Jouvencel, Elian Véra.

André Ourdas et Louis Barthélémy coachent l’équipe des jeunes : Daniel Gouirand, Elian Véra, Pierre Jouvencel, Paul Schmeltzer,  Gérard Dellasta.

Pris dans une quantité impressionante d’articles de presse locaux, en voici un au hasard.

Le pigeonnier de l’Espace Saint-Michel

Dominant le sud du village, l’Espace Saint-Michel offre à tous ceux qui veulent profiter d’un moment de calme un lieu tout à fait adapté. Tout près de la chapelle, ce pigeonnier extérieurement bien entretenu a une histoire qui n’est pas inintéressante. Construit vraisemblablement au  XVIIIe, c’était à l’origine un moulin à blé dont les coseigneurs successifs ont su largement tirer profit. Saisi pendant la révolution, il a été transformé en pigeonnier après une tempête qui l’avait décapité en 1839. Plus d’une centaine de boulins subsistent à l’intérieur au-dessus d’une partie de mur lisse.  La dernière rénovation, bien agréable à l’œil, a permis de l’adapter en espace scénique utilisé certaines soirées d’été.

Tiens, voilà les boulins !

Les fours à chaux ou à ciment

Voici ce qu’il reste d’un four à ciment exploité en limite de la commune jusqu’au début du siècle dernier. Les photos ci-dessus et ci-dessous sont celles d’un même four sous deux angles. Celui-ci se trouve au bord de la RN96 face au domaine de la Galère. On en rencontre beaucoup approximativement dans le même état sur les communes voisines de Gréasque, Belcodène, Peynier et La Bouilladisse. Ils utilisaient  le calcaire local pour le transformer en chaux ou en ciment et éventuellement en apport pour certains sols. 

Visible également au bord de la RN96 au niveau du chemin de la Lionne, ce monticule qui est le dernier reste de la dernière production de chaux de Fuveau.

Et voici un bonus, cette facture de chaux provenant du four de la Jacquasse. Celui-ci a récemment été rasé pour faire place à un lotissement. Ce document est rare et mérite une place dans notre musée virtuel.
Et ci-dessous l’acte de propriété de l’un des exploitants de ce four qui était domicilié sur La Bouilladisse.

Le Barrage

Avant le passage de l’autoroute A7, un barrage, maintenant totalement rasé et dont aucune substruction ne subsiste existait sur l’Arc au niveau de la barre de péage de l’autoroute. Son unique fonction en son temps était de dévier une partie des eaux vers un béal ou bief ou biaou qui alimentait le moulin de Bachasson sur la commune de Meyreuil.
Un autre barrage dont les substructions sont encore nettement visibles se trouvait quant à lui sur le Grand Vallat au niveau du lavoir. Celui-ci permettait d’alimenter le moulin de Barthélémy, une centaine de mètres plus bas.
Joël Honorat en a photographié les parties encore visibles et a même tenté une reconstitution de ce qu’il aurait pu être en son temps. Appréciez ci-dessous ce sympathique travail.
Dans son livre « Fuveau autrefois. Le temps des mineurs paysans », à la page 79, Michel Colon nous confirme l’existence d’autres barrages sur ce même ruisseau.

Vue générale et situation.

Détails de l’emplacement de la martelière.

Et une superbe tentative de reconstitution.

Cet extrait du cadastre de 1825 semble confirmer que la prise d’eau se faisait sur le « Vallat de Liman ».

Le vieux lavoir.  

Voici un « classique » du patrimoine de Fuveau. Ce vénérable lavoir n’est pas encore âgé d’un siècle et demi puisque bâti seulement en 1873 après que la compagnie des mines ait creusé une galerie souterraine, dite galerie des Piémontais, destinée à évacuer les eaux de ses différents puits dans un premier temps en direction de Gréasque puis vers la mer. Il est bon et intéressant de préciser que ces eaux étaient relativement chaudes et rendaient plus agréable la tâche des lavandières. Elles se déversaient dans le ruisseau dit de la « Font des Prés » (anciennement de la Font des Pieds), lui-même se jetant dans le Grand Vallat dit parfois l’Alli ou Alic jusqu’au siècle dernier. Auparavant nos grands-mères faisaient leur lessive dans les ruisseaux surtout au niveau de la source de la Casserole (près du laboratoire actuel) et descendaient jusqu’à l’Arc pour les lessives importantes.

Dans son état actuel sur ce joli cliché de Flo Vatin,
et ci-dessous le plan établi en 1871.

Il se composait d’un rafraîchisseur, le « rafrescadou » et de deux bassins destinés au lavage proprement dit: les « lavadou », le petit bassin prévu sur l’extrême droite du plan en principe destiné au petit-linge n’a pas été construit.

Par la suite -nous sommes à Fuveau!- l’utilisation en a été contestée par les divers propriétaires riverains ainsi que par les utilisateurs des eaux du Grand Vallat en aval qu’ils soient mouliniers, fabricants de produits chimiques (usine de la « Potasse ») voire même agriculteurs arrosants. Ces diverses querelles sont contées avec de savoureux détails par Michel Colon dans son livre « Fuveau autrefois ». La dernière lavandière promenait encore son « charreton » de linge jusqu’en 1968. Après une malheureuse expérience d’utilisation comme vivier à poissons il est tombé en état de délabrement mais vient d’être agréablement restauré et peut constituer un sympathique but de promenade. Pour un peu prolonger la balade dans le passé, ont peut marcher une cinquantaine de mètres de plus pour découvrir sur la droite du Grand Vallat les substructions d’un ancien   moulin qui appartenait à Toussaint Barthélémy, celui-là même qui a vendu une partie de son terrain à la commune pour édifier le lavoir.. Celui qui se trouvait sur le même ruisseau au niveau de l’ex-coopérative vinicole était propriété de Corsin Suzanne.

Et pour le plaisir le lavoir dans son état vers 1970. La photo est due à Pirozelli qui exerçait en son temps son activité de photographe à Fuveau.

Cette carte postale est connue, son éditeur qui se cache sous une ancre marine aussi  mais elle a un intérêt particulier. Le pont sur le Grand Vallat est presque neuf et le lavoir est déjà caché par la végétation , la carrière de la Roucaoudo n’est pas encore ouverte mais regardez en plein centre de la photo ce moulin et sa (cheminée?). Il s’agit d’un bâtiment d’assez grande taille aujourd’hui rasé qui se trouvait sur la propriété Gontard (d’où le nom du chemin) et conséquemment juste derrière le lavoir, on peut supposer qu’ils utilisaient les mêmes eaux.
A l’extrème gauche de la photo, un autre moulin (Mouttet) devenu plus tard porcherie de Léon Roubaud et maintenant habitation au niveau du gué du Vallon.

Fumerolles

Aucun rapport avec un quelconque volcan ou geyser non plus qu’avec la mine mais cette émission de vapeur que peuvent apercevoir au milieu d’un champ tous ceux qui vont de Châteauneuf à Fuveau les matins d’hiver a une histoire. Il s’agit de l’effondrement d’un conduit qui menait l’eau, le précieux liquide du Grand Vallat  jusqu’aux champs situés plus à l’ouest de l’autre coté de la butte. Ceux qui cultivaient la terre dans ce quartier auraient pu être alimentés par les eaux de la Grand’Bastide mais les gens du lieu ne l’entendaient pas ainsi.

Ci-dessous la copie intégrale d’un message  adressé par Marcel Dellasta le 04 juillet 2004 qui éclaire particulièrement bien le sujet.

Les Fumerolles

 Mon père était un maraîcher. Avec  nous, les quatre frères, en 1939 il quitta un mas que nous avions à Saint-Rémy-de- Provence pour venir travailler à la mine et se rapprocher de sa famille mais pour un paysan qui a toujours vécu au grand air, descendre au fond d’une mine dans l’obscurité ne lui convenait pas. Il cherchait une bastide, lorsqu’il apprit qu’il y avait celle des  Monnier  qui devaient partir pour la Saint-Michel en 1940. Cette bastide est située dans les plans juste derrière celle de Monsieur Faure dit Vincent Flo; Elle avait des terres à l’arrosage, trois hectares environ, espace suffisant pour un maraîcher. Il n’hésita pas une seconde pour pouvoir reprendre son métier. En septembre 1940, nous étions tous à la bastide, pas très loin de celle de ton grand-père Léopold Silvy, que j’ai bien connu. Je le revois fondre une vielle luzerne juste derrière notre bastide, avec 6 chevaux et une charrue allemande numéro 16. Thomas Dutto, son fidèle ouvrier était très jeune à cette époque. J’ai vu aussi le premier tracteur avec les roues montées avec sur pneus que ton père avait acheté, c’était une petite révolution agricole. L’eau venait du Grand Vallat, quartier de la Potasse, au lieu dit « la cascade ». Au coin de la bastide de la Potasse il y a une martelière, qui existe toujours, elle servait à canaliser l’eau vers la bastide mais il y avait bien des années que personne ne s’était servi de ce moyen d’arrosage. A la cascade le niveau de l’eau était trop bas pour quelle puisse entrer dans le tunnel. Mon père nous fit faire un petit barrage de la hauteur de deux agglomérés environ pour rehausser le niveau.

Nous avions droit à cette eau à une condition : que la coopérative vinicole ne s’en serve pas. Mon père s’était mis d’accord avec le gérant qui à l’époque était  René Booz. Il n’y a jamais eu de problèmes pour l’avoir. A certains moments de l’été, la coopérative avait besoin de l’eau presque tous les jours de la semaine, le soir vers les 5 heures un de nous allait ouvrir la martelière, l’eau mettait environ 3 heures pour venir à la bastide, nous arrosions souvent la nuit. Pour nous éclairer nous avions des lampes au carbure. Il y avait des périodes où nous arrosions dans la journée, a l’origine cette eau devait servir aussi pour arroser les terres de la bastide de Faure et de Pontier mais comme c’était nous qui les menions, il n’y avait pas de problème de distribution.

Parlons du tunnel. De la martelière au commencement du tunnel il y avait environ 30 mètres, l’eau était conduite par une canalisation en pierres, le tunnel commençait un peu avant la butte de la route, pour sortir à environ à 100 mètres de la bastide de Faure. A partir de la sortie du tunnel, l’eau était conduite aussi par une canalisation jusqu’au coin de la bastide de Faure, juste sous l’aire de Pontier, nous arrosions de ce coin et toutes les terres en limite en des terres de ton grand-père au Nord de la bastide. Entre l’entrée du tunnel et la sortie, il y a deux grandes dalles de pierres pour une visite éventuelle. La première est presque au centre du champ du père  Cérutti , enfouie sous la terre, je suis sûr que le père Cérutti ne savait pas qu’il y avait une dalle sur cette parcelle qui à l’époque était une vigne, encore moins qu’il y passait un tunnel, ce champ est  aujourd’hui cultivé par  Jean-Jacques Malet.  La deuxième se trouve guère plus loin dans le même alignement entre le pylône haute tension et la rive du chemin de Tratra, quel nom ! Elle a disparu sous une couche de terre  mais en ce temps-là elle était visible. A l’époque les labours étaient superficiels, alors que de nos jours les grosses charrues descendent de plus en plus profond, c’est pour cette raison que Jean-Jacques a accroché la dalle de visite. Juste à ce moment là, nous revenions avec ma femme de faire la provision d’eau à la Grand’Bastide, j’ai vu la dalle soulevée, il y a comme une cheminée carrée en pierre, de 50 centimètres de côté, le tunnel se trouvait à environ 3 ou 4 mètres de profondeur Lorsque nous avons pris possession de la bastide, la première chose que mon père a faite, était de voir l’état du tunnel, car il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas servi, mes frères Marius et Paul l’ont parcouru d’un bout à l’autre muni de lampes à carbure, il était en bon état, sauf un peu de limon à quelques endroits qu’il a suffi de niveler, c’est là qu’ils se sont aperçu des deux cheminées au-dessus de leurs têtes fermées par une grosse dalle de pierre.  Pour mon compte personnel je ne suis jamais entré à l’intérieur car mon père nous l’avait formellement interdit, mais nous avons fait quelques mètres en cachette avec mon frère Noël, d’où nous sommes vite ressorti à cause de la peur de l’obscurité. Il est fait en pierres, deux pieds droits et une voûte, je ne crois pas qui à était percé comme une galerie de mine vu la mince couche de terre qui aurait provoqué un éboulement, je crois à une tranchée recouverte une fois le tunnel terminé, mais à quelle époque, mystère ? Voilà  les détails sur le tunnel découvert par la charrue de Jean-Jacques Malet, qui l’hiver fait des fumerolles.

Marcel  Dellasta

Et ci-dessus, l’état actuel de la prise d’eau qui alimentait ce quartier.

Cadran solaire

En montant la rue Rondet, là aussi, il faut lever la tête pour apercevoir ce cadran solaire parfaitement orienté et daté mais tout aussi mal conservé. Visible depuis le bas de la rue en montant jusqu’au monument aux Morts. Cet immeuble était celui de la boucherie Gouirand qui exerça durant près d’un demi siècle à Fuveau. Hormis la date, il ne comporte pas de devise contrairement à la plupart des cadrans solaires que l’on rencontre dans les Alpes. Attention à la lecture de l’heure sur les gnomons !

Monogrammes

Sur cette très intéressante carte, parfaitement datée de 1906 sur laquelle posent les meilleurs clients du café-hôtel de Rosia Frégier, actuel bar du Cours, on distingue derrière l’arbre, un jujubier, la seule entrée non modifiée à ce jour. L’imposte est intéressante car elle comporte un monogramme composé des lettres JJV, il est fort vraisemblable qu’il soit dû à Joseph VITALIS, de son vrai nom, Jean Joseph VITALIS, riche prêtre et coseigneur à la fin du dix-huitième siècle. Un autre monogramme également visible à l’entrée de l’actuel bureau de poste comporte les lettres MD, il vient peut-être d’un membre de la famille DEPOUSIER.

Cet autre monogramme, une découverte de janvier 2007, se trouve sur le balcon au-dessus du Café de France, il est illisible à partir du cours Leydet. L’agrandissement nous laisse entrevoir un D très proche de celui qui figure en imposte sur l’immeuble rue Rondet,  il pourrait encore être celui des Depousier mais disparu depuis la rupture récente du balcon.

Un autre monogramme  est visible au 10 cours Leydet, ce très grand immeuble était pendant une bonne partie du XIX°  et début du XX° le Café du XX° siècle et surtout cercle musical qui  a précédé le Cercle philarmonique du boulevard Loubet d’où le balcon avec des formes de lyre

Le mascaron

Qui remarque encore ce buste placé tel un mascaron sous la génoise du 7 cours Leydet ? Portrait très dégradé de Leydet ? D’un propriétaire de l’immeuble ? Reproduction d’une face guerrière d’Entremont ? Que nenni. Au rez-de-chaussée exerçait en ce début de vingtième siècle un maréchal-ferrant surnommé simplement « le maréchal » qui eût l’idée, en 1906, de vouloir faire partie d’une liste aux municipales. Sa présence n’étant pas vraiment souhaitée, il lui fut reproché de ne pas avoir assez l’esprit républicain. En geste de revanche, il fit accoler un mascaron de Marianne sous sa génoise et celui-ci s’y maintient depuis une centaine d’années malgré les outrages du temps. La suite de cette anecdote est aussi croustillante. Notre maréchal n’ayant pas d’héritier, il a laissé ses bien à  son voisin, car l’épouse de ce dernier lui avait accordé quelques faveurs. On comprend encore mieux que la Marianne ait été respectée sauf par la pollution et les intempéries.
Ci-dessous, le maréchal de l’anecdote, le muret en bas et à gauche de la photo existe toujours.

Cette histoire vraie a été contée dans une anecdote romancée en 2004 : Marie-Cuir, livre consultable à la bibliothèque municipale.

Ah ! La niche 

En haut du boulevard Loubet, levez la tête au niveau du numéro 8 et vous admirerez au fronton orné de billettes du troisième étage, se détachant du tympan cette vierge dans sa niche.

Nous voici rue des Joyeux derrière l’actuelle Maison des Associations. Cette niche en bien mauvais état a vu sa statue carrément se décomposer.

Celle-ci, également au tout début de la rue des Joyeux, a connu un meilleur sort puisqu’elle a pu être rénovée et recevoir récemment la statue d’une vierge à moins qu’il ne s’agisse de sainte Anne puisque c’est précisément à cet endroit que se trouvait la chapelle Sainte-Anne avant que ne soit creusé, en 1809, le premier puits de mine de Fuveau. Ceci explique pourquoi aprés l’arrêt de l’exploitation de ce puits, la nouvelle mairie de Fuveau, actuelle Maison des Associations a été construite sur cet emplacement.

Autre témoignage de la foi populaire, la niche au 9, rue du Figuier, à droite du Cercle Saint-Michel, actuellement vide et en mauvais état. Nouveauté 2011, celle-ci vient d’être pourvue d’une statue qui n’est évidemment pas d’époque et pas non plus dans l’esprit de nos anciens.Autre témoignage de la foi populaire, la niche au 9, rue du Figuier, à droite du Cercle Saint-Michel, actuellement vide et en mauvais état. Nouveauté 2011, celle-ci vient d’être pourvue d’une statue qui n’est évidemment pas d’époque et pas non plus dans l’esprit de nos anciens.

Fuveau 1825

Nous voici au début du dix-neuvième siècle, Fuveau vient de sortir de ses murs et un vrai cadastre est dressé. Le voici avec une bonne visibilité, en bonus le nom des rues de l’époque et le nom actuel pour s’y retrouver. On remarquera l’ancien cimetière à la place de l’actuel Monument aux Morts : il n’a été transféré qu’en 1847 au lieudit Montplaisir plus connu maintenant sous le nom de La Calade. La porte au bout de la rue de Nice, actuelle rue Nationale n’est pas encore ouverte.

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales :

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales : https://www.archives13.fr/archive/resultats/cadastre/n:36?Rech_commune=Fuveau&Rech_typologie=Plan&type=cadastre
Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».


    Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».

Ci-dessous, une vue d’ensemble de ce plan détaillé

Mystérieuse cheminée – Saint Pol

Annie aime flâner sur les sentiers de colline de la commune. Elle vient d’y redécouvrir une bien mystérieuse cheminée  de forme tronconique du coté de la colline Saint-Pol. Précisément on peut la repérer sur google maps avec ces références :
43.467614,5.541201. Elle pose bien quelques problèmes quant à son ancienneté et son utilisation primitive sachant qu’il y avait à proximité et sur la même propriété, une fabrique de soude, a  t-elle servi à éliminer ou bruler des déchets toxiques ou tout autre utilisation ?

De bons spécialistes n’ont pu éclairer notre lanterne. L’un de nos lecteurs aura-t-il une information précise ? Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un four à chaux, ni d’un four à cade, alors quoi ?

Voilà l’entrée est de l’édifice sachant que la même entrée coté ouest a été murée.

Quelques travaux de défrichement à proximité laissent supposer que le paysage alentour pourrait évoluer.

Une étude particulièrement fouillée effectuée en septembre 2013 par par Monsieur André Gensel, éminent spécialiste régional de ce type de construction, des fours anciens en général et des norias, nous a été transmise.
En voilà ci dessous la copie.

FUVEAU – Colline Saint-Pol : le four et sa cheminée, mystère

Généralités et vue d’ensemble :

La structure n’apparaît pas sur le cadastre Napoléonien de 1829, elle est mentionnée sur le cadastre actuel , lieu dit Bramefan, parcelle 000CE5.

La piste charretière qui passe à coté est indiquée comme le Chemin de Gardanne à Fuveau sur le plan E3 de la section La Roquette, Cadastre Napoléonien de 1829 ; ce plan mentionne que nous sommes au quartier de la fabrique, la fabrique porte le numéro 1023 et la matrice cadastrale nous dit : fabrique de soude factice avec cour et relarge.

Le premier propriétaire est Vitalis Auguste et compagnie, puis son nom est rayé et remplacé par Menut Jean Philipe.
 

Nous sommes en présence d’une structure tronconique d’environ 3 m de diamètre et 4 m de hauteur, en grosses pierres calcaires non taillées et bâties au mortier de chaux et sable (ou terre) :

–        elle a été construite contre une barre rocheuse de 2 m de hauteur, orientée ouest-est et se prolonge dans la colline, cette barre rocheuse a servi de carrière pour la construction de la structure.

– les fondations qui reposent sur la roche mère sont réalisées en deux niveaux d’énormes pierres d’environ 200/300 kg, elles sont jointives et couvrent l’ensemble du sol d’emprise du four cheminée. Cette façon de faire garantie une parfaite stabilité à l’ouvrage (usure du temps, effets de pyrogénation, séismes) C’est ainsi qu’il n’y a aucune fissure dans le mur maître (circulaire) d’environ 0,50 m d’épaisseur.
 

En élévation se trouvent deux ouvertures de 1,50 m de hauteur et de 1,10 de largeur en face extérieure et 0,80 cm en face intérieure, elles sont en ogives solidement clavées. L’une est orientée face à l’Ouest (mistral) et l’autre face à l’Est.

Cette construction a été réalisée par des gens de métier et selon les règles de l’art (inclinaison du mur maître vers l’intérieur de la cheminée pour que le centre de gravité soit sur l’axe vertical du foyer).

De part et d’autre des deux ouvertures un escalier volant* a été inséré sur la face extérieure du mur eu utilisant des boutisses (grandes pierres longues et épaisses qui traversent l’épaisseur du mur). Ces deux escaliers s’arrêtent à hauteur des ogives clavées pour que la solidité de l’ensemble soit conservée.

La photo de l’intérieur de la partie cheminée montre la grande qualité du montage des pierres, seuls quelques coups de massette sont visibles.

*L’escalier volant est utilisé en Provence pour passer d’une restanque à l’autre, il n’occupe pas de place au sol.

Une grande pierre plate forme le seuil de l’ouverture Ouest, ce seuil donne dans le vide ce qui ressemble à un trottoir pour approcher une charrette afin de charger ou décharger le four. Au cours de l’extraction des pierres de la barre rocheuse un accès coté O

Au cours du temps, l’ouverture Ouest (mistral) a été obturée par un mur peu épais , non étanche et sommairement bâti au mortier, a été aménagé ce qui permettait de rejoindre le chemin Fuveau – Gardanne.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

Braconnerie de Saint Pol

Encore un bout du patrimoine de La Barque : la Braconnerie Saint-Pol sur la Nationale 96, bâtie en 1819 pour les responsables des fabriques de soude et de potasse de Fuveau puis transformée en élevage.
Au départ cette usine fut fondée par le sieur Menut, propriétaire par mariage de la Grand’Bastide et exploitée par un De Pouzier dont le nom s’est transformé en Dépousier. Il ne s’embarassait pas de principes pour exploiter un établissement particulièrement toxique et polluant. L’usine s’appelait la Marie-Gabrielle Saint-Paul pour devenir plus tard domaine Saint-Paul ou Saint-Pol. 
Consultez le document redécouvert par Max Derouen de Belcodène. On peut aussi consulter la page « cheminée ».

Intéressante cette vue prise sur le bas de la colline Saint-Pol et qui nous montre la plaine jusqu’à La Barque on l’appelait le quartier des Fabriques ou la plaine des Fabriques.

Ex-voto

Voici l’endroit et l’envers d’une autre pièce du musée virtuel. Cet ex-voto parfaitement daté de 1817 représente Madame Long, plus tard veuve Long qui donna un moment son nom au quartier. Elle attribue un grand coup de chance à l’intervention de saint Jean- Baptiste : son fils étant tombé d’une fenêtre a été arrêté dans sa chute par la treille et ne s’est fait aucun mal.
Document intéressant sur le plan historique puisqu’il est la plus vieille représentation connue d’un immeuble de La Barque sachant qu’à l’origine, le hameau de La Barque ne se trouvait pas comme maintenant au croisement dit des Quatre Chemins mais 100 mètres plus loin, à droite en direction d’Aix, là où se trouvait une barque qui permettait la traversée d’une zone à l’époque marécageuse.
Cet immeuble bourgeois n’a pas subi d’importantes transformations extérieures depuis cette époque et il est facile à identifier en bordure de route.

Cet ex-voto était accroché dans la chapelle Saint-Jean jusque dans les années 2000 mais pour le mettre en sécurité il a fallu prendre la décision de le déposer dans les archives de la paroisse.

La Barque

Voici en préambule une notice sur La Barque et son pont antique tirée de l’excellent ouvrage de Jean Ganne : Châteauneuf -le-Rouge édité en 1998, I.S.B.N 2-9511683-0-6.

Voici ci-dessus une « vraie » photo de La Barque qui à l’origine ne se situait pas dans l’actuel croisement dit des Quatre Chemins mais une centaine de mètres plus loin en direction d’Aix. La maison la plus importante du petit hameau au premier plan, était appelée « Veuve Long » au milieu du dix-huitième siècle, c’est l’actuelle maison Féréoux.

Ce bâtiment qui abritait l’école de La Barque n’a pas changé mais en 1910, il était le seul construit sur la gauche du croisement dit des « Quatre chemins de La Barque » avec l’agence postale qui n’a pas changé non plus.  A cette époque personne ne disait « Je vais à La Barque » mais « Vau eï Quatre Camin », « Je vais aux Quatre Chemins ». Dans les nouveaux noms de rues et passages donnés au hameau, le nom des « Quatre Chemins » a été oublié de nos topographes.

Voici le bar-tabac de La Barque au temps où il était tenu par Madame Malet et où il n’y avait aucune borne au milieu du croisement et encore moins de feux tricolores. Madame Gaudry lui succéda dans les années 50 et fit installer devant une pompe à essence manuelle. Plus tard, Baudino, puis Del Rio, puis « Sylvain » puis Barielle s’y sont succédé. Il a plusieurs fois changé de mains depuis les années 2010

Le tabac après l’arrivée de la pompe à essence.

Et ci-dessus la borne qui a tant fait de victimes sur laquelle montaient des agents en gants blancs pour faire la circulation les jours d’afluence. Au second plan, la station-service toute neuve, nous sommes en 1954 !

La plus ancienne des cartes postales connues des « Quatre Chemins » c’est celle-ci, elle date de 1904. On y remarque une borne d’indication de direction située dans un coin du carrefour au niveau de l’actuelle station-service.

Voici en 1955 la grande borne au milieu du carrefour. Elle a été  responsable de nombreux accidents souvent très graves.

Très active au début du siècle dernier, elle est aujourd’hui en état de délabrement et le musée des trains qui était bien entretenu dans les années 70 fait maintenant triste figure. La ligne Gardanne – Carnoules créée en 1877 a été utilisée pour le transport des voyageurs jusque en 1938 et pour le transport de marchandises essentiellement la bauxite jusqu’en 1963. Elle est antérieure à la gare de Fuveau et lui a tant bien que mal survécu.
On remarquera au fond et à gauche de cette photo la maisonnette peinte par Cézanne en 1906.

En corollaire à ces photos, le  texte de loi rendant « d’utilité publique » la ligne La Barque – Valdonne ainsi que le copie du télégramme annonçant, vingt ans plus tard, la mise en chantier de la ligne !

Voilà deux photos du musée des trains au temps de son apogée. 

Une légende vraie à Château-l’Arc

Après deux ventes au cours du dix-neuvième siècle, Château-l’Arc est passé dans les mains d’une riche et noble famille au début du siècle dernier : les de Jessé-Charleval.
 En cet heureux temps, on vivait bien au domaine. Les propriétaires s’employaient à rénover la bâtisse ainsi que ses abords et les gens de Fuveau employés aux tâches ménagères étaient nombreux. Tous avaient accès à toutes les salles, sauf une. Située dans une des ailes du château, elle avait une particularité qui ne manquait pas de faire des envieux : le sol était recouvert de pièces d’argent à l’effigie de Louis le quinzième et, comble de la fortune ainsi que de l’attachement à la royauté, ces pièces étaient posées sur le chant. car ne fallait pas marcher sur la face du roi !
Malheureusement la fortune de la famille n’a eu qu’un temps,  déjà avant la dernière guerre, celle-ci était ruinée par les mauvaises affaires et lorsque Bernard Buffet leur à acheté le domaine en 1956, il n’y a pas trouvé de trésor, peut-être même n’a-t-il jamais eu vent de cette légende vraie dont témoignaient ceux qui avaient connu Château-l’Arc avant lui en particulier les descendants du personnel domestique.

Histoire de Château l’Arc

Vous trouverez ci-dessous la copie d’une publication écrite par Antoine de Jessi en 1940 sur l’histoire de Château l’Arc intimement mélée à celle des Boutassy et de leurs alliances, nous nous sommes contentés de scanner les onze pages qu’elle comporte.

Et ci-dessous un extrait de l’armorial général de France

Monsieur Rabasse

Les Fuvelains il y a 100 ans

Une petite centaine de plaques photographiques « instantanées » en verre au gélatino-bomure d’argent, format 9×12 ou 6,5×9 et fabriquées par Lumière & Jougla à Joinville ou par Lumière & Fils à Lyon,  dormaient dans une cave. Elles avaient été « exposées » par E. Rabasse (dont, curieusement, ce sont les seules photos connues) au début de la Guerre de 1914 pendant une période vraisemblablement assez courte. Ce  sont les photos de Mimi Rabasse, qui a eu 100 ans en 2012 et de son frère Jean, plus jeune de 2 ans,  qui pour l’instant permettent de les dater. Les plaques n’étaient accompagnées d’aucun tirage, ceux-ci ayant probablement été remis aux personnes ayant posé pour la photographie. Les sujets ne sont pas identifiés, mais la comparaison avec de vieux tirages jaunis conservés par les familles permettra peut-être quelques identifications. Les deux petits fils d’ E. Rabasse, J-M Rabasse et D.P. Moustier, ont fait scanner ces négatifs. Photo Hoss à Antibes s’est chargé de ce travail avec beaucoup de compétence et de gentillesse. On a alors découvert la « galerie des portraits des Fuvelains il y a un siècle », qui vous est présentée ici.

« Monsieur Rabasse »

Voici l’autoportrait du photographe. Directeur de l’Ecole libre de Garçons (actuellement « Maison pour Tous ») pendant plusieurs décennies, il dirigeait le rez-de-chaussée du bâtiment. Sa voix de stentor traversait les murs de sa classe et terrorisait les galopins.

 Dans ce groupe de femmes, peut-être reconnaîtrez-vous votre bisaïeule ? Le lieu où a été prise la photo est intéressant, actuellement il correspondrait au pied des escaliers qui sont derrière la Maison pour tous. Derrière le groupe, c’est c’étaient tout simplement les urinoirs de l’école Sainte-Barbe. Ils ont été détruit lors de la transformation des locaux de l’école en Maison pour tous en 1978.

L’air que vous entendez est celui de la « Bourgado escarido » extrait de la Pastorale Maurel. Il évoque Bethléem, bourgade pauvre.

Cougourdié

La tradition de la pastorale Maurel jouée depuis bien plus d’un siècle en période calendale au Cercle Saint-Michel et ce sans interruption hormis les années de guerre, c’est une maintenance connue dont le village s’enorgueillit. Les anecdotes sur celle-ci sont légion mais la plus intéressante, est celle du personnage de Cougourdié. L’auteur, Antoine Maurel, a appelé Pistachiè le rôle du simple, comique et plein de bon sens dans son œuvre, par dérision bien sûr puisque le pistachié en l’occurrence ne se traduit pas par « arbre à pistaches » mais par « coureur de jupons » voire un plus moderne « dragueur ». Ce nom n’avait pas été apprécié par l’abbé Moisan curé du village à partir de 1904 et il avait imposé que le dit Pistachié, tout au moins à Fuveau, soit appelé « Coucourdié  » mot ayant rapport avec la courge. Ses ouailles lui ont obéi et la tradition reste.

Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944, à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Vingt-cinq ans de patronage rural » qui donnent de très intéressants renseignements sur la vie de la paroisse au début du siècle dernier. Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910.
On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes « Cougourdié »

La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps « Chemin d’Aix », elle devint rue Pétain sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Un saint a exercé les fonctions de curé de Fuveau

Eugène de Mazenod

En septembre 1816, Eugène de Mazenod, accompagné de trois prêtres de la Mission de Provence, est venu au village durant quatre semaines pour prêcher une « mission » à l’invite de Pierre Chabert alors curé de la paroisse. Ils visitent la totalité des familles du village qui comptait alors 1200 âmes et donnent prédications, sermons et même confessions en provençal. Le dernier jour une croix est érigée, elle existe toujours, c’est la « Croix de fer » à l’angle Rue du Nord et rue de la Paix. En septembre 1822, le père de Mazenod est appelé pour exercer à titre transitoire les fonctions de curé du village pendant un mois. On retrouve sa signature sur les registres de l’époque. Il a été béatifié le 19 octobre 1975 par Paul VI et canonisé le 3 décembre 1995 par Jean-Paul II. Le chanoine Moisan a écrit sur sa vie un livre plein d’enseignements. Encore un événement important du passé totalement oublié par la communauté du village.

