Catégorie : Eglise, chapelles et oratoires

Eglise, chapelles et oratoires

Chapelles détruites

La chapelle des Pénitents(XVIIe siècle)La chapelle des Pénitents-Blancs de FuveauUn registre curial du XIXe siècle veut que les Pénitents-Blancs de Fuveau aient été fondés en 1648.Nous tenons, « du 12 avril 1660, une permission originale octroyée par les coseigneurs de Fuveau pour la bâtisse d’une chapelle dans ledit lieu en faveur des Pénitents-Blancs, au choix de Mr de Fuveau-Puget ». (Archives hospitalières de la famille d’Hupays)Cette chapelle fut édifiée dans la rue de l’église, près de la cure, sur l’emplacement d’un casal appartenant aux Puget et loué précédemment à M. de Flotte, prêtre de Roquevaire.Les Puget, dames et messieurs, sont les protecteurs de la confrérie ; et si par leurs bienfaits ils coopèrent à l’érection, à l’ornementation du monument, ils recrutent des membres par la vertu de leur influence.
Aussi, à la mort de Louis Puget arrivée en 1680, les Pénitents font éclater leur reconnaissance en lui faisant des funérailles magnifiques. Ils auraient voulu l’ensevelir dans leur chapelle mais aucune tombe n’avait été préparée.

La chapelle des Pénitents érigée au milieu du XVIIème fut détruite en 1902 lors du premier aménagement de la place Verminck. Dans leurs études respectives consacrées au village, l’abbé Chaillan, Michel Colon ainsi que Guy Graveleau ont évoqué différents aspects de la vie de la confrérie des pénitents de Fuveau. Voir aussi le page de l’impasse des Vertus sur ce site.

Ci-dessous un croquis de cette même chapelle antérieur à la photo.

Chapelle des Pénitents à Fuveau, croquis antérieur à la photo ci-dessus.Chapelle des Pénitents à Fuveau, avant sa destruction.
Peu avant le décès dudit seigneur, la confrérie, déjà florissante, avait jugé à propos de paraître en corps aux cérémonies des enterrements. C’était, d’abord, les membres, puis les amis, les bienfaiteurs qui réclamaient les prières, les bons offices religieux de ces hommes fidèles à leur règlement de pénitence.
Le 11 septembre 1706 « on ensevelit pour la première fois à la tombe des Pénitents Toussaint Barthélémy, âgé d’environ 66 ans, membre de la confrérie ». Près de la tombe des confrères, on creuse les tombes des bienfaiteurs qui, avec empressement, demandent à y être déposés après leur mort.Claude Rossolin, après Etienne et Jacques Vitalis, est très dévoué aux Pénitents. Curé de Fuveau, comme eux, il se fait recevoir de la compagnie et assiste aux chants de ses offices.Pierre Vitalis, prêtre, fils d’Henri Vitalis, notaire, est aussi confrère de la gazette, et presque tous les membres de sa très répandue et influente famille agissent comme lui. C’est le moment de l’apogée des Pénitents de Fuveau.Ils font refaire par Barthélémy la façade –très artistique- de leur chapelle, en 1723. […] Claude de Faudran, coseigneur, en 1742, Etienne Vitalis, coseigneur, en 1753, Bernardin d’Hupays, en 1771, se font ensevelir à la chapelle des Pénitents…
Mais, aux années 1742 et 1743, le cimetière de Saint-Michel étant en interdiction , il fallut, pour éviter de porter les morts à Belcodène ou à Gréasque, ensevelir presque tous les défunts du pays aux tombes de la chapelle des Pénitents. (sur l’Etat-civil, on a relevé 234 noms de défunts déposés auprès de l’autel de cette chapelle).Le 3 germinal, an VI, les citoyens de Fuveau y procèdent à la nomination de l’agent municipal et y élisent Jean Louis Long… En 1818 les pénitents se reconstituent et l’office est de nouveau chanté dans leur chapelle, mais avec beaucoup moins d’éclat que dans les siècles disparus. La chapelle est démolie en janvier 1902.p. 48 à 51
SOURCE /  Vallée de l’Arc Supérieur, Recherches Archéologiques et Historiques Sur FUVEAU,  Par l’Abbé CHAILLAN,  1901

Ne pas oublier la chapelle Sainte-Anne qui, elle, fut détruite en 1809 pour faire place au premier site d’extraction industrielle du charbon : le puits numéro1, celui-ci a été remplacé plus tard par l’ancienne mairie, actuelle maison des Associations, cours Leydet. Elle est bien située sur la carte de Cassini.

