Catégorie : Quartiers lieux dits

Mon quartier

La Barque

Voici en préambule une notice sur La Barque et son pont antique tirée de l’excellent ouvrage de Jean Ganne : Châteauneuf -le-Rouge édité en 1998, I.S.B.N 2-9511683-0-6.

Voici ci-dessus une « vraie » photo de La Barque qui à l’origine ne se situait pas dans l’actuel croisement dit des Quatre Chemins mais une centaine de mètres plus loin en direction d’Aix. La maison la plus importante du petit hameau au premier plan, était appelée « Veuve Long » au milieu du dix-huitième siècle, c’est l’actuelle maison Féréoux.

Ce bâtiment qui abritait l’école de La Barque n’a pas changé mais en 1910, il était le seul construit sur la gauche du croisement dit des « Quatre chemins de La Barque » avec l’agence postale qui n’a pas changé non plus.  A cette époque personne ne disait « Je vais à La Barque » mais « Vau eï Quatre Camin », « Je vais aux Quatre Chemins ». Dans les nouveaux noms de rues et passages donnés au hameau, le nom des « Quatre Chemins » a été oublié de nos topographes.

Voici le bar-tabac de La Barque au temps où il était tenu par Madame Malet et où il n’y avait aucune borne au milieu du croisement et encore moins de feux tricolores. Madame Gaudry lui succéda dans les années 50 et fit installer devant une pompe à essence manuelle. Plus tard, Baudino, puis Del Rio, puis « Sylvain » puis Barielle s’y sont succédé. Il a plusieurs fois changé de mains depuis les années 2010

Le tabac après l’arrivée de la pompe à essence.

Et ci-dessus la borne qui a tant fait de victimes sur laquelle montaient des agents en gants blancs pour faire la circulation les jours d’afluence. Au second plan, la station-service toute neuve, nous sommes en 1954 !

La plus ancienne des cartes postales connues des « Quatre Chemins » c’est celle-ci, elle date de 1904. On y remarque une borne d’indication de direction située dans un coin du carrefour au niveau de l’actuelle station-service.

Voici en 1955 la grande borne au milieu du carrefour. Elle a été  responsable de nombreux accidents souvent très graves.

Très active au début du siècle dernier, elle est aujourd’hui en état de délabrement et le musée des trains qui était bien entretenu dans les années 70 fait maintenant triste figure. La ligne Gardanne – Carnoules créée en 1877 a été utilisée pour le transport des voyageurs jusque en 1938 et pour le transport de marchandises essentiellement la bauxite jusqu’en 1963. Elle est antérieure à la gare de Fuveau et lui a tant bien que mal survécu.
On remarquera au fond et à gauche de cette photo la maisonnette peinte par Cézanne en 1906.

En corollaire à ces photos, le  texte de loi rendant « d’utilité publique » la ligne La Barque – Valdonne ainsi que le copie du télégramme annonçant, vingt ans plus tard, la mise en chantier de la ligne !

Voilà deux photos du musée des trains au temps de son apogée. 

Histoire de Château l’Arc

Vous trouverez ci-dessous la copie d’une publication écrite par Antoine de Jessi en 1940 sur l’histoire de Château l’Arc intimement mélée à celle des Boutassy et de leurs alliances, nous nous sommes contentés de scanner les onze pages qu’elle comporte.

Et ci-dessous un extrait de l’armorial général de France

Les Sauvaires

Par son étendue, le quartier des Sauvaires est l’un des plus importants de Fuveau, c’est aussi le plus excentré puisqu’il touche aux confins de Meyreuil et de Gardanne, ces deux communes se partageant sa desserte postale. Il est traversé par la Route des Sauvaires, une appellation récente car il y a peu, c’était le Chemin des Sauvaires qui menait jusqu’à un modeste hameau familial. On ne trouve plus ce patronyme sur Fuveau, quelques descendants se sont fixés entre autres sur Meyreuil et Gardanne.
Le nom de Sauvaire a une belle origine, comme Salvaire c’est un dérivé de Sauveur. Pour une étude historique détaillée sur Les Sauvaire, il y a lieu de consulter le livre de l’abbé Chaillan « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » page 101 et suivantes.

Chemin et lotissement de la Roucaoudo

Le chemin de la Roucaoudo part du chemin des Pradels et s’enfonce dans la colline vers le nord en direction du lotissement de la Roucaoudo sans l’atteindre toutefois puisque obstrué par des propriétés privées. Dans son livre Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle, Michel Colon nous donne l’origine de ce nom  au chapitre 1 titre 4 : la roco caudo, le rocher chaud particulièrement bien exposé au sud par opposition à la roco auto, le rocher haut, colline où est bâti le vieux village, voire la roco Martino, Roque Martine, le rocher de Martin sur la route de Chateauneuf. Martino est un nom de famille d’origine povençale francisé en Martine.