Eugène de Mazenod (1782-1861)
Évêque de Marseille, fondateur de la congrégation des 
Oblats de Marie Immaculée
PhotoCHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD vit le jour dans un monde en pleine et rapide évolution. Né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le premier août 1782, il paraissait assuré d’une brillante carrière et d’une certaine aisance de par sa famille qui était de la petite noblesse. Les bouleversements de la révolution française allaient changer cela pour toujours. Eugène n’avait encore que huit ans quand sa famille dut fuir la France en abandonnant ses biens derrière elle. La famille commençait alors un long et pénible exil qui allait durer onze ans.Les années en ItalieLa famille de Mazenod, partit en exil en Italie, passant d’une cité à une autre. Le père, qui avait été Président de chambre au Parlement d’Aix, fut contraint de s’adonner au commerce pour faire vivre sa famille. Il se montra si peu habile en affaire qu’au bout de quelques années sa famille était proche de la détresse. Eugène étudia quelque peu au Collège des Nobles à Turin mais l’obligation de partir pour Venise allait marquer pour lui la fin d’une fréquentation scolaire normale. Un prêtre, Don Bartolo Zinelli, qui était proche de la famille de Mazenod, entreprit de travailler à la formation du jeune émigré. Don Bartolo donna à Eugène une éducation fondamentale imprégnée du sens de Dieu et du désir d’une vie de piété qui devaient l’accompagner pour toujours malgré les hauts et les bas de son existence. Un nouveau déplacement, vers Naples cette fois, engendra une période d’ennui doublée d’un sentiment d’impuissance. La famille changea de nouveau, et cette fois se rendit à Palerme, où grâce à la bonté du Duc et de la Duchesse de Cannizzaro, Eugène goûta pour la première fois à la vie de la noblesse qu’il trouva agréable. Il prit le titre de « Comte de Mazenod », s’initia aux habitudes de cour et se mit à rêver à un brillant avenir.Le retour en France: la PrêtriseEn 1802, à l’âge de 20 ans, Eugène put retourner dans son pays. Tous ses rêves et ses illusions s’évanouirent rapidement. Il n’était que le « Citoyen » Mazenod. La France avait beaucoup changé. Ses parents s’étaient séparés. Sa mère essaya de récupérer le patrimoine familial. Elle était aussi très préoccupée de marier Eugène à une plus riche héritière. Il devint pessimiste face à l’avenir qui s’offrait à lui. Mais son souci spontané des autres, joint à la foi qu’il avait développée à Venise commencèrent à s’affirmer. Il fut profondément peiné par la situation désastreuse de l’Église de France qui avait été provoquée, attaquée et décimée par la révolution. L’appel au sacerdoce commença à se manifester en lui et Eugène répondit à cet appel. En dépit de l’opposition de sa mère, il entra au Séminaire Saint-Sulpice à Paris et le 21 décembre 1811 il fut ordonné prêtre à Amiens.Les engagements apostoliques: Oblats de Marie ImmaculéeRevenant à Aix-en-Provence, il ne prit pas la charge d’une paroisse, mais commença à exercer son ministère en se souciant tout spécialement d’aider spirituellement les plus pauvres: les prisonniers, les jeunes, les employés, les gens des campagnes. Souvent, Eugène fut en butte à l’opposition du clergé local. Mais bientôt il trouva d’autres prêtres également remplis de zèle et prêts à sortir des sentiers battus. Eugène et ses compagnons prêchèrent en provençal, le langage courant chez leurs auditeurs et non dans le français des gens instruits. Ils allaient de village en village enseignant le « petit peuple » et passant de longues heures au confessionnal. Entre ces « missions paroissiales », le groupe se retrouvait pour une intense vie communautaire de prière, d’étude et de fraternité. Ils s’appelaient « Les Missionnaires de Provence ». Pour assurer la continuité de l’Âœuvre, Eugène entreprit une démarche audacieuse, celle d’en appeler au Saint-Père et de lui demander que son groupe soit reconnu comme congrégation de droit pontifical.Sa foi et sa persévérance portèrent des fruits et c’est ainsi que le 17 février 1826, le Pape Léon XII approuvait la nouvelle congrégation sous le nom d' »Oblats de Marie Immaculée ». Eugène fut élu supérieur général et il continua d’inspirer et de guider ses membres pendant 35 ans encore, jusqu’à sa mort. Le nombre des oeuvres allait croissant: prédications, confessions, ministère auprès des jeunes, responsabilité de sanctuaires marials, visites de prisons, directions de séminaires, charges de paroisses. Dans leur accomplissement, Eugène insista toujours sur la nécessité d’une profonde formation spirituelle et d’une vie communautaire intense. Il aimait Jésus Christ avec passion et il était toujours prêt à assumer un nouvel engagement s’il y voyait une réponse aux besoins de l’Église. La « gloire de Dieu, le bien de l’Église et la sanctification des âmes » étaient à la source de son dynamisme intérieur.Évêque de MarseilleLe diocèse de Marseille avait été supprimé après le Concordat de 1802. Quand il fut rétabli, c’est le vieil oncle d’Eugène, le chanoine Fortuné de Mazenod, qui y fut nommé évêque. Aussitôt, le nouvel évêque appela Eugène comme vicaire général et c’est ainsi que le chantier immense de la reconstruction du diocèse lui incomba. Après quelques années, en 1832, Eugène lui-même, fut nommé évêque auxiliaire de son oncle. Son ordination épiscopale eut lieu à Rome. Ce fut considère comme un défi au gouvernement français qui prétendait avoir le droit de confirmer de telles nominations. Il s’en suivit une bataille diplomatique serrée. Eugène en fut le centre: accusations, incompréhensions, menaces et récriminations. Ce fut une période douloureuse pour lui, douleur accrue encore par les difficultés croissantes de sa propre famille religieuse.Cependant, il garda fermement le cap et finalement les affaires s’apaisèrent. Cinq ans plus tard, quand son Oncle se retira, il fut nommé évêque de Marseille.Un coeur grand comme le mondeBien qu’il ait fondé les Oblats de Marie Immaculée pour apporter d’abord les services de la foi aux pauvres des campagnes de France, le zèle d’Eugène pour le Royaume de Dieu et son amour pour l’Église amenèrent les Oblats à la pointe de l’apostolat missionnaire. Ceux-ci s’installèrent en Suisse, en Angleterre et en Irlande. En raison de son zèle, Eugène fut regardé comme un « second Saint Paul ». Des évêques missionnaires vinrent lui demander d’envoyer des Oblats dans leur champ apostolique en expansion. Malgré le petit nombre des membres de son Institut, Eugène répondit généreusement. Il envoya ses hommes au Canada, aux Etats-Unis, à Ceylan (Sri Lanka), en Afrique du Sud et au Basutoland (Lesotho). Missionnaires à sa manière, ils se répandirent en prêchant, baptisant, apportant à tous leur soutien. Fréquemment, ils s’installèrent dans des terres ignorées, établirent et dirigèrent de nouveaux diocèses et de multiples façons ils « osèrent tout, pour faire avancer le Règne de Dieu ». Pendant les années qui suivirent, l’élan missionnaire s’est poursuivi de sorte qu’aujourd’hui l’esprit d’Eugène de Mazenod est bien vivant dans 68 pays.Pasteur de son DiocèseDans ce bouillonnement d’activités missionnaires, Eugène se révélait comme l’éminent pasteur du Diocèse de Marseille. Il assurait la meilleure formation à ses prêtres, établissait de nouvelles paroisses, construisait une nouvelle cathédrale ainsi que, dominant la ville, la spectaculaire basilique de Notre-Dame-de-la-Garde. II encourageait ses prêtres à devenir des saints, invitait un grand nombre de communautés religieuses à travailler dans son diocèse et prenait la tête de l’ensemble des évêques français pour appuyer le Pape dans ses droits. Il devint une figure reconnue de l’Église de France. En 1856, Napoléon III le nommait sénateur, et à sa mort il était le doyen des évêques de France.L’héritage d’un saint. Le 21 mai 1861 Eugène de Mazenod retournait vers Dieu à l’âge de 79 ans. Ainsi se terminait une vie riche de réalisations dont plusieurs avaient été portées dans la souffrance. Pour sa famille religieuse et pour son diocèse, il avait été à la fois point d’appui et inspiration, pour Dieu et l’Église, il avait été un fils fidèle et généreux. Au moment de sa mort, il laissa une ultime recommandation: « Entre vous, pratiquez bien la charité! La charité, la charité et dans le monde, le zèle pour le salut des âmes ». L’Église en le déclarant « Saint » le 3 décembre 1995, met en valeur ces deux traits de sa vie: l’amour et le zèle. Sa vie et ses oeuvres demeurent pour tous une ouverture sur le mystère de Dieu lui-même. Ceci est le plus grand don qu’Eugène de Mazenod, Oblat de Marie Immaculée, puisse nous offrir.

Pour ne sortir qu’à moitié du sujet, nous avons eu si l’on peut dire également, une « bienheureuse » qui est passée à Fuveau, eh oui ! La bienheureuse sœur Marie de Jésus DELUIL MARTINY, née à Marseille en 1841, fondatrice de la Sociète des Filles du Cœur de Jésus a été nourrie dans sa plus tendre enfance à Fuveau par une nourrice fuvelaine et béatifiée en 1989 par Jean-Paul II.  
Les nourrices étaient une spécialité fuvelaine dans les siècles passés.

Archéologie de proximité.

Lors de tous récents travaux de consolidation des voûtes situées au-dessous du monument aux Morts, derrière l’actuel mur de soutènement, nous est apparu l’ancien cimetière qui peut selon toute vraisemblance être daté du dix-huitième siècle à l’époque où le cimetière situé auparavant autour de la chapelle Saint-Michel a été transféré sous les murs du village. Avant que ce pan de mur historique ne retourne dans l’oubli, pour la mémoire, nous l’avons fixé sur la pellicule à toutes fins utiles.
Un petit rappel historique au passage sur l’actuelle Place du Souvenir Français dite couramment place du Monument aux Morts. Après l’interdiction d’utiliser comme cimetière les abords de la chapelle Saint-Michel, celui-ci fut transféré là en 1748 et c’est presque un siècle plus tard en 1837 qu’il trouva son emplacement définitif au quartier Montplaisir dit maintenant La Calade et la place qui fut aménagée prit le nom de Place Neuve.

Bernard Garin archevêque d’Arles

C’est un personnage historique de Fuveau dont la mémoire est honorée plusieurs fois quotidiennement, à Arles. Comment entendre parler de lui ? Il suffit de suivre la visite guidée de l »église Saint-Trophime et on peut y apprendre qu’il fut longtemps archevêque de la florissante cité jusqu’en 1138 après avoir été abbé de Saint-Victor. De lui non plus, aucune rue du village ne rappelle le souvenir.    

Bernard Garin (? – † le 2 mars 1138), dit également Bernard Guérin, fut abbé de Saint-Victor (11271129), archevêque d’Arles (août 1129 – † le 2 mars 1138) et légat du pape.

Biographie

Bernard Garin est abbé de l’abbaye marseillaise Saint-Victor entre 1127 et 1129 avant d’être promu archevêque d’Arles en août 1129. Un de ses premiers actes est de confirmer le 29 octobre 1129 la donation de l’église de Saint-Thomas de Trinquetaille aux Hospitaliers. Sous son archiépiscopat se produit un évènement majeur de l’histoire d’Arles  : la création en 1131 du consulat, début discret du processus d’émancipation communale, qui jusqu’en 1251 va dominer le destin de la cité.

Programme de l’opérette Comme la lune

Vincent Flo

donnée à Fuveau le 05 juillet 1953,

Un trésor des archives fuvelaines récentes

Des pubs de commerçants aixois ayant une attache familiale ou commerciale à Fuveau.

Des pubs de commerçants de Fuveau et Vincent Flo en tenue.

Le programme proprement dit. Tous les intervenants sont fuvelains.

MARTHE ERBOY = Marthe Boyer
JOSY RUTTY =Josiane Cerutti, épouse Colombier
LOUIS GLIARD = Louis Pagliardini
DENISE TALIS = Denise Vitalis,épouse de Joseph
GABY GIRD = Gabriel Giraud
MARCEL VARD = Marcel Véra
RADI MINI = Jean SERADIMIGNI

Des pubs de commerçants de Fuveau ou d’Aix

Le mot sponsor n’était pas en usage mais les pubs plus faciles à obtenir.

Vincent FLO

Quand aurons-nous, une rue, des escaliers ou une salle Vincent Flo ?

Oui, ça y est ! C’est fait !  La partie de la D46 qui en dépit de toutes les constructions qui la bordent  n’avait pas de nom et que les vieux autochtones appelaient le « Tour des Frères » est depuis mars 2019 l’avenue Vincent Flo. Il était temps. Une petite cérémonie d’inauguration eût peut-être été de rigueur mais le principal est acquis. Bonheur pour le facteur, les riverains auront un numéro!

Voici le plus célèbre des disciples de Thalie fuvelain. Homme de théâtre connu dans l’entre-deux-guerres, époque qui l’a mené sur toutes les planches de l’hexagone, en particulier avec Marcel Merkes et Paulette Merval, il a  vu sa carrière brisée par l’occupation. Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo est revenu dans son village avec une passion intacte qui l’a poussé quasiment jusqu’à la fin de ses jours à monter des pièces, écrire des poèmes toujours dans un genre comique et remettre en selle la Pastorale en utilisant le plus souvent les structures du cercle Saint-Michel, seule  salle de théâtre du village à l’époque. 

En tenue de scène dans « Comme la lune ».

Ici avec le populaire Zè Vottero sur la scène du cercle Saint-Michel.

En 1947, il écrit Hyppolite et compagnie, une opérette qui sera jouée 10 fois entre juin et septembre de la même année à Saint-Savournin, Fuveau, Trets, Auriol, Gréasque, Mimet, Les Milles, Rousset et deux ans plus tard au théâtre d’Aix et à la salle Mazenod à Marseille. Succès ensuite avec Réséda, Le gang des trottinettes noires en 1950, Comme la lune en 51, Les tribulations de Cabasson en 1952, Les Bijoux de l’abbé Grégoire en 54 et Feux Fu-Fu début 55. Il monte l’opérette Les Cloches de Corneville au printemps 55 mais, pour des problèmes de « droits » celle-ci ne put se jouer, par dépit, il montera un pastiche : Les cornes de Clocheville.

Chemin de Villaret

Un Villaret, avec un L ou deux, est à l’origine un petit village. Si aucune commune ne porte ce nom en France, les hameaux et les quartiers de ce nom sont légion.

Pour le chemin qui nous concerne, il a été ainsi nommé car il menait vers les vignes de Vilaret,de son prénom, Silvy, de son nom. Ce brave employé de la SNCF avait reçu ce prénom original car un de ses oncles alors marin, avait trouvé la mort lorsque le bateau sur lequel il servait la France avait été coulé : ledit bateau était le VILARET.

Une autre fuvelaine avait si l’on peut dire subi le même sort , il s’agit de Senones ETIENNE, décédée au début 2006, dont un parent avait été tué lors de la bataille de Senones, un charmant village forestier des Vosges mais aucune rue ne rappelle à ce jour le nom de cette dame qui était la nièce du peintre Barthélémy Niollon.

A partir du quartier du Vallon, le chemin de Villaret monte vers les Escassades.

Port minéralier de Caronte état actuel

VERMINCK

Voici quatre photos prises en août 2011 qui montrent l’état actuel de ce qui fut le port minéralier de Caronte au temps où il était essentiellement occupé par les entrepots et les quais de déchargement des Etablissements Verminck.

Cette friche industrielle, c’était les bureaux de Croix-Sainte, centre névralgique de l’Entreprise ! Pour qui voudrait les retrouver, il faut suivre dans Martigues la direction Port Minéralier de Caronte, actuellement c’est un coin de pêche très prisé.

Charles-Auguste Joseph Verminck 

Charles Auguste Joseph Verminck né à Fuveau le 21/04/1827, est le fils d’un instituteur belge de Poperingue venu enseigner au village. C’est à dix-huit ans qu’il part au Libéria, au Sierra-Leone et en Côte-d’Ivoire  pour y fonder des comptoirs commerciaux. Retour à Marseille, il fonde la compagnie du Sénégal et de la Côte d’Afrique devenue plus tard  la CFAO, Compagnie Française de l’Afrique Occidentale dont sont issues la plupart des Compagnies de navigation marseillaises actuelles. Fondateur de nombreux comptoirs au Congo, ses envoyés dont l’intrépide Marius MOUSTIER dit Loni furent à l’origine de la découverte des sources du Niger que Stanley s’attribua par tromperie. Il est aussi le fondateur d’une association de Bienfaisance : La Bouchée de Pain.   Généreux donateur pour l’Eglise, c’est à lui qu’elle doit, entre autres, l’immense tableau représentant saint Charles Borromée et autres vitraux et orgues. Il était surnommé le Crocodile dans le milieu des affaires.  La statue de son père qui se trouvait au Château de Calissane orne maintenant  la place éponyme devant l’église. Anecdote : au cas où cette statue serait enlevée, les descendants de la famille Verminck redeviendraient propriétaires de ladite place. Une enquête effectuée à Poperingue m’a permis de savoir qu’il n’y a plus de descendants de cette famille dans ce bourg. Il est mort subitement dans son bureau le 13 décembre 1911. Le détail de ses innombrables activités commerciales nous est narré dans la publication de Guy Graveleau  » Chroniques et faits divers d’autrefois » à consulter à la bibliothèque municipale.

Une vue générale des usines de Croix-Sainte

Une vue du quai d’embarquement des Etablissement Verminck à Croix-Sainte près de Martigues.

Vues de l’usine côté est.

Et même dans la dite usine un générateur d’électricité qui lui était propre !

La salle des mises de la savonnerie.

Le quai d’embarquement ferroviaire.

Les bureaux

Le siège social à Marseille.

Et voici une action qui n’a de valeur que sentimentale

Et un cargo d’huile : La Délicieuse au départ .

Les sites internet et livres qui nous parlent de la vie et de l’oeuvre de Charles Auguste Verminck sont légion. Le dernier qui vient de sortir dû à la Canadienne Eileen Reid March nous informe de la construction de deux trois-mâts-barques construits au Canada : le Progrès et le Charles Verminck.

Voici une trouvaille récente due à Joël Honorat : une carte postale des Cités Verminck à Croix-Sainte, quartier de Martigues.

Attention : Ne pas confondre Charles Auguste Joseph avec son père Charles Joseph. La photo du portrait de Charles Auguste Joseph VERMINCK m’a été aimablement fournie par Monsieur ROSSI, descendant de Charles Joseph.

Voilà ci-dessous un document marquant le souvenir du château de Calissane sur la commune de La-Fare-les-Oliviers, propriété de Charles Verminck jusqu’en 1902. C’est  cette année-là qu’il l’a vendu et à fait transférer la statue sur la place éponyme de Fuveau. Ce menu a été offert aux « Enfants de Fuveau », association fondée par Verminck lui-même et qui regroupait tous ceux qui travaillaient à Marseille (en particulier chez lui) et étaient d’origine fuvelaine.

Charles Joseph VERMINCK

Sur cette carte postale colorisée de 1908, voici l’église et la statue en bronze de Charles Verminck qui lui fait face.
Hormis les statues à caractère religieux et le petit buste de Leydet sur la fontaine du Cours, c’est bien le seul personnage statufié du village.
Un belge statufié à Fuveau ! Ceci mérite quelques explications historiques.

Charles Joseph VERMINCK est né le 17 octobre 1799 à Poperinge en Belgique, gros bourg proche de la frontière française. On trouve également les graphies Poperingue et Poperinghe.

Orphelin à l’âge de cinq ans, il est élevé par le prêtre du lieu et ne connaît que la langue flamande. Il apprend la musique et l’orgue en particulier. Décidé à préparer la prêtrise il se retrouve d’abord en Picardie chez les trappistes puis à Mortagne dans l’Orne où il perfectionne ses connaissances en français et en latin. Une rencontre avec des Frères Gris, le mène vers Montrouge près de Paris où cette communauté a un couvent et dans la continuité, il se retrouve à Luynes près d’Aix-en- Provence où la dite communauté possède également un monastère. Le quartier des Frères Gris existe toujours entre Luynes et Aix. Il pose pied en Provence le 28 avril 1817. Il se sent plus attiré vers l’enseignement que vers le sacerdoce et parvient à obtenir d’enseigner dans quelques familles de Fuveau grâce à l’abbé Eymeric alors curé de la paroisse. Il obtient un tel succès que le 20 février 1824, il parvient à ouvrir la première école du village dans l’ancien château des Peysonnel, actuel Cercle Saint- Michel et à cette occasion il s’installe à Fuveau dans la rue des Lices actuelle rue Barthélémy Niollon. Il achète même une partie du Château pour prendre des élèves en pension et donne des cours du soir aux adultes. Il ne tarde pas à trouver l’âme sœur en la personne de Magdeleine Virginie BLANC née à Fuveau le 25 mars 1806 qu’il épouse le 21 novembre 1825. Elle lui donnera 13 enfants tous nés à Fuveau.

Charles Auguste Joseph né le 21 04 1827, armateur et bienfaiteur du village qui commanda la statue de son père.

Joseph Alexandre né le 30 09 1828

François Marius Frédéric né le 01 03 1830

Henriette Appolonie Magdeleine née le 10 03 1832

Joséphine Caroline née le 12 01 1834

Julienne Caroline Joseph née le 19 01 1836

Louis Charles Joseph né le 09 03 1837

Michel Marius Joseph né le 29 04 1838 

Victorine Jéromine Joséphine née le 30 04 1840

Félicie Appolonie Alexandrine née le 20 11 1842

Rose Henriette née le 23 12 1843

Marie Michèle Joséphine née le 05 03 1846

Casimir Marius Charles né le 15 03 1848

Malheureusement il perd son épouse le 17 12 1849 mais son action pour l’enseignement de la jeunesse du village continue au moins jusqu’en 1860 quoique d’autres écoles se soient ouvertes entre-temps.

Il meurt chez son fils aîné à Marseille le 01 mars 1880. Ce dernier commande alors la statue de bronze que nous connaissons pour la mettre d’abord devant son château à Calissane près de La Fare-les-Oliviers mais sur la commune de Lançon. Lors de la vente dudit château en 1902, il la fait transporter pour orner la place de l’église devenue à cette occasion place Verminck.

La statue de Charles Verminck dans son emplacement originel au château de Calissane

Nouvelle de mai 2003 : les hasards de la vie et les nécessités du travail ont conduit un descendant de notre illustre instituteur à s’installer tout récemment au village.

NB: d’autres vieilles photos de la statue de Verminck sont dans la page  » encore des cartes postales »

Chemin de la Tuilière

Le chemin de la Tuilière se trouve sur la portion de route qui provisoirement  rejoint le hameau de La Barque au CD6 en direction de Gardanne, effectivement, la campagne qui se trouve au bout du chemin est bien la campagne « La Tuilière » et ce depuis toujours. Ceci nous amène à une hypothèse qui ferait   penser que le nom de ce chemin évoque une page particulièrement ancienne de notre terroir, à méditer après un clic sur ce lien 

Eh oui, l’ancienne tuilière redécouverte relativement récemment a vraisemblablement donné son nom à ce chemin et à cette campagne. Ceci n’est certes qu’une supposition mais elle est bien jolie !

Chemin de Tratra

Au dix-neuvième siècle, le dernier seigneur de la Grand’Bastide, le sieur Menut de la Verdière, héritier par sa mère née de Boutassy de la partie ouest du domaine de Château-l’Arc qui s’étendait jusqu’à la Grand’Bastide, a considérablement diminué son patrimoine en vendant de fertiles parcelles de terres agricoles. Sur l’une d’elles, un certain Joseph Policarpe Barthélémy dit Tratra, peut-être parce qu’il faisait « beaucoup d’embarras », construisit une petite ferme. Celle-ci est depuis longtemps devenue habitation mais le nom du lieu est resté et tout récemment, la propriété Tratra à donné son nom au chemin qui y conduit et qui dessert d’autres habitations toutes relativement récentes.

Voici, tirée de l’éphéméride d’un parent de son épouse une preuve de l’existence dudit Tratra né le 26/01/1811 à Fuveau et marié le 08/10/1836 à Marie Virginie Barthélémy dite Nini de Vive. 

Impasse de la Taize

Devant la prolifération des constructions le long du chemin de Masse, il est devenu indispensable de créer de nouveaux noms de voies et cette tâche a été réalisée avec goût. L’impasse de la Taize, le chemin des Clapiers méritent une explication intéréssante.

La teso, c’est la résine en provençal et cela peut nous mener sur une fausse piste, celle des résiniers qui sévissaient aussi dans ce quartier. Le dernier résinier de Fuveau était Monsieur Pougnasse, il travaillait avec un Négrélien, Monsieur Tauziat dont l’épouse tenait le café de Chateauneuf-le-Rouge.

Il nous faut rapprocher le mot du verbe provençal tésa, tendre. Une taize était en fait une tenderie, filet destiné à capturer les oiseau dans les passages encaissés ce qui est le cas ici. Nous avons eu confirmation de cette hypothèse à La-Fare-les-Oliviers où l’on trouve le chemin des Taizes, une voie aussi encaissée qui descend vers l’Arc. Et pourquoi un ruisseau où une rue ne porterait pas le nom d’un piège ? Quand on pense qu’à Luynes on trouve le quartier du Quatre-de-Chiffre !

Pour mieux situer ce ruisseau de la Taize, c’est celui qui passe sous le petit pont en bas de l’avenue Alexandre Philip et termine, maintenant souterrainement sa course au niveau du terrain de basket juste en amont de la source de Trente-Gouttes.

Chemin de Tachou

Prenez le chemin de la Galère pour une balade dans la relative tranquillité des collines et à cinq cents mètres, vous rencontrerez le chemin de Tachou qui vous permettra de revenir au village toujours dans la quiétude. Encore un chemin qui rappelle le surnom d’un propriétaire riverain. Une « tacho » en provençal, c’est le clou qui tenait le fer des godillots des galapiats de l’époque, en français, une broquette ou une caboche. Il faut préciser que pendant toute une première  moitié  du siècle dernier, le pégot, le cordonnier du village, avait la louable habitude de reclouer gratuitement les fers aux enfants qui les perdaient.

Rue Marc Scudo

Rue Marc Scudo, un adresse bien connue au village puisqu’elle dessert l’école Sainte-Marie, le Pôle Culturel Jean Bonfillon avec la Bibliothèque et l’Ecole de Musique mais aussi la Maison pour Tous Eugène Long.
Cette artère inaugurée en 1990 commémore le souvenir de l’adjudant Scudo qui avait fondé le centre de secours de Fuveau. Précisons qu’auparavant, cet établissement dont les dimensions étaient plus modestes se situait dans la traverse du Riéret, il est maintenant tranformé en immeuble d’habitation.

Les Sauvaires

Par son étendue, le quartier des Sauvaires est l’un des plus importants de Fuveau, c’est aussi le plus excentré puisqu’il touche aux confins de Meyreuil et de Gardanne, ces deux communes se partageant sa desserte postale. Il est traversé par la Route des Sauvaires, une appellation récente car il y a peu, c’était le Chemin des Sauvaires qui menait jusqu’à un modeste hameau familial. On ne trouve plus ce patronyme sur Fuveau, quelques descendants se sont fixés entre autres sur Meyreuil et Gardanne.
Le nom de Sauvaire a une belle origine, comme Salvaire c’est un dérivé de Sauveur. Pour une étude historique détaillée sur Les Sauvaire, il y a lieu de consulter le livre de l’abbé Chaillan « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » page 101 et suivantes.

Chemin et lotissement de la Roucaoudo

Le chemin de la Roucaoudo part du chemin des Pradels et s’enfonce dans la colline vers le nord en direction du lotissement de la Roucaoudo sans l’atteindre toutefois puisque obstrué par des propriétés privées. Dans son livre Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle, Michel Colon nous donne l’origine de ce nom  au chapitre 1 titre 4 : la roco caudo, le rocher chaud particulièrement bien exposé au sud par opposition à la roco auto, le rocher haut, colline où est bâti le vieux village, voire la roco Martino, Roque Martine, le rocher de Martin sur la route de Chateauneuf. Martino est un nom de famille d’origine povençale francisé en Martine.

Chemin de la Roque Martine

Un chemin qui est certes une appellation récente mais un nom de quartier qui, lui, est nettement plus ancien. Cette petite éminence de la Roque Martine est un quartier enserré entre le Cros du Pont, le Vallon et les Escassades. Ses dimensions étaient trop exiguës pour que ce quartier figure sur des cartes mais on retrouve son existence sur certains actes au moins au dix-neuvième siècle. Ce n’était qu’un rocher inculte mais au côté des Roque Haute et Roque Caudo, chaude, ce n’était qu’un rocher de plus dans la clique des rochers fuvelains. Une carrière de pierres y était d’ailleurs exploitée voici un siècle comme le prouve la carte postale ci-dessous.
La Roco Martino était donc le rocher de Martin. Le nom de famille Martin, Martino en provençal.

Amalgame à faire ?

Ci-dessous voici le plus grand dolmen du sud de la France, il se trouve à Livernon dans le Lot, c’est le dolmen de la Pierre Martine. Qu’en pensez-vous ?

Les Rajols et la Rimado

 Qui a connu ce qui était le plus grand quartier de la commune et qui le voit maintenant ? Un quartier de collines qui fut longtemps le paradis des chasseurs tant Fuvelains que Belcodénois est maintenant, un entrelacs de chemins desservant des propriétés bâties avec ou sans goût et solidement clôturées.
   Le chemin des Rajols partait de la route de Belcodène (Le panneau indiquant le quartier des Rajols est toujours en place) et il rejoignait la route des Michels qu’il traversait pour se prolonger jusqu’aux Longs Cols.
   La situation a changé, Ah ! La Fontaine, « Jean Lapin allégua la coutume et l’usage ». Ah ! Jiget le bègue et simple d’esprit dans la pastorale Maurel « Sabi l’us », vous êtes un peu oubliés. Les propriétaires riverains n’écoutant que leur droit que l’on ne saurait mettre en cause ont coupé ce chemin pour le transformer en plusieurs impasses ce qui pourrait peut-être un jour être grave de conséquences en cas d’incendie. Curieusement la partie du chemin des Rajols partant en direction du nord à partir de la route des Michels s’appelle maintenant impasse de la Rimado, la trop bien nommée, car la rimado, en provençal, c’est à la fois le brulage et les dégâts et restes consécutifs à celui-ci…. sans parler du sens interdit installé  dès l’entrée de ce chemin, en son temps le plus long de la commune en dehors des drailles bien sûr.
   Trêve de polémique inutile. Le but de la rubrique est d’expliquer l’étymologie ou plutôt l’origine du nom des Rajols. Les rajols, c’est l’endroit par lequel l’eau coule (du provençal « raja », couler),  ce qui nous laisse supposer que l’on devait y trouver de nombreuses sources, ce qui n’a rien de surprenant car on en trouvait pratiquement dans tous les quartiers de la commune. Cette appellation de Rajols se retrouve très fréquemment dans tout le grand sud de la France.

Paul Prieur

Les joueurs qui évoluent cette saison sur le stade de foot ignorent vraisemblablement pourquoi il a été baptisé ainsi bien que les tristes circonstances qui en ont fait le Stade Paul Prieur fassent partie d’un passé relativement proche.
Né en 1912, Paul était le fils d’un fromager des Alpes qui avait épousé une fuvelaine et s’était fixé au village. Après avoir fait un certain temps sa tournée « avec la brouette », celui-ci avait étendu son commerce jusqu’à desservir toute la région et devenir un commerçant aisé. N’avait-il pas acheté la voiture du docteur Barthélémy ?
Paul, fils unique et enfant gâté, fut l’un des premiers à pouvoir aller se baigner à l’Arc en vélo. Il n’eut aucune peine dans ses études à l’école de Monsieur Rabasse et plus tard dans le secondaire ce qui ne l’empêchait pas d’être un bon vivant comme nous le rappelaient ses amis qui l’ont bien connu et de participer à des « parties de cabanon sanglantes » comme savaient le faire certains jeunes du village.
Quelque temps après la première guerre s’était montée l’équipe de foot du village, le Joyeux Sport Fuvelain,  composé pour mémoire de : NOZIGLIA dit Chinchet, goal. Henri RICHAUD, Lazare CHAYNE, arrières. Maurice ETIENNE, René REY, Marcel REY, demis.   Pierre GRAND et Kléber PECOL, inters. BOYER et Daniel OLIVE ailiers. Avant-centre Daniel LAFOY. Quelque temps plus tard, les THEAGNO, Jean TRINCI, Camille BOURELLY, Jean GIRAUD puis Paul PRIEUR étaient venu remplacer ceux qui prenaient de l’âge.
Travaillant avec son père, Paul pouvait trouver le temps de sacrifier à une autre passion : l’aviation. Il venait d’obtenir son brevet de pilote civil à Istres lorsque le 15 mai 1936 il entra en collision avec un avion militaire au-dessus de Marignane. Il avait 24 ans.
Une foule l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure, une remarquable tombe de marbre noir à gauche en rentrant dans le cimetière. C’est à ce moment que le stade qui n’avait pas de nom devint le stade Paul PRIEUR.

Paul PRIEUR en cache-nez au cabanon avec ses amis, Fortuné ROUBAUD, Jean NEGREL et Jean RICHIER, affalé.

Rue du Pont

Ci-dessous, la rue du Pont qui a perdu son caractère champêtre pour devenir une rue encaissée et triste joignant l’avenue Alexandre Philip, maire au milieu du siécle dernier, à la rue du chanoine M-J MOISAN. Le petit pont qui a donné son nom à la rue surplombait un ruisseau : le Riéret. Aujourd’hui il ne coule pratiquement plus, son lit sert surtout de dégagement des eaux lors de fortes précipitations pour aboutir au niveau du stade Georges Martin et se jeter dans le Grand Vallat.

Cette carte est due encore à l’éditeur Lacour.

Chemin du Pin de saint Francet

Que de beaux souvenirs des années 50 lorsque les instits du village menaient leur classe en promenade dans la colline   Saint-Francet. Quelques années plus tard, une bonne connaissance des lieux permettait aux chenapans du village de chasser au nid agassons et écureuils. Ores, les constructions ont pris le pas sur les argelas, les pins et les chênes verts, reste un nom bien rare et original, Saint-Francet.
Ce prénom n’était pas en usage, c’était seulement un diminutif donné à certains François. Seul un Francet est resté dans les mémoires, Francet Mamaï, le joueur de fifre qui a inspiré l’histoire de maître Cornille à Alphonse Daudet. Par contre, Fuveau n’est pas le seul village où l’hypothétique saint Francet avait cours, puisque du coté d’Auriol ainsi qu’à Manosque ont trouvait un quartier Saint-Francet. Il est fort plaisant que le nom perdure pour ce chemin qui part au niveau du rond-point du pont des Frères, face au terrain de basket. Certains riverains ont créé de toutes pièces un chemin de saint-François ce qui a, en son temps, engendré quelques querelles de clocher dans lesquelles nous n’entrerons point.

Le maquisard : Louis Pécol

Nous avons tenu à faire figurer parmi les personnages qui ont marqué le village, le seul Fuvelain qui ait pris le maquis durant la période de l’occupation, c’est Louis Pécol. Envoyé d’office en camp de jeunesse à l’âge de vingt ans, d’abord dans le Jura puis à Gonfaron dans le Var, il a été embarqué d’office dans un train à destination de l’Allemagne. Sentant le danger, il a sauté de celui-ci à l’occasion d’un arrêt à Lyon pour prendre le maquis en compagnie de deux camarades du coté de La Lance, Nyons et La-Motte-Chalençon dans la Drôme provençale et le Vercors. Il y passera quatorze mois sous le nom de Roméo (son deuxième prénom) Vernet (nom d’un cousin) soi-disant né à Luynes et domicilié à Bourdeau. À son retour, après la libération, Fuveau et son maire, Alexandre Philip, ont su dignement l’accueillir et il a repris sa vie de mineur. Il s’est éteint le 29 janvier 2005.
Le sous-lieutenant Dufour dit le capitaine Paris a conté les faits d’armes de ce maquis dans un livre intitulé Mémoires de l’ombre aux éditions Scriba de l’Isle-sur-la-Sorgue en mai 1989.
Un certificat particulièrement intéressant relate les actions héroïques de notre compatriote de La Barque.

Ces faits n’enlèvent rien au mérite d’autres héros maquisards Fuvelains : Raymond Mattio, Marcel Giusti et Maurice Digne qui ont passé quelque temps au maquis de la Sine sur la commune de Vauvenargues en 1944.

Impasse du Pastre

Face au stade Paul Prieur se niche le très discret impasse du Pastre qui ne porte pas ce nom par hasard. C’est exactement là que l’un des derniers bergers du village possédait un cabanon et un lopin de terre. André Beltrando dit Lou Pastre, lui-même fils de Mesté Pèire, également berger, veillait jalousement sur sa petite propriété, voisine du stade, ce qui lui avait valu quelques démélés avec le Joyeux Sport Fuvelain avant que des grillages de protection ne soient installés afin d’éviter les arrivées de ballons inopinées sur ses fleurs et parfois sur sa table.

Vietto a « tiré droit »

Le tour de France est souvent passé sur le territoire de la commune et les fuvelains se sont souvent rendus nombreux sur les bas-cotés de l’ex nationale 96 maintenant RD96 pour applaudir les coureurs et tenter de récupérer des babioles publicitaires. En 1947, c’était la dernière participation du célèbre  René Vietto vainqueur du trophée des grimpeurs en 1934. Dans la descente du Pailladou, fatigue ou erreur d’appréciation, dans un virage, il a eu la mauvause idée de garder la droite ligne et s’est retrouvé dans des argelas. A défaut de se piquer volontairement, il n’avait pas cette réputation, il s’est retrouvé piqué sur tout le corps mais a pu rallier le terme de l’étape et même l’arrivée du tour.
Cette anecdote nous a été rapportée par Victor Maméli qui a assisté à la scène.