La chapelle Saint-Charles à Château-l’Arc est transformée en habitation depuis les années 70.

La chapelle Saint-Roch

Le glorieux saint Roch avait protégé la communauté fuvelaine de la contagion lors de la peste de 1720 et dans les années qui suivirent, sous l’impulsion du consul Honorat Jourdan une chapelle lui fut élevée.
L’habitude d’aller y chanter le Salve Régina le soir du 15 août fut rapidement prise. Du début du siècle dernier et jusqu’à nos jours, l’office s’achevait par « O grand san Ro », chant en provençal dû à Eugène Long. La mélodie que vous entendez est de Constant Chayne et correspond à ce chant.

Le chœur de la chapelle a gardé sensiblement le même aspect aujourd’hui que sur cette photo de 1906.

Voici le « trésor » de la chapelle Saint-Roch, ce superbe ex-voto sur lequel on peut lire :
Honorat Jourdan étant consul en l’année 1720
la peste étant dans la Province
le peuple ayant recours au glorieux saint Roch
ce lieu a été préservé de ce mal
et en mémoire cette chapelle a été édifiée des aumônes
que le sieur Jourdant a ramassées des bonnes gens
et il a fait faire ce tableau avec sa famille

C’est effectivement le saint en majesté, le consul avec sa mère, sa femme et ses six enfants qui sont représentés.

À l’angle rue Barthélémy Niollon – rue de la Paix, voici l’édifice dans son état actuel. Au fronton on peut lire la date de 1729.

Précisions sur saint Roch

Au début du XIe siècle, Roch, un jeune montpelliérain, partit pour Rome accompagné de son chien et sur son chemin, guérit de nombreux malades, en particulier des pestiférés. Il est normal qu’après la grande peste de 1720, de nombreux oratoires et chapelles aient été élevés en son honneur par les communautés qui avaient été épargnées de ce mal. L’église a fixé sa fête au 16 août ce qui explique que son culte accompagne souvent celui de l’Assomption.
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Ce cantique, dû à Eugène Long, les fuvelains ont pris pour habitude de le chanter tous les 16 août . On l’appelle parfois le chant du « Grand Roumiou », ce mot signifie pèlerin. La musique que vous entendez, due à Constant Chayne est précisément celle de ce cantique.

Cantico de Sant Ro.

Canten, Crestian, canten la glori
E fasen redire eis écos
E lou renoun e la memori
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Emé lou cor que nous trampello,
Plen d’afecioun e d’estrambor
Venen prega dins la capello
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Coumo un sourgent que toujour raïo,
Maugra lei esten e lei ro,
Caminaren dedins la draïo
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

En aqueou san tant populari
Sieguen sempre un pople dévo
E saluden lou santuari
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

E se jamaï la pesto affrouso
Venié ravaja notei lio,
Implouren l’ajudo amistouso,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Se d’autrei fléu nous menaçavoun, 
Vers eu moutarien nostei vo,
Envoucant lei man que sauvavoun,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.

Mai dou pecca qu’es taco d’oli,
Aluencho lei bouco de fio,
E gardo nous per l’aout regoli
O grand Roumiou, o grand San Ro.

Une autre vue de la chapelle Saint-Roch, l’un des nombreux endroits de Fuveau bien exposés où les dames aimaient se retrouver pour enfiler des perles.