Les Rajols et la Rimado

 Qui a connu ce qui était le plus grand quartier de la commune et qui le voit maintenant ? Un quartier de collines qui fut longtemps le paradis des chasseurs tant Fuvelains que Belcodénois est maintenant, un entrelacs de chemins desservant des propriétés bâties avec ou sans goût et solidement clôturées.
   Le chemin des Rajols partait de la route de Belcodène (Le panneau indiquant le quartier des Rajols est toujours en place) et il rejoignait la route des Michels qu’il traversait pour se prolonger jusqu’aux Longs Cols.
   La situation a changé, Ah ! La Fontaine, « Jean Lapin allégua la coutume et l’usage ». Ah ! Jiget le bègue et simple d’esprit dans la pastorale Maurel « Sabi l’us », vous êtes un peu oubliés. Les propriétaires riverains n’écoutant que leur droit que l’on ne saurait mettre en cause ont coupé ce chemin pour le transformer en plusieurs impasses ce qui pourrait peut-être un jour être grave de conséquences en cas d’incendie. Curieusement la partie du chemin des Rajols partant en direction du nord à partir de la route des Michels s’appelle maintenant impasse de la Rimado, la trop bien nommée, car la rimado, en provençal, c’est à la fois le brulage et les dégâts et restes consécutifs à celui-ci…. sans parler du sens interdit installé  dès l’entrée de ce chemin, en son temps le plus long de la commune en dehors des drailles bien sûr.
   Trêve de polémique inutile. Le but de la rubrique est d’expliquer l’étymologie ou plutôt l’origine du nom des Rajols. Les rajols, c’est l’endroit par lequel l’eau coule (du provençal « raja », couler),  ce qui nous laisse supposer que l’on devait y trouver de nombreuses sources, ce qui n’a rien de surprenant car on en trouvait pratiquement dans tous les quartiers de la commune. Cette appellation de Rajols se retrouve très fréquemment dans tout le grand sud de la France.

Le quartier et le lotissement l’Ouvière

L’oronge est un champignon plutôt réservé aux connaisseurs, parfaitement comestible il foisonnait dans les collines de Fuveau et surtout de Châteauneuf-le-Rouge. L’ouviero, c’est son nom en provençal et donc rien d’étonnant que ce quartier situé à la sortie du village mais très boisé à une époque ait pris ce nom, on peut supposer que les oronges étaient plus faciles à trouver il fut un temps que maintenant.

Chemin et quartier de la Montjoie

Sur la route de Rousset, au début du siècle dernier, un famille marseillaise ayant quelque attache au village avait fait construire une résidence secondaire. L’emplacement était bien choisi, face à la Sainte-Victoire, avec une belle exposition. Situé à moins d’un kilomètre du village le bâtiment était à l’époque plutôt isolé. Ils avaient eux-mêmes choisi le nom de la maison : La Montjoie ce qui se justifiait pleinement car elle se trouvait sur le tracé d’une ancienne carraîre c’est-à-dire un chemin destiné et troupeaux transhumants le long duquel les montjoies ne manquaint pas. Précisons que ces montjoies étaient des tas de pierres, souvent disposés artistiquement et servaient à baliser les dites carraîres. Les bergers et accompagnateurs de troupeaux avaient pour habitude lorsqu’ils en rencontraient d’ajouter leur pierre à l’édifice.

Ci-dessous la maison, agrandie depuis l’origine, qui portait ce joli nom.

Gousto-Soulet

C’est l’un des quartiers excentrés de Fuveau puisqu’il touche aux confins de Gréasque, Gardanne et Meyreuil. C’est un nom ancien puisqu’il est répertorié sur la carte de Cassini et d’ailleurs écrit Cousto Soulet ! Il pose bien des problèmes orthographiques à sa légion nouveaux résidents qui se posent aussi des questions sur son origine, c’est pourtant bien simple. Un gousto-soulet en provençal est tout simplement un égoïste, ce qui se conçoit aisément car jusqu’aux années 1950, il n’y avait qu’une seule bastide, aujourd’hui fort défigurée par les rénovations, dans ce quartier perdu et il fallait une dose d’égoïsme certaine pour vouloir et pouvoir régner seul sur ce territoire.  

Les Espinades

Les habitants de Fuveau et ceux du Tholonet ont eu un jour la même idée : baptiser l’un de leur quartier Les Espinades. Ces endroits avaient en commun d’être assez excentrés par rapport au village et recevoir peu de visites hormis celles de quelques chasseurs ce qui n’est plus vrai à notre époque au Tholonet avec la présence du barrage Zola, à Fuveau avec l’urbanisation galopante.
Au-delà de la Bégude, en direction de Gréasque, ils sont nombreux à avoir élu domicile dans ce quartier de collines où, à l’époque, on pouvait « s’espina », se prendre dans les épines, s’y piquer voire s’y déchirer la peau ou les vêtements. Voilà, simplement résumée l’origine du nom de ce quartier où l’argelas et toutes sortes d’épineux ont régné en maître au cours des siècles.

Les Espinades, c’est cette partie boisée qui est complètement en haut et à droite de cette photo, au-dessus de la ferme de la Bégude.