Impasse du Pailladou

Du Pailladou, il ne reste aujourd’hui que ce modeste impasse mais au départ, c’est le nom que donnaient les Fuvelains à la montée sur le CD96 partant de l’actuel rond-point de l’Europe jusqu’au sommet au niveau du domaine de la Galère. Cette montée du Pailladou était, également appelée « le 15 » puisque le puits de mine numéro 15 ou puits du Rocher Bleu était creusé à proximité.
Au départ, c’était « l’apaiadou » du verbe s’apaiassa en provençal, se jeter sur une paillasse ou sur une litière et c’est de là qu’est dérivé le nom de Pailladou. Nous noterons que la route menant à Gréasque était appelée la montée des Paillasses.

Le quartier et le lotissement l’Ouvière

L’oronge est un champignon plutôt réservé aux connaisseurs, parfaitement comestible il foisonnait dans les collines de Fuveau et surtout de Châteauneuf-le-Rouge. L’ouviero, c’est son nom en provençal et donc rien d’étonnant que ce quartier situé à la sortie du village mais très boisé à une époque ait pris ce nom, on peut supposer que les oronges étaient plus faciles à trouver il fut un temps que maintenant.

Rue Nationale

Gloire à cette rue qui fut longtemps avec 150 mètres environ, la plus longue du Fuveau intra-muros, donc la plus importante artère du village. Son appellation n’a rien de particulièrement intéressant ni original, il faut préciser qu’elle était dénommée rue de Nice avant le dix-neuvième siècle du fait qu’elle était orientée est-ouest, précisément dans la direction de Nice. Plus recherché, est le nom que lui donnaient et donnent encore tous les autochtones : la traverse Roumpe-cuou, casse-cul en français du fait qu’en d nombreux endroits elle était pentue, ombragée et glissante.

Au début de la rue, la vénérable demeure à gauche, actuellement dite maison du Pasteur fut propriété de plusieurs seigneurs secondaires ou notabilités du village.

Ce passage, ouvert au cours du dix-neuvième siècle, marque l’extrémité ouest de la rue, il est  souvent appelé porte de Lenglet du nom d’une famille qui demeurait au-dessus. Noter que l’autre passage que l’on trouve au milieu de cette artère et qui ouvre vers le nord est contemporain de celui-ci.

Vers à soie

Il n’y avait pas que les perles comme travail d’appoint à Fuveau. Parmi ceux-ci, l’élevage des vers à soie était pratiqué dans l’entre-deux-guerres et même jusqu’aux années 50. Sur la photo prise en 1941 à proximité du chemin de la Grand’Bastide, le ramassage quotidien des feuilles de muriers dont ces petites bêtes étaient friandes.

Les vers à soie et les cocons

Parmi ces trieuses de cocons : André Silvy (Roubaud), Mathilde Capus (Nouveau), Anna Roubaud, Marinette Burles (Demonteau), Mimi Rabasse (Moustier), Jeannette Jourdan (Coulomb) et Jean Honorat.

Allée des Mûriers

Les diverses allées, rues ou impasses du thym, du romarin ou autre plante n’ont pas grand intérêt dans cette rubrique. On pourrait croire que ce soit aussi le cas pour l’allée des Mûriers que l’on trouve à mi-chemin entre le pont de chemin de fer et le hameau de La Barque sur la RN 96. Que nenni, ce nom d’allée n’a pas du tout été mis au hasard. Jusque dans les années 50, c’était un chemin de terre et il était effectivement bordé de mûriers dont les riverains venaient prendre les branches ou les feuilles pour nourrir les très voraces élevages de vers à soie qui ne manquaient pas dans la vallée de l’Arc. Cette photo nous montre un élevage à La Barque à la fin des années 30.

Chemin et quartier de la Montjoie

Sur la route de Rousset, au début du siècle dernier, un famille marseillaise ayant quelque attache au village avait fait construire une résidence secondaire. L’emplacement était bien choisi, face à la Sainte-Victoire, avec une belle exposition. Situé à moins d’un kilomètre du village le bâtiment était à l’époque plutôt isolé. Ils avaient eux-mêmes choisi le nom de la maison : La Montjoie ce qui se justifiait pleinement car elle se trouvait sur le tracé d’une ancienne carraîre c’est-à-dire un chemin destiné et troupeaux transhumants le long duquel les montjoies ne manquaint pas. Précisons que ces montjoies étaient des tas de pierres, souvent disposés artistiquement et servaient à baliser les dites carraîres. Les bergers et accompagnateurs de troupeaux avaient pour habitude lorsqu’ils en rencontraient d’ajouter leur pierre à l’édifice.

Ci-dessous la maison, agrandie depuis l’origine, qui portait ce joli nom.

Rue Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944 à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres, ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904 et ne quittera plus sa paroisse.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Dix ans de patronage rural » qui donnent de très précieux renseignements sur la vie de la paroisse et du village en général dans la première moitié du siècle dernier.  Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910. L’abbé Cheilan, de son côté, a publié en 1949 une biographie intitulée « M. le chanoine Marie-Joseph Moisan curé de Fuveau 1865-1944 ». Trés impliqué dans la vie du village où il était particulièrement apprécié, il s’occupait entre autre d’un patronage de garçons très florissant. Pressenti pour être nommé évêque il a toujours refusé pour rester dans sa paroisse comme prêtre puis comme chanoine.


On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes Cougourdié. La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps Chemin d’Aix, elle devint rue Pétain (sic) sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis à nouveau rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Une photo de Marie-Joseph Moisan, avec les élèves du catéchisme et les catéchistes à la Grand’Bastide.

Chemin de Mime

Vers 1868, deux frères, Louis et François Barthélémy bâtissent une ferme à étages sur un terrain acheté quelques années auparavant à Messire Menut, châtelain de La Grand’Bastide. Tout de suite, elle sera baptisée Bastide de Mime qui est le diminutif de Géromine, épouse de François. Depuis un siécle et demi, la bastide n’a jamais changé de nom et il coulait de source que lorsqu’il a fallu donner un nom au chemin y conduisant il ait été ainsi dénommé. Cette histoire est détaillée avec talent dans le livre de Noëlle Faure-Vincent et Jean Bonfillon, Nos racines sont les vôtres.

Impasse de la Micouline

Le chemin de Gréasque à Fuveau se prend à partir de Gréasque sur la route de Gardanne par le chemin du Puits de Coudeil et rejoint la RN96 au niveau de la Bastide de La Bégude. L’impasse de la Micouline marque approximativement la limite entre les deux communes. La Micouline, qu’es aco ? Simplement une petite miche de pain, en provençal, la micolo, joliment francisée avec le diminutif Micouline. Dans notre département en particulier, le patronyme MIcoulin existe, dans ce cas c’est un dérivé du prénom Michel. Le quartier où cet impasse se trouve quartier Madame d’André est une appellation du dix-neuvième siècle mais ce nom de Micouline est tout récent, il fallait bien désigner tous les nouveaux chemins où impasses générés par les constructions nouvelles. Il est vraisemblable que c’est le Vallon de la Micouline dans le onzième arrondissement de Marseille qui à inspiré ce joli nom.

Monsieur et Madame Michel

Un parking à La Barque évoquant le souvenir de deux instituteurs. Peut-être méritaient-ils un prix Nobel de la Paix voire une auréole de bienheureux mais Fuveau a fait ce qu’il a pu en donnant au parking, proche de l’école qu’ils ont tant aimé, le nom cet admirable couple.
Pour éviter trop de débordements d’admiration subjectifs, nous nous contenterons de montrer ci-dessous l’interview paru dans le Troumpetaïre numéro 10 de juin 83. Ils évoquent avec la discrétion qui les caractérisaient une infime partie de leur action et de leur vie consacrée à leurs enfants et à leur école. 

Georges MARTIN

Parmi plusieurs Martin de Fuveau, le plus souvent sans lien de parenté proche, deux ont laissé une empreinte. L’un est l’auteur du bronze représentant Victor Leydet sur la fontaine du cours, l’autre, Georges Martin a laissé son nom au stade de basket de Fuveau.
C’était en fait un aixois puisque né au quartier du Pont-de -‘Arc le 03 avril 1921. Issu de la dernière promotion de l’école normale d’avant-guerre, il est nommé à Fuveau en octobre 1942 mais doit subir les chantiers de jeunesse et deux ans de déportation près de Brunswick. Il reprend son poste en octobre 1945. Généreusement, il met tout de suite en pratique sa vocation d’éducateur. Il relance la société des A.I.L avec Romolo Agostini et Félix Vitalis dit le maréchal. Bientôt il lance le basket et obtient pour le terrain de Trente Gouttes un bail emphytéotique qui permet d’y d’établir le stade de basket actuel. Avec Guérin Marchi, le dernier chef d’orchestre du Cercle Philharmonique, il monte une chorale en son temps florissante. Malheureusement sa santé est altérée par son temps de déportation et il s’éteint en 1963.
La conclusion sera laissée à une infirmière, sœur Saint-Privat qui, elle aussi, a marqué le village dans les années 60 : « S’il était chrétien, ce serait un saint ».

La première équipe de basket de Fuveau avec Georges Martin en numéro 10. Pouvez-vous me dire qui sont les autres ?

Guérin MARCHI

« Le dernier chef d’orchestre » comme l’ont appelé un moment les fuvelains après son décès en 1957. L’avenue qui honore son œuvre et sa mémoire part de la fontaine place Charles de Gaulle en direction de la Bégude. Guérin Marchi fut longtemps le chef d’orchestre et l’âme du Cercle Philharmonique de Fuveau, importante société s’il en est par laquelle passaient tout les jeunes qui ont eu à cette époque une formation musicale.

Boulevard Loubet

C’est dans le cadre des nouvelles dénominations de rues voulues par la municipalité radicale au début du siècle dernier que la plus longue et la plus belle artère de Fuveau a pris son appellation actuelle. Il était normal à ce moment d’honorer le président en fonction d’autant que c’est lui qui avait dirigé le pays pour le passage du dix-neuvième au vingtième siècle et surtout pris la dure succession de Félix Faure mort dans les conditions que l’on sait.   C’est parce qu’il a fortement appuyé la demande du député Leydet  pour que Fuveau obtienne sa gare que le village a donné son nom au plus beau de ses boulevards.

Cliquez sur ce lien pour connaître son histoire  http://www.senat.fr/evenement/archives/loubet.html

Impasse lou Bèn dóu Sóudat

Juste en-dessous du cimetière, lorsqu’on emprunte à gauche en descendant ce joli chemin de terre, on trouve un panneau bien mystérieux pour le profane mais si beau pour l’initié que vous êtes ou que vous allez devenir. Cette impasse qui n’en est pas vraiment une suit le tracé de l’ancienne voie ferrée La Barque-Valdonne.
Traduit littéralement, c’est l’impasse « Le fond de terre du soldat ». Non, vous ne trouverez pas de cimetière militaire en ces lieux. Lou Bèn, c’est le champ ou le fond de terre souvent d’ailleurs francisé en « bien » pour ceux qui mélangent les langages provençaux et français. Quant au « sóudat », il désigne bien le soldat qui en l’occurrence avait été le surnom d’un Vitalis, plus tard surnom de toute une dynastie de Vitalis qu’il fallait bien différencier d’une façon ou d’une autre. Les plus nombreux étaient les Vitalis « dòu Castèu », du château, mais les Sóudat  prononcé et écrit « Sourdat » dans sa forme marseillaise voire « sordat » plus localement, n’avaient rien à leur envier, de plus ils avaient la réputation d’apprécier les plaisirs du palais. 
« A taulo lei Sourdat », à table les Sourdat, était encore il y a peu une expression populaire courante du village. On connaît aussi la devise que s’étaient donnée certains Vitalis : « La table et le reste ». 
Dans ce quartier auparavant tout en restanques, le moindre lopin était cultivé et le nom de l’impasse correspond tout à fait à la réalité historique de notre microcosme villageois.

Tant pis pour les quatre fautes d’accent, une par mot, sur cette plaque néanmoins intéressante.
Le chemin de terre n’existe déjà plus, depuis août 2010 c’est une large voie, et non plus une impasse, qui mène à l’école de la Roque Martine.

Impasse des Lotiers

Ne vous laissez pas abuser par Mappy ou autre carte routière internet, l’impasse des Lotiers n’est pas accessible par la RD96. Pour l’atteindre, il faut prendre le chemin des Mines au niveau du collège et à trois cents mètres à droite on découvre ce modeste impasse bien mal entretenu.
Aucune origine spécifique ou locale et s’agissant d’une plante la recherche n’intéresse pas vraiment cette rubrique, celle-ci étant bien moins connue que le thym ou le romarin nous l’avons incluse ici.

Télégramme de Leydet

Voici le télégramme qui est peut-être le plus important pour l’histoire du village. C’est celui par lequel le sénateur Leydet , d’où le cours Leydet, annonce l’adoption par le Sénat de la ligne de chemin de fer Gardanne-Valdonne en date du 17 juillet 1893. La ligne fut inaugurée neuf ans plus tard. Cependant, le texte de loi rendant « d’utilité publique » la dite ligne, lui, est encore plus ancien !

La gare n’existe plus depuis son remplacement par la fontaine de la Place Charles de Gaulle. C’est l’avenue de Lattre de Tassigny qui suit l’ancien tracé de la voie. Elle arrivait à Fuveau par ce qui est maintenant le chemin « Lou bèn dóu sórdat » et ce jusqu’à l’ancien passage à niveau qui existe toujours juste après les services techniques. La dernière garde-barrière fut Madame Casucci.

Celui-ci de 1897 n’a qu’un intérêt anecdotique amis il nous montre que les administrations faisaient ce qu’elles pouvaient pour aider les mineurs de l’époque.

Cours Victor Leydet

Pour les anciens grecs, c’était l’agora, pour nous c’est le cours, centre de la vie du village, place du marché et lieu de rencontre quotidien pour la discussion des événements. Fallait-il que le personnage dont il porte le nom fût quelqu’un d’important ? Voici résumée l’ascension de cette personnalité.
Né à Aix-en-Provence le 3 juillet 1845 dans une famille d’ouvriers, il est placé très jeune chez un commerçant. Autodidacte, il parvient à se créer une situation enviable dans le commerce des huiles. Il a 25 ans en 1870 lorsqu’il est élu conseiller municipal d’Aix. Un an plus tard, il fonde un journal : Le National. En 1876, il est adjoint et le voilà conseiller général du canton de Peyrolles dès 1880 puis député de la première circonscription d’Aix dont fait partie Fuveau en 1881. Il siège à la gauche radicale. Il est sénateur en 1897, Parlementaire influent, membre du comité national consultatif pour les chemins de fer et les Caisses d’épargne, il intervient pour la loi sur la retraite des vieux travailleurs. Aix lui doit la création de la fabrique d’allumettes maintenant bibliothèque Méjanes et le tribunal des prud’hommes. Il eut deux fils avec lesquels on le confond parfois: Edmond conseiller d’arrondissement d’Aix-Nord et Louis, peintre et ami de Niollon.
Cependant, pourquoi notre cours porte-t-il son nom ? Tout simplement parce que c’est lui qui fit adopter la création de la ligne ferroviaire La Barque-Valdonne et corrélativement la construction de la gare de Fuveau. A cette époque cette réalisation à changé la vie des mineurs et cimentiers du village. Son buste de bronze, dû à l’artiste-fondeur local Martin, orne la fontaine du cours Victor Leydet. Cliquez pour voir le télégramme qui a annoncé la ligne de chemin de fer.

Victor Leydet

Lors de sa visite au village, un pantagruélique repas lui fut offert.

Pour mémoire, la photo de l’inauguration de son buste en bronze dans les années 70.

Et voici Victor Leydet portraituré par un Fuvelain : Barthélémy Niollon

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

Chemin du Guignolet

Aucun rapport avec le Guignol mais précisément avec le guignolet, cet apéritif à base de griottes ou de merises qu’un propriétaire riverain devait particulièrement apprécier dans les anées 30 puisqu’il avait hérité de ce surmom. Même les plus anciens habitants du village ne l’on pas connu mais certains, dont Denise Honorat, se souviennent de son épouse qui lui avait survécu et qui avait hérité du surnom de Guignolette.  A droite en montant l’avenue Alexandre Philip, on peut voir la maison où s’est déroulé pendant l’occupation l’un des plus dramatiques évènements du village : l’arrestation du Docteur Loran et de sa famille et ce en dépit d’efforts importants de plusieurs personnes pour les aider à se cacher. Cet épisode  est conté en cliquant ici.

Chemin du Gros Matièu

Une nouvelle fois, faut-il critiquer nos dévoués cartographes locaux qui apprennent à connaître les sympathiques petits chemins de nos collines mais n’ont une idée que très approximative de la graphie provençale ? Qu’à cela ne tienne ! L’important est de découvrir ce petit coin caché de la commune près du chemin des Mines et d’en découvrir le pourquoi.
Orthographié Matiou sur le panneau, comme ça se prononce, le chemin du Gros Matiéu est une création récente nécessitée par l’urbanisation galopante de nos collines. Quelque part dans les pins, il reste des ruines d’une ancienne bergerie qui appartenait au gros Matthieu, l’un des pâtres vraisemblablement bedonnant du village et le lieu était dénommé « Jas du Gros Matiéu ». L’endroit était connu des chercheurs de champignons.
D’autres « Jas », tous anciens, étaient connus, en particulier le Jas de Bassas qui a donné son nom au quartier éponyme, le Jas de Grenier du coté des Laouvas, le chemin portant ce nom existe, la bergerie de Bégude curieusement flanquée sur l’ancien « Pont des Frères », nous avons aussi le chemin et le quartier du Petit Jas près du cimetière sans oublier la bergerie de la Grand’Bastide tout en-haut de la montée qui part du hameau, d’où le chemin de la Bergerie.

Gousto-Soulet

C’est l’un des quartiers excentrés de Fuveau puisqu’il touche aux confins de Gréasque, Gardanne et Meyreuil. C’est un nom ancien puisqu’il est répertorié sur la carte de Cassini et d’ailleurs écrit Cousto Soulet ! Il pose bien des problèmes orthographiques à sa légion nouveaux résidents qui se posent aussi des questions sur son origine, c’est pourtant bien simple. Un gousto-soulet en provençal est tout simplement un égoïste, ce qui se conçoit aisément car jusqu’aux années 1950, il n’y avait qu’une seule bastide, aujourd’hui fort défigurée par les rénovations, dans ce quartier perdu et il fallait une dose d’égoïsme certaine pour vouloir et pouvoir régner seul sur ce territoire.  

Chemin de La Galère

Voilà le chemin qui vous mène jusques aux confins sud de la commune et précisément au Domaine de la Galère, grande propriété enclose à usage de piste de 4×4 et chasse privée, à cheval sur les territoires de Fuveau et Belcodène.

Voici le détail de la carte de Cassini qui situe le domaine au confins des communes de Fuveau, Gréasque et Belcodène.
La galère, simplement parcequ’au cours des dix-septième et dix-huitième siècles, ce domaine était une étape pour les chaînes de forcats en route vers le bagne de Toulon et les galères. Avant de prendre le nom de « La Galère », le domaine était dénommé les Grands Lauds.
Le chemin de La Galère part du rond-point de la Croix du Goï où se rejoignent aussi le chemin de la Foux,  la route du Stade et le chemin du Goi. Avant d’être plus justement nommé chemin de la Galère, il était appelé route de Nice. Voilà une ville qui devait susciter bien des rêves à Fuveau car, rappelons-le, la principale artère du village, actuelle rue Nationale était nommée rue de Nice.

Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goï, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
Mais la croix du Goï, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goï, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

Chemin de Fine Long

En descendant de Fuveau par la route de Châteauneuf, CD 56A, juste après la route de la Grand’Bastide, toujours à gauche, c’est le Chemin de Fine Long. Certes, il ne dessert qu’une maisonnette qui à une autre époque était le cabanon d’une grand-mère autochtone, Fine Long, vraisemblablement Joséphine. Seulement voilà, son petit-fils, Richier, était très fier du cabanon de son aïeule et le dit petit-fils était relativement connu puisqu’il faisait partie du célèbre orchestre de Ray Ventura. Il n’en fallait pas plus pour que le nom de Fine Long reste dans les mémoires.

Chemin de la Potasse

Le chemin de la Potasse qui est une création récente due à la construction de l’autoroute était auparavant une modeste pente charretière d’une cinquantaine de mètres partant du CD6 jusqu’à l’ancienne usine de fabrication de potasse.
Si actuellement cette voie occasionne force difficultés de droit de passage et autre histoire de clocher, les problèmes étaient bien plus graves voici plus d’un siècle au temps où la fabrique tournait à plein rendement sans aucun respect du voisinage et de la pollution occasionnée.
Les propriétaires avaient installé une prise d’eau sur le Grand Vallat dont voici la photo ci-dessous. Cette usine de fabrication de soude et potasse s’appelait l’usine Saint-Laurent. Elle avait été fondée en 1833 à l’instigation du sieur Menut alors propriétaire de la Grand’Bastide et des terres et domaines aux alentours.

Cette cascade est superbe bien que très difficilement accessible. La prise d’eau installée au-dessus alimentait la fabrique mais les rejets provoquaient une pollution dont se plaignaient tous les riverains et même l’ensemble de la commune. Cette potasse servait à la fabrication de savons et détergents, l’usine n’était en fait qu’une annexe des savonneries de Marseille tout comme la fabrique de cristaux de soude du domaine Saint-Pol.  Ce qu’il reste de cette usine est en état de ruine dans un triste état de délabrement.

La prise d’eau aujourd’hui.

Chemin de la Fabrique

Sur la RD96, juste après La Barque en direction de Toulon, on peut voir à droite un modeste panneau « Chemin de la Fabrique ». De ladite fabrique, il ne reste rien ou quelques substructions et pourtant elle avait son importance avant-guerre. C’était une fabrique de soude qui se situait vers le château Saint-Pol, de fait c’était une annexe des savonneries de Marseille mais excentrée du fait de la pollution qu’elle générait quoique dans ces temps le mot n’inquiétait pas grand-monde. Jusque dans les années cinquante, sur la partie droite de la RD96, juste au-dessus de la voie ferrée, on pouvait apercevoir l’endroit où tous les déchets étaient déversés créant un bord de colline très multicolore. Outre l’appellation récente du chemin de la Fabrique, sur le plan cadastral, reste le quartier des Fabriques qui s’étend sur l’autre coté de la RD96 jusqu’à la Grand’Bastide et jusqu’à La Barque.

Une autre fabrique encore plus polluante se situait non loin de là, c’était la fabrique de potasse, d’où le chemin de la Potasse.

Chemin de la Foux

Long seulement de quelques centaines de mètres entre la route de Belcodène et la Croix du Goi, le chemin de la Foux est certainement l’un des plus jolis et des plus paisibles coins de la commune.
L’origine de « Foux » est moins évidente qu’il ne parait, on pourrait penser à une fontaine qui se dit font ou fous en provençal mais non, il s’agit d’un vallon ce qui se justifie lorsque l’on observe la topographie du lieu. Une étude sur l’origine de la Foux-d’Allos, la plus connue des foux de France, ainsi que sur l’origine du nom de famille Bonnafoux ont confirmé cette théorie. Faut-il préciser que le nom de quartier du Vallon était déjà pris ?

Chemin de la Falade

Prenez la route de Belcodène, vous rencontrerez toujours le chemin de la Foux et sur celui-ci, une voie sans issue qui s’enfonce assez loin dans la colline : le chemin de la Falade.
Voici l’explication du nom donné à ce chemin qui nous a paru la plus vraisemblable.
Dans ce quartier de colline où les constructions étaient bien rares vivait une femme qui avait plus ou moins perdu la raison, il n’en fallait pas plus pour que cette voie devienne un jour le chemin de la Fadade, féminin imaginaire de Fada selon la définition que la tradition donne de façon erronnée à ce mot. On a  tôt fait de demander un changement d’appellation et de faire transformer la Fadade en Falade ! Erreur qui appelle force commentaires.
Avant tout il est bon de préciser que la totalité des dictionnaires de langue française, s’ils connaissent le mot fada, ignorent tous son féminin fadade. D’autre part, ce mot, lorsqu’on en connait l’origine et l’étymologie est l’un des plus beau de la langue provençale et partant, de la langue française. Un fada, c’est un être qui a quelque chose de supérieur, un être habité par les fées, une fée, fado en provençal, peut habiter tout être qui devient fada. Pourquoi avoir pris ombrage d’habiter chemin de la fadade et préférer à ce nom un mot qui n’a aucun sens ?

Les Espinades

Les habitants de Fuveau et ceux du Tholonet ont eu un jour la même idée : baptiser l’un de leur quartier Les Espinades. Ces endroits avaient en commun d’être assez excentrés par rapport au village et recevoir peu de visites hormis celles de quelques chasseurs ce qui n’est plus vrai à notre époque au Tholonet avec la présence du barrage Zola, à Fuveau avec l’urbanisation galopante.
Au-delà de la Bégude, en direction de Gréasque, ils sont nombreux à avoir élu domicile dans ce quartier de collines où, à l’époque, on pouvait « s’espina », se prendre dans les épines, s’y piquer voire s’y déchirer la peau ou les vêtements. Voilà, simplement résumée l’origine du nom de ce quartier où l’argelas et toutes sortes d’épineux ont régné en maître au cours des siècles.

Les Espinades, c’est cette partie boisée qui est complètement en haut et à droite de cette photo, au-dessus de la ferme de la Bégude.

Impasse de l’Espèr

« L’espère, quel joli nom pour désigner l’affût », c’est Alphonse Daudet qui nous le dit à la fin de Lettres de mon Moulin lorsqu’il conte ses souvenirs camarguais. A Fuveau, nous avons la bien nommée impasse de l’Espèr qui est la vraie graphie provençale pour désigner à la fois l’espoir ou l’affût quoique la prononciation locale est bien « espère » lorsque nous désignons cette forme de chasse qui consiste à se poster en attendant le passage du gibier.
Pourquoi, ici, au bout du chemin du Moulin des Forges, côté ouest, l’impasse de »l’ESPÈR » ?
Elle est bien située car au bout de cet actuel passage, donnant à la fois sur la vallée de l’Arc, la Grand’Bastide mais aussi sur la chaîne de l’Etoile, était l’espère de Dóufin en français Dauphin qui était le prénom de son propriétaire, un poste à feu de bonne qualité dans lequel on pouvait s’attendre à tirer des grives et des « petites bêtes » qui désignaient les oiseaux plus petits, pinsons, verdins, linots, gros-becs, à l’époque.
Petite note de nostalgie : lorsque les habitants du village descendaient pédestrement en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean pour leur pèlerinage au son des « bachas », ils empruntaient cette voie avant de traverser la Grand’Bastide.

Le moulin à huile

Nous montons la rue Rondet qui était auparavant dénommée rue Vendôme, quel revirement ! L’avant-derniere maison à droite (actuel numéro 4 rue Rondet) avant le monument aux Morts est historique pour le village. Elle fut au milieu du dix-huitième siècle, le premier immeuble bâti hors les murs à l’initiative des sieurs  Peysonnel alors principaux coseigneurs du lieu. Curieusement, les escaliers intérieurs sont les plus larges de tous les immeubles de Fuveau et de la même facture que ceux du Cercle Saint-Michel. On peut accéder à son sous-sol en passant par derrière, en empruntant le passage au niveau du tabac et les jours où la remise est ouverte, on peut visiter l’ancien moulin à huile de la dynastie des Barthélémy plusieurs fois modernisé et remis à neuf au cours des siècles. Inutilisé depuis quelque cinquante années, il est propriété privée mais n’en constitue pas moins un élément fort intéressant de notre patrimoine. Une précision historique bien mise en exergue dans l’ouvrage de Michel Colon s’impose : l’une des principales sources de revenu des seigneurs du lieu provenait des moulins qu’ils soient à blé ou à huile car point de moulins banaux au village.

Lou destrait (le pressoir)

En complément de cette page, une photo du dernier pressoir à huile portatif du village ressorti pour la dernière fois en 1904 par « Mesté Fidèlo », le dernier pénitent de Fuveau. Il est orthographié destrait par le photographe local Marius Blanc mais on trouvera plus souvent destré. On remarquera l’épaisseur de l’empilement  des escourtins.

Chemin du Moulin des Forges

l rejoint la route de Châteauneuf à partir du pont sous la voie ferrée jusqu’au chemin d’Aix au niveau de l’ancien dépôt d’ordures. L’origine de ce nom est innattendue. Il faut préciser que ledit chemin passait et passe toujours à proximité  du Moulin des Escassades. Ce moulin érigé au dix-huitième siècle avait perdu ses ailes dans les années 50 et menaçait ruine lorsqu’un hippie néanmoins ingénieur des Travaux Publics, précurseur en son temps au village, vint s’y installer pour le retaper et l’habiter au début des années 60. Il forgeait sous un abri à proximité. Lorsqu’il a fallu donner une appellation à cette voie, innommée jusqu’alors, le long de laquelle les constructions poussaient comme du chiendent, c’est  CHEMIN DU MOULIN DES FORGES qui fut retenu. Cette artère doit donc son nom à notre ami Jacques BROSSIER, bien connu au village, maintenant installé rue Niollon, auquel nous devons d’avoir sauvé cet édifice historique d’une ruine certaine. Rappelons que ce moulin fut propriété des seigneurs du village, en particulier des Peysonnel, qui imposaient aux paysans d’y moudre leur grain jusqu’à la révolution de 1789. Il en était de même pour le Pigeonnier de l’aire Saint-Michel qui était un ancien moulin à vent et pour le moulin à huile de la rue Rondet .

Caché par la végétation et les constructions, le Moulin des Escassades devenu Moulin des Forges est de plus en plus difficile à apercevoir.

Les Escassades

Dominé par le Moulin des Escassades qui a lui-même donné son nom au chemin du Moulin des Forges, ce quartier s’étend de la route de Châteauneuf au chemin d’Aix et au Vallon au Pin de Luquet. Pour connaître l’origine de ce nom, rien de plus simple, il suffit de prendre un dictionnaire provençal – français, Lou pichot Trésor ou le Trésor du Félibrige, pour constater que des « escassado » sont des bois à brûler. Il n’y a pas un gros effort d’imagination à faire pour savoir que ce quartier de terres de collines très sèches était peu cultivé en son temps et évidement pas construit, par contre tout un chacun venait y faire sa provision de bois en particulier de feissino d’où son nom.

Ce moulin qui dominait le promontoire des Escassades est maintenant à peine visible lorsque nous observons la campagne fuvelaine depuis le haut de la rue Rondet. Végétation et habitations le masquent.

Chemin de Tapagi

Comme si les « Lagnes » ou les « Encabrons » ne nous suffisaient pas, voici à mi-chemin entre Fuveau et Les Michels, le chemin de Tapagi. On peut le traduire du provençal, selon Mistral, en tapage mais aussi en vacarme ou en querelle. Fuveau village d’embrouilles ?

Chemin des Lagnes

Le bas du chemin

Là encore, il suffit de prendre un dictionnaire provençal-français pour saisir l’origine du nom de ce chemin que l’on rencontrera en prenant le chemin des Piboules au niveau de la stèle de l’aviateur Canadien à partir de la route de Châteauneuf. « Lagno », en français : fâcherie ou tout synonyme n’ayant pas un sens fort. Ce nom de voie, proposé par Auguste Honorat dans les années 90, reflète bien les difficultés qu’avaient pour s’entendre les divers riverains sur les droits de passage et autre limite de propriété. Plus qu’ailleurs, ces divers désaccords étaient nombreux et importants et l’expression locale « Il va y avoir des lagnes » quand ont sent venir une brouille s’est appliquée ici.  Parmi les nom de voies qui ont un sens appochant, les Encabrons et le Tapagi.

La partie haute du chemin coté Moulin des Forges

Chemin de Encabrons

Nous sommes bien à Fuveau, le pays des « lagnes », des contrariétés et des désaccords entre personnes ou entre familles. Ce nom de chemin des Encabrons est bien dans la tradition fuvelaine du verbe « encabra » en provençal, se cabrer, se gendarmer mais aussi s’enchevêtrer car, faut-il le préciser, sur ce chemin, les propriétes s’enchevêtrent de façon quasi systématique, d’où des « lagnes » continuelles.

Impasse des Demoiselles

Sur le CD6, juste avant le rond-point de la route de Châteauneuf et de la coopérative, à droite, cet endroit pas toujours bien entretenu qui permet le stationnement a une appellation récente sur laquelle il ne faut pas s’illusionner. Malheureusement point de libellules en ces lieux et les demoiselles qui fréquentaient l’impasse ne l’étaient plus depuis longtemps. Si les cartographes locaux ont donné ce joli nom au dit impasse, c’est pour rappeler que des dames y ont longtemps vendu leurs charmes et l’entreprise avait un succès certain. On voyait force routiers stationnés mais aussi des gendarmes et des véhicules de particuliers de tous âges, pas les véhicules, les particuliers ! 

FUVEAU sur la carte de Cassini

Petit rappel historique

C’est à l’initiative de Louis XV qu’est levée la première carte géométrique du royaume de France. César François Cassini de Thury, dit Cassini III, est chargé de réaliser ce travail à l’échelle d’une ligne pour cent toises.  Les levées commencent en 1760 et se terminent en 1789. La carte dite de Cassini ne sera publiée qu’en 1815 et servira de référence aux cartographes des principales nations européennes au début du dix-neuvième siècle.

Commentaires                

On pourrait en faire à la pelle. On remarquera que La Barque est appelée Veuve Long, nos Beaumouilles étaient Baumouilles. Pour « La guinguette »  à la sortie du village, sur la route de Belcodène, il s’agit de l’immeuble 1 rue Kléber, et l’auberge au niveau de l’ancien croisement RN96 et route de Gréasque, actuelle maison Robin, sont peut-être les deux établissements qui nous ont valu le proverbe peu amène : « Fuvéu, pitchoun villagi, gran bordéu ». Les Garreas sont devenus Garrias et les Rives Hautes portent le nom en provençal donné par les autochtones : Ribes Hautes par contre et c’est surprenant, Bramefain s’est provençalisé avec l’actuel Bramefan. On remarquera trois églises ou chapelles hormis Saint-Jean-de-Mélissane au bord de l’Arc, pour le village, la plus septentrionale est  l’église paroissiale Saint-Michel, au milieu le ND indique Notre-Dame-de-Nazareth, ancien prieuré détruit vers 1809 se situant « dans la campagne » au début de l’actuelle rue des Joyeux, la plus au sud étant l’actuelle chapelle Saint-Michel toujours en place. 

A peine plus récent que la carte de Cassini, le cadastre dit de Napoléon établi dans le premier tiers du dix-neuvième siècle donne des indications particulièrement intéressantes. On peut le consulter en cliquant ICI

Fuvéu, pitchoun villagi…

Il était courant voici plus d’un siècle de trouver des plaisanteries sur les villages voisins en voici  un florilège loin d’être exhaustif pour en venir à Fuveau.

Iéu siou d’Auriòu, m’en trùfi (Je suis d’Auriol, je m’en moque !)

À Pourrièro, se metton à dous per porta un téule (À Pourrières, ils se mettent à deux pour porter une tuile)

Li gent de La Ciéutat, amon mai tout que la mita (Les gens de La Ciotat préfèrent tout que la moitié)

Au Martegue, dous fan mai qu’un (Aux Martigues, deux font plus qu’un)

À la Diauto, pagon per lei régret (À La Diote, ils paient pour chanter les regrets aux enterrements)

Même une en français : les hommes, c’est comme les poêlons d’Aubagne, ils périssent tous par la queue.