L’oratoire

Ils sont nombreux les villages de Provence sur le territoire desquels les oratoires sont légion, la palme revenant vraisemblablement à Orgon dans la montée entre le village et Notre-Dame-de-Beauregard. Fuveau, lui, ne compte qu’un seul de ces édicules anciens, les croix de missions ou autre niches ne pouvant être définies comme tels. Il est encore visible et parfaitement entretenu sur le Chemin d’Aix à deux cents mètres environ du cimetière. Par contre, son origine nous est parfaitement connue et ce détail d’histoire locale rehausse l’intérêt de ce monument, inscrit au patrimoine fuvelain. Petite précision, il existe au bord de l’Arc au niveau de Favary un deuxième oratoire celui-ci dédié à saint Mitre, il est en limite des communes de Fuveau et Rousset mais réellement sur Rousset. Le notre donc est dédié à saint Jean de Mélissane.
Auguste Honorat (dcd 04/10/2006) en a bien étudié les détails et raconté l’histoire qu’il a juste un peu romancée comme à son habitude mais si ce n’était pas le cas, celle-ci perdrait vite sa saveur.

L’histoire de l’oratoire

Voici comment en septembre 2000, Auguste Honorat a analysé et à peine romancé l’histoire de l’oratoire Saint-Jean-de-Mélissane après de minutieuses recherches sur une quantité importante d’archives paroissiales, municipales et familiales.

CYPRIEN FOUQUE (1702 – 1782)
ou l’histoire de l’ex-voto du Pin de Luquet à Fuveau.

 Celui qui emprunte l’ancienne route d’Aix à partie de la croix des Missions lorsque on quitte le CD56E, va trouver sur sa droite à deux cents mètres environ un oratoire dédié à saint Jean de Mélissane dit saint Jean le Moissonneur et immédiatement après il verra le chemin qui vient des Escassades. C’est à ce carrefour qu’en 1779 se déroulèrent les faits qui aboutirent à la construction de cet édifice. C’est cette histoire que nous avons reconstituée pour vous la conter. 
Pour bien se mettre dans l’ambiance de cet évènement, il est indispensable de connaître le constructeur de l’ouvrage : Cyprien Fouque né le 18 octobre 1702 ainsi que d’avoir un aperçu de la famille dont il est issu.  Famille profondément chrétienne car lors de leur décès, les Fouque reçoivent toujours les sacrements, plusieurs d’entre eux furent membres des Pénitents Blancs. Dans l’ancien régime, ils apparaissent comme conseillers et auditeurs aux comptes de la communauté malgré leur illettrisme. La famille aura son époque, au dix-huitième siècle, même un huissier royal. Lors de la confection du cadastre de 1777 qui va recenser la fortune des habitants de Fuveau, plusieurs Fouque vont figurer.