Les Escassades

Dominé par le Moulin des Escassades qui a lui-même donné son nom au chemin du Moulin des Forges, ce quartier s’étend de la route de Châteauneuf au chemin d’Aix et au Vallon au Pin de Luquet. Pour connaître l’origine de ce nom, rien de plus simple, il suffit de prendre un dictionnaire provençal – français, Lou pichot Trésor ou le Trésor du Félibrige, pour constater que des « escassado » sont des bois à brûler. Il n’y a pas un gros effort d’imagination à faire pour savoir que ce quartier de terres de collines très sèches était peu cultivé en son temps et évidement pas construit, par contre tout un chacun venait y faire sa provision de bois en particulier de feissino d’où son nom.

Ce moulin qui dominait le promontoire des Escassades est maintenant à peine visible lorsque nous observons la campagne fuvelaine depuis le haut de la rue Rondet. Végétation et habitations le masquent.

Cité et quartier Brogilum

1962. C’est l’arrivée des pieds-noirs et avec eux, les Harkis, soldats d’origine algérienne ayant servi dans l’armée française et ayant par la force des choses opté pour la nationalité française. Notre département doit en toute hâte et dans l’urgence construire quelques structures pour accueillir ces familles. En cette période, Alexandre Philip est maire socialiste de Fuveau mais surtout président de l’union des maires des Bouches-du-Rhône, à ce titre, il ne peut politiquement pas se soustraire à la nécessité donner au département un terrain pouvant accueillir des préfabriqués vraisemblablement très amiantés mais pouvant être mis à disposition de leurs futurs occupants dans des délais record. Au bord de la RN96 au quartier Madame d’André, ce qui a été appelé au départ le « Camp des Harkis » fera l’affaire pour ces chefs de famille dont la totalité ont droit à un emploi prioritaire des forestiers. Précisons qu’en 1976, des bâtiments en dur ont remplacé les préfabriqués.
Brogilum ? Pourquoi ? Ce nom aussi a été choisi dans l’urgence d’une façon peu concertée. Ce coin de colline maintenant bien dégagé était un véritable breuil, où régnait une végétation épaisse de taillis et argelas, un refuge naturel pour certains animaux. Le nom de Brogilum qui n’est autre que breuil en latin correspondait à la conception de ce lieu pour les décideurs de l’époque.

La Bégude

Profusion de Begudes dans tout le grand sud de la France, forcément, c’est l’endroit où l’on boit. Ce nom est tiré du verbe provençal béure, boire.

Voici l’état actuel de cette ferme qui fut en son temps le plus important  « ménage » du village en dehors des terres seigneuriales. Elle se situe en bordure de la RD96 juste avant le restaurant du clos de l’Olivier. La Bégude bégudo en provençal servait aussi de relais de poste jusqu’à la révolution. L’actuel Lotissement de la Bégude ainsi que le profond vallon de l’autre côté de la route faisaient partie du domaine dont la totalité des terres étaient cultivées.

Le quartier de la Bégude de Fuveau a donné son nom à un étage du crétacé supérieur fort connu des géologues avec sa couche de lignite épaisse de 312 mètres : le Bégudien.

Voici un bail intéressant daté de 1810 concernant la ferme de la Bégude au bord de la « grande route de Roquevaire ».

Superbe photo ,vieille de soixante ans au moins, avec les moutons de la ferme de la Bégude et la RD96 pas encore goudronnée !

Font d’Aurumy

Voici quelques explications qui éclaireront en partie sur l’origine du nom de l’actuel collège, elles sont aussi intégrées dans la page 3 des anecdotes.

La Fontaine d’or?


En provençal, la fontaine c’est la « font », il y avait plusieurs lieux à Fuveau pour lesquels on parlait de « font » : la Font de Sole, elle se trouvait juste en face du restaurant Le Cézanne du côté gauche de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd’hui détruite. Elle était adossée à la maison d’un certain Monsieur Soler surnommé Sole. Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous l’autoroute, le quartier Font de Prat, « Fontaine des Prés » mais à l’origine « Font deî pèd » Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé aujourd’hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les années 50 la construction d’un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de la route a asséché cette arrivée d’eau.
Pour le quartier Font d’Aurumy qui a donné son nom à l’actuel collège, nous en sommes réduits aux suppositions. La « Fonte d’Aurimia » est attestée dès 1259 sur la commune de Fuveau. Cela en fait l’un des plus anciens noms de lieu connu sur notre village. La racine latine « aur » peut faire penser à la fontaine d’or mais rien n’est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini publiée à la fin du dix-huitième siècle et n’existait peut-être pas en temps que quartier par contre sur le cadastre de Napoléon publié en 1823, nous trouvons le quartier « Font d’Aurumy et Masse ». On peut le consulter sur :  http://www.archives13.fr/archives13/CG13/pid/103 (descendre ensuite jusqu’à l’étape 3).

Ci-dessus la copie de la page 22 du livre  » Antiquités de la vallée de L’Arc » publié en 1907 par Gérin-Ricard et Arnaud  d’Agnel qui donne l’année de la première mention de la « Font Aurimia ».