Et pour Fuveau alors ?   Fuvéu, pitchoun villagi, grand bordéu

L’explication est sur la photo. Dans les années 1890 et suivantes, le café-hôtel Frégier avait une certaine réputation loin d’être usurpée. À l’entrée de l’établissement, l’arbre qui était planté était un jujubier et ça n’était pas par hasard. En provençal, une jujube se disait « chichourlo » et une chichourlo, c’était une dame que nous dirons avenante ; à l’étage, elles ne manquaient pas. Le propriétaire, bravant toutes les injonctions et procès-verbaux qui lui étaient dressés n’en faisait qu’à sa tête  et faisait fructifier son commerce. On venait d’assez loin pour y rencontrer ces dames, on dit même que le célèbre abbé Saunière, y faisait un détour quand il se rendait en pèlerinage à la Sainte-Baume. Dès lors, ce dicton collait aux basques de Fuveau.

Chemin de la Croix

Endroit historiquement très intéressant même s’il porte un nom un peu sujet à caution, un chemin de la croix ou chemin de croix, c’est autre chose. Cette appelation récente a été retenue car il avait auparavant en ces lieux une croix  aujourd’hui disparue. Celle-ci avait été érigée au XVIIIème par une pieuse propriètaire des lieux, la veuve Long qui avait un moment donné son nom au quartier comme en témoigne la carte de Cassini.
C’est ici que se situe le hameau d’origine de La Barque, l’actuel croisement avec feu tricolore est plus récent il se nommait les Quatre Chemins. Se reporter sur la page ex-voto et sur la page « La Barque pour des renseignements plus complets.

Impasse du Courdurié

Petit impasse discret qui part à gauche au milieu du chemin des Pradels. Et un satisfecit à celui qui a choisi ce joli nom pour cette voie. Si à Fuveau, comme ailleurs, les noms de rue en provençal sont souvent mal orthographiés ou francisés, là c’est un joli travail de puriste.
Le « Courdurié », c’est tout simplement le couturier ou le tailleur (lou sartre). Nous trouvons plutôt du côté de Gardanne quelques familles qui portent le nom de COURDURIER mais ici, il est vraisemblable que le nom ait été donné en hommage à notre félibre Eugène LONG qui était effectivement couturier
.

Le plus vieux document connu faisant état de Fuveau

Ci-dessous, la copie du début du plus vieil écrit connu faisant état de Fuveau ainsi que la traduction du document en totalité. Celle-ci est l’oeuvre d’une spécialiste du bas latin qui, habitant les pays de Loire, ne pouvait connaître les noms de lieux de Provence ainsi que quelques termes d’usage local en particulier le mot « clapas » qui revient souvent et désigne des tas de pierres en bordure des champs qui marquaient souvent certaines limites. Nous remercions également Madame Maguy Carlué  pour son aide précieuse.

Cela peut paraître surprenant mais les conflits et jalousies des paroisses de l’époque qui ont été réglées par ce document ont encore une influence sur la vie politique locale actuelle. C’est bien depuis 1255 que Belcodène et Gréasque sont rattachées au diocèse de Marseille alors que Fuveau dépend du diocèse d’Aix et par extension ne font pas partie actuellement du même arrondissement.

Chemin des Pradels

Histoire et étymologie intéressantes que celles du nom de ce chemin qui relie depuis longtemps la route des Michels, CD57A, au quartier de la Bastide Neuve. Les Pradelles, mot qui tire son origine du pays d’oc sont des prairies naturelles fournissant généralement une herbe plutôt pauvre. Ce mot relativement ancien tend à disparaître des dictionnaires modernes, seul le Lexis l’atteste encore, mais il figurait sur tous les dictionnaires voici encore un demi-siècle. Ces prés ne pouvaient être que pauvres dans ce quartier qui manquait cruellement d’eau. Les gens de Fuveau l’appelaient quartier des Prado, tout simplement les prés en provençal. Ces prado ont été francisés en pradelles et parisianisés en pradels. Avant que ce quartier ne devienne constructible dans les années 70, la partie gauche de ce chemin était constituée de parcelles d’environ un hectare, bien délimitées par des pierres lancées sur les bords, sur lesquelles était bâti un cabanon.

Impasse des Clapiers

Presque au bout du chemin de Masse, un impasse au nom particulièrement intéressant: les Clapiers, non pas d’élevage de lapins autrefois en ces lieux mais des pierres…
En provençal un clapas est un gros caillou ou une pierre et un clapié tout simplement un tas de pierres, ce nom de lieu, on le retrouve assez souvent en Provence où les tas de pierres ne manquent pas qu’ils soient sous forme de montjoie pour signaler des passages en particulier le long des carraïres et autre chemin de transhumance, simplement au bord des champs dépierrés, dans ce cas ce sont des pradelles, soit pour délimiter une propriété ou une commune.
Le célèbre moraliste Vauvenargues était duc de Clapiers et il subsiste au-dessus du village éponyme le col de Claps sur la face nord de la Sainte-Victoire. Sur le plus vieux document d’arpentage et de délimitation de diocèse sur lequel Fuveau est cité, on retrouve régulièrement des « clapérium » qui n’étaient point des parcs à lapins mais bien des tas de pierres.

Chemin du Chouan

Une modeste artère qui ne serait pas dans les plus connues si elle ne se situait pas juste à l’aplomb de la chapelle Saint-Michel et surtout si elle ne portait pas ce patronyme original surtout dans notre région. C’était en fait le surnom de Coulomb, héros de l’anecdote ci-dessous car, comme garde champêtre, il n’hésitait pas à faire régulièrement des rondes de nuit comme en avaient l’habitude les célèbres Chouans de Vendée.

Coulomb, le Chouan


Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d’une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c’est au garde champêtre qu’incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d’être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C’était un dur et pour donner l’exemple, il n’hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s’inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de précisions, c’est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.

Rue du Chateau vert

Une photo unique de la rue du Château Vert aux alentours de 1920 ainsi nommée pour la vue qu’elle offrait sur la propriété de Mr Verminck fils, actuellement fort décrépite, considérée à l’époque comme un château.

Impasse du Cengle

En descendant le chemin du Moulin des Forges, à gauche, on découvre de nombreuses impasses qui donnent accés à de récentes propriétés. L’une d’elles, d’où l’on aperçoit cette barre de colline masquant un peu le bas de la Sainte-Victoire, est la bien nommée impasse du Cengle, imposante masse entre la barre des Chapeliers et la montagne de Cézanne.
Le but de cette page est de faire connaître l’origine du mot « Cengle ». Notre accent fait que lorsque nous prononçons le son « en », les gens de plus haut entendent généralement « in ». Ceci expliquant cela, il faut entendre Cingle et les Cingles ne manquent pas en France en particulier à Figeac dans le Lot, ainsi que sur les bords de la Dordogne, ce sont effectivement des collines qui suivent le cours d’une rivière comme c’est le cas pour le Cengle sur les communes de Trets, Rousset, Châteauneuf et Meyreuil. qui suit le cours de l’Arc.

Cours Célestin Barthélémy

Le docteur Célestin Barthélémy ancien maire de Fuveau et l’une de ses sœurs. Le Boulevard partant de la nouvelle fontaine jusqu’à l’actuelle mairie rappelle son souvenir. Il occupa un poste important à l’union des Maires de France.

Il est mort le 04 juillet 1898 alors qu’il était encore maire de Fuveau en fonction.

Il ne faut pas le confondre avec son homonyme le docteur Célestin Barthélémy. Celui-ci était né à Fuveau le 18 avril 1850 et avait exercé sa profession à Fuveau de 1876 jusqu’à sa mort le 3 novembre 1933.

Tous deux ont été maires de Fuveau.

Le docteur Henri Bourgeois-Gavardin qui succéda un temps au docteur Barthélémy et excerça aussi comme médecin militaire. Il fut également président du Cercle Saint-Michel.

Chemin de Cassagne

Sur la route des Michels, à droite, au niveau du passage sous l’autoroute de Toulon, un chemin quelque peu raviné au nom un peu énigmatique hormis le fait qu’il a une bonne consonance de par ici. Ce quartier de Cassagne porte le nom d’un ancien maire de Fuveau dans le premier quart du dix-neuvième siècle. Cassagne était un notable aixois qui possédait ici une résidence secondaire particulièrement tranquille dans sa colline et comme seul occupant, il a naturellement laissé le nom au quartier de Cassagne et plus récemment au chemin de Cassagne.  Derrière la superbe bastide qu’il occupait a été construit le premier court de tennis de la commune inutilisé voire détruit depuis environ un demi-siècle.

Chemin de la Caisse des Pins

En préambule, voici une anecdote qui ne concerne pas notre village mais une commune des Hautes-Alpes. Elle nous avait été contée par Sylvette Michel de Fuveau.
Des cartographes qui établissaient le cadastre dit de Napoléon demandèrent à un brave homme comment s’appelait le quartier où ils se trouvaient et celui-ci répondit en provençal « Va sabi pas », en français « Je ne sais pas ». Depuis cette époque ce quartier a pris le nom de Vasabipa.
C’est presque le cas du chemin de la Caisse des Pins dont le nom a été tronqué au départ. Ce chemin était le chemin de la Caisse de Pain dans laquelle le boulanger Albert Nouveau laissait quotidiennement ses flutes pour les habitants du quartier dans les années 50. Lorsqu’il a fallu mettre le nom sur un panneau la Caisse de Pain est devenue Caisse de Pin puis Caisse des Pins ce qui a rendu incompréhensible sans explication le nom de cette artère fuvelaine campagnarde au quartier Rives-Hautes.

Chimie, alchimie ou palimpseste?

Nous sommes à l’angle de la rue de la République  –  la Grand’rue – et de la rue Cachichi juste à gauche de la Caisse d’Épargne et voici une enseigne chargée d’histoire. Les occupants de ce local ont successivement peint leur enseigne à même le crépi au cours du siècle dernier et le résultat aujourd’hui est surprenant. Par chimie ou alchimie on peut distinguer d’abord la plus ancienne : BOULANGERIE avec en-dessous M. NEGREL peint en lettres droites aux alentours de 1902, puis une deuxième enseigne BOULANGERIE peinte en lettres plus fantaisie par le fameux boulanger Cachichi (voir son histoire dans la rubrique anecdotes) et la plus récente qui a néanmoins plus de quarante ans c’est CFTC puisque ce local a servi de bureau à ce syndicat à partir des années cinquante.

Autre phénomène identique à observer cette fois à l’angle rue du 4 septembre et rue du Jeu de boules, après passage de plusieurs couches de peinture sur le crépi, c’est une pub d’un autre âge qui ressort: meubles, parapluies, maroquinerie, quincaillerie. Un peu plus difficile à distinguer, au-dessus, le mot quincaillerie également peint dans des temps encore plus anciens.

On notera aussi des restes de vieilles enseignes au-dessus du café de France et également au café du Cours.

Rue Cachichi

 C’est l’histoire d’un homme qui n’a passé que quatre ans à Fuveau dans l’entre-deux-guerres mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu’eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon SILVESTRE né à Velaux en 1888 poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu’il pétrissait à la main. Début 1925, l’occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d’un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu’à Salonique, un quartier de Gréasque, ne trouvant le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d’Aix, une pâte molle d’un demi kilo, et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le « pain de luxe » qui n’est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l’actuelle Caisse d’épargne : « Boulangerie Cachichi ». La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n’avait pas de nom bien défini à l’époque, fort peu utilisée qu’elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l’époque pour les boulangers du village et même pour ceux d’Aubagne et Marseille. Certains l’appelaient la traverse NÉGREL du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l’idée de peindre aussi au coin de sa maison « RUE CACHICHI » et depuis le nom est resté sans qu’aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

Léon SILVESTRE dit Cachichi.

Impasse des Bugadiero

Vraisemblablement le plus joli nom choisi pour une artère fuvelaine. Parfaitement située, sur le CD6, à gauche en direction de Trets juste avant le pont sur l’autoroute. Une appellation qui a parfaitement son sens et rappelle les traditions d’antan précisément sur le lieu où elles se déroulaient. 
Les « bugadiero » en provençal sont nos buandières ou nos lavandières en français. La tradition voulait que deux fois par an, les fuvelaines descendent jusqu’à l’Arc pour y faire une grande lessive en particulier pour les draps. Elles y venaient en groupe en un lieu aménagé tout exprès, munies de leur battoir, savon, caisse, cendres pour une journée aussi festive que laborieuse. Le lieu a été détruit lors des travaux d’aménagement de l’autoroute A7 mais il est heureux que le nom du chemin qui menait jusqu’à l’Arc remémore cette tradition.

Note de l’auteur : de plus, pas de faute d’orthographe sur un mot provençal, « bugadiero » dans ce cas pas de s et pas d’accent intempestif !

Le panneau indicateur était détruit le chemin des Bugadiero reste.

Voici une lavandière en pleine action, la photo a été prise à la source de la Casserole accessible à cette époque au quartier de l’Ouvière.

Cité et quartier Brogilum

1962. C’est l’arrivée des pieds-noirs et avec eux, les Harkis, soldats d’origine algérienne ayant servi dans l’armée française et ayant par la force des choses opté pour la nationalité française. Notre département doit en toute hâte et dans l’urgence construire quelques structures pour accueillir ces familles. En cette période, Alexandre Philip est maire socialiste de Fuveau mais surtout président de l’union des maires des Bouches-du-Rhône, à ce titre, il ne peut politiquement pas se soustraire à la nécessité donner au département un terrain pouvant accueillir des préfabriqués vraisemblablement très amiantés mais pouvant être mis à disposition de leurs futurs occupants dans des délais record. Au bord de la RN96 au quartier Madame d’André, ce qui a été appelé au départ le « Camp des Harkis » fera l’affaire pour ces chefs de famille dont la totalité ont droit à un emploi prioritaire des forestiers. Précisons qu’en 1976, des bâtiments en dur ont remplacé les préfabriqués.
Brogilum ? Pourquoi ? Ce nom aussi a été choisi dans l’urgence d’une façon peu concertée. Ce coin de colline maintenant bien dégagé était un véritable breuil, où régnait une végétation épaisse de taillis et argelas, un refuge naturel pour certains animaux. Le nom de Brogilum qui n’est autre que breuil en latin correspondait à la conception de ce lieu pour les décideurs de l’époque.

Chemin du Biaou

Ô gué, Ô gué

Au quartier du Vallon, sur la route de Châteauneuf, voici le chemin du Biaou. Bien sûr, c’est le chemin du ruisseau orthographié dans le patois fuvelain, dans le provençal de Mistral, un ruisseau c’est un riau ou un rièu mais chez nous, on tombe ou on se detourne dans le biaou et jamais dans un riau.

Ce chemin, bien nommé, a eu de tous temps la particularité de permettre le passage à gué du Grand Vallat, en particulier avant que ne soit construit le premier pont au niveau du vieux lavoir au milieu du dix-neuvième siècle. Avant cette époque on passait par la Roque Martine et on traversait à gué. Le grand Vallat n’était jamais à sec faute de quoi, les moulins qui le bordaient n’auraient plus fonctionné.

Plein été, le gué est à sec !

Chemin des ménagers

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Bien choisi, le nom de cette voie que l’on découvre un peu avant Gréasque juste avant d’arriver au croisement dit des Quatre Termes. Les ménagers étaient les agriculteurs, fermiers ou propriétaires, qui tenaient un ménage, entendez par là une ferme. Ce terme n’est tombé en désuétude qu’au début du siècle dernier et dans ce quartier gagné dans un premier temps par la colline puis maintenant par les habitations, on rencontrait quelques petits ménages sachant que ce chemin menait jusqu’à « La Bégude » qui était un des ménages les plus importants de la commune hormis les exploitations de la vallée de l’Arc.
Dans son livre « Un village de Basse Provence. FUVEAU », Michel Colon a assez largement évoqué ces ménagers qui représentaient une partie non négligeable de la population du village.

La Bégude

Profusion de Begudes dans tout le grand sud de la France, forcément, c’est l’endroit où l’on boit. Ce nom est tiré du verbe provençal béure, boire.

Voici l’état actuel de cette ferme qui fut en son temps le plus important  « ménage » du village en dehors des terres seigneuriales. Elle se situe en bordure de la RD96 juste avant le restaurant du clos de l’Olivier. La Bégude bégudo en provençal servait aussi de relais de poste jusqu’à la révolution. L’actuel Lotissement de la Bégude ainsi que le profond vallon de l’autre côté de la route faisaient partie du domaine dont la totalité des terres étaient cultivées.

Le quartier de la Bégude de Fuveau a donné son nom à un étage du crétacé supérieur fort connu des géologues avec sa couche de lignite épaisse de 312 mètres : le Bégudien.

Voici un bail intéressant daté de 1810 concernant la ferme de la Bégude au bord de la « grande route de Roquevaire ».

Superbe photo ,vieille de soixante ans au moins, avec les moutons de la ferme de la Bégude et la RD96 pas encore goudronnée !

Barthélémy NIOLLON

Barthélémy NIOLLON par John Erskine  en 1979.

Il est né à Fuveau dans l’ancienne rue du Figuier dans la deuxième maison à gauche après le Cercle Saint-Michel, le premier mars 1849 d’une famille dont les origines plus lointaines sont à Peynier. C’est à la suite d’un accident à la mine qu’il doit quitter ce travail et partir à Aix où il devient chocolatier. Peintre, ami de Cézanne, il a fait partie du groupe des Petits Maîtres Aixois de la belle époque. Nous rappellerons que parmi ces petits maîtres étaient les pro-Cézanne et les anti-Cézanne. Le livre « Les petits maîtres aixois de la belle époque » (Franck BAILLE, éditions Paul Roubaud 1981) évoque largement son œuvre. On trouve rarement ses tableaux à la vente mais avec quelque persévérance on peut arriver à ses fins. Une place d’Aix en bas du cours Sextius porte son nom de même qu’une rue de Fuveau sous l’église, celle-ci s’appelait précédemment rue Hoche. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Granet et d’autres sont dans la réserve, d’autres sont au pavillon Vendôme et surtout trois toiles et deux dessins qui étaient au Louvre  font maintenant partie du fond du musée d’Orsay !  Il est mort en 1927 à Aix, dans sa maison, angle Boulevard du Roy René et rue du 4 Septembre.

Ci-dessous « Fontaine dans le parc de Repentance » (détail).

L’atelier des Lauves

Un très bel hommage lui fut rendu le 23 avril 1932 à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.

Une rétrospective regroupant 33 de ses oeuvres extraites des collections Niollon, Germain, Zémiro, Didelot, Rouchon, Swellen, Gaujoux ainsi que les fonds du Musée Granet et du Pavillon Vendôme a été réalisée à la Maison pour Tous de Fuveau en février 1983. 

Campagne près des Artaud

Nature morte à la bassine en cuivre, l’une de ses pièces maîtresses

Sainte-Victoire vue ouest.

La calanque de Niolon (avec un seul L). Tableau dédié à l’ingénieur Guichard.

Il est à noter que la rue qui porte son nom à Fuveau n’est pas celle où il est né. La rue Niollon, curieusement orthographiée Miollon par un précédent maire, était auparavant la rue Hoche et encore précédemment la rue des Lices. 
Et en bonus ci-dessous son acte de nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

La porte de Bassac par Milon

La porte de Bassac par Milon

Retrouvé récemment dans une vente aux enchères, voici un tableau intitulé « Ancienne porte à Fuveau » peint en 1925 par Joseph Milon, un petit maître aixois qui a pu connaître Niollon. Un curieux hasard fait que la maison natale de ce dernier est adossée à la porte de Bassac.
Outre son intérêt pictural et artistique, cette œuvre nous confirme la présence en ce lieu d’une fontaine, l’une des trois premières du village. Les autres se situaient l’une Place Verminck et la deuxième rue Nationale.
Cette œuvre a été acquise en 2011 par la municipalité de Fuveau.

Chemin du Ballest

Chemin des Pradels à droite. Ballest, tout fuvelain ou presque sait ce que cela veut dire mais  le sens ne saute pas aux yeux à tout visiteur. C’est un nom de famille que l’on rencontre parfois en Provence mais c’est surtout une déformation du mot balèze c’est à dire costaud. Une expression très courante ici est « Qui c’est ce ballest ? » pour parler d’un inconnu généralement baraqué. Il s’agit donc d’un habitant des lieux qui portait ce surnom.

Impasse Aurélien

Ne nous trompons pas de destination, nous avons certes les Monts Aurélien au-dessus de Trets qui eux-mêmes tirent  leur nom de l’empereur romain qui vécût au troisième siècle de notre ère et sous le règne duquel fut ouverte la fameuse Via Aurélia qui passait au-dessus de Rousset et Châteauneuf pour joindre Rome à la gaule Narbonnaise. Non, le chemin Aurélien honore la mémoire d’Aurélien Nicolas, modeste agriculteur qui avait ses terres au début de la nationale 96 en direction d’Aix à partir de la Barque. Il était populaire et apprécié de tous, plus connu sous son prénom que sous son nom de famille. Redoutable lorsqu’on lui rendait visite car on ne s’en tirait jamais sans partager avec lui un ou plusieurs verres d’une gnôle de sa fabrication.

La garde rose

Cette photo à une réelle valeur historique et date de 1959 au lendemain de la réélection du maire Alexandre Philip. Elle a été prise dans la cour du Cercle Philharmonique ce qui correspond au derrière de l’actuel Petit Casino, rue du 14 juillet. L’équipe de ces joyeux fêtards avait été surnommée en son temps par quelques mauvaises langues « la garde rose d’Alexandre Philip ».

Voici les noms que nous à transmis Marcel Dellasta.
En haut de gauche a droite : Suzy Casula / Pellegrini Joseph /Barra / Yolande Belviso /Jeannot Belviso / Henriette Coulomb / Rita femme du Maire / Fernande Colle / Alexandre Philip/ Madame Pons / Fernande Agostini / ? / Emile Cernoïa / Amédé Agostini (Médé) / Denis Philip /Bousquier Emile/ André Samat/ Henri Pontier/ Albert Arnaud/ (avec la casquette) Piladé / celui avec le béret, un des frères Parpélé ? celle aprés le béret, Zize Gontard /Capus Germain/Maryse Lazarige/Mireille Demontès/ ( en bas ) Mr Melis / Armand Casula/ Henri Long/ Pons/ Michel Lazéri/ Makovsky/ Salvagiot Emile/ (avec le béret) Albert Cavalier/ Démontès Elisée/ Démontes Edmond /Mattio dit Rouffe/Jeannine Trinci/ avec le canotier, mon oncle Marsiglia Etienne/ couché, Pagliardini Pierre/ Audisio Roland/ Colle dit Nétou/ Chiapello Alfred/ devant Jules Fabre/ et couché, le père Cavalier.

Avenue Alexandre Philip

Après s’être appelée montée de Montre puis route de Gréasque, cette artère fuvelaine, récemment rénovée, est devenue avenue Alexandre Philip, pour honorer celui qui natif de Marseille, a eu, de loin, le plus long règne comme maire du village : quatre mandats de 1944 à 1970, année de son décès.

Le voici à droite sur la photo dans les années 60 à l’inauguration de nouveaux bâtiments rue du 14 Juillet en compagnie de Gaston Deferre.

Ici lors d’un apéritif dans l’ancienne mairie, actuelle Maison des Associations.

Maire S.F.I.O depuis 1944 il fut longtemps trésorier de l’Union des maires de France et toujours bien secondé par ses adjoints, Martin, Richier ou Long. C’est lui qui a accueilli le groupe de Harkis lors de leur arrivée en 1962.
Seulement deux autres maires de Fuveau ont donné leur nom à des voies : l’avenue Célestin Barthélémy (maire de 1897 à 1903) et le chemin de Cassagne (Guillaume Cassagne, maire de 1817 à 1826)
Et en cliquant sur ce lien vous trouverez Alexandre Philip entouré de sa foule d’amis.

Font d’Aurumy

Voici quelques explications qui éclaireront en partie sur l’origine du nom de l’actuel collège, elles sont aussi intégrées dans la page 3 des anecdotes.

La Fontaine d’or?


En provençal, la fontaine c’est la « font », il y avait plusieurs lieux à Fuveau pour lesquels on parlait de « font » : la Font de Sole, elle se trouvait juste en face du restaurant Le Cézanne du côté gauche de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd’hui détruite. Elle était adossée à la maison d’un certain Monsieur Soler surnommé Sole. Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous l’autoroute, le quartier Font de Prat, « Fontaine des Prés » mais à l’origine « Font deî pèd » Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé aujourd’hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les années 50 la construction d’un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de la route a asséché cette arrivée d’eau.
Pour le quartier Font d’Aurumy qui a donné son nom à l’actuel collège, nous en sommes réduits aux suppositions. La « Fonte d’Aurimia » est attestée dès 1259 sur la commune de Fuveau. Cela en fait l’un des plus anciens noms de lieu connu sur notre village. La racine latine « aur » peut faire penser à la fontaine d’or mais rien n’est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini publiée à la fin du dix-huitième siècle et n’existait peut-être pas en temps que quartier par contre sur le cadastre de Napoléon publié en 1823, nous trouvons le quartier « Font d’Aurumy et Masse ». On peut le consulter sur :  http://www.archives13.fr/archives13/CG13/pid/103 (descendre ensuite jusqu’à l’étape 3).

Ci-dessus la copie de la page 22 du livre  » Antiquités de la vallée de L’Arc » publié en 1907 par Gérin-Ricard et Arnaud  d’Agnel qui donne l’année de la première mention de la « Font Aurimia ».

Impasse de l’aïet

En arrivant du Collège Font d’Aurumy, vous passez le stade Paul Prieur et tout de suite à votre droite voici au bord du chemin des Vertus l’impasse de l’aïet. Personne n’ignore à Fuveau que l’aïet, c’est l’ailloli et c’est le nom le plus courant que l’on donne ici à ce plat divin. Pourtant un certain nombre de lexicographes le définissent comme une sorte de mayonnaise voire une pommade à base d’ail voire un aioli raté ! Dans le village, l’aïet est vénéré au point qu’il est le siège des Chevaliers de l’aïet, association fondée dans les années 70 par le regretté Guy Graveleau avec la complicité d’Henri Reynier dit Roulette, un célèbre amateur éclairé.
Longue vie à l’impasse de l’aIet, à son président Marcel Colombani y domicilié et à ses Chevaliers !

Rue du 4 septembre

S’il est peu opportun d’expliquer la présence d’une rue du 14 juillet ou du 11 novembre, en ce qui concerne le 4 septembre, c’est moins connu. Pourtant cette artère qui partant du cours Leydet qui permet de sortir du village soit en direction de Rousset soit de Belcodène n’est pas là par hasard. Si elle prolonge la rue de la République, toujours appelée Grand’rue par les vieux du quartier, c’est que le 4 septembre marque l’avènement de la troisième République qui, succédant au second Empire, fut proclamée par Napoléon III le 4 septembre 1870 après la capitulation de Sedan. Ce fut de très loin la plus longue puisqu’elle s’éteignit, peu glorieusement, le 11 juillet 1940.

Dans cette artère, observez cette Croix de Lorraine au niveau de la patte d’oie et pour en savoir plus, cliquez dessus.

Impasse des Vertus

Voici la copie de l’article paru dans le journal local « Lou troumpetaire » n°13 de janvier 1984.

Partant de la RN96 au niveau de l’ancien pont de chemin de fer sous le puits Lhuillier, le chemin des Vertus rejoint la route de Belcodène. Rassurons tout de suite les prudes, on ne perdait rien sur ce chemin, son histoire est plus originale.
Il nous faut remonter au temps de Louis XIV, venant d’Italie, une nouvelle tradition pieuse s’installe en Provence, ce sont les Pénitents. Ces confréries de laïcs s’obligent à de fréquents exercices de piété, la pratique des vertus et un grand respect du culte des morts. Leur aube de toile grossière à cagoule pointue leur confère un original anonymat.
A Fuveau, un groupe de pénitents blancs naît en 1648, l’abbé Chaillan a conté leur histoire dans son livre « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » et une partie de leurs archives est conservée au presbytère.
Lors de certaines fêtes religieuses (Sacré-Coeur, Fête-Dieu) ils partaient en procession, décrivant de larges boucles autour du village allant pieds nus et chantant le plus souvent « Jésus siègue lausa », Jésus soit loué !  Ils portaient à cette occasion, soit des reliquaires, soit d’impressionnants bâtons de marche sculptés ou surmontés d’une lanterne . Après s’être rendus à la chapelle Saint-Michel, ils passaient entre autres par ce chemin qui a conservé leur souvenir dans la mémoire locale.

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Une précision : le chemin des Vertus, par suite d’achats et autres est devenu récemment impasse des Vertus. On peut légitimement supposer qu’à l’origine il s’étendait au-delà de ses limites actuelles. Écrit vers 1850, un témoignage de Pierre Joubert, le prêtre qui est à l’origine de notre église actuelle nous éclaire sur les Vertus et sur ce chemin.
Le jour de l’Ascension, la première messe est dite dans la paroisse à six heures précises. La procession part de l’église à sept heures, on porte à cette procession, la croix, les bannières, la Sainte Vierge. Les congréganistes habillés de blanc y assistent ainsi que les pénitents et la musique.
« La procession passe devant la maison curiale, descend vers les murs de Monsieur Blanc, arrive au pont du Riéret, prend le chemin de Masse, le quitte pour prendre le sentier des Vertus, tourne la montagne de Saint-Michel et arrive à la chapelle du côté du levant de la montagne. Les trois bénédictions sont données la première à la croix de Masse, la deuxième à celle qui se trouve au chemin de Belcodène la troisième enfin devant la chapelle.
Après la messe, on bénit la campagne, la procession se remet en marche en faisant le tour de la chapelle, le choeur chante alors le « Libéra ». Il y avait là autrefois un cimetière. On revient à la paroisse en passant par le cours.
Autrefois on portait à cette procession un caisse en forme de grand reliquaire appelée les Vertus. Les personnes chargées de porter cette caisse la plaçaient à la tête de la procession et à certains endroits marqués pour cela, elles s’arrêtaient, relevaient les brancards et tout le monde passait dessous en baisant les étoles qui en pendaient. Cela n’a pas toujours eu lieu parce qu’on manque souvent d’hommes de bonne volonté pour porter les Vertus cependant cet usage était très populaire. »  

Pour mémoire, voici les deux derniers pénitents de Fuveau : Fidèle Barthélémy, chantre et sacristain, Richard Michel, chantre, avec leur bâton de pénitent.

Chapelles détruites

La chapelle des Pénitents(XVIIe siècle)La chapelle des Pénitents-Blancs de FuveauUn registre curial du XIXe siècle veut que les Pénitents-Blancs de Fuveau aient été fondés en 1648.Nous tenons, « du 12 avril 1660, une permission originale octroyée par les coseigneurs de Fuveau pour la bâtisse d’une chapelle dans ledit lieu en faveur des Pénitents-Blancs, au choix de Mr de Fuveau-Puget ». (Archives hospitalières de la famille d’Hupays)Cette chapelle fut édifiée dans la rue de l’église, près de la cure, sur l’emplacement d’un casal appartenant aux Puget et loué précédemment à M. de Flotte, prêtre de Roquevaire.Les Puget, dames et messieurs, sont les protecteurs de la confrérie ; et si par leurs bienfaits ils coopèrent à l’érection, à l’ornementation du monument, ils recrutent des membres par la vertu de leur influence.
Aussi, à la mort de Louis Puget arrivée en 1680, les Pénitents font éclater leur reconnaissance en lui faisant des funérailles magnifiques. Ils auraient voulu l’ensevelir dans leur chapelle mais aucune tombe n’avait été préparée.

La chapelle des Pénitents érigée au milieu du XVIIème fut détruite en 1902 lors du premier aménagement de la place Verminck. Dans leurs études respectives consacrées au village, l’abbé Chaillan, Michel Colon ainsi que Guy Graveleau ont évoqué différents aspects de la vie de la confrérie des pénitents de Fuveau. Voir aussi le page de l’impasse des Vertus sur ce site.

Ci-dessous un croquis de cette même chapelle antérieur à la photo.

Chapelle des Pénitents à Fuveau, croquis antérieur à la photo ci-dessus.Chapelle des Pénitents à Fuveau, avant sa destruction.
Peu avant le décès dudit seigneur, la confrérie, déjà florissante, avait jugé à propos de paraître en corps aux cérémonies des enterrements. C’était, d’abord, les membres, puis les amis, les bienfaiteurs qui réclamaient les prières, les bons offices religieux de ces hommes fidèles à leur règlement de pénitence.
Le 11 septembre 1706 « on ensevelit pour la première fois à la tombe des Pénitents Toussaint Barthélémy, âgé d’environ 66 ans, membre de la confrérie ». Près de la tombe des confrères, on creuse les tombes des bienfaiteurs qui, avec empressement, demandent à y être déposés après leur mort.Claude Rossolin, après Etienne et Jacques Vitalis, est très dévoué aux Pénitents. Curé de Fuveau, comme eux, il se fait recevoir de la compagnie et assiste aux chants de ses offices.Pierre Vitalis, prêtre, fils d’Henri Vitalis, notaire, est aussi confrère de la gazette, et presque tous les membres de sa très répandue et influente famille agissent comme lui. C’est le moment de l’apogée des Pénitents de Fuveau.Ils font refaire par Barthélémy la façade –très artistique- de leur chapelle, en 1723. […] Claude de Faudran, coseigneur, en 1742, Etienne Vitalis, coseigneur, en 1753, Bernardin d’Hupays, en 1771, se font ensevelir à la chapelle des Pénitents…
Mais, aux années 1742 et 1743, le cimetière de Saint-Michel étant en interdiction , il fallut, pour éviter de porter les morts à Belcodène ou à Gréasque, ensevelir presque tous les défunts du pays aux tombes de la chapelle des Pénitents. (sur l’Etat-civil, on a relevé 234 noms de défunts déposés auprès de l’autel de cette chapelle).Le 3 germinal, an VI, les citoyens de Fuveau y procèdent à la nomination de l’agent municipal et y élisent Jean Louis Long… En 1818 les pénitents se reconstituent et l’office est de nouveau chanté dans leur chapelle, mais avec beaucoup moins d’éclat que dans les siècles disparus. La chapelle est démolie en janvier 1902.p. 48 à 51
SOURCE /  Vallée de l’Arc Supérieur, Recherches Archéologiques et Historiques Sur FUVEAU,  Par l’Abbé CHAILLAN,  1901

Ne pas oublier la chapelle Sainte-Anne qui, elle, fut détruite en 1809 pour faire place au premier site d’extraction industrielle du charbon : le puits numéro1, celui-ci a été remplacé plus tard par l’ancienne mairie, actuelle maison des Associations, cours Leydet. Elle est bien située sur la carte de Cassini.

La chapelle Saint-Charles à Château-l’Arc est transformée en habitation depuis les années 70.

Rue Rondet

Partant du cours Leydet jusqu’à l’église, elle voit défiler bien des événements  de la vie de Fuveau. Elle rappelle le nom d’un syndicaliste des mines de la région de Saint-Etienne, Michel RONDET qui est d’ailleurs statufié à l’entrée de cette ville. Cet homme  a fait une apparition éclair chez nous pour un rapide meeting de propagande à la fin du dix-neuvième siècle. Il est généralement admis qu’il serait à l’origine de la CGT. Son personnage et les événements  qu’il a provoqué en particulier  l’une des plus importantes grèves de l’histoire du bassin du Forez et la fusillade dite « du brûlé » ont largement inspiré Zola dans Germinal. Sa biographie a été écrite par André Philippe, Editions Hier et Aujourd’hui 1949. Le patronyme de Rondet n’est pas très répandu mais nous avons actuellement à Fuveau du coté du quartier Saint-François, son homonyme, Monsieur Michel RONDET.
Curieusement, avant de prendre cette appellation au début du siècle dernier elle s’appelait rue Vendôme ! C’est d’ailleurs à cette même époque qu’un certain nombre de rues sont devenues rue Kléber, rue Mirabeau, rue Hoche, actuelle rue Barthélémy Niollon.