LE MIRACLE DU PIN DE LUQUET

Le 23 juin 1779, le vieux Cyprien Fouque qui a 77 ans s’est réveillé bien avant l’aube et en cette veille de Saint-Jean il songe aux onze enfants issus de ses deux mariages. Madeleine ESTIENNE, lui a donné 10 enfants dont aucun n’a survécu a ce jour, seul lui reste le dernier de ses fils, le « caganis », Jacques, issu de son second mariage avec Gabrielle FABRE, de Gardanne. Ses filles Maire et Françoise lui avaient auparavant donné cinq petits-enfants dont seule reste en 1779 Marie BOURRELLY née le 9 décembre 1761, fille de Françoise. En 1779, la famille Fouque se compose donc de Cyprien, Gabrielle Fabre, Jacques Fouque et Marie Bourrelly qui à 17 ans.
 Le vieux Fouque s’est levé et comme à l’accoutumée, après avoir passé sa grosse chemise et son pantalon s’est ceint les reins de la taillole. Il a enfilé ses grosses chaussures, a mis par dessus des bottes de cuir qui protègent le coup de pied , il a soufflé les braises pour ranimer le feu et a mis à  réchauffer un reste de soupe de la veille puis il a réveillé son fils. Il pense que demain c’est la grande fête de Saint-Jean, sa petite fille qui réside à Gardanne est  venue à Fuveau pour aider son grand-père et participer à la fête.
Jacques s’est levé et a avalé une bonne assiette de soupe avec son père avant de partir. Les voilà qui descendent l’escalier et dans le couloir le long de l’étable ils prennent leur grand chapeau de feutre à larges bords. Celui de Cyprien n’a plus de couleur mais il ne saurait aller aux champs sans lui.
En longeant la rue de Nice pour sortir du village par la porte du même nom, ils devisent du travail qu’ils vont accomplir ce jour pour avancer leur moisson. La saison a été propice, le vieil adage n’a pas menti « Au mes de jun s’en fa qu’aucun ». Le vieux Fouque et son fils ont moissonné les orges et un peu de froment pendant que Gabrielle et Marie formaient les javelles ensuite ils ont foulé les gerbes au fléau et aujourd’hui ils vont vanner sur l’aire du Pin de Luquet car Cyprien a préparé les vans, ces paniers à deux anses qui servent à nettoyer le grain battu.
  Pendant ce temps, à Fuveau, l’épouse de Cyprien qui a 59 ans vaque au tâches ordinaires du ménage et réveille sa petite-fille Marie. Elles se reposent un peu des efforts de la moisson. Même le mulet qui n’est pas parti avec les hommes ne s’est pas levé de grand matin, il a été laissé à la disposition des femmes pour aller chercher de l’eau à la restanque de Font d’Esprat car l’eau est rare au village.
 Les heures passent, la maîtresse de maison s’est mise aux fourneaux pour préparer une soupe de fèves bien épaisse avec un morceau de lard, un peu rance ainsi qu’une omelette d’oignons le tout accompagné du pain cuit voici deux jours au four communal sans oublier deux bouteilles de vin.
  L’horloge de l’église ayant sonné la onzième heure, Gabrielle demande à sa petite-fille de préparer le mulet et de lui mettre un petit « eissari » pour porter le repas aux hommes.
 Voici donc Marie qui s’en va, sortant du village par la porte de Nice, rejoignant la route royale d’Aix à Toulon qui longe le village au Nord, traversant le ravin sur le vieux pont médiéval et commençant à monter vers la grande carraire qu’elle traverse en continuant sa route vers le Pin de Luquet distant d’environ 600 mètres.      
Du chemin du quartier des Escassades qui va rejoindre la grande route d’Aix, descend un mulet bâté que son propriétaire accompagne nonchalamment perdu dans ses pensées. Il fait chaud, la demie de onze heures est déjà bien passée, soudain le mulet de Mesté Poulacre énervé par les taons entame un petit trot quelques dizaines de mètres avant le carrefour malgré les cris et vociférations de son maître qui ne peut le retenir.
Le mulet s’engage sur la route alors qu’arrive Marie juchée sur son animal et qui révasse, bercée par le balancement de sa monture. Que s’est-il passé dans la tête de cette bête ? Nous ne la saurons jamais mais ce qu’il advint, c’est qu’elle se jeta sur son congénère la bouche ouverte et les sabots en avant, Marie fut désarçonnée et tomba entre les pattes des mulets qui continuaient à se cabrer en échangeant des coups de pieds.
  Mesté Poulacre qui était arrivé sur les lieux continuait à vociférer et avec sa canne tentait de séparer les antagonistes. Le combat dura longtemps et la pauvre Marie, recroquevillée, les mains sur la tête gisait toujours au milieu de leurs pattes, recommandant son âme à Dieu et invoquant le grand saint Jean pour qu’il la sauve du danger pensant aussi à son promis et à son mariage prévu dans quelques mois.
Après un dernier soubresaut, la lutta s’acheva. Les bâts des animaux jonchaient le lieu de la bataille, la soupe de fèves, l’omelette, le pain et les bouteilles, tout était à même le sol dans la poussière du chemin. Enfin mesté Poulacre put porter secours à la jeune fille et la remettre sur ses jambes car il la croyait morte ou grièvement blessée. Celle-ci, après avoir remis de l’ordre dans ses vêtements commença en tremblant à articuler quelques mots : « Je crois que je vais bien, je n’ai rien de cassé pourtant j’ai senti plusieurs fois que les sabots me piétinaient ». Mesté Poulacre la regardait ahuri « Mais c’est une chose impossible ce que tu me dis, j’ai bien vu ce qui s’est passé, je te croyais morte ! » disait-il en s’épongeant le front « Oui mais pendant ce temps je priais Dieu et j’invoquais le grand saint Jean des Moissons » « Tu as été entendue et exaucée ». Alors il se découvrit  et ensemble avec Marie ils s’agenouillèrent et s’étant signés, ils remercièrent Dieu et le grand Saint Jean de Mélissane du prodige qui venait de se produire.
Les animaux calmés attendaient la suite des événements alors mesté Poulacre refit le bât qui était tout désarticulé quant à Marie, elle essaya de sauver ce qui pouvait l’être du repas de son grand-père et de Jacques. Ce jour là, le vieux Cyprien  se contentat du pain, de l’omelette et et l’eau. Lorsque Marie eut narré les faits, Cyprien se découvrit, se mit à genoux et à haute voix, promit à Dieu et au saint d’élever un oratoire en ex-voto sur le lieu du prodige. 