Michel RONDET statufié à Saint-Etienne.

Deux cartes postales qui n’ont pas dix ans d’écart. Pour l’une rue Rondé et l’autre rue Vendôme.

Rue du Docteur Defaix

Si l’ancienne rue de l’École est devenue rue du Docteur DEFAIX dans les années 80, cela n’est pas dû au hasard. Certes, l’ancienne appellation n’avait plus de sens du fait que la nouvelle mairie avait remplacé l’ancienne « École publique de filles » mais la mémoire de cet héroïque praticien se devait d’être honorée peu après don décès.
S’il fut pendant sa longue carrière le dévoué généraliste du village, c’est dès son arrivée en 1932 qu’il a su montrer sa valeur en évitant au village une catastrophe pour endiguer une épidémie de fièvre typhoïde qui au final s’est soldée par seulement, si l’on peut dire, douze décès. 
Auguste HONORAT, disparu en 2006, avait publié sur le journal paroissial une étude approfondie sur ce fléau avec un travail sur l’état sanitaire du village à l’apparition des premiers symptômes, les mesures prises, la liste détaillée des victimes et sur l’énorme contribution du bon docteur à endiguer le mal. A ce titre il fut décoré de la médaille d’honneur des épidémies par le maire Théophile Coulomb avec mesdames COMTE et GIUSTI, infirmières qui l’ont efficacement assisté. Il resta pendant cinquante années compétent et dévoué généraliste. Passionné de tout ce qui touchait à la montagne, on raconte que pendant les jours de neige, il effectuait ses tournées à ski mais en temps normal, c’est en 2CV qu’il visitait ses patients. En 1945, il a ouvert une nouvelle voie dans la montagne Sainte-Victoire, c’est une directissime qui s’appelle l’arête de Surprises. Hommage lui soit rendu !

LOU CARBOUNIE CANTAVO

Voici un petit recueil de poèmes de 49 pages de Félix Lescure, félibre de Gréasque né à La Bouilladisse. Ce livre est impossible à trouver sauf à la bibliothèque Méjanes, les Allumettes à Aix, salle Peiresc. Il s’agit d’odes à diverses personnalités de la fin du dix-neuvième siècle.

Eugène Long

Le félibre du village, contemporain et ami de Mistral ainsi que du félibre de Gréasque Félix Lescure. Tailleur d’habit de son état, son atelier était situé au 11 Boulevard Loubet. De son œuvre qui a dû être importante, il reste « Lei Fuvelènco », recueil de poèmes, chansons et anecdotes villageoises savoureuses. Ce livre a été tout récemment réédité, avec traduction en regard due à son arrière-petit-fils Patrick Lagier. Ses chansons ont été mises en musique par Constant Chayne alors directeur du groupe philharmonique de Fuveau et sont toujours à la gloire du village. Les mainteneurs chantent encore « La Fuvelènco », c’est l’air que vous entendez actuellement, « Lou grand San Jan » pour la fête de Saint-Jean- de-Mélissane et « O grand San Ro » pour la Saint-Roch, voire la chanson de Saint-Michel en français. Nous connaissons également une « Cantate pour quatre voix d’hommes » écrite pour l’érection de la statue de Verminck, en français. La plus connue, que des instituteurs faisaient parfois apprendre aux enfants est « La chanson du mineur », il existe aussi  » La chanson du paysan ». Il a eu deux fils : Jules, père de Maurice Long et grand-père de Michèle LONG épouse de Denis Féron, bien connus à Fuveau, et Ambroise, déjà cité par ailleurs comme trésorier de la SSPJ, père de Thérèse épouse de Louis Lagier qui ont plusieurs descendants en quasi-totalité restés au village. C’est lui qui a donné à Fuveau sa devise : Fuvéu enfuvelo. 

Son nom a été donné à la « Maison pour Tous » qui est officiellement dénommée « MAISON POUR TOUS Eugène Long ». Un deuxième nom de voie le concerne : c’est l’impasse du Courdurié c’est à dire du tailleur.

Eugène Long à l’honneur

Dans un article paru en 1907 sur la « Revue de Provence », un article met à l’honneur les talents poétiques de notre félibre.
Le voici ci-dessous in extenso.

Voici l’œuvre majeure de notre félibre : son livre « La Fuvelénco ».

Dédicace d’Eugène Long

Retrouvée par Daniel Coulomb, la dédicace sur l’exemplaire 99 de la première édition de « Lei Fuvelenco » à  l’intention du chanoine Issalène qui était le curé de Fuveau ayant précédé l’abbé Moisan et devenu chanoine, « canounge » plus tard.

« à Monsieur le chanoine Issalène ancien curé de Fuveau »

Parmi ces arpètes, la dernière, Rose Cavalier est morte centenaire en 1997.

Une publication sur Eugène Long

Dans les années 60, un chroniqueur occitan, Claude Barsotti, a publié la chronique ci-dessous dans un opuscule « Mémoire du pays » dont voici la copie.

La chapelle Saint-Roch

Le glorieux saint Roch avait protégé la communauté fuvelaine de la contagion lors de la peste de 1720 et dans les années qui suivirent, sous l’impulsion du consul Honorat Jourdan une chapelle lui fut élevée.
L’habitude d’aller y chanter le Salve Régina le soir du 15 août fut rapidement prise. Du début du siècle dernier et jusqu’à nos jours, l’office s’achevait par « O grand san Ro », chant en provençal dû à Eugène Long. La mélodie que vous entendez est de Constant Chayne et correspond à ce chant.

Le chœur de la chapelle a gardé sensiblement le même aspect aujourd’hui que sur cette photo de 1906.

Voici le « trésor » de la chapelle Saint-Roch, ce superbe ex-voto sur lequel on peut lire :
Honorat Jourdan étant consul en l’année 1720
la peste étant dans la Province
le peuple ayant recours au glorieux saint Roch
ce lieu a été préservé de ce mal
et en mémoire cette chapelle a été édifiée des aumônes
que le sieur Jourdant a ramassées des bonnes gens
et il a fait faire ce tableau avec sa famille

C’est effectivement le saint en majesté, le consul avec sa mère, sa femme et ses six enfants qui sont représentés.

À l’angle rue Barthélémy Niollon – rue de la Paix, voici l’édifice dans son état actuel. Au fronton on peut lire la date de 1729.

Précisions sur saint Roch

Au début du XIe siècle, Roch, un jeune montpelliérain, partit pour Rome accompagné de son chien et sur son chemin, guérit de nombreux malades, en particulier des pestiférés. Il est normal qu’après la grande peste de 1720, de nombreux oratoires et chapelles aient été élevés en son honneur par les communautés qui avaient été épargnées de ce mal. L’église a fixé sa fête au 16 août ce qui explique que son culte accompagne souvent celui de l’Assomption.
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Ce cantique, dû à Eugène Long, les fuvelains ont pris pour habitude de le chanter tous les 16 août . On l’appelle parfois le chant du « Grand Roumiou », ce mot signifie pèlerin. La musique que vous entendez, due à Constant Chayne est précisément celle de ce cantique.

Cantico de Sant Ro.

Canten, Crestian, canten la glori
E fasen redire eis écos
E lou renoun e la memori
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Emé lou cor que nous trampello,
Plen d’afecioun e d’estrambor
Venen prega dins la capello
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Coumo un sourgent que toujour raïo,
Maugra lei esten e lei ro,
Caminaren dedins la draïo
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

En aqueou san tant populari
Sieguen sempre un pople dévo
E saluden lou santuari
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

E se jamaï la pesto affrouso
Venié ravaja notei lio,
Implouren l’ajudo amistouso,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Se d’autrei fléu nous menaçavoun, 
Vers eu moutarien nostei vo,
Envoucant lei man que sauvavoun,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Mai dou pecca qu’es taco d’oli,
Aluencho lei bouco de fio,
E gardo nous per l’aout regoli
O grand Roumiou, o grand San Ro.

Une autre vue de la chapelle Saint-Roch, l’un des nombreux endroits de Fuveau bien exposés où les dames aimaient se retrouver pour enfiler des perles.

Auguste Honorat

Mémoire des mémoires de Fuveau, Auguste Honorat a accumulé sa vie durant une somme documents sur la petite histoire du village. Le fruits de ses recherches a été publié en particulier sur le journal paroissial. Il est décédé le 04 octobre 2006

L’oratoire

Ils sont nombreux les villages de Provence sur le territoire desquels les oratoires sont légion, la palme revenant vraisemblablement à Orgon dans la montée entre le village et Notre-Dame-de-Beauregard. Fuveau, lui, ne compte qu’un seul de ces édicules anciens, les croix de missions ou autre niches ne pouvant être définies comme tels. Il est encore visible et parfaitement entretenu sur le Chemin d’Aix à deux cents mètres environ du cimetière. Par contre, son origine nous est parfaitement connue et ce détail d’histoire locale rehausse l’intérêt de ce monument, inscrit au patrimoine fuvelain. Petite précision, il existe au bord de l’Arc au niveau de Favary un deuxième oratoire celui-ci dédié à saint Mitre, il est en limite des communes de Fuveau et Rousset mais réellement sur Rousset. Le notre donc est dédié à saint Jean de Mélissane.
Auguste Honorat (dcd 04/10/2006) en a bien étudié les détails et raconté l’histoire qu’il a juste un peu romancée comme à son habitude mais si ce n’était pas le cas, celle-ci perdrait vite sa saveur.

L’histoire de l’oratoire

Voici comment en septembre 2000, Auguste Honorat a analysé et à peine romancé l’histoire de l’oratoire Saint-Jean-de-Mélissane après de minutieuses recherches sur une quantité importante d’archives paroissiales, municipales et familiales.

CYPRIEN FOUQUE (1702 – 1782)
ou l’histoire de l’ex-voto du Pin de Luquet à Fuveau.

 Celui qui emprunte l’ancienne route d’Aix à partie de la croix des Missions lorsque on quitte le CD56E, va trouver sur sa droite à deux cents mètres environ un oratoire dédié à saint Jean de Mélissane dit saint Jean le Moissonneur et immédiatement après il verra le chemin qui vient des Escassades. C’est à ce carrefour qu’en 1779 se déroulèrent les faits qui aboutirent à la construction de cet édifice. C’est cette histoire que nous avons reconstituée pour vous la conter. 
Pour bien se mettre dans l’ambiance de cet évènement, il est indispensable de connaître le constructeur de l’ouvrage : Cyprien Fouque né le 18 octobre 1702 ainsi que d’avoir un aperçu de la famille dont il est issu.  Famille profondément chrétienne car lors de leur décès, les Fouque reçoivent toujours les sacrements, plusieurs d’entre eux furent membres des Pénitents Blancs. Dans l’ancien régime, ils apparaissent comme conseillers et auditeurs aux comptes de la communauté malgré leur illettrisme. La famille aura son époque, au dix-huitième siècle, même un huissier royal. Lors de la confection du cadastre de 1777 qui va recenser la fortune des habitants de Fuveau, plusieurs Fouque vont figurer.

LE MIRACLE DU PIN DE LUQUET

Le 23 juin 1779, le vieux Cyprien Fouque qui a 77 ans s’est réveillé bien avant l’aube et en cette veille de Saint-Jean il songe aux onze enfants issus de ses deux mariages. Madeleine ESTIENNE, lui a donné 10 enfants dont aucun n’a survécu a ce jour, seul lui reste le dernier de ses fils, le « caganis », Jacques, issu de son second mariage avec Gabrielle FABRE, de Gardanne. Ses filles Maire et Françoise lui avaient auparavant donné cinq petits-enfants dont seule reste en 1779 Marie BOURRELLY née le 9 décembre 1761, fille de Françoise. En 1779, la famille Fouque se compose donc de Cyprien, Gabrielle Fabre, Jacques Fouque et Marie Bourrelly qui à 17 ans.
 Le vieux Fouque s’est levé et comme à l’accoutumée, après avoir passé sa grosse chemise et son pantalon s’est ceint les reins de la taillole. Il a enfilé ses grosses chaussures, a mis par dessus des bottes de cuir qui protègent le coup de pied , il a soufflé les braises pour ranimer le feu et a mis à  réchauffer un reste de soupe de la veille puis il a réveillé son fils. Il pense que demain c’est la grande fête de Saint-Jean, sa petite fille qui réside à Gardanne est  venue à Fuveau pour aider son grand-père et participer à la fête.
Jacques s’est levé et a avalé une bonne assiette de soupe avec son père avant de partir. Les voilà qui descendent l’escalier et dans le couloir le long de l’étable ils prennent leur grand chapeau de feutre à larges bords. Celui de Cyprien n’a plus de couleur mais il ne saurait aller aux champs sans lui.
En longeant la rue de Nice pour sortir du village par la porte du même nom, ils devisent du travail qu’ils vont accomplir ce jour pour avancer leur moisson. La saison a été propice, le vieil adage n’a pas menti « Au mes de jun s’en fa qu’aucun ». Le vieux Fouque et son fils ont moissonné les orges et un peu de froment pendant que Gabrielle et Marie formaient les javelles ensuite ils ont foulé les gerbes au fléau et aujourd’hui ils vont vanner sur l’aire du Pin de Luquet car Cyprien a préparé les vans, ces paniers à deux anses qui servent à nettoyer le grain battu.
  Pendant ce temps, à Fuveau, l’épouse de Cyprien qui a 59 ans vaque au tâches ordinaires du ménage et réveille sa petite-fille Marie. Elles se reposent un peu des efforts de la moisson. Même le mulet qui n’est pas parti avec les hommes ne s’est pas levé de grand matin, il a été laissé à la disposition des femmes pour aller chercher de l’eau à la restanque de Font d’Esprat car l’eau est rare au village.
 Les heures passent, la maîtresse de maison s’est mise aux fourneaux pour préparer une soupe de fèves bien épaisse avec un morceau de lard, un peu rance ainsi qu’une omelette d’oignons le tout accompagné du pain cuit voici deux jours au four communal sans oublier deux bouteilles de vin.
  L’horloge de l’église ayant sonné la onzième heure, Gabrielle demande à sa petite-fille de préparer le mulet et de lui mettre un petit « eissari » pour porter le repas aux hommes.
 Voici donc Marie qui s’en va, sortant du village par la porte de Nice, rejoignant la route royale d’Aix à Toulon qui longe le village au Nord, traversant le ravin sur le vieux pont médiéval et commençant à monter vers la grande carraire qu’elle traverse en continuant sa route vers le Pin de Luquet distant d’environ 600 mètres.      
Du chemin du quartier des Escassades qui va rejoindre la grande route d’Aix, descend un mulet bâté que son propriétaire accompagne nonchalamment perdu dans ses pensées. Il fait chaud, la demie de onze heures est déjà bien passée, soudain le mulet de Mesté Poulacre énervé par les taons entame un petit trot quelques dizaines de mètres avant le carrefour malgré les cris et vociférations de son maître qui ne peut le retenir.
Le mulet s’engage sur la route alors qu’arrive Marie juchée sur son animal et qui révasse, bercée par le balancement de sa monture. Que s’est-il passé dans la tête de cette bête ? Nous ne la saurons jamais mais ce qu’il advint, c’est qu’elle se jeta sur son congénère la bouche ouverte et les sabots en avant, Marie fut désarçonnée et tomba entre les pattes des mulets qui continuaient à se cabrer en échangeant des coups de pieds.
  Mesté Poulacre qui était arrivé sur les lieux continuait à vociférer et avec sa canne tentait de séparer les antagonistes. Le combat dura longtemps et la pauvre Marie, recroquevillée, les mains sur la tête gisait toujours au milieu de leurs pattes, recommandant son âme à Dieu et invoquant le grand saint Jean pour qu’il la sauve du danger pensant aussi à son promis et à son mariage prévu dans quelques mois.
Après un dernier soubresaut, la lutta s’acheva. Les bâts des animaux jonchaient le lieu de la bataille, la soupe de fèves, l’omelette, le pain et les bouteilles, tout était à même le sol dans la poussière du chemin. Enfin mesté Poulacre put porter secours à la jeune fille et la remettre sur ses jambes car il la croyait morte ou grièvement blessée. Celle-ci, après avoir remis de l’ordre dans ses vêtements commença en tremblant à articuler quelques mots : « Je crois que je vais bien, je n’ai rien de cassé pourtant j’ai senti plusieurs fois que les sabots me piétinaient ». Mesté Poulacre la regardait ahuri « Mais c’est une chose impossible ce que tu me dis, j’ai bien vu ce qui s’est passé, je te croyais morte ! » disait-il en s’épongeant le front « Oui mais pendant ce temps je priais Dieu et j’invoquais le grand saint Jean des Moissons » « Tu as été entendue et exaucée ». Alors il se découvrit  et ensemble avec Marie ils s’agenouillèrent et s’étant signés, ils remercièrent Dieu et le grand Saint Jean de Mélissane du prodige qui venait de se produire.
Les animaux calmés attendaient la suite des événements alors mesté Poulacre refit le bât qui était tout désarticulé quant à Marie, elle essaya de sauver ce qui pouvait l’être du repas de son grand-père et de Jacques. Ce jour là, le vieux Cyprien  se contentat du pain, de l’omelette et et l’eau. Lorsque Marie eut narré les faits, Cyprien se découvrit, se mit à genoux et à haute voix, promit à Dieu et au saint d’élever un oratoire en ex-voto sur le lieu du prodige. 

Chemin de Masse

En montant l’avenue Alexandre Philip, ex montée de Montre, à gauche, voici le chemin de Masse, une voie longtemps connue par les autochtones parce qu’il y avait un pin géant dit le « pin de Masse », de très loin le plus grand arbre du village dont la foudre a eu raison pour fêter à sa façon l’an 2000. Un sympathique chemin de balade qui aboutit au collège de Fuveau. Ce quartier appelé de tous temps Font d’Aurumy est devenu plus tard « Font d’Aurumy et Masse ». C’est un maçon, du nom de Masse, celui-là même qui avait en 1677 rénové en quasi-totalité la chapelle Saint-Michel qui lui a laissé son nom. Il avait acheté une terre relativement importante mais peu productive sur le quartier Font-d’Aurumy et voilà l’origine du nom dévoilée.

Fouilles archéologiques chapelle Saint Michel

Dans le cadre d’un projet de rénovation de la chapelle Saint-Michel, il était nécessaire et surtout obligatoire de réaliser des fouilles archéologiques autour de ce vénérable édifice. Le rapport des archéologues apporte quelques éclairages d’importance. Il nous est apparu intéressant d’en publier le contenu afin que celui-ci ne soit pas définitivement enterré dans des archives municipales ou régionales.

À titre personnel, nous en tirons les conclusions suivantes : la chapelle d’origine date bien du XIsiècle et n’a pas été bâtie sur un édifice antique comme beaucoup le supposaient et surtout la communauté villageoise n’a jamais vécu autour de la chapelle, même si elle y a été enterrée, elle s’est  toujours trouvée sur l’emplacement de la colline de Roque-Haute différente de la Roque-Caudo (Roucaoudo) voire de la Roque-Martine. 

Terribilis est locus iste

C’est une bien curieuse inscription qui figure au fronton de notre église.

TERRIBILIS EST LOCUS ISTE
HIC DOMUS DEI EST
 ET PORTA CŒLI
Ce lieu est terrible. C’est la maison de Dieu et la porte du ciel.  C’est un phrase tirée du de la Bible (Génèse, 28, 17) qui elle-même regorge de ce type de formule. Sachant qu’elle figure dans l’introït des messes de dédicaces des églises, cela peut être une explication car pour l’église Saint-Michel, celle-ci a été célébrée en très grande pompe. 

Très rares sont les lieux de culte où figure cette inscription : l’une à Lyon sur l’église Saint-Georges et, plus interpellant, l’église Sainte-Marie-Madeleine à Rennes-le-Château. Cette dernière a été voulue par le célèbre et énigmatique abbé Saunière à la fin du XIXe.

La façade et toutes ses inscriptions.

L’aviateur Canadien

La stèle de l’aviateur canadien

Ici, sur la commune de Fuveau, est tombé le pilote naval sous-lieutenant David Arthur Cary de la Royal Canadian Air Force, en mission de protection des troupes du débarquement en Provence.
Originaire de Cambrose, province d’Alberta, il fut un bon fils, un bon patriote, un sportif et un musicien. Il est tombé pour la liberté à l’âge de 21 ans.

Depuis 1988, il est traditionnel d’y déposer des gerbes lors des cérémonies du 8 mai.

Ci-dessus, la photo de la stèle qui se trouve quartier du Vallon, route de Châteauneuf au début du chemin des Piboules soit à 20 mètres de la route et la copie de ce qui est écrit sur la plaque commémorative. Cet aviateur, au commandes d’un Seafire de l’armée canadienne est tombé à quelques mètres de là. Aucune photo n’a été prise à l’époque mais des témoignages concordants des premières personnes qui se sont trouvées sur les lieux à l’époque et des recherches effectuées par des fuvelains ont permis de retrouver la famille du héros au Canada. Le sous-lieutenant Cary est toujours enterré au cimetière de Fuveau.

Voici la plaque qui orne sa tombe que l’on trouvera en haut, aux trois-quarts gauche de la partie ancienne du cimetière.

Sur le mur d’enceinte du cimetière cette plaque signalant que cette tombe appartient au Commonwealth.

Voici un bonus : la copie intégrale de l’acte de décès original du lieutenant Cary.

n° 31

A . CARY

(Sans autres renseignements)

Le Dix-huit août Mil neuf cent quarante quatre, à douze

heures trente minutes est décédé aux abords du moulin à vent, quartier

du Vallon, par chute et inflamation de l’avion qu’il pilotait un

militaire au sujet duquel on a pu recueillir que c’était un

« pilot présumé – D.A. CARY–  » army H.Q. sans autres renseignements

d’état-civil. – Dressé le dix-huit août Mil neuf cent quarante

quatre à dix-huit heures, sur la déclaration d’andré Lenglet

garde-champêtre, trente quatre ans domicilié à Fuveau qui

lecture faite a signé avec Nous, Léon Roubaud, adjoint au Maire

de Fuveau.

Des avions malchanceux

Nous sommes dans l’entre-deux-guerres, il ne s’agit pas d’un avion abattu mais d’un bombardier anglais, précisément un Handley Page modèle 0/400 qui suite à une panne a dû faire un atterrissage d’urgence dans un champ à la Grand’Bastide. Il a éveillé beaucoup de curiosités mais a pu repartir après réparations.
Et ci-dessous trois autres photos, dont une datée, de ce mémorable évènement !

Ce jour-là, même André Barthélémy, maçon célèbre en son temps au village y est allé de son cliché.

Décidément Fuveau a connu bien des problèmes au niveau des crashes, outre l’avion canadien, les archives de la gendarmerie signalent aussi qu’un avion militaire français s’est abattu près du poste de Fuveau le 13 ou 14 mai 1940 et notre ami  Marcel Dellasta nous conte son témoignage du crash d’un avion allemand après une bataille aérienne.

Chapeau le santon !

Découverte récente et pour le moins originale que vient de faire Christine Véra. En maniant l’un des santons de la vieille crèche paroissiale, puisque nous savons que celle-ci est antérieure à 1854, année de construction de notre église actuelle, celle-ci a observé le fond du chapeau. Jolie surprise ! Celui-ci, fabriqué manifestement par une professionnelle ou un professionel, Henriette, Hyppolite ( ?),  Blanc, chapelier(e?), santonnier(e) ou autre profession en rapport, a posé sa griffe qui comporte le blason quelque peu épuré du village comme nous le montre cette excellente photo. Nos recherches ne nous ont pas encore permis de retrouver les traces de cette excellent(e) artisan(e) mais avec beaucoup de perspicacité, nous pensons pouvoir retrouver bientôt l’artiste. Voilà qui nous poussera à jeter un nouveau regard sur notre vénérable crèche en période calendale. 

Ci-dessous le chapeau et celui qui le porte

Le dernier chapelier de Fuveau fut Bonafede qui avait francisé son nom en Bonafédé

Peysonnel

Famille de co-seigneurs de Fuveau, L’un deux, Jean de Peysonnel, dont une rue d’Aix et une rue de Marseille honorent la mémoire a été le premier à émettre l’hypothèse révolutionnaire voire géniale pour l’époque que les coraux sont des êtres vivants. Jules Verne cite ses travaux dans Vingt mille lieux sous les mers vers la fin du chapitre 24. Les fuvelains qui ont la mémoire courte ont oublié de l’honorer par un nom de rue, place ou édifice. Les Peysonnel ont été les derniers co-seigneurs de Fuveau avant d’être chassés par la révolution alors que leur dernière descendante venait d’épouser un notable marseillais du nom de Barthélémy. Le Cercle Saint-Michel qui était leur demeure est encore appelé Château des Peysonnel par les puristes. Dans son livre Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau, l’abbé Chaillan à donné de nombreux détails intéressants sur la vie des Peysonnel à Fuveau. Les sires de Peysonnel ont bâti plusieurs moulins afin d’en tirer les profits dûs à leur rang ainsi que la première maison hors-les-murs du village sur l’actuelle rue Rondet vers 1748.

Voici la copie de leur blason tirée du d’Hozier. D’azur à un poisson d’argent nageant sur une mer du même et en chef de gueules chargé de trois étoiles d’or.

Machama

A chacun sa façon de rendre hommage à l’abbé Pierre inhumé ce jour 26 janvier 2007. Le portrait de l’homme que vous voyez là, peint au début de années 50 par Don Antoine Moustier, est celui de Machama, un vagabond qui a erré sur la commune des années durant et vivait de la charité des habitants. Son quartier général était la coopérative vinicole, elle même charitable aussi en son temps. Il avait élu domicile quasi fixe, le mot squatté n’était pas en usage, dans la cabane de cantonniers située au bord de la nationale 96 mais aujourd’hui démolie. Machama était évidemment un surnom dont l’origine reste inconnue quelques témoins nous ont dit que son véritable nom de famille serait Percivalle.

Le tour des Frères

Il était une promenade digestive qu’aimaient faire les fuvelains surtout au frais le soir. Longue d’un bon kilomètre, elle consistait à partir de la rue d’Aix, maintenant chanoine Moisan, passer devant l’école libre de garçons, maintenant Maison pour Tous, passer le pont des Frères, passer le Pont du Grand Vallat à droite, devant la carrière de pierres et remonter au centre du village côté Galerie. La circulation de véhicules n’étant pas ce qu’elle est maintenant, le circuit était sans danger. On appelait ça faire le « Tour des Frères » simplement parce que ladite ancienne école de garçons était tenue par des Frères maristes jusqu’à la première guerre, d’ailleurs le pont que l’on traversait juste après l’école était aussi appelé le Pont des Frères.
C’est l’occasion de rappeler le souvenir de deux instituteurs qui ont marqué cette école: le frère Rodrigue connu pour son extrème sévérité et plus tard, Monsieur Rabasse, père de Marie-Jeanne Moustier. Charles Verminck fut le premier instituteur de Fuveau et curieusement avant de venir au village, il était novice chez les Frères Gris près de Luynes.

NDLR: Un employé fonctionnaire du cadastre à la conscience professionnelle et la conscience tout court très limitées a appelé un jour  le pont des Frères : pont des 3 Frères ce qui enlève tout son sens au nom de ce pont.

Croix de Lorraine et Durili

Ce « graffiti » est dû à un certain Durili Jean-Baptiste Napoléon, conseiller municipal corse et hâbleur dans les années troubles de l’occupation. C’est aussi un palimpseste ! Les allemands avaient peint une marque de reconnaissance de leur découpage de zone :  KN4A sur ce mur au bout de la rue du 4 septembre. Notre DURILI, en forme de vengeance avait passé une couche de peinture rouge sur ce sigle et avait ajouté un symbole fort à côté : la croix de Lorraine. La chimie, là aussi, a fait ressortir plusieurs années après, le sigle allemand que DURILI croyait avoir recouvert pour toujours et pourtant, cette peinture était connue pour être la plus résistante et de meilleure qualité, elle était utilisée surtout pour les cuisines.

Durili et son épouse née Augusta Grégoire.

Triste fin pour ce « monument » de la mémoire fuvelaine. Au cours de l’automne 2011, le nouveau propriétaire de l’immeuble, dans un but de rénovation, a décidé de crépir toutes les facades dont celle qui arborait cette précieuse relique et, en une minute, tout a disparu. Mairie, propriétaire, agents immobiliers, associations peuvent se renvoyer la responsabilité, le résultat est là. Les journées du patrimoine, si elles perdurent par-delà cet incident, seront sérieusement amputées et, à Fuveau, perdront une grande partie de leur charme.

Tous fliqués

Les archives départementales de Marseille  révèlent souvent des documents innatendus et quand on a la chance d’y tomber desssus, il faut filmer, photocopier ou transcrire selon le cas. En 1874, c’est la gendarmerie de Rousset qui est compétente pour les communes de Fuveau, Rousset, Beaurecueil, Châteuneuf et Puyloubier. Le résultat de ses investigations dans les cercles et autre socièté est édifiant. La lecture de ces documents est difficile mais jugez plutôt.

Vingt-quatre cercles à Fuveau, cinq à Rousset, quatre à Puyloubier, un à Châteauneuf, deux à Beaurecueil, voilà qui est édifiant. Par ordre d’apparition à l’écran : le Cercle Musical, 58 membres, le Cercle de Saint-Vincent-de-Paul,  Cercle Saint-Jacques, Cercle des Tranquilles, Cercle Saint-Stanislas, Cercle Saint-Félix, Cercle Saint-Antoine, Cercle Saint-Clair, Cercle Saint-Jean, Cercle Saint-François-d’Assise, Cercle Saint-Honoré, Cercle du Bien-Aimé, Cercle Saint-Louis-de-Gonzague, Cercle Saint-Robert, Café du Cours, Café de France, Café tenu par le sieur Barthélémy, Café Moustier, Café tenu par le sieur Jean-Paul Barthélémy, Buvette tenue par le sieur Bonnefoi, Buvette tenue par le sieur Dépousier,
Passons à Rouset : Cercle de Provence, Cercle de l’Orphéon, Cercle du Flascou, Café-restaurant tenu par le sieur Rey, Buvette tenue par le sieur Suzanne,
Pour Puyloubier ; Cercle Saint-Pons, Café tenu par le sieur Coulon, Café de la Place, Café du Cabanon.
Châteauneuf : Buvette tenue par Monsieur Roby Auguste.
Beaurecueil : Buvette tenue par la veuve Boulendan, Cercle Saint-Lazare.

Hommage à Georges Roubaud

Nul n’est prophète en son pays dit-on. Si Georges Roubaud est né à Fuveau au 6 rue de l’Ecole, maintenant rue du Docteur Defaix, ordonné prêtre en l’église de Fuveau, c’est essentiellement en Arles et dans les hameaux environnants qu’il a vécu. Un rond-point qui est dédié à sa mémoire à proximité de Raphèle rappelle son souvenir ainsi que la place de l’église de Mas-Thibert maintenant place Georges Roubaud.
Certes nous sommes dans l’histoire très contemporaine mais nous nous devons de conserver la mémoire de ce Fuvelain hors normes.

Chapelle Saint Jean de Melissanne

Cet édifice a été superbement rénové en 2022

Au sud, le CD6 un axe sursaturé par la circulation intensive, au nord l’ancien lit de l’Arc qui est devenu un cloaque, à l’est un ancien champ, fertile en d’autres temps, que la volonté du propriétaire actuel a transformé en jungle, dépotoir et refuge pour amoureux en voiture, le champ à l’ouest reste encore cultivé ! Triste décor pour la plus vénérable des chapelles rurales de la commune ! 
Le prieuré de Saint-Jean-de-Mélissane dit aussi Saint-Jean-le-Moissonneur fut construit sur les substructions d’une propriété rurale qui peut être datée du Bas-Empire ou plus vraisemblablement de l’époque wisigothique en fonction des nombreux tessons noirs avec décors à rouelles qui pullulent à cinquante mètres à l’ouest de la chapelle, là où sont encore visibles quelques pans de murs en petit appareil ainsi que deux arrivées de canalisations qui apportaient l’eau depuis les sources de la Grand’Bastide. Mentionnons également, à quelques mètres de là, un grand couvercle de sarcophage moyenâgeux en bordure du champ cultivé vraisemblablement exhumé lors d’un labour. Sur la photo ci-dessous on notera la présence d’un grand fut de colonne en grès exhumé lors d’un labourage profond, il a été volé mais il témoigne de la présence d’un établissement important sous le sol de ces lieux. Il parait urgent d’ouvrir un jour un chantier de fouilles. Précisons que de nombreuses colonnettes avaient été récupérées dans les années 50 avec l’apparition des tracteurs.

Le lieu est mentionné comme appartenant successivement aux Templiers ou aux Hospitaliers puis à l’abbaye de Saint-Victor, ce qui est peu original dans la région, Dès le xvisiècle, ce n’est plus qu’une chapelle autour de laquelle la population locale se fait enterrer en nombre, des labours profonds effectués dans les années 60 l’ont confirmé. C’est aussi à cette dernière époque, après le départ de l’abbé Huart que la pratique de la messe dominicale en ce lieu a cessé pour être remplacée par un pèlerinage de mainteneurs autour du 24 juin parfois suivi d’un aïoli pris en commun. Précisons que ce pèlerinage est une très ancienne tradition du village. Il se faisait à pied dans les siècles passés au son des fifres et des « bachas », gros tambours à ne pas confondre avec le tambourin, en français une bacholle. Notons que le plus ancien des oratoires de Fuveau au chemin du Pin de Luquet est également dédié à saint Jean de Mélissane ou saint Jean le Moissonneur.

Les vitraux ayant été brisés, les ex-voto et souvenirs des pénitents de Fuveau dispersés, la reproduction d’époque d’un Baptême du Christ de Rubens volée, que reste-t-il à l’intérieur ? Un autel composé d’une dalle retrouvée in situ et d’un fût de colonne de même. L’autel d’origine a été transporté on ne sait pourquoi à la chapelle Saint- Michel. On y voit aussi un curieux confessionnal qui est taillé dans l’épaisseur du mur. Le cul de four a été remis à neuf à la fin des années 60 par le jeune Charles Lagalisse (Ven 2014)alors âgé de 15 ans. Peu après, le vitrail qui orne la meurtrière retrouvée à cette occasion fut l’œuvre d’un un artiste local, Monsieur Gérard. Le fût de colonne en grès que l’on aperçoit (par terre à droite) sur la photo ci-dessus prise en 2005 a aussi été volé mais on en retrouve d’autres près de la face nord du château de la Grand’Bastide tous provenant de labours autour de la chapelle.
Des modillons qui ornent l’extérieur de la chapelle sous la corniche de la cella en cul de four, il ne reste que ceux qui n’ont pas de décor, les manquants étaient parés de feuilles d’acanthe ou représentaient des faces humaines. Nous avons fixé ci-dessous le seul qui présente encore une jolie volute.

A l’extérieur, une ancienne base de pressoir oléicole fut longtemps objet d’une tradition locale : on faisait mettre le pied dedans aux nouveau-nés ou aux nouveaux baptisés. Volée également en 2009, la voici encore dans son jus (volée en 2010).

Voici l’ancienne arrivée des eaux de la Grand’Bastide à l’aplomb de la chapelle (photo Flo Vatin). Ci-dessous le couvercle de sarcophage.

Je vais vous livrer un secret sur cette chapelle orientée. Elle est entièrement construite en beaux matériaux de réemploi et sur son angle nord-ouest, à une hauteur de deux mètres, se cache une pierre exceptionnelle. Elle est ornée d’une magnifique frise de grappes de raisins et de poissons, seulement voilà, une ancienne municipalité qui se souciait bien peu du patrimoine n’a rien trouvé de mieux que de l’enduire d’une couche de ciment ! Peu avant cette triste décision du maire Guiguet en 1974, ce joyau avait été filmé quelques secondes en super 8 à l’occasion d’un rallye-surprise. La réhabilitation indispensable de ce site passera aussi par la remise au jour de cette pierre ainsi que de toutes celles qui ont été utilisées pour rebâtir la chapelle dont plusieurs dalles en particulier, une très visible avec ses encoches typiques est la pierre de base d’une entrée de maison. 

Exhumée par un labourage profond le 23 mars 2007, voici une base de colonne maintenant déposée en mairie de Fuveau qui pourrait constituer le « Trésor de Saint-Jean ».  Cette découverte est la confirmation de la présence en ces lieux d’un établissement agricole florissant car au vu du diamètre de cette pierre il est certain qu’elle supportait une colonne de plus de trois mètres de haut. Donc, à quand un vrai chantier officiel de fouilles archéologiques ?

Pour mémoire, ci-dessous le chant du « Grand San Jan Batisto » qu’il est d’usage de chanter à l’occasion de la messe en provençal célébrée le 24 juin. Paroles Eugène Long, musique Constant Chayne. C’est précisément cet air que vous entendez .

Refrain
Grand San Jan Batisto vous lou demandant
Dounas nous lou courage
Souténès nous dins lou camin glissant
D’aquéou pélérinage. (bis)

San Jan Batisto servitour
Dóu Dieù que countemplen la glori
Sièguès nostre bon proutectour
Que perden jamai la mémori.

San Jan Batisto à l’an que ven!
Fuvéu vendra mai vous rendre oumagi.
Se sian pas mai siguen pas men
Per faire aquéu pélérinage.

De ço qu’aven proumé dins la mission
D’estre coutent e sage
Afin d’agué nostro bello pourtien
D’aquéu san eiretage. (bis)

Pour le fun ci-dessous, un curieux document de 1524 concernant la chapelle

« le visiteur découvre des cendres ou les restes d’un foyer, parfois devant l’autel, quelquefois même sur l’autel que les habitants de l’église utilisent pour faire leur cuisine, ainsi qu’en témoignent les ustensiles qui trainent au pied de l’autel, oules et sartans et les restes du repas qui demeurent sur l’autel. Ces foyers entretenus continuellement finissent à la longue par enfumer et noircir complètement l’église. Le visiteur découvre également dans ces sanctuaires des outils et des instruments agricoles ainsi que des tas de foin aménagés pour servir de lit aux bouviers.Cette appropriation des édifices du culte peut aller encore plus loin. Le cas limite est bien celui de la chapelle Saint Jean de Mélissane, près de Fuveau dont les habitants détiennent la clé, usant du sanctuaire comme de leur demeure propre. Aussi Durandus Alesi est-il contraint de visiter par un trou du mur cette chapelle qui selon ses propres termes ressemble davantage à une habitation profane qu’à une église ». (Ut apertuit nobis plus videturdomus prophanaquam ecclesia).

En 2022, La façade de la Chapelle a été réhabilitée par la Municipalité de Béatrice Bonfillon-Chiavassa

De belles découvertes sous cette façade. Un magnifique arche au dessus de l’entrée, une porte cachée jusqu’alors sur la façade sud, et l’ensemble de pierres d’angles mise en valeur. N’oublions pas la mise au jour de la fameuse pierre au poisson.

Jambo

La traditionnelle fête du Caramentran (carême entrant) donnait lieu partout à des réjouissances diverses : danses, jeux, costumes, farces, procès factices et s’achevait toujours autour d’un feu où l’on faisait brûler le condamné, une sorte d’épouvantail qui prenait les formes les plus diverses selon les lieux et les années.

Fuveau avait sa spécificité ! Caramentran, on ne connaissait pas ! En lieu et place, on brûlait le Jambo, un épouvantail bien bourré de paille et accroché à un platane du Cours jusqu’à l’heure de son incinération.

Vous trouverez maintenant avec l’évolution très fuvelaine de l’orthographe locale, la graphie Djambo (!!!) dans les divers programmes festifs de début d’année, une erreur à rapprocher de celle qu’on commis les soi-disant géographes pour débaptiser le Pont des Frères en Pont des trois Frères.
Passons encore sur cette erreur. Ceci dit, nous n’avons aucune archive locale, ni photo, ni document d’époque sur cette fête et si quelqu’un retrouvait quelque chose dans ses fonds de tiroir, le document serait le bienvenu.

Héroïque Ninette

Très fier de vous conter cette histoire qui est bien plus qu’une simple anecdote car l’héroïne en est Ninette REYBAUD. Maria REYBAUD née ISNARD dite Ninette, sage femme de son état, épouse de Parfait Reybaud celle qui m’a mis au monde, celle entre les bras de laquelle je suis né voici soixante ans passés ! Nous sommes pendant la triste époque de l’occupation, à Fuveau comme ailleurs, des garnisons allemandes sont installées sans parler des disciples de Mussolini. Dénonciations et réquisitions étaient le lot quodidien de ceux qui n’étaient ni déportés, ni partis au front, ni emmenés en camp de travail. Parmi ceux-ci, Ninette REYBAUD, la sage-femme pour le village et les communes voisines. Elle avait été dénoncée comme possédant deux postes de T.S.F ! La gestapo, emmenée par MARZLOFF et HERMANN surnommé « Le Balafré » de sinistre mémoire, n’avait pas tardé à débarquer chez elle pour saisir l’objet du délit. Lorsque cette bande lui ordonna de donner son précieux instrument, celle-ci le prit et de toutes ses forces le brisa au sol en plusieurs morceaux en ajoutant avec la fougue qui la caractérisait que « jamais elle ne donnerait rien à l’ennemi » avec des mots bien plus crûs que ceux-ci. Elle fut emprisonnée avec son mari, cependant rapidement libérée sur intervention du prêtre de l’époque, le chanoine MOISAN et du docteur DEFAIX mais pas même condamnée tant elle était indispensable à la vie de la communauté alentour. A Fuveau, il n’y eut qu’un résistant qui prit le maquis dans le Vercors: Louis Pécol (le rond-point de La Barque face au Pain du jour porte son nom)  mais nous considérons qu’il y eut une deuxième vraie résistante : Ninette REYBAUD. Elle fut élue conseillère municipale adjointe après la Libération dans la première mandature d’Alexandre Philip.

Conscriptions

Voici une nouvelle page consacrée aux photos des groupes de conscrits qui jusqu’aux trois-quarts du siècle dernier ont mis plus ou moins le village sens dessus-dessous après avoir satisfait à l’obligation de passer devant les autorités qui siégeaient au chef-lieu de canton, en l’occurrence Trets.

Quelles que soient les photos dont vous disposez, nous aurons plaisir à les publier sur cette page et si possible identifier « ceux de la classe ».

Voici la classe 1926/27 sur cette photo ou l’on reconnaitra bien des hommes qui ont marqué le village. La mode cette année-là était aux plumes d’Indiens. Autre intérêt de celle-ci, c’est un vue prise devant le « Café de l’Univers » disparu depuis des lustres qui se situait à droite de l’actuelle boulangerie côté est du cours Leydet.

Là, en 1906, une photo due à Marius Blanc. On remarquera la mode des cols ouverts et surtout de la « blodo » mais pas encore de fausses médailles ou décorations dont se sont accoutrés plus tard ces futurs soldats. Par contre, eux, arboraient leur papier de conseil de révision sur le devant du chapeau.

Photo prise devant le Cercle Saint-Michel au début du siècle dernier. Tous ont accroché leur carton sur leur chapeau sauf bien sûr, le gérant de l’époque Mesté Fidelo. Autre cliché de Marius Blanc pris en 1909.

Après-guerre, les conscrits de Gréasque arborent des plumes d’indien et diverses médailles. Les plus classiques : bon pour les filles ou vive la classe.  Sur la gauche, « Pétoulié » qui les a menés. On remarquera la permanence d’un tambour.

La classe 51 (la bien nommée). On reconnaîtra les Claude Rey, Pierrot Vottero, Hubert Decomis, Danton Trinci, Alix Demontès, René Pilia, Joseph Gazotti, René Vincis, Robert Régie, Aizac, et Yves Fina.

La classe 52 avec quelques célèbres flèches. Au hasard des identifications : 2 Filipetti 3 René Roche 4 Henri Reynier (Roulette) 5 Marcel Dellasta 6 Elian Barthélémy 7 Claude Bianchi 8 Gabriel Giraud 10 Albert Bourdin 11 Curet de Belle Nuit 12 Danton Trinci 13 André Vitalis 14 Aimé Fouret 15 Henri Pagliardini 16 René Vincis.

La classe 58 (nés en 1940) avec Jacky Casucci, Garcin, Utzèri, Edward Wosniak,Roger Brun, Merle, Charly Trinci, Guy Zucconi, Paul Coulomb. Ils sont photographiés à la sortie du « conseil » devant la mairie de Trets avec leur « décorations ».

Eux sont nés en 44 on reconnaitra Barra, ?, Daniel Coulomb, Jacky Agostini, Roger Bourdin, Claude Arnaud, Bernard Neveu, Marcel Rouge, Claude Ambrosio, Alain Loï, Rémy.

La classe 65 : ceux qui ont eu 18 ans en 1965 donc nés en 47. Roland Rossignol, Maurice Belviso, Jean François Roubaud avec le drapeau, Robert Trinci dit Chiche, André Corti, André Dellasta, Robert Solari, Ghislain Mattio dit Biki. Manquent au moins Serge Vitalis et Bernard Etienne dit Zè.
En observant bien le drapeau, on peut lire « Brick ». La plupart y sont allés à cette occasion pour la première fois ! Le tambour est absent sur la photo.

Pour ceux qui ont reçu cette convocation, c’était dur, il y avait déjà des bruits de bottes !

Naturalisations

Au début du siècle dernier, bien des travailleurs d’origine italienne venus travailler au percement du tunnel du Rove et par la suite embauchés à la mine se sont fixés à Fuveau avec leur famille. Ils ont été rapidement naturalisés et ont fait souche dans le village et aux alentours. Parmi eux, les Pilia dont nous publions ici l’acte de naturalisation paru au Journal officiel. Il en est de même des Polichetti, Trinci, Putzulu, Lorenzati, Cancedda et bien d’autres. Tous ont servi la France lors du dernier conflit mondial.

Le comte de Jessé-Charleval, correspondance

La famille De Jessé-Charleval a occupé le domaine de Château-l’Arc dans l’entre-deux guerres  et jusqu’à l’immédiat après-guerre avant que totalement ruinés, ils soient obligés de vendre cette superbe propriété au peintre Bernard Buffet.. Bien peu actifs, les héritiers se sont adonnés à des activités diverses entre-autres, le théâtre comme en témoigne le verso de cette carte postale.

Tenant compte de la teneur de celle-ci, nous émettons l’hypothèse que le comte de Jessé-Charleval aurait vraisemblablement joué dans la troupe qu’animait Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo dont la route,  un temps connue par les Fuvelains comme le Tour des Frères porte maintenant le nom. À quand la reprise d’une pièce de celui-ci si ses archives sont retrouvées?

L’éphéméride de Félix Vitalis.

Nous avons déjà eu l’occasion de présenter les éphémérides tenus par Frédo Jourdan au siècle dernier et ceux de Richard Michel  voire Hyppolite Dépousier au XIX°. Félix Vitalis dit Félix le maréchal , lui, tenait des carnets  sur lesquels il notait tous ses travaux de ferronnerie ou maréchalerie cependant, au milieu de ses archives, Joël Honorat a trouvé la composition du conseil municipal sous la première mandature d’Alexandre Philip en 1945… nous vous en livrons la copie.

Un tampon d’importance

Sur ce tampon on peut lire « Mission luxembourgeoise de département » et au centre « Délégation régionale », sans oublier l’étoile à cinq branches !
Ce faux tampon fabriqué pendant l’occupation par un véritable Juste Fuvelain a permis à certains juifs de pouvoir s’expatrier vers le Luxembourg où ils pouvaient trouver un abri à la tyrannie nazie. Cet objet mérite une place de choix dans le musée virtuel fuvelain.

Le Docteur LAURENT

Anecdote triste et grave.

Nous sommes en 1944, année où les rafles sont une quasi-institution à Fuveau comme dans les villages environnants. Rafles de jeunes gens à emmener en camp de travail et rafles de familles juives. Au village, l’une d’elles reste mystérieuse, le docteur Laurent, Loran KIESELSTEIN, son épouse Berthe et leur fille ont adopté cette identité discrète avec des papiers parfaitement imités. Ils sont domiciliés au début de l’actuel chemin du Guignolet, sur l’avenue Alexandre Philip, à l’époque chemin de Gréasque, malheureusement quelques langues de Satan connaissent leur origine. Ils sont arrêtés par la gestapo et emmenés en camp de concentration, père d’un côté, mère et fille de l’autre. Un an plus tard, le père qui a réussi à s’évader revient au village, il y reste plus de six mois dans l’espoir de recevoir des nouvelles de sa famille. N’attendant plus rien, il en est reparti pour s’installer à Paris où il exerçait sa profession de médecin. Il est décédé en Corse le 29 décembre 1997. 
Dans un article publié sur le bulletin paroissial en avril 2002 et intitulé « Il y a-t-il eu des justes à Fuveau ? », Auguste Honorat avait détaillé l’histoire de cette famille. Leur toute jeune petite fille Madeleine, née le 09 octobre 1942, a également été raflée alors qu’elle était cachée chez une autre personne. Il y a donc eu au moins un juste, plutôt une juste, à Fuveau mais combien d’injustes et de lâches ? 
La famille Bielski et leur deux enfants domiciliés rue du Tuve ont subi le même sort. Nous avons retrouvé un vrai faux-tampon de l’époque fabriqué par un fuvelain et qui aurait permis à certains de s’exiler au Luxembourg.

Voici l’épilogue

Nous détenons le document qui prouve comment le maire Barthélémy Félix dit Bamban a dénoncé et fait arrêter le docteur Laurent par le plus odieux des stratagèmes, en lui donnant un rendez-vous à cinq heures du matin en mairie pour lui donner un soi-disant laisser-passer. Ce n’est pas ce fourbe collabo qui était là mais la Gestapo qui a emmené sans ménagement la famille vers les camps de la mort ! C’est bien trop grave et trop sordide pour que celui-ci soit publié.  L’avocat le plus habile de la place d’Aix à l’époque, payé à prix d’or, a su éviter à ce criminel d’être fusillé et il a pu finir sa vie en toute quiétude comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice… où de belles Fuvelaines aimaient à aller en pèlerinage..

.Et dire que cet assassin a été acquitté en s’offrant les services du meilleur avocat de la place d’Aix à l’époque!

Provence et Traditions

Le reposoir

Les Rogations, vieille fête de la France rurale tombée en désuétude, c’était  à Fuveau un véritable…

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Jambo

La traditionnelle fête du Caramentran (carême entrant) donnait lieu partout à des réjouissances diverses :…

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LES MAIRES DE FUVEAU

La liste des Maires de Fuveau de 1792 à nos jours. Il ya parfois des incohérences de dates, mais je vous laisse chercher les explications.

DEBUTFINNOMSFONCTION
2/12/17925/1/1793JOURDANMAIRE
01/179303/1793ISNARD JEANOFFICIER PUBLIC
06/01/179329/09/1793VITALIS J.LOUISMAIRE
04/179326/09/1793VITALIS JOSEPHOFFICIER PUBLIC
27/09/179330/11/1794LONG ANTOINEMAIRE
23/03/179410/1794DEPOUSIER HENRIMAIRE
06/179409/1794ISNARD JOSEPHOFFICIER PUBLIC
01/12/179410/01/1795VITALIS J.LOUISMAIRE
11/01/179529/11/1795SUZANNE JACQUESMAIRE
02/179509/1795BONNEFOYOFFICIER PUBLIC
25/02/179503/04/1795LAUGIER LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
04/04/179505/05/1795LONG ROCHPRESIDENT DU CONSEIL
06/05/179502/06/1795MICHEL ESPRITPRESIDENT DU CONSEIL
03/06/179528/06/1795VITALIS J.LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
29/06/179528/07/1795SUZANNE JACQUESPRESIDENT DU CONSEIL
29/07/179527/08/1795BARTHELEMY PIERREPRESIDENT DU CONSEIL
28/08/179501/03/1796LAUGIER LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
10/179512/1796LAUGIER LOUISADJOINT COMMUNAL
30/11/179524/02/1795BARTHELEMY PIERREPRESIDENT DU CONSEIL
03/179622/03/1798BARTHELEMY LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
02/03/179603/1796LONG ROCHPRESIDENT DU CONSEIL
01/179704/1798BLANC JOSEPHFAISANT FONCTION D’OFFICIER PUBLIC
03/03/179829/05/1800VITALIS J.LOUISMAIRE
05/179810/1800MALLEN ANTOINEFAISANT FONCTION D’OFFICIER PUBLIC
30/05/180003/01/1804BARTHELEMYMAIRE
11/180012/1803BARTHELEMY LOUISMAIRE
01/180402/1815VITALISMAIRE
03/181507/1816SUZANNEMAIRE
11/05/181718/02/1826CASSAGNE GUILLAUMEMAIRE
02/182610/1831GRAS JOSEPHADJOINT MAIRE
19/02/182617/12/1831DEPOUSIER FRANC.HILAIREADJOINT MAIRE
11/183105/1833LONG JOSEPHADJOINT MAIRE
18/12/183113/05/1833ETIENNE J.BAPTISTEMAIRE
14/05/183310/10/1840LONG JOSEPHMAIRE
11/10/184021/11/1848MENUT PHILIPPEMAIRE
22/11/184023/09/1848BARTHELEMY TOUSSAINTMAIRE
24/09/184817/06/1849SUZANNE JOSEPHMAIRE
18/026/184916/09/1865D’HUPAYS J.BAPT. FR. XAVIERMAIRE
07/184902/1862GRIMAUD HYPOLITEADJOINT MAIRE
03/18621863LONG MARIUSADJOINT MAIRE
1863D’HUPAYS MARIE
17/09/18651870DEPOUSIER SYFFRIEN EUSTACHE
18701870DENARE PIERREPRESIDENT DE LA COMMUNE
187001/1871DEPOUSIER SIFFRIEN
01/187112/1882LONG MARIUS
08/09/18951903BARTHELEMY CESAR
18851886DEPOISIER
08/09/18951903BARTHELEMY ALBERT CELESTINMAIRE
03/19031907LONG EUGENEMAIRE
1908 et AVANT16/04/1910BARTHELEMY LOUISMAIRE
17/04/191009/12/1919DAVID FRANCOISMAIRE
04/19131919BOURRELLY ALPHONSE LEZIN
19191922VIDAL VICTOR PAULIN
10/12/191916/05/1925BARTHELEMY CELESTINMAIRE
17/05/192518/05/1929ETIENNE JULES MARIUSMAIRE
19/05/192926/07/1930SENES TOUSSAINTMAIRE
27/07/193318/05/1935COULOMB THEOPHILEMAIRE
19/05/193530/12/1939BELLON PAULMAIRE
12/193901/1941BOURELY JOSEPH VIRGILEMAIRE
30/01/194119/08/1941BARTHELEMY FELIXMAIRE
18/08/194420/08/1944DIGNE MAURICEMAIRE NOMME PAR LES FORCES AMERICAINES
20/08/194418/05/1945PHILIP ALEXANDRE HONOREPRESIDENT DE LA DELEGATION MUNICIPALE
19/05/194502/12/1970PHILIP ALEXANDRE HONOREMAIRE
03/197103/1977GUIGET MAXMAIRE
03/19771991DUTOUR RENEMAIRE
199103/2001ANDRIEUX JEAN PIERREMAIRE
01/03/200112/2013BONFILLON JEANMAIRE
12/201304/07/2020ROUBAUD LHEN HELENEMAIRE
04/07/2020EN COURSBONFILLON CHIAVASSA BEATRICEMAIRE

Nouveau site archéologique

Ceux qui ont lu les deux  » bibles  » d’histoire locale que sont le livre de l’abbé Chaillan et celui de Michel Colon n’ont pas pu avoir connaissance d’un petit site archéologique se trouvant au quartier du Puget puisque l’invention de celui-ci est postérieure à l’écriture de ces ouvrages.

A peu de distance du pont sur l’Arc, déjà connu, dont les substructions sont antiques, les structures basses d’un four de tuilier ont été mises au jour au cours de travaux d’excavation. La DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) immédiatement prévenue a pu en son temps procéder a des relevés conservatoires et des fouilles de sauvetage pour donner au propriétaire des lieux un maximum d’explications ainsi que ses conclusions sur l’originale et intéressante découverte.

Différents matériels ont permis de dater approximativement la période entre le premier et le cinquième siècle de notre ère dans l’attente d’une fouille exhaustive. Certains tessons de tuiles portent un cartouche en forme de fer à cheval permettant de lire  » P.FURIROGATI « , en clair Publius Furius Rogatus.

Il est possible de dire que probablement, nous avons là le plus vieux nom de famille attesté sur Fuveau  !

Ces mêmes tessons comportent aussi des poinçonnages à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

" P.FURIROGATI ", en clair Publius Furius Rogatus.
poinçonnage à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

Fuveau dans « Le boulanger de Valorgue »

Pendant l’automne 1952, Henri Verneuil réalise « Le boulanger de Valorgue » avec Fernandel. Principalement tournées à Mimet, certaines scènes le sont à Fuveau censé représenter un village italien. Quelques images extraites de ce film avec de nombreux figurants locaux font partie de notre patrimoine et du petit musée virtuel.

Dans la rue du Figuier, juste après le Cercle Saint-Michel. L’immeuble de droite est la maison natale de Barthélémy Niollon.

Fernandel dans la rue du Figuier, juste après le Cercle Saint-Michel
Sous la porte de Bassac

Sous la porte de Bassac, la porte ouverte était celle de l’épicerie Poli.

Devant la porte de Bassac dans l’actuelle rue Barthélémy Niollon avec vue sur  le quartier de La Bégude, la ferme de la Bégude en haut à droite, le quartier du Jas de Bassas et le Pilon du Roy au fond. On voit aussi la gare de Fuveau dans les arbres au centre de l’image. Dans le film Fernandel débarque dans une gare d’Italie, ce n’est pas celle de Fuveau contrairement à des idées reçues mais celle de Simiane.

Toujours rue Barthélémy Niollon en continuant vers la chapelle Saint-Roch, la largeur de la rue est fortement diminuée par le décor d’une fausse treille. Parmi les figurants : René Vincis, Simone Vincis, Paragalo et Noël lou cantaïre.

Sous la fausse treille mais dans l’autre sens. L’enfant qui serre Fernandel est Pépino Tripodi par la suite surnommé Vedette par ses camarades, la grande fille est Marie-Antoinette De Lorenzo.

Arrivée à la campagne avec Fuveau en fond de décor. Le berceau  avait été prété par Cécile Giraud, il a été celui de Michel Giraud.

Toujours à la bastide avec le cheval de Pierre Benoît et en fond les moutons de Pierre Beltrando dit Mesté Péire.

Ici, le passage du troupeau emmené par Pierre Beltrando dit Mesté Pèire.

Un dernier regard sur la bergerie de Pierre Beltrando vue de sa cour. Cette bergerie actuellement transformée en habitation était la dernière construction à droite, sur la route de Châteauneuf, juste avant l’ancienne station d’épuration, presque en face du chemin de Roque Martine. Nous devons préciser que la plus grande partie de cette scène champêtre avait été tournée à la Bastide des Beaumouilles, route de Rousset.

Souvenirs d’inaugurations

Inauguration du Monument aux Morts

Monument aux Morts

Un moment précis, émouvant et important de l’histoire du village saisi en deux photos et détaillé dans l’article paru le 31 juillet 1921 dans le journal La Croix de Provence, reproduit ci-dessous. Remarque : les sociétés les plus représentées sur les photos sont la S.S.P.J et le Cercle Philharmonique.

Fuveau-  L’inauguration du Monument aux Morts de la Grande Guerre à eu lieu le 17 juillet.
Le cortège formé dans la Grande rue se rend par le Cours à la place de la Victoire et se compose de diverses sociétés de Fuveau et d’une grande partie de la population.
Dans le monde officiel nous avons remarqué:
Mr le Maire et Mr le Curé, Mr Victorin Vidal, président du Comité, une délégation du Conseil Municipal, Mrs Bergeon, sénateur, Barret, Conseiller général, Bompère, conseiller d’arrondissement et maire de Trets, Boi, maire de Gréasque, Pourquier, châtelain de Château-l’Arc.
La Philharmonique joue pendant le parcours un pas redoublé puis sur la place de la Victoire exécute divers morceaux religieusement écoutés. Divers discours sont prononcés, que nous regrettons de ne pouvoir résumer, par Mr Vidal, Mr le Dr Barthélémy, Mr Gauthier, président des mutilés et par MMrs Bergeon et Barret. C’est au milieu de l’émotion générale que s’achève ce dernier discours.
Le cortège se reforme et se rend au Cercle Philharmonique où un apéritif d’honneur est servi aux membres du Comité et à leurs invités.

Sous les ponts de Fuveau

Voici le plus ancien des ponts se situant sur notre commune, il a été rénové au cours des siècles mais De Gérin Ricard et Arnaud d’Agnel dans « Antiquités de la vallée de l’Arc »  nous confirment que ses substructions sont antiques. Notre rivière coule maintenant à une trentaine de mètres de celui-ci et il n’a plus qu’une fonction décorative à l’intérieur d’une propriété privée. Autrefois visible depuis la nationale 96 lorsque l’on passait le pont qui lui a succédé vers 1803, il est maintenant caché par la végétation, il suffit cependant pour l’admirer de se rendre dans la propriété, le maître des lieux n’est pas hostile aux visites. L’abbé Chaillan nous apprend que ce pont a été réparé acec la participation de la communauté de Meyreuil en 1806. Il a aussi été détruit au mois de ventôse an V, soit en mars 1797, puisqu’il a fallu mettre des planches pour faire passer une troupe.  

Pour le plaisir des yeux, la version colorisée de la carte postale ci-dessous.

Appelé pont du Grand Vallat (vallat=ruisseau en provençal), par l’éditeur de la carte postale, ce n’était certainement pas le nom retenu par les gens du village car il y avait bien d’autres ponts sur ce ruisseau dénommé l’Alic jusque dans les années 1850. L’appellation la plus courante était le Pont des Frères car voici un siècle, l’actuelle Maison pour Tous qui se trouve à proximité était une école religieuse tenue par des Frères maristes dont un certain frère Rodrigue était réputé pour sa rigueur. Le pont « récent » au deuxième plan a été bâti  par Benoît Barthélémy dit Mameluk en 1862. L’un des itinéraires de détente des villageois était un circuit qu’ils appelaient  « le tour des Frères » consistant à passer devant l’actuelle Maison pour Tous, passé le pont des Frères, ils allaient vers le pont du lavoir pour remonter vers le village coté est. Le trafic automobile a fait que cette sympathique habitude s’est perdue. Lorsque l’ancien pont (au premier plan) a été remplacé par le pont actuel , une bergerie dite « Bergerie de Bégude » avait été construite sur le vieux pont et on parlait souvent du « Pont de Bégude » pour le différencier du nouveau « Pont des Frères ». Ce   pont pourrait être vieux de sept siècles.

Vieille photo du Pont de Bégude sous la neige prise à partir du nouveau pont. A gauche, la bergerie de Bégude à ne pas confondre avec la ferme de la Bégude sur la RN 96. Bégude dans ce cas était le surnom du berger. Ce cliché nous a été aimablement confié par le docteur Kerbastar.

C’est surprenant mais ce pont existe toujours enfoui sous la végétation.  On pourrait croire qu’il s’agit du pont à proximité du terrain de basket visible au départ de la rue Scudo, il n’en est rien. Bien que construit quasiment sur les mêmes plans   il s’agit en fait d’un pont qui enjambe le ruisseau de la Foux sur la route de Belcodène à 1 km environ de la sortie du village, il suffit de regarder voire de compter les moellons pour s’en assurer.

Le pont du Lavoir, ici vu de la rue Rondet n’a pas changé depuis la carte postale (1906), le tracé des routes de Châteauneuf et de Rousset non plus, seules les nouvelles constructions sont venues désordonnancer ce paisible paysage. Ce pont a moins de 150 ans, nous devons préciser que sur le cadastre de Napoléon, le début de la route de Rousset n’existait pas : à partir de Fuveau on prenait la route de Châteauneuf et pour obliquer vers Rousset, on traversait à gué au niveau du Vallon, face au chemin de Vilaret, ce gué n’a pas changé aujourd’hui.

Ce petit pont dit « Pont des Tilleuls » est détruit, il agrémentait les jardins de Château l’Arc lorsque les lieux étaient propriété de la famille de Jessé Charleval.

Un pont sous l’ancienne voie ferrée essentiellement destiné à l’écoulement des eaux, lui aussi a été immortalisé sur carte postale. L’éditeur n’est autre que P.Ruat, un grand nom de l’édition marseillaise.

Vue unique provenant du fond Pirozelli avec ce Pont du Jas de Bassas entre l’ancien passage à niveau et la RN 96 avec en fond l’actuelle maison Robin dont la remise est démolie.

Ne quittons pas cette rubrique sans la photo actuelle des Trois Ponts. Le nom qui leur est donné ne fait pas preuve d’une imagination débordante néanmoins cet ouvrage est de loin le plus grand en matière de ponts à Fuveau. Il permet le passage de la voie (un jour réhabilitée ?) Gardanne-Carnoules pour franchir le vallon et le ruisseau du Grand Vallat au niveau du chemin de La Potasse.

Le Cercle Philharmonique de Fuveau

Lors de sa fondation cette association était en concurrence avec un autre groupe philharmonique rapidement disparu : l’Orphéon des Compères. Son siège était Boulevard Loubet, là où se trouve aujourd’hui le Petit Casino. Des dizaines de jeunes ont reçu une éducation musicale grâce à ses bénévoles dont le dernier chef d’orchestre Guérin Marchi : une avenue du village porte son nom.

Voici un document édité en 1935 à l’occasion du centenaire de cette association alors florissante. Il comporte 32 pages.

Outre les concerts, les banquets étaient tout aussi remarquables. Voici le menu qui a été servi à cette occasion.

Ci-dessous une image-souvenir des 75 ans.

Et voici une partie de l’effectif en 1890.

Société Philharmonique Fuvelaine début du XXème

Un document philatélique

Le document reproduit ci-dessous, vieux seulement de moins de trente ans, fait d’ores et déjà partie du patrimoine et même de l’histoire du village. Comme cela est clairement indiqué dessus, c’est une carte oblitérée du jour de l’inauguration de la flamme (15/07/1983) que tous les envois expédiés de Fuveau ont porté à travers le monde pendant une dizaine d’années. Outre l’intérêt documentaire, la valeur philatélique de cette carte pour ceux qui l’ont conservée est certaine.

Une tentative par le comité des foires en 1994

Plus de possibilité de flamme maintenant maintenant mais elle est relayée par le prêt à poster.

… Et si vous voulez trouver un timbre oblitéré à Fuveau voici un siècle et demi,

Découvert dans une vente, ce timbre oblitéré à Fuveau entre 1862 et 1876 qui n’est certainement pas sans valeur.
Il part d’office vers le musée virtuel et vers la page philathélique.

Il faut préciser qu’à cette époque, les départements n’avaient pas la même numérotation qu’aujourd’hui et que des numéros de 1 à 5000 avaient été attribués à différents bureaux de poste en France et Fuveau avait hérité du 4837.

Vieilles photos uniques avec commentaires

Il ne s’agit pas là de cartes postales mais de photos ou de croquis d’époque, documents rares et exceptionnels. 

Ci-dessus, une photo très rare dont l’original a une cote très élevée chez les collectionneurs. Elle a été prise en février 1906 lors de la visite du ministre des colonies venu visiter l’Exposition coloniale de Marseille, il en avait profité pour inaugurer officiellement la gare de Fuveau.

Ci-dessus, la seule photo existante de l’ancienne Chapelle des Pénitents. Elle datait du début du seizième et se situait sur le coté nord de la place Verminck faisant donc face à l’actuelle église. Pour les besoins d’aménagement de la place et surtout pour faciliter l’érection de la statue de Charles Verminck père, elle fut détruite en 1902. Ci-dessous un croquis de ce même édifice.
Ce cliché est dû à Marius Blanc, père du populaire Marcel « Cabanon ».

Ce croquis est vraisemblablement antérieur à la photo, seul autre document pouvant donner une idée des dimensions ainsi que de l’état de ladite chapelle dans ses dernières années.

Et que dites-vous de ce document vieux d’un siècle, certes pris à Gréasque, avec les conscrits posant dans et sur le car de Pétoulié, premier service de car régulier au village ?

Frédéric Long dit Pétoulié, souvent évoqué par les vieux du village pour avoir géré et développé les services de transports en commun de Fuveau au début du siècle dernier, d’abord avec une diligence à trois chevaux ensuite avec ses cars qui ont sillonné le bassin minier puis jusqu’à Aix et Marseille.   

Ici sur le cours Mirabeau à Aix avec un modèle « récent » !

Une photo unique de la rue du Château Vert aux alentours de 1920 ainsi nommée pour la vue qu’elle offrait sur la propriété de Mr Verminck fils, actuellement fort décrépite, considérée à l’époque comme un château.

Autre photo rare voire unique, le bas de la rue de la République dont un immeuble était occupé par un atelier de charron pendant une large moitié du début du XXème siècle.

Cette photo due à Marius Blanc, père du populaire Marcel Blanc, date de 1899 elle est prise rue du Nord au niveau de l’actuelle menuiserie Véra et met en scène une partie de boules pour hommes moustachus et endimanchés.

Le 16 avril 1883, bénédiction du puits 15 dit puits Lhuillier dont l’installation avait commencé en février 1881. Il se situait à gauche de la RN 96 au niveau de l’ancienne voie ferrée.

Ci-dessus, le puits Lhuillier déjà abandonné entre les deux guerres. Il servit de cache pour les armes de bien des fuvelains pendant l’occupation.

Une photo du Puits Lhuillier prise de l’autre côté. Collection de Monsieur Magère à Gréasque.

Une photo unique et inédite de la scierie Séverin Bernard quartier du Vallon, actuellement campagne la Solaire. Deux autres photos plus connues sont dans la rubrique « Autres cartes postales ».

Cette photo prise en 1961 concerne les communiants nés en 1949. Elle est prise dans la cour de la Maison pour Tous, à cette époque Ecole libre Sainte-Barbe.
Elle n’aurait qu’un intérêt anecdotique si la vierge que nous voyons au second plan n’avait pas été transportée en 1981 dans la cour de l’actuelle Ecole Sainte-Marie. Il faut savoir que cette Vierge était indulgenciée en dépit des querelles survenues sous le pontificat du pape Léon X. 

Cette photo, vraisemblablement due à Marius Blanc est unique et particulièrement intéressante. Prise dans les dernières années du XIXème siècle, elle nous montre la face sud du château des Peysonnel avant que celle-ci ne soit masquée par la construction de la salle de théâtre du cercle Saint-Michel. Elle éclaire le patrimoine du village d’un nouveau jour. A gauche du cercle, la porte de Bassac.