Fouilles archéologiques chapelle Saint Michel

Dans le cadre d’un projet de rénovation de la chapelle Saint-Michel, il était nécessaire et surtout obligatoire de réaliser des fouilles archéologiques autour de ce vénérable édifice. Le rapport des archéologues apporte quelques éclairages d’importance. Il nous est apparu intéressant d’en publier le contenu afin que celui-ci ne soit pas définitivement enterré dans des archives municipales ou régionales.

À titre personnel, nous en tirons les conclusions suivantes : la chapelle d’origine date bien du XIsiècle et n’a pas été bâtie sur un édifice antique comme beaucoup le supposaient et surtout la communauté villageoise n’a jamais vécu autour de la chapelle, même si elle y a été enterrée, elle s’est  toujours trouvée sur l’emplacement de la colline de Roque-Haute différente de la Roque-Caudo (Roucaoudo) voire de la Roque-Martine. 

Terribilis est locus iste

C’est une bien curieuse inscription qui figure au fronton de notre église.

TERRIBILIS EST LOCUS ISTE
HIC DOMUS DEI EST
 ET PORTA CŒLI
Ce lieu est terrible. C’est la maison de Dieu et la porte du ciel.  C’est un phrase tirée du de la Bible (Génèse, 28, 17) qui elle-même regorge de ce type de formule. Sachant qu’elle figure dans l’introït des messes de dédicaces des églises, cela peut être une explication car pour l’église Saint-Michel, celle-ci a été célébrée en très grande pompe. 

Très rares sont les lieux de culte où figure cette inscription : l’une à Lyon sur l’église Saint-Georges et, plus interpellant, l’église Sainte-Marie-Madeleine à Rennes-le-Château. Cette dernière a été voulue par le célèbre et énigmatique abbé Saunière à la fin du XIXe.

La façade et toutes ses inscriptions.

Chapelle Saint Jean de Melissanne

Cet édifice a été superbement rénové en 2022

Au sud, le CD6 un axe sursaturé par la circulation intensive, au nord l’ancien lit de l’Arc qui est devenu un cloaque, à l’est un ancien champ, fertile en d’autres temps, que la volonté du propriétaire actuel a transformé en jungle, dépotoir et refuge pour amoureux en voiture, le champ à l’ouest reste encore cultivé ! Triste décor pour la plus vénérable des chapelles rurales de la commune ! 
Le prieuré de Saint-Jean-de-Mélissane dit aussi Saint-Jean-le-Moissonneur fut construit sur les substructions d’une propriété rurale qui peut être datée du Bas-Empire ou plus vraisemblablement de l’époque wisigothique en fonction des nombreux tessons noirs avec décors à rouelles qui pullulent à cinquante mètres à l’ouest de la chapelle