L’école publique en 1888.  Institutrice Madame Mathilde. (Collection Madame Auburtin).

Vers 1890, un groupe de femmes posant dans leur plus belle tenue.

Lou destré, c’est le nom provençal d’un pressoir à huile portatif.

Les deux derniers pénitents de Fuveau, Richard Michel et Fidèle Barthélémy sur cette photo vieille d’à peine plus de 100 ans. Pour plus de détails, cliquez sur le cliché de Louis Blanc, photographe du village à la fin du dix-neuvième siècle.

Une photo de classe de 1926 prise dans la cour de l’école Sainte-Marie. Elle rappelle le souvenir d’une dévote institutrice qui fut un personnage marquant du village : Mademoiselle Marthe Colle, elle exerçait alors que Mademoiselle Maurin était directrice. Des familles pourront y voir aussi: Olga Paragalo, Zize Arnaud, Nénette Roubaud, Effisia Masia, Marie-Jeanne Long, Thérèse Vitalis, Mireille Blanc (Malet), Arlette Roubaud (Loï), Irène Agostini, Denise Bourrelly, Clairette Darieux, Marie-Annie Mosca, Fernande Deleuil, Andrée Silvy (Roubaud).

Voilà ceux qui faisaient l’ambiance du village dans les années 50 époque du grand succès des concours de belote.

Une gravure d’époque intéressante sur laquelle nous remarquons le chemin menant directement de la Place Neuve (Monument aux Morts) jusqu’à la station de pompage dite « de la Galerie » d’où le nom de l’actuelle salle de la Galerie située une centaine de mètres plus haut.

Tout près de la source de la Casserole, voici le passage à niveau du Jas de Bassas pris dans l’hiver 1954 avec au premier plan la garde-barrière Madame Casucci. La maisonnette est toujours debout actuellement mais entièrement ceinturée d’immeubles. Qui aurait pensé à photographier un passage à niveau à l’époque ? La photo est donc un document unique.

La plus ancienne photo décortiquée

Voici l’épreuve photographique la plus ancienne qui soit connue sur Fuveau.
Cette vue générale prise du lieu-dit L’aire de Lagier près de l’actuel cimetière date de 1865, le clocher est encore surmonté d’un pignon. 

Ci-dessous, le clocher scanné à 2400 PPP. Surprise, à l’origine il comportait un clocheton supérieur de belle facture. Cette découverte est due à Joël Honorat.

En complément de la photo précédente, ci-dessus un photo quasiment contemporaine où le clocher est surmonté du dôme.
Elle est prise depuis le chemin de Masse.

Georges Roubaud (sept 2013)

Nul n’est prophète en son pays dit-on. Si Georges Roubaud est né à Fuveau au 6 rue de l’Ecole, maintenant rue du Docteur Defaix, ordonné prêtre en l’église de Fuveau, c’est essentiellement en Arles et dans les hameaux environnants qu’il a vécu. Un rond-point qui est dédié à sa mémoire à proximité de Raphèle rappelle son souvenir ainsi que la place de l’église de Mas-Thibert maintenant place Georges Roubaud.
Certes nous sommes dans l’histoire très contemporaine mais nous nous devons de conserver la mémoire de ce Fuvelain hors normes.

Georges Roubaud (1948-2006)
Place Georges Roubaud, Arles

Histoire de cloches (mai 2014)

Voici, retrouvé dans des archives dont nous ignorons la provenance, ce qui peut être considéré comme la petite histoire des cloches de Fuveau.

Et ci-dessus pour conclure, voici la dernière cloche installée inaugurée dans les années 70 par l’abbé Grimonpont. Pour sa fabrication, c’est le bronze de l’ancien bourdon (qui était fendu) qui a été utilisé. Une souscription auprès des paroissiens a permis son financement.

Ida Michel (août 2014)

Après Georges Roubaud, (à Mas-Thibert)  voilà une deuxième citoyenne de Fuveau honorée hors du village en 2014 par son nom donné à un rond-point gardannais… nul n’est prophète en son pays.

Précisons que Ida qui fait l’unanimité dans le village depuis sa retraite est la veuve de Victorin Michel issu d’une très ancienne famille fuvelaine.

L’horloge des Rébuffat (septembre 2014)

Parmi la liste des héros Fuvelains de la Grande Guerre dont le nom est gravé sur le monument aux Morts figure celui de Lazare Rébuffat qui fut tué à quelques jours de l’armistice. Sa famille avait fait l’achat, quelques années auparavant de la superbe horloge à balancier que l’on peut admirer sur la photo ci-dessus. Par suite d’alliances et héritages, cette œuvre d’art (on peut la qualifier ainsi), s’est retrouvée pendant près d’un siècle à Salon-de-Provence où elle a été particulièrement bien entretenue. Le temps s’est égrené au son de son tic-tac et elle vient de revenir dans sa patrie de naissance : Fuveau. De fait, elle porte la signature de Daniel Grand, horloger qui exerçait ses talents au tout début du siècle dernier au niveau du 15 boulevard Loubet, il était issu d’une lignée d’horloger et c’est son fils Pierre Grand qui avait pris sa succession.
Elle prend sa place dans le musée virtuel !

Hauteur de gare (septembre 2014)

Cette photo n’a certainement aucune valeur artistique ni technique mais très vraisemblablement un intérêt patrimonial. Eh oui ! Après la récente inauguration de la table d’orientation dans le virage de la rue Rondet où la hauteur (au-dessus du niveau de la mer) est donnée à juste titre à 301 mètres, il nous a paru intéressant de signaler l’existence de cette pierre, pieusement conservée telle un relique mais bien peu mise en valeur sinon dévalorisée. On la trouve à son emplacement originel, à l’époque où elle indiquait in situ, la hauteur de l’ancienne gare qui elle, se trouvait à 254,4 mètres. Pour la trouver, un petit effort est nécessaire ! Il faut aller sur l’emplacement de la fontaine, place de l’Ancienne gare et là, monter prudemment sur le rond-point au niveau de la fontaine, face à l’avenue Célestin Barthélémy  et on trouve cette inscription qui tourne le dos à l’avenue ! C’est une bien modeste relique quasi invisible de notre patrimoine local  dans une position peu académique!

La fille du puisatier (octobre 2014)

Film tourné en 1940  (ne pas confondre avec la version récente), cette œuvre de Pagnol dont une partie, à partir de 1 h 40, se passe à Fuveau a réellement été tournée sur notre commune, précisément près de l’ancien lavoir sur la rive droite du Grand Vallat, près d’une noria visible dans le film. Elle est aujourd’hui détruite et se trouve enfouie sous deux villas récentes. Diverses anecdotes relatives au tournage nous ont été relatées par Médée Agostini ainsi que par Françoise Ozimina. Nous avons pu savoir que toute l’équipe de tournage, acteurs et équipe technique confondus mangeait chez « Madame Alfrédo », l’actuel Bar du Cours. Si dans le film, Raimu porte le nom d’Amoretti, c’était celui de Monsieur Amoretti, pharmacien du village à cette époque qui, comme Pagnol, avait été élève au lycée Thiers à Marseille. De plus Pagnol avait également connu le père de Monsieur Amoretti, rencontré dans les bars du quartier de la Plaine à Marseille.

Du mouron pour les petits oiseaux

Décidément, Fuveau fut un village « cinégénique ». Après Fernandel dans Le boulanger de Valorgue d’Henri Verneuil en 1953, voici Paul Meurisse dans « Du mouron pour les petits oiseaux » de Marcel Carné en 1963. Monsieur Armand, Paul Meurisse, dans sa fuite vers la Cote d’Azur, est coincé par un troupeau de moutons fuvelain !
Le troupeau était celui de Roger Roubaud et le berger que l’on voit de dos était Louis Guasco. Pour l’anecdote, à l’époque, personne n’avait été payé mais au retour à la bergerie, moutons et berger avaient trouvé un gros camion de foin envoyé par les bons soins du réalisateur.
Et pour l’anecdote bis, nous remercions le cinéphile chti et anonyme qui nous a adressé les trois photos ci-dessous. Pour une anecdote ter, le jour du tournage, Henri Verneui, qui était chauve, s’est fait traiter de testo pélado, tête pelée, par le berger qui en avait marre de manier ses moutons pour une caméra.

Sur la bande originale, cette scène est visible à 1h38.

Un apophtegme (nov 2014)

Sans parler de mot historique, une phrase mémorable a été prononcée à Château-l’Arc, peut-être un apophtegme qui est parvenu jusqu’à nous.
Pendant une bonne moitié du dix-septième siècle, Joseph Ignace de Boutassy régnait sur le domaine de Château-l’Arc dénommé Château Lar en ce temps là. Il avait épousé une maîtresse-femme en la personne de Gabrielle Marguerite de Guérin du Castellet. Celle-ci lui réclamait régulièrement la construction d’un château qui soit bien à elle.
Il s’exécuta ou crut s’exécuter en construisant l’actuel domaine de Vaublanc sur une terre très voisine du Château que l’on atteint par le haut du parc du château justement aux allées de Vaublanc, domaine agricole présentant trois étages et toujours visible (pour combien de temps ?). C’était une grande et belle ferme aux allures imposantes qui, à coup sûr, aurait pu apporter de belles rentes à sa propriétaire. Mais la Dame voulait un Château. En guise de remerciement pour ce royal cadeau elle eut cette phrase mémorable exprimée dans le provençal de l’époque : « Voulieu un castéou, m’as fa un pouciou » Je voulais un château, vous m’avez fait une porcherie…

Gabrielle Marguerite de GUERIN du CASTELLET décédée en 1781, épouse le 26 décembre 1714 en l’église cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, (Charles) Joseph (Ignace) de BOUTASSY dit le marquis du Castellet, seigneur de Château-l’Arc, Fuveau et Rousset, conseiller au parlement de Provence (1713), né à Marseille le 6 juin 1690, fils de feu Louis, écuyer de Marseille, et de Marquise de BERNIER, en présence d’Antoine Bioulès notaire royal d’Aix, Joseph Isnardy, procureur au siège sénéchal d’Aix, Blaise Gros, et François Gaillardon, de Trets. Il est inhumé aux Minimes d’Aix le 30 novembre 1780.

H  Joseph-Ignace de BOUTASSY-GUÉRIN

  • Né le 6 juin 1690 – Marseille, 13000, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France
  • Décédé le 30 novembre 1780 – Les Minimes, – Aix-en-Provence, 13100, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France, à l’âge de 90 ans
  • Sieur de Fuveau et de Rousset, Marquis de Châteaulare, Conseiller au Parlement de Provence (13-10-1713),
  • Marié avec Marguerite Gabrielle de GUÉRIN de ROUSSET

    Pompiers au Riéret (février 2015)

    Avant que la caserne des pompiers ne soit transférée à son emplacement actuel, avenue de Lattre de Tassigny, celle-ci, bien plus modeste en son temps se nichait dans les années 50 dans la traverse du Riéret. Voici une photo « in situ »  sur laquelle nous pourrons reconnaître nos héros de l’époque Démontès (Casca) Mouron, Richier, Bourelly (Saguiche) Marsiglia (Peynier), Bousquier, Séréno, Cernoia (Poupou), Giusti, Pagliardini et Polloni (Paulet)

    Piano du Philharmonique (avril 2015)

    Heureuse époque du début des années 60 où chômage, directives européennes et autre contrariété étaient inconnus à Fuveau. Pour un permis de construire en ce temps, une tournée générale au Cercle Philharmonique (actuel Petit Casino) ou au Bar des Joyeux voire au Café du Cours permettait de simplifier au maximum les formalités administratives (que personne ne s’inquiète, il y a largement prescription). C’est aussi  à cette époque que la disparition du dernier chef d’orchestre Guérin Marchi a entrainé la disparition de l’activité philharmonique. De ce fait, le superbe piano d’époque Louis-Philippe utilisé par des générations de musiciens a croupi au premier étage du Cercle Philharmonique. Il a donc été donné à un amateur par le maire de l’époque, le regretté Alexandre Philip, en échange de quelques pastis. Nous avons pu retrouver la photo de ce superbe instrument chargé d’histoire ! Nous le plaçons dans le Petit Musée Virtuel !

    Pour confirmer la popularité du maire de l’époque, Alexandre Philip, j’ajoute une petite anecdote très personnelle. Lors d’un concours de boules de la Saint-Jean, je me retrouve en demi-finale. J’étais équipé à l’excellent Senoch Giraud (Séno) face à Alexandre Philip équipé au bouillonnant Alphonse Polichetti (Nabo). La galerie était impressionnante des deux côtés du jeu sur deux ou trois rangées. Les tireurs (Séno et Nabo) alignaient carreaux sur carreaux mais chaque fois que le maire pointait, que son appoint soit correct ou moins bon, tout le monde applaudissait. Qu’importe le résultat final !

    Lou pegau (mai 2015)

    Au début du siècle dernier, François Barthélémy dit Tchoi, découvre sur sa propriété, quartier de la Grand’Bastide, au cours d’un labour, les substructions d’un établissement datant vraisemblablement du bas-empire romain. C’est tout près de la bastide dite de Mime. Juste à côté, un puits comblé depuis bien longtemps est mis au jour. Il se met à fouiller le puits et trouve au fond un vase de terre en forme d’onochoé en parfait état que ses descendants ont reverni et conservé jusqu’à ce jour. Nous avons pu photographier ce trésor du patrimoine de Fuveau que nous avons plaisir à vous présenter. Quelques pièces provenant de ce site font partie du fond conservé par le musée Granet à Aix. Précisons qu’en provençal, le pegau désigne un vase destiné à servir le vin.

    Livre de raison de Bonfillon (juillet 2015)

    Que ce soit sous forme d’éphéméride, de diurnal ou de véritable livre de raison, ils ont été  nombreux à Fuveau, ceux qui ont laissé leur journal essentiellement au cours du XIXe siècle. Leur famille les a souvent conservé. Nous avons pu retrouver et scanner entre autres celui de Frédo Jourdan, celui de Dépousier dit Capéou, celui de Richard Michel et plus récemment, celui de Bonfillon que l’on trouve dans la famille de Roger Bonfillon. Pour ce dernier, si seulement une trentaine de pages ont pu arriver jusqu’à nous, il nous rapproche de la grande histoire avec des critiques sur les démêlés de Bonaparte avec la communauté marseillaise. Le reste de cette archive consiste en des problèmes de math que l’auteur se posait à lui-même.
    Ci-dessous, deux pages qui prouvent que le Petit Caporal n’était pas chez nous en odeur de sainteté.

    Fuvéu,pitchoun villagi… (sept 2015)

    Il était courant voici plus d’un siècle de trouver des plaisanteries sur les villages voisins en voici  un florilège loin d’être exhaustif pour en venir à Fuveau.

    Iéu siou d’Auriòu, m’en trùfi (Je suis d’Auriol, je m’en moque !)

    À Pourrièro, se metton à dous per porta un téule (À Pourrières, ils se mettent à deux pour porter une tuile)

    Li gent de La Ciéutat, amon mai tout que la mita (Les gens de La Ciotat préfèrent tout que la moitié)

    Au Martegue, dous fan mai qu’un (Aux Martigues, deux font plus qu’un)

    À la Diauto, pagon per lei régret (À La Diote, ils paient pour chanter les regrets aux enterrements)

    Même une en français : les hommes, c’est comme les poêlons d’Aubagne, ils périssent tous par la queue.

    Et pour Fuveau alors ?

    Fuvéu, pitchoun villagi, grand bordéu

    L’explication est sur la photo. Dans les années 1890 et suivantes, le café-hôtel Frégier avait une certaine réputation loin d’être usurpée. À l’entrée de l’établissement, l’arbre qui était planté était un jujubier et ça n’était pas par hasard. En provençal, une jujube se disait « chichourlo » et une chichourlo, c’était une dame que nous dirons avenante ; à l’étage, elles ne manquaient pas. Le propriétaire, bravant toutes les injonctions et procès-verbaux qui lui étaient dressés n’en faisait qu’à sa tête  et faisait fructifier son commerce. On venait d’assez loin pour y rencontrer ces dames, on dit même que le célèbre abbé Saunière, y faisait un détour quand il se rendait en pèlerinage à la Sainte-Baume. Dès lors, ce dicton collait aux basques de Fuveau.

    Les Jeux Olympiques (nov 2015)

    Eh oui ! Organisés conjointement dans les communes de Fuveau et Cadolive, nous avons eu, au début du siècle dernier, nos Jeux Olympiques à nous, précisément en 1924. Malheureusement, il ne reste aucune archive à ce sujet et les photos ci-dessous sont à notre connaissance uniques.
    Selon les documents à notre connaissance, au moins quatre épreuves se sont disputées : football, saut à la perche et course à pied, triple saut.

    Voici l’épreuve de saut à la perche disputée à Cadolive et remportée haut-la-main par  le fuvelain Albert Bianchi.
    Marius Barthélémy dit Mimi Calous également triple sauteur a gagné dans cette spécialité.

    L’épreuve de course à pied quant à elle s’est disputée à Fuveau sur le terrain qui est l’actuelle cour de l’école Sainte-Marie.
    Le coureur qui est en tête porte le maillot de la S.S.P.J.

    Voici le classement : : 1/ Fernand Nicolas 2/ Albert Bianchi 3/ Antoine Moustier

    Alerto ! Alerto ! (janvier 2016)

    Depuis plus d’un siècle et demi, le Cercle Saint-Michel présente la pastorale Maurel dans sa salle de théâtre de la rue du Figuier et parfois en d’autres lieux à l’époque de Noël. Les autres troupes régionales qui font de même ont chacune leur mise en scène particulière et chacune à sa guise retranche certaines scènes à cause de la longueur de l’œuvre, chacune  ajoute aussi par rapport au livret d’origine d’Antoine Maurel une spécificité locale, très souvent l’air de la Coupo Santo qui n’a rien à voir avec une pastorale quoique l’air de l’adoration de Roustido (À miejo-nue sounado ») soit celui de la Coupo Santo.
     Une des particularités fuvelaines, c’est la scène du couteau qui coupe mal dans l’acte de la ferme, invention sympathique mais strictement locale.
    On pourra y ajouter le nom de Pistachié transformé localement en Cougourdié à la demande expresse de l’abbé Moisan curé du village de1904 à 1944.
    Et puis, voici « l’ Alerto » un chant exécuté par des bergers sur une musique vraiment sublime.
    Originalité: ce chant ne figure pas dans le livret d’origine mais seulement dans une version augmentée beaucoup plus tardive. Il est très vraisemblable que la musique a été composée par un fuvelain, antérieurement à 1920 mais qui en est le génial auteur ? Mystère… Peut-être Charles Baret chef de musique à l’époque, peut-être Constant Chayne éminent musicologue en son temps ??

    Vincent FLO fusains et poème (février 2016)

    Voici deux fusains totalement inédits dus à Charles Faure-Vincent plus connu sous son pseudonyme de Vincent Flo et souvent appelé Charlot par les amis. Il nous est agréable de les faire connaître sur cette page afin de perpétuer la mémoire de cet artiste fuvelain, comédien et auteur hors-pair dont la plus grande partie des oeuvres sont malheureusement égarées.

    Hippolyte et Compagnie – Réséda – Le gang des trottinettes noires – Coup de Mistral – Rock and roll – Oh! Bonne mère – Comme la lune – Les bijoux de l’Abbé Gomme – Les cornes de Clocheville – Les trois mousses à terre – Feu fu-tu.

    Par chance nous avons pu retrouver et copier un poème, écrit sur un brouillon, il l’avait déclamé au cours d’un repas amical et avait fait l’admiration de tous les convives.

    Pour la compréhension de la fin du texte, il faut préciser que sa fille aînée est mariée au fils du premier adjoint de la mandature Philip : Lazare Richier.

    Requête à la municipalité par Vincent Flo

    Nous sommes en 1960
    Depuis déjà pas mal de mois
    Le mécontentement augmente
    Et vous allez savoir pourquoi.
    Car on le dit comme on le pense,
    Ça gaze plus, vraiment c’est trop,
    Pour mettre un terme à nos souffrances,
    Faut un château d’eau à Fuveau.
    Comment voulez-vous qu’on se lave,
    Les vieux quartiers sont privés d’eau,
    Elle arrive pas à la cave,
    Alors plus haut, macache bono.
    Ah, je sais, vous allez me dire
    « Dans le temps, on s’en contentait »
    Mais les temps ont changé, Messire
    Maintenant, on veut se laver !
    Dans le temps de la Déveulière,
    On venait à pieds… ma chère
    Pour chasser la noire poussière,
    Dans la cuisine on se lavait.
    On posait sur un seau, peuchère,
    Un tian bien souvent ébréché.
    Lou « peiróu » à la crémaillère
    Était plein d’eau chaude fumée.
    Croyez-vous que c’était pratique ?
    C’est pourquoi ce soir, tout de go,
    Je vous adresse ma supplique,
    Faut un château d’eau à Fuveau .

    Oh, je sais très bien que naguère,
    Les gens ne se lavaient pas trop
    Oui mais depuis, y a eu les guerres
    Et le progrès plus qu’il n’en faut.
    Je me souviens que ma grand-mère
    Une fois par an s’en allait,
    Á Aix aux bains de la Monnaie,
    Car il faut que je le raconte,
    Car c’est trop drôle, jugez-en,
    Ça vaut bien son pesant de fonte
    Ou d’or éventuellement…
    On était trois. La sœur Julie,
    Elle, bien sûr, cela s’entend
    Et pour compléter la série,
    Moi, qui n’avais pas bien sept ans.
    Elles rentraient dans la baignoire
    En chemise de toile écrue,
    Car devant moi, c’est bien notoire,
    Elles voulaient pas montrer leur nu.
    Il me semble de voir encore,
    Ces chemises qui se gonflaient,
    Restant sur l’eau, gonflant encore,
    La baignoire en débordait
    En souvenir de ces chemises,
    Pour ne plus voir un tel tableau,
    Permettez que je vous le dise,
    Faut un château d’eau à Fuveau
    .
    C’était péché pour nos grands-mères
    De se laver disons, à fond,
    Fallait pas laver son derrière,
    Juste le nez, pas le croupion.
    Aussi, fallait voir la marmaille
    Qui circulait parmi les rues
    Mais puis vint l’eau… Par représailles,
    La natalité en décrut.
    Les familles les mieux pensantes,
    Se contentaient d’un seul niston
    Pour nous freiner sur cette pente,
    Il fallait les allocations.
    Aussi, maintenant ça déborde,
    Des gosses, il y en a de trop
    Et pour en arrêter la horde
    Faut un château d’eau à Fuveau.

    Et que dire ? de mon beau frère
    Qui fait faire une salle d’eau 
    Et ne peut laver son derrière,
    L’eau ne montant pas assez haut.
    Il est très grand sur ses deux pattes
    Mais c’est pas sa faute pourtant…
    Et même s’il était cul-de-jatte,
    Il pourrait pas se laver les dents.
    Aussi, Messieurs, je vous en prie,
    Pour que mon beau-frère ait de l’eau
    Et se lave en entier, je vous dis,
    Faut un château d’eau à Fuveau.

    Philharmonique au Stade Vèl (mars 2016)

    Au temps où , après la deuxième guerre et dans les années 50, le Stade Vélodrome de Marseille n’usurpait pas son nom, le Cercle Philharmonique de Fuveau s’était taillé une solide réputation de qualité et, sous la houlette (et la baguette) de Guérin Marchi, était très demandé pour donner concerts et défilés.
    Dans les archives de la famille Lorenzatti, nous avons pu extraire quelques photos de ces sorties sur lesquelles des familles sauront reconnaître les leurs, nous pensons, entre autres, à Danton Trinci, Germain Nouveau, José Gontard, Etienne et nous ajouterons les noms de ceux que vous pourrez identifier.

    Ci-dessus, ils jouent sur la piste cyclable du Stade Vèl le 20 avril 1952… et le service d’ordre est loin d’être aux abois !

    Ici à Salon le 13 juin 1948 où ils sont reçus avec les honneurs !

    Et les voici au carnaval d’Aix en 1950

    Hommage à un poilu (avril 2016)

    Voici l’avis de décès du soldat Louis Bourrelly tel qu’il a été remis à la famille en 1920 . Son nom, comme celui de nos héros Fuvelains est gravé au monument aux Morts et à travers lui, hommage est rendu à tous nos compatriotes tombés pour la France.

    Ci-dessous une carte postale comportant un dessin intéressant que celui-ci avait envoyé à sa famille peu avant son décès.

    Un site qui liste les Morts pour la France de Fuveau : CLIQUEZ ICI

    Légion d’Honneur (mai 2016)

    Peut-être, découvrirez-vous au travers de cette page que l’un de vos ancêtres fut décoré de la Légion d’honneur ?

    PatronymePrénomsDate de naissanceLieu de naissanceCote
    BARTHELEMYPierre Désiré1849/01/31Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/127/82
    BLANCMarcel Louis Rousselin1900/01/23Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/303/40795
    BONFILLONAlphonse Albert Longin1881/03/14Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/806/91484
    CHEILANCharles Léandrie1892/01/01Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/1208/39474
    DELEUILJean Louis1801/01/11Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/711/14
    GARCINAndré Genereux1784/02/28Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/1070/56
    MOUSTIERAngelin Jules Parfait1891/04/19Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/410/54851
    NIOLONBarthélémy Antoine1849/03/01Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/1991/66
    OLIVEJules François Henri1893/01/15Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/1263/45634
    RICHIERJoseph André1794/08/23Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2325/71
    SUZANNEJoseph Marius Paulin1856/01/07Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2559/73
    SUZANNEMarius Pancrace1854/05/12Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2559/74
    VERMINCKCharles Auguste Joseph1827/04/21Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2691/60

    Nous constatons que les deux premiers Fuvelains décorés, Jean Louis DELEUIL et André Généreux GARCIN étaient déjà nés lorsque Bonaparte a fondé la Légion d’honneur en l’an X (1802). Cette liste ne concerne pas les récipiendaires décorés après 1939, au rang desquels, par exemple, Alexandre Philip.

    Où est la porte ? (juin 2016)

    Au treizième siècle au premier quart du dix-neuvième, Fuveau, enserré dans ses murs et perché sur son piton rocheux ne comptait que deux portes : la porte de Bassac parfois appelée porte Barbière et la porte Fabre où Mounet-Miou selon l’époque.
    Si la première est parfaitement connue et conservée, il n’en est pas de même pour l’autre, pourtant accès principal vers l’intérieur des murs en son temps. Bien qu’aucune preuve absolue n’existe sur l’emplacement de celle-ci, nous pouvons logiquement supposer qu’elle se situait sur le haut de la rue Rondet (ex rue Vendôme) au niveau de l’arrivée en angle de la rue Niollon (ex rue Hoche).
    La photo ci-dessous nous montre celle-ci située maintenant quelques mètres à l’intérieur d’un immeuble. Elle se prolonge dans les soubassements de la maison.

    NB : les deux portes situées l’une à l’extrémité nord de la rue Nationale (ex rue de Nice) dite souvent traverse Rompe-Cue, l’autre au milieu de cette même rue dite porte Basse n’ont été ouvertes que vers 1820 et n’ont jamais eu d’utilité défensive, il s’agissait surtout d’aérer cet axe, principale rue du village.

    Félix lou manescau (août 2016)

    Personnalité éminemment connue et active dans le village au milieu du siècle dernier, Félix Vitalis, a laissé sans qu’il s’en doute, un souvenir surprenant un demi-siècle durant.
    Son surnom de « Manescau » lui venait de sa profession de maréchal-ferrant, l’une des traductions provençales de son métier, plus souvent traduit par « fabre », ce qui explique entre autre la présence de la porte des Fabre qui s’ouvrait à l’est du village un peu plus bas que le virage de la rue Rondet (voir la page Où est la porte ?). D’autres le surnommaient « Nespa » car il finissait souvent ses phases par cette locution.
    Outre son métier, il fut un ardent défenseur de l’instruction laïque, ce qui lui valût de recevoir à ce titre les palmes académiques.
    Dernier représentant de sa profession à avoir pignon sur rue dans le village, il exerçait sur le haut de la rue d’Aix, actuelle rue chanoine Moisan.
    Depuis son décès en 1981 jusqu’à la vente de l’immeuble en 2016, sa forge est restée en l’état, prête à fonctionner à nouveau si un éventuel repreneur s’était présenté.

    Et ci-dessous, un autre bonus, sa photo en uniforme de spahi tirée des archives de Joël Honorat

    Les croix

    À l’angle Rue du Nord – rue de la Paix, voici la « croix de fer » toute repeinte et rénovée en 2016. Elle vient nous rappeler les « missions » que venaient prêcher dans les campagnes marseillaises voici plus de deux siècles, les Oblats et autres congrégations religieuses. La croix de la Calade au début du chemin d’Aix, la croix de Masse au début du chemin de Masse côté collège et la croix du Goï au chemin de la Galère nous rappellent aussi à ce pieux souvenir.

    Sur les photos ci-dessous qui immortalisent la croix de la Calade au début du siècle dernier on remarquera la tenue des fuvelains pour la promenade dominicale, ici le docteur Bourgeois. Bientôt sur cette même page, une étude sur les diverses dates inscrites au socle de cette croix. Bonne promenade, docteur.

    Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goi, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
    Mais la croix du Goi, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goi, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

    Un mari parfait (octobre 2016)

    Dans les années 40 Maria Raybaud née Isnard, dite Ninette, la sage-femme du village et des environs, était mariée à Parfait Raybaud, qui avait la particularité d’être bègue. Lorsque dans une quelconque conversation on venait à parler de mari ou de femme parfaite, invariablement le leimotiv très local revenait dans la conversation; « À Fuveau, il n’ a qu’un homme parfait, seulement, il est bègue ».

    Carte mystérieuse (janvier 2017)

    Si les vieilles cartes postales représentant les rues du village et ses principaux monuments sont légion et faciles à trouver, celle-ci est assez rare et mérite une page spéciale, d’autant que l’on croit y reconnaitre un avion d’époque !

    À-t-elle été prise depuis la Bégude, entre Fuveau et Gréasque,  où à partir des Beaumouilles ? L’évolution de la végétation et des constructions depuis plus d’un siècle pose des problèmes !  On peut y observer de petits gerbiers. Une étude à partir d’un petit avion nous renseignera mieux sous peu.

    Les pendus (février 2017)

    Toute personne ayant un rapport quelconque, familial ou professionnel, avec le milieu de la mine sait ce qu’est la salle des pendus où les mineurs suspendaient leur tenue de travail sale, humide ou poussiéreuse après leur huit heures de labeur.

    Et pour l’anecdote particulière à Fuveau, voici de quoi il en retourne.
    Bien qu’il n’y ait plus d’extraction de charbon chez nous depuis plus d’un siècle… nous avons toujours notre salle des pendus !
    Pour y accéder, il faut soit faire partie des initiés, soit en faire la demande auprès du Cercle Saint-Michel.
    Le nom a été donné à l’époque, par dérision ou amusement, par les membres du Cercle à deux superbes salles voutées souterraines qui étaient à l’origine  les garde-mangers du château de Fuveau, plus tard pièces fraîches pour un boucher qui avait acheté le bâtiment après la révolution et maintenant, entrepôt de décors de la salle de théâtre. On y accède par une trentaine d’escaliers d’époque fort bien entretenus.
    Nous y avons connu des enterrements de vie de garçon et autre fête un peu secrète de ce type. On descendait parfois « au pendu » pour le seul plaisir du mystérieux et de l’occulte.
    Un impressionnant et solide crochet y subsiste à l’intersection de deux voutes d’arêtes.

    Et pour l’anecdote particulière à Fuveau, voici de quoi il en retourne.
    Bien qu’il n’y ait plus d’extraction de charbon chez nous depuis plus d’un siècle… nous avons toujours notre salle des pendus !
    Pour y accéder, il faut soit faire partie des initiés, soit en faire la demande auprès du Cercle Saint-Michel.
    Le nom a été donné à l’époque, par dérision ou amusement, par les membres du Cercle à deux superbes salles voutées souterraines qui étaient à l’origine  les garde-mangers du château de Fuveau, plus tard pièces fraîches pour un boucher qui avait acheté le bâtiment après la révolution et maintenant, entrepôt de décors de la salle de théâtre. On y accède par une trentaine d’escaliers d’époque fort bien entretenus.
    Nous y avons connu des enterrements de vie de garçon et autre fête un peu secrète de ce type. On descendait parfois « au pendu » pour le seul plaisir du mystérieux et de l’occulte.
    Un impressionnant et solide crochet y subsiste à l’intersection de deux voutes d’arêtes.

    Des escaliers descendant assez profondément dans les « entrailles de la terre ».

    Pour accéder à ce site, contacter le Cercle Saint-Michel

    Passez le certif (avril 2017)

    Dans les années 30, côté examens, le certificat d’études primaire était un sésame indispensable pour ouvrir la porte à tout emploi aussi modeste fut-il et même les titulaires d’examens de niveau supérieur en l’occurrence le Brevet supérieur ancêtre du B.E.P.C ne pouvaient s’en dispenser. Entre autre épreuve obligatoire, l’impétrant devait présenter un cahier de chants et poésies sur lequel il était interrogé. voici deux pages  de celui-ci ayant appartenu à Andrée Silvy puis à Jeannette Jourdan. Le choix des chants et poèmes était du ressort de l’instituteur (professeur des écoles!!) et en fonction des positions politiques ou religieuses de ce dernier pouvait fortement différer.

    L’albinote (mai2017)

    Les puristes argueront que cette page a tout juste sa place dans ce blog, que nenni ! Si cette série de photos dues à l’ami Michel Lorenzati ont été effectivement prises sous les terres de Belcodène, nous devons préciser qu’une partie de ces galeries court aussi sous Fuveau. et si un jour l’orifice situé tout au bout du chemin de la galère, aux abords de l’autoroute de Toulon,est  bouché, merci et bravo à Michel d’avoir gardé ces précieux documents pour la mémoire collective. Voici donc ce que l’on peut (ou pouvait) trouver au début de notre siècle avec beaucoup de courage, tenacité et un petit brin de folie. Ce dédale était connu sous le nom du puits de l’Albinote du nom du quartier où il se trouve. à la limite entre Fuveau et Belcodène.

    Voici donc cinq photos choisies sur une impressionnante série d’une cinquantaine qui laissent envisager un immense réseau souterrain qui a servi de repaire et de cache d’armes pendant l’occupation.

    L’éphéméride de Fredo Jourdan ( juin 2017)

    Deux éphémérides  ont déjà été évoqués sur ce site, pour qui voudrait les consulter en totalité, on les trouve à la bibliothèque municipale, ils sont dus à Hippolyte Dépousier dit Capéou et Richard Michel. C’est le regretté Guy Graveleau qui s’est chargé de les mettre en page. Dans un autre style, l’éphéméride de Fredo Jourdan, en son temps chef du crible à la mine n’est pas dénué d’intérêt. Il est détenu par la famille Coulomb et nous éclaire sur la fondation de la confrérie des pénitents blancs en 1647. Il contient de nombreuses notes personnelles assez disparates ainsi que l’histoire de la famille.
    Ci-dessous la copie des deux premières pages du cahier fondateur dont l’original semble avoir été perdu.

    Bâtie par les pénitents blancs au tout début du règne de Louis XIV et détruite en 1902 voici la chapelle immortalisée peu avant sa destruction par Marius Blanc, père du populaire « Cabanon ».

    Fuveau dans la Rotonde (oct 2017)

    Lisez donc cet article publié dans La Provence du 25 octobre 2017. Vous y apprendrez que la célébrissime fontaine de la Rotonde à Aix est construite en grande partie dans une pierre provenant de Fuveau. C’est un calcaire particulièrement dur qui était également utilisé pour fabriquer des pierres à aiguiser dites pierre de Cos du nom de l’ile grecque où l’on extrayait un calcaire aux qualités sensiblement identiques.

    L’épicerie de Fine la rousse (fev 2018)

    Surprise au 18 de la rue Rondet ! En décroûtant  sa façade afin de rénover ce vénérable immeuble vieux de deux siècles, le propriétaire à eu la surprise de tomber sur l’enseigne de l’épicerie qui l’occupait avant d’être transformé en habitation.
    C’est dans les mémoires du regretté Marcel Dellasta (consultables à l’Office de tourisme et à la bibliothèque du village) que la clé du mystère a pu être élucidée. C’était l’épicerie de Joséphine Colle dite Fine la rousse qu’on connu dans les années 30 les très anciens du village.

    La mère de Barthélémy Niollon (mai 2018)

    Cette photo unique datant des années 1890 est digne d’intérêt, tant parce qu’il s’agit de la mère de Barthélémy Niollon, que pour l’habit provençal qu’elle porte que pour la qualité de la photo vraisemblablement due à Suzanne, photographe qui exerçait à Fuveau à l’époque. nous la devons à la famille Etienne qui l’a conservée religieusement depuis l’époque.

    Et ci-dessous, l’une de ses filles, Philomène, auteure de la descendance Niollon à Fuveau : les Etienne (Senones). Le costume est particulièrement  intéressant.

    Chanson à sainte Barbe (juin 2018)

    La Sainte-Barbe, patronne des Mineurs, des pompiers et des artificiers se fête le 04 décembre de chaque année. Au moins jusqu’au début des années 60, une messe solennelle était célébrée à cette occasion et une grande partie des membres de ces confréries ne l’aurait ratée pour rien au monde, pour certains, c’était même la seule occasion dans l’année d’assister à un office religieux.
    Le félibre local Eugène Long avait même composé un chant tout exprès que tous reprenaient de leur voix puissante. Nous avons pu en retrouver le texte intégral avec six couplets et lle refrain « sainte Barbe, toujours garde ». Précisons que si la tradition de la messe à sainte Barbe est abandonnée à Fuveau, elle se perpétue encore à Gréasque avec procession jusqu’au puits Hély d’Oissel!

    Ancêtre de bien des fuvelains (juillet 2018)

    Si vous avez pour patronyme Roubaud mais aussi Honorat, Dellasta, Loi, Adamek, Reynier, Barlatier, Roche, Delherbe, Ambrosio, Sauvaire, Gal, la liste est très loin d’être exhaustive vous avez de grandes chances de compter cet homme parmi vos ancêtres donc de faire partie de ses quelque mille descendants.
    Il s’agit de François Daniel Roubaud né à Peyruis (04) en 1840, abandonné par son père à la naissance, il fait la communion à Ganagobie en 1852 et descend travailler à sa majorité à Chateauneuf, ferme de la Muscatelle. Il se marie en 1864 et s’installe à Fuveau rue du Midi où il décède en 1924. Ses cheveux étaient d’un roux très prononcé ce qui explique la rousseur de plusieurs de ses descendants.

    Il a laissé une sorte de phrase historique que je vous laisse le soin de traduire: « S’avieù sachu que lei fuvélen siguessoun tant couioun, siriù vengu vint an avant »

    Chronique marseillaise (août 2018)

    Surprenante chronique publiée par le « Petit Marseillais » du 23 janvier 1898. La presse marseillaise avait en ce temps une drôle de façon de voir Fuveau, faut-il préciser que la gent fuvelaine le leur rendait bien, elle qui considérait que ces citadins n’avaient pas les pieds sur terre. (Voir à ce propos dans la page 1 des anecdotes le titre « La chasse au furet »).

    Clémentel à Fuveau (août 2018)

    Février 1906, c’est  l’ouverture de l’exposition universelle qui cette année-là se tient à Marseille et logiquement le ministre des colonies de l’époque est délégué par Émile Loubet, Président de la République pour procéder à son inauguration. Au même moment, dans un petit village du nom de Fuveau, il y avait une gare à inaugurer, ledit ministre qui passait par là se fait un devoir de couper un ruban supplémentaire pour éviter un voyage au ministre des transport et voilà comment par un neigeux matin d’hiver un ministre dont tout le monde ignorait l’existence a été accueilli en grande pompe à la mairie située à l’époque sur le cours Leydet et a également inauguré le Boulevard Loubet, « voie sans issue »en son temps. Dieu merci, ce ministère n’existe plus depuis longtemps. Le journal « Le rappel », quotidien radical républicain fondé par Victor Hugo s’était fait l’ècho de cette journée et la gare n’a pas survécu à la destruction de la ligne La Barque-Valdonne en 1964, elle a été remplacée par la fontaine actuelle, monument sans grand relief et manquant d’originalité commandée sur catalogue par Dutour, maire de l’époque.

    Fuveau en 1873 (août 2018)

    Ne vous laissez pas abuser par cette minable chronique parue dans le Petit marseillais le 16/08/1873 qui n’est rien autre qu’un tissu d’affirmations imaginaires dû à un pseudo-journaliste marseillais, une façon de détourner notre histoire et de présenter le village par le petit bout de la lorgnette.

    Les marronniers de la Grand’Bastide

    Voici l’extrait d’un article publié dans le « Petit Marseillais » du 15 septembre 1898, relatant une cérémonie militaire sur notre commune qui faisait suite à une grande manœuvre militaire du XV°corps d’armée autour de Fuveau. Si nous en avons retenu ces sept lignes, c’est qu’elles nous apprennent qu’avant les majestueux platanes que nous connaissons actuellement, le parc du château était planté de marronniers. Le parc était prêté par le sieur Menu qui l’avait reçu en dot d’une héritière de la famille de Boutassy à l’époque propriétaire de Chateau-l’Arc, la Grand’Bastide et autres lieux.

    Ce Menu a été le plus grand pollueur que la campagne fuvelaine ait connu après l’installation des fabriques de potasse et de soude sur notre territoire.

    J’ajoute ici un témoignage personnel sur cette pollution qui aujourd’hui serait punie par la loi. Au niveau de la propriété dite La Potasse à l’aplomb de la route CD56 j’était subjugué dans mon enfance par une sorte de mur de terre dans lequel était mélangées toutes les couleurs de l’arc-en-ciel dominées par le jaune, le rouge, le vert et l’orange, c’était  impressionnant et même si je n’avais pas le mot dans mon vocabulaire je ressentais la notion de pollution, ce magma est évidement aujourd’hui caché sous la végétation. Même remarque pour un magma tout aussi important aujourd’hui à droite de la Rd96 à l’aplomb de la voie ferrée, je pouvais observer ce magma depuis l’impasse du hameau Silvy.

    Laure Rebuffat (nov 2018)

    Trouvé dans un grenier fuvelain, ce paquet venu de la marchande de tissus Laure Rebuffat née Burles vendu de sa boutique 7, rue d’Aix actuelle rue Chanoine Moisan. Elle a exercé dans l’entre-deux-guerres et dans les années 40. Le nom de son premier mari figure au monument aux Morts, elle a par la suite épousé le frère de ce dernier.

    Moustier dit Loni

    Il a découvert les sources du Niger

    Voilà ci-dessous le début d’un poème de Frèdo Moustier écrit dans les années 50 à la gloire de Marius Moustier dit Loni celui-ci comporte deux autres pages en trop mauvais état pour être publiées. Egalement, la photo de la page de garde du livre « Voyage aux sources du Niger » qui nous conte les exploits de notre concitoyen intrépide explorateur. Une stèle à son souvenir a aussi été érigée près de l’école Rimbaud côté est.
    De nombreux détails de sa carrière nous sont contés également par Guy Graveleau dans son livre « Chronique et faits divers d’autrefois » pages 212 et 213 que l’on peut consulter à la bibliothèque de Fuveau.
    Et en bonus, un extrait de la page 7 du livre « Un voyage dans le Haut-Sénégal » publié par Auguste Foret en 1888 où il est fait état des malheurs de notre compatriote.

    Loni évoqué dans la presse parisienne.

    Vous passez à proximité de l’école Arthur Raimbaud et vous découvrez un monument en forme de rocher  évoquant un intrépide enfant de Fuveau: Marius Moustier dit Loni. Voici un article de la presse parisienne qui a évoqué en son temps sa mémoire.

    Maire puis nageur de combat

    Il nous a quitté nonagenaire début 2020

    Curieux destin que celui de ce superbe athlète. Nous nous bornerons à parler de l’épisode de sa vie qui mérite de prendre place dans la mémoire de notre village. Une partie en a été contée par AugusHonorat dans les bulletins paroissiaux 47 – 48 et 49 fin 2002 et début 2003.
    L’histoire commence en juin 44,dans cette période trouble où la France n’est pas encore libérée de l’occupation nazie mais les débarquements et l’action de la résistance redonnent courage aux Français. Avec deux autres intrépides Fuvelains, Marcel Guisti et Raymond Mattio, Maurice Digne monte au domaine de la Sine entre Vauvenargues et le col de Claps. C’est une exploitation agricole et forestière qui est transformée en camp de maquisards. Quelque temps plus tard celui qui a été maire de Fuveau de sinistre mémoire depuis 1941, Félix Barthélémy, est arrêté pour faits de collaboration avec l’ennemi, dénonciation de familles juives et autres exactions tout aussi graves. Il n’est pas encore question d’élections pour le remplacer. C’est le colonel Eddie Bradford, alors commandant du quartier général américain qui était installé au domaine de Favary qui demande à Maurice Digne de devenir premier magistrat de Fuveau. Lui veut surtout continuer à se battre pour la France et s’engage dans un groupe commando pour la durée de la guerre devenant, entre autre, nageur de combat. Il cède son écharpe à  Alexandre Philip qui l’a gardée jusqu’en 1970.

    Le procès d’un ancien maire (novembre 2020)

    Le procès de Félix Barthélémy

    Le document ci-dessous était impubliable jusqu’en 2020 mais il vient de dépasser les 75 ans, il fait partie maintenant du domaine public et  de l’histoire du village. L’original se trouve aux Archives départementales, de Marseille références 62 W 1-1996  62 W 800,

    en voici donc la copie intégrale.

    L’entier dossier du procès comporte 70 pages

    J’en publie les trois principales qui montrent comment l’ancien maire de Fuveau traquait les juifs et les communistes du village pour les livrer à la gestapo pendant l’occupation. L’un deux a pu leur fausser compagnie et il témoigne mais sa famille n’est jamais revenue de Dachau et bien d’autres familles avec lui dont entre autre les Bieska n’ont pu  témoigner .

    Travaux agricoles

    Devant l’abondance des documents photographiques sur les travaux agricoles d’antan, nous ouvrons cette page de photos qui regroupera ce que tout un chacun voudra bien y mettre avec commentaires si possible bien sûr. Ne manquez pas la truculente anecdote du bas de la page !

    Le foulage du blé. Pour fouler les gerbes, le cheval tournait autour d’un axe , il était attelé à une lourde pierre taillée qui elle même tournait : la pierre « cauco », du verbe cauca, en provençal fouler.
    Ces pierres sont maintenant souvent utilisées comme décor aux entrées de propriétés.

    On foule sous un autre angle.

    Ici la sympathique utilisation des anciennes pierres cauco comme décor à l’entrée d’une proprièté, en l’occurence,  Raoul Malet, plusieurs générations d’agriculteurs avant et après lui.

    Dans les années 30, cet attelage de cinq chevaux particulièrement râblés est dirigé de main experte par Joseph Ferretti dit « Jèpi ».
    Un labourage profond va être excuté sur la propriété Roche, RD96, juste avant le pont sur l’Arc dit Pont de Bachasson.

    Voici, dans les années 30, une équipe de femmes. Elles étaient embauchées à la journée en fonction des besoins des agriculteurs, ici, elles s’apprètent à piocher. Nous sommes en ces temps où les desherbants chimiques étaient loin d’être monnaie courante. Les plus vaillantes à la tâche privilégiaient les manches (de pioche) courts pour plus de précision dans le travail.
    Une anecdote : il fallait respecter une certaine cadence et pour cela, elles ne portaient pas de culotte. SI un besoin naturel se faisait impérieux, elles écartaient simplement les jambes et laissaient faire la nature.

    Un peu à l’instar des perles, voici un travail d’appoint à ranger dans les travaux agricoles : l’élevage des vers à soie qui nécessitait énormément de temps car ces petites bêtes se nourrissaient exclusivement de feuilles de mûriers et en dévoraient quotidiennement des quantités impressionnantes. Ici, dans les années 40, Andrée Silvy à l’œuvre.

    Et sur ce cliché où ces dames vaquent au triage des cocons, on reconnaîtra Andrée Silvy (Roubaud), Mathilde Capus (Nouveau), Anna Roubaud, Marinette Burle (Demonteau), Mimi Rabasse (Moustier), Jeannette Jourdan (Coulomb), Jean Honorat.

    Publications et articles divers sur le village

    Mémoires vivantes

    Noëlle FAURE-VINCENT coauteure avec Jean Bonfillon du livre « Nos racines sont les vôtres » paru en juin 2000 (dcd février 2022 à 105 ans)

    Victor MAMELI, surprenant, il n’a rien oublié du Fuveau des années 40.

    Daniel GOUIRAND.

    Christophe VERA, le plus jeune, il a amassé une somme incroyable de documents.

    Ajoutons aussi Elian BARTHELEMY, malheureusement domicilié à Saint-Hilaire-de-Brethmas.

    Chacun dans son registre connaît des tas de souvenirs, histoires et anecdotes à raconter, tous méritent d’être rencontrés.

    Une descenderie

    Encore un fleuron assez spécifique, important et intéressant du patrimoine fuvelain : les descenderies.
    Dans les archives d’état civil et notariales du village, au XVII
    e et surtout au XVIIIsiècle, les charbonniers sont légion. Avant l’exploitation industrielle des richesses minières de notre sous-sol à partir du décret du premier juillet 1809 , nos ancêtres connaissaient l’existence d’affleurements de lignite appelé charbon de terre et ne se privaient pas d’en tirer de substantielles ressources. Une quarantaine de ces descenderies sont répertoriées sur Fuveau dont une majorité au quartier des Planes, malheureusement les règles de sécurité imposées font que dès que les autorités ont connaissance de l’existence d’une descenderie, qu’il y aurait bien d’autres façons de protéger,  elles s’empressent de venir les boucher à grands coup de blocs de béton au grand dam de ceux pour qui le mot patrimoine a encore provisoirement un sens.

    Voici avant bouchage quelques images de la descenderie de la Jacasse située en limite des territoires de Fuveau et Gréasque. Sur ces pierres nos ancêtres ont vraisemblablement pris des repas pour reprendre des forces laissées à leur dur et dangereux labeur. La bouteille n’est pas d’époque mais contient un message pour les générations futures si la descenderie est réouverte un jour .

    Comme le montre cet étai de fortune bien conservé, le danger était tout aussi grand à faible profondeur que dans les mines industrielles.

    Au vu de cette galerie, on peut imaginer les dangers que couraient tous les charbonniers. Outre les éboulements, les inondations et les difficultés inhérentes à l’aération étaient les gros problèmes. Dans son livre « Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle », Michel Colon a dressé un remarquable état statistique sur les charbonniers de Fuveau et sur ceux qui tiraient de substantielles ressources de leur labeur qu’ils soient propriétaires terriens ou savonniers.

    Ci-dessus, visite de la descenderie avec moyens de sécurité appropriés.

    Entrée de la descenderie sur la même propriété sous un autre angle. Quelques propriétaires, en particulier Quartier du petit Jas, ont été avisés de l’imminence du bouchage de la descenderie se trouvant sur leur propriété ! Personne ne lutte ? Aucun débat n’est ouvert et personne, même pas les élus, n’intervient pour protéger ce patrimoine qui pourrait faire le bonheur touristique et culturel de la commune ! Pour voir ce qu’il reste de notre patrimoine de descenderies bétonnées, vous pouvez aller au collège Font d’Aurumy de Fuveau et longer le mur extérieur entre l’entrée principale et le portail donnant accès aux cuisines, là vous tomberez sur un bloc de béton d’une laideur édifiante surmonté d’une sorte de borne ou de stèle sur laquelle on lit  » Danger puits de mine ». Administration quand tu nous tiens !

    Contre les murs du collège de Fuveau, c’est l’enterrement d’un patrimoine. Administration, encore merci !

    A l’entrée de Gardanne, coté gare, une tentative de reproduction d’entrée de descenderie réalisée en 2006 pour orner un rond-point. Pour en avoir connu une quartier des Planes à Fuveau, je puis affirmer que la reproduction est assez fidèle hormis l’épaisse grille de fer. Attention ! Ne pas confondre les descenderies artisanales exploitées jusqu’en 1809 sur presque tout le territoire de la commune hors vallée de l’Arc et le fonçage des puits industriels qui leur ont succédé. Le puits 1 a été creusé à l’emplacement de l’actuelle Maison des Associations et les autres ont suivi la ligne du filon en passant par l’aire de Léon, près de la maison J.Véra, puis chemin du Guignolet puis impasse des Vertus, jusqu’à l’important puits 10, le Puits Lhuillier, puits du  Rocher bleu. La partie de la RD 96 dite à l’époque montée du Pailladou était plus couramment dénommée montée du 15 par les fuvelains.

    Un bonus : la station du Puits Lhuillier dite Gare de la Jacquasse d’où partaient chaux, ciment  et charbon.

    Cézanne à Fuveau

    Lors de sa période Gardannaise, 1885-1886, outre des vues de Gardanne, Cézanne s’est attaché à peindre la Sainte-Victoire en descendant vers la vallée de l’Arc et l’une des vues de sa montagne a été réalisée en 1886 à partir de Fuveau, plus précisément de La Barque, Quartier des Fabriques. Ce tableau, une huile sur toile 65×81 cm  est actuellement propriété du Muséum of Art d’Indianapolis (U.S.A). Il est intitulé: « Sainte-Victoire. Vue de La Barque ».

    Il est le seul à avoir été peint à partir de la commune de Fuveau. La maison que nous voyons en premier plan, bien que largement modifiée et maintenant entourée de végétation existe toujours, l’étage a été surélevé d’environ un mètre et comporte des œils-de-bœuf. Deux ailes supplémentaires ont été ajoutées sur la partie gauche cependant, l’emplacement des ouvertures est encore bien reconnaissable et la déclivité du terrain tant sur l’arrière de la maison que sur sa partie droite est parfaitement reproduite. Un ouvrage intitulé « Sur les pas de Cézanne » la situe 100m plus à l’ouest sur une maison plus récente mais ressemblante cependant, l’angle par rapport à la Sainte-Victoire et surtout la déclivité du terrain font qu’il s’agit bien de celle dont voici la photo ci-dessous comme nous l’a confirmé après visite in-situ Monsieur Ely, conservateur du musée Granet et éminent spécialiste de l’œuvre du Maître. C’est l’une des dernières œuvres de l’artiste peinte dans sa période gardannaise avant le décès de son père.

    Cette maison se situe Chemin du Miantou. En partant de la Gare de La Barque, descendre sur 200 mètres environ, elle est à 50 mètres du chemin sur la droite et aisément reconnaissable. Il est demandé aux visiteurs de respecter la sérénité de ses occupants.

    Anecdote cézannienne

    C’est de Fuveau, dans le virage de la rue Rondet, que se dessine le plus beau panorama sur la Sainte-Victoire. Au cours d’une visite du village, le guide expliquait que Cézanne avait peint plusieurs fois cette montagne ce qui déclencha de la part  d’une enfant particulièrement attentive cette réflexion très pertinente : « Un travail pareil, ça a dû lui prendre beaucoup de temps ! »

    Faire des perles

    Sur cette photo, Madame SACCHI (mère d’Hannibal SACCHI), Juliette GREGOIRE, la future Madame Joseph MARTIN dont le mari fut longtemps deuxième adjoint d’Alexandre PHILIP et Madame MOURON dite Maria de Polidore font des perles devant la chapelle Saint-Roch.

    Explication de texte

    Quand Fernandel, dans sa célèbre interprétation de Félicie chante « La rosée faisait des perles, Félicie aussi », cela mérite pour beaucoup un éclaircissement. Pendant une large première moitié du siècle dernier, l’une des activités fuvelaines réservée aux femmes et éventuellement aux enfants et pouvant rapporter quelque argent était l’enfilage des perles. On appelait cela faire des perles. Le travail consistait dans un premier temps à remplir de perles un plat creux qui pouvait tourner autour d’un axe et en utiliser la petite force centrifuge pour enfiler des perles sur du fil de fer fin dont on avait au préalable crocheté l’embout  A partir de ces longueurs garnies de perles, il fallait confectionner des fleurs ou des feuilles selon la demande. Des négociants marseillais venaient régulièrement en prendre livraison et les assemblaient pour fabriquer des couronnes mortuaires. Le village était connu pour cette spécialité. Dans les années 50, le dernier correspondant et ramasseur du village fut Paul Coulomb du Jas de Bassas (décédé le 13/02/2007)

    Et voici le résultat avant livraison chez le fabricant de couronnes.

    Photo aimablement confiée par Madame Auburtin.

    Ci-dessus le véritable travail des fuvelaines avant livraison au fabricant de couronnes.
    Ces fleurs,  confiées récemment par une famille de Fuveau n’ont en rien subi l’outrage du temps.
    Elles feront désormais partie du petit musée virtuel.

    Ci dessous il s’agit des derniers restes d’objets en perles, trouvés dans le cimetière de Fuveau en 2006. Ces objets sont si usés par le temps qu’ils s’effritent au moindre toucher.

    Château  l’Arc

    Voici le plus grand par la taille des châteaux de Fuveau actuellement transformé en restaurant et hôtel. Son parc et le vaste domaine agricole qui l’entouraient sont transformés en golf mais son histoire n’est pas dénuée d’intérêt.

    C’est au onzième siècle que les vicomtes de Marseille érigèrent « Lou Castélas » qui se situait à quelques centaines de mètres de la demeure actuelle mais celui-ci fut détruit par les bandes d’Arnaud de Cervoles dit l’Archiprêtre vers 1363. Les terres restèrent possession de la famille d’Agoult qui fit bâtir le château actuel en 1620. Celui-ci passa à Joseph Ignace de Boutassy en 1750. Son fils Valentin Bruno l’améliora en 1780 et surtout agrandit considérablement le domaine qui s’étendait sur Saint-Charles, la Cairanne, les Beaumouilles et jusqu’à la Grand’Bastide à la veille de la révolution. Par suite d’alliances, partages et héritages le domaine morcelé passa aux Chaubet, aux Pourquier puis à la famille de Jessé Charleval qui en reconstitua une partie jusque dans l’immédiat après-guerre en particulier Antoine de Jessé qui y consacra toutes ses disponibilités et même au-delà. Pendant la période noire des années 40, il y cacha bien des personnages importants dont certains membres de la famille de France. Par suite le domaine fut racheté par le peintre Bernard Buffet qui le perdit sur une table de jeux ! Cet achat, à l’occasion des 30 ans du célèbre peintre fut l’objet d’une fête grandiose avec en particulier la présence d’Yves Saint-Laurent et Françoise Sagan.

    Ci-dessus état actuel, et ci-dessous, du temps des De Jessé. 

    La même, colorisée différemment par les Editions Pignatel.

    Le Pont des Tilleuls dans les jardins du Château du temps de sa splendeur.

    Et ci-dessus l’un des plus vieux clichés répertoriés de Château l’Arc .

    Les autres châteaux de la commune ne se visitent pas : Le Puget, Saint-Pol, La Grand’Bastide.

    Ne quittons pas Château-l’Arc sans signaler ce livre publié en 1962 édité par Galerie David et Garnier sur lequel on voit les fresques murales signées par Bernard Buffet dans la chapelle du château. Il est important de savoir que cette chapelle dénommée à l’époque chapelle Saint-Charles-Borromée est à ce jour transformée en habitation et n’offre aucune possibilité de visite.

    Ci-dessus, deux vues historiquement intéressantes puisque prises du temps de Bernard Buffet.
    Avec une nouvelle information apportée par Madame Antonia Lopez qui y travaillait à cette époque et transmise par Christine Véra, les fresques de la chapelle ont été léguées au Vatican par l’artiste.

    Blason

    D’azur à une boucle de ceinture d’or posée en fasce adextrée d’une palme du même posée en pal et accompagnée du mot FUVEAU la première syllabe en chef et la seconde en pointe.

    Au centre du blason, par un jeu de mots simple, un boucle de ceinture, en provençal une fuvello ou fivello, a pris sa place.Quant aux palmes, ce sont celles du blason des Vitalis qui étaient les principaux co-seigneurs de la communauté à l’époque, où le blason a été « imposé » par l’édit royal de novembre 1696. Il est surmonté de seulement deux tours et désigne donc un village simple fief contrairement à Trets qui était chef-lieu de viguerie et dont le blason en comporte trois.

    Voici le blason de Pierre de Fuveau de Vitalis

    Il porte « D’azur à la tour crènelée d’argent maçonnée de sable sur une terrasse de sinople accostée à dextre d’une palme d’or, à senestre d’un lys de jardin tigé de sinople »

    Rien ne vous heurte ?

    En reprenant la lecture de ces armoiries qui est la lecture donnée à l’origine, on constate qu’il ne devrait y avoir qu’une seule palme sur celui-ci, la fuvello est seulement adextrée (c’est-à-dire à notre gauche en langage héraldique) d’une palme et c’était  certainement le cas à l’origine, la deuxième à senestre ayant été rajoutée pour une question d’esthétique et d’équilibre à l’époque où le mot « Fuvel » a été remplacé par « Fuveau »

    La lecture du blason éclaire quelque peu l’origine du nom de Fuveau et confirme la thèse de la boucle formée par les deux ruisseaux qui ceinturaient et ceinturent toujours le village quoique leur intérêt se soit amoindri au cours des siècles. En effet on trouve dans les anciens registres le nom de Fivel et Affivel pour désigner notre cité et il faut savoir qu’en provençal la fuvello désigne une boucle qu’elle soit de ceinture ou non, le mot fivello a le même sens.

    Ci-dessous, une des anecdotes que vous trouverez à la page éponyme. Elle éclaire et étaye cette thèse.

    Devisons en devises

     Fuveau n’avait pas de devise sur son blason. Au début de ce siècle, le félibre Eugène LONG a voulu pallier cette petite carence et a proposé « Fuvéu enfuvelo ». C’est un jeu de mot qui peut être compris et traduit par « Fuveau rend fuvelain » ou « Fuveau attache » par allusion à la boucle de ceinture (la fuvello) figurant sur le blason. C’est la devise non officielle mais néanmoins couramment admise, reconnue et acceptée.
    Une famille du village est aussi connue pour sa devise. Les VITALIS proclament: « La table et le reste ».  Tout un symbole au pays de la confrérie des « Chevaliers de l’aïet ».  « Aïet »:  nom commun provençal qui signifie ail mais surtout aïoli.

    Et ci-dessous ce curieux blason au fond d’un chapeau avec anecdote à la clé

    Bibliographie

    Les titres surlignés en rouge sont exposés et consultables à l’office de tourisme.

    – Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau (Abbé Chaillan 1901)
    – Antiquités de la Vallée de l’Arc (Arnaud d’Agnel 1907) et Monographie de Fuveau sont consultables à la bibliothèque Méjanes à Aix.
    – Vie du Chanoine Moisan (Abbé Cheilan 1949)
    – Fuveau des origines à l’aube du XIXème siècle (Michel Colon 1998)
    – Fuveau autrefois. Le temps des mineurs paysans 1809-1962 (Michel Colon 2001)
    – Monographie de FUVEAU (Henry de Gérin-Ricard 1904)
    – Statistique des Bouches-du-Rhône (Paul Masson 1933) et Encyclopédie des Bouches-du-Rhône (Comte de Villeneuve-Bargemont 1821).
    – Dictionnaire historique et topographique de la Provence ancienne (1853)

    Livres écrits par des fuvelains méritant notre attention :
    – Dix ans de patronage rural (Abbé M-J Moisan 1938). L’abbé Moisan est également auteur de divers ouvrages concernant moins directement le village dont une Vie de Monseigneur de Mazenod.
    – Lei Fuvelenco (Eugène Long 1906) écrit en provençal.  Je dispose d’un exemplaire relié de cet ouvrage devenu très rare. Voir des détails sur Eugène Long dans la rubrique « personnages ». Patrick LAGIER, son arrière-petit-fils, a fait rééditer cet ouvrage légèrement épuré en 2004 avec traduction en français en regard.

    Dans un opuscule écrit dans l’entre-deux-guerres, l’historien Marcel Joannon dit Marcel Provence nous conte la tradition de  L’offrande des pommes à Fuveau.
    On peut aussi trouver dans « Villages de Provence » par Corlier et Brévent 1958, d’intéressants détails sur les sociétés et les fêtes de Fuveau.
    Chercher des extraits de livres rares.
    Nombreuses compilations d’archives paroissiales, municipales et privées regroupées et éditées à compte d’auteur entre 1990 et 2001 par Monsieur Guy Graveleau, décédé le 05 juillet 2001.
    Ces compilations sont reliées dans deux ouvrages :
    « Fuveau. Vestiges et Archives de l’Eglise » publié en septembre 1991.
    « Fuveau . Chroniques et faits divers d’autrefois » publié en janvier 2001. Ils ne se trouvent plus à la vente mais sont consultables à la bibliothèque municipale. Détour indispensable à tout curieux du passé local.

    – Nos racines sont les vôtres par Noëlle Faure-Vincent et Jean Bonfillon 2000. 

    – Marie-Cuir (Jean François Roubaud 2006) une nouvelle vécue dans laquelle sous le nom  de « Lagnanes » notre village est aisément reconnaissable.

    – Un précieux éphéméride couvrant une période de 1839 au début du siècle dernier dû à Richard Michel, ouvrier mineur.

    – Le petit Marcel : poèmes et écrits de Marcel Dellasta sur son enfance saint-rémoise et fuvelaine, à lire absolument, cliquez sur  ce lien. http://www.lepetitmarcel.fr/page2.html

    La Mine par Michel Bourrelly en 2004 avec des croquis d’époque peu connus.

    Les perles et les fleurs dans l’art funéraire et l’art décoratif des XIXe et XXe siècles par Odile Ducros, le plus récent des livres concernant Fuveau.

    Un site sur l’histoire de Belcodène : http://bolcodenis.free.fr/index.php

    – Une compilation de photos publiée en janvier 1962 sur les fresques murales peintes par Bernard Buffet dans la chapelle de Château-l’Arc. Editeur Galerie David et Garnier. Je détiens cette compilation si elle peut aider à vos recherches. Le peintre a fait don de ces oeuvres au Vatican lors de la vente du château.

    – Une note sur La Barque par Jean Ganne dans son livre « Châteauneuf-le-Rouge » édité par l’imprimerie Esmenjaud de Gardanne début 1998.

    – Des coupures de journaux années 30.

    – Un rapport sur les mines par la Société Statistique de Marseille en 1840.

    -Divers contes enfantins ont été écrits ces dernières années par Marie Polichetti-Roubaud, de Fuveau, sous le pseudo de Laly.

    -Divers livres de science-fiction depuis 1979 par Sylviane Corgiat, de Fuveau.

    Outre les archives départementales, communales et paroissiales :
    – Archives du château de Favaric, jusqu’alors à la bibliothèque Méjanes mais tout évolue très vite.
    – Archives de la famille d’Hupays, encore au château d’Oraison dans les années 80 et transférées depuis aux archives départementales à Aix-en-Provence.
    – Archives des familles De Jessé Charleval ainsi que de la famille De Boutassy concernant Château l’Arc, également aux archives départementales d’Aix.
    – Les archives des anciens notaires de Fuveau en particulier Maître Sablier fin XIXème et début XXème et Maître Neveu pour les années 50 sont détenues par leur successeur Maître Jaume à Trets 13530, consultables également aux archves départementales à AIx.
    Les archives départementales Gaston Defferre à Marseille recèlent aussi une mine de documents en particulier sur les anciennes sociétes, les archives de la gendarmerie, divers documents municipaux ect.

    Ne pas oublier les publications locales :
    – Le Fuvelain, journal paroissial paru quelques années à partir de 1907, difficile à trouver en dehors de quelques familles qui en ont conservé une collection.

    La plupart des journaux paroissiaux qui paraissent depuis une bonne trentaine d’années comportent soit des recherches historiques locales, souvent dues à Auguste HONORAT, soit des interviews d’anciens du village qui ont laissé de précieux témoignages. 
    – Lou Troumpetaïre, mensuel apolitique paru quelques années à partir de 1982 a publié de nombreuses études historiques en particulier des recherches sur le nom des rues.

    Un petit secret : les archives et compilations de Monsieur Auguste HONORAT ( décédé le 04/10/2006) jamais publiées hormis très partiellement dans quelques revues locales sont un placer de corindons rares à exploiter. 

     Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944, à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
    Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904.  
    Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Vingt-cinq ans de patronage rural » qui donnent de très intéressants renseignements sur la vie de la paroisse au début du siècle dernier. Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910.
    On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes « Cougourdié »

    La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps « Chemin d’Aix », elle devint rue Pétain sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

    Signalons également deux ouvrages ne concernant pas le village mais écrits par des fuvelains :

    Les nuits de Macédoine par le docteur Henri Bourgeois Gavardin aux éditions Paul Roubaud Aix 1934, qui raconte l’expérience de médecin militaire de ce dernier.

    Voyage aux sources du Niger par le Suisse Josuah Zwiefel et le Fuvelain Marius Moustier dit Loni, éditeur Challamel Paris 1880. Compte-rendu d’une expédition commanditée par Charles Verminck et ayant conduit à la découverte des sources du Niger avant Stanley.

    La page de garde de ce livre. On peut l’acheter sur Amazon.

    Un tout récent pour terminer : Nouvelles de Fuveau par l’association « Prête-moi ta plume » 2011 en vente à la Maison de la Presse.

    Impasse Sainte Rosalie


    Impasse sainte Rosalie

    Nom curieux que celui de cette impasse et pourquoi donc ? C’est une appellation des années 50 due à l’abbé Christophe alors curé de Fuveau lorsque celui-ci a demandé à ses ouailles Barquaises de donner un saint patron (ou patronne) au hameau de La Barque,et c’est sainte Rosalie qui fut choisie. C’est la dite sainte Rosalie, une sainte ayant vécu un millénaire auparavant du côté de Palerme qui fut choisie car à cette époque la Rosalie était le nom d’un véhicule en vogue produit chez Citroën.

    La Rosalie

    Rue de la République

    L’actuelle rue de la République encore appelée Grand rue  par nombre de fuvelains. Photo du 17 février 1906 prise à l’occasion de la venue du ministre des colonies Clémentel et carte postale expédiée le 31 juillet de la même année. Au premier plan, à droite, un charreton de fascines (li feissino) vraisemblablement destiné au boulanger Négrel, sous le balcon coté droit de la rue. Légèrement cachée par le charreton, la boucherie d’Auguste ROUBAUD.

    Elle a été longtemps la plus longue rue du village et s’appelait « Grand’rue » auparavant  mais à l’avènement de la Troisième République, le 4 septembre 1870, elle a pris son nom actuel.

    Notons qu’ele est prolongée par la rue du 4 septembre en direction de Belcodène..

    La Grand’rue où l’on remarque les supports de treille, photo prise en février 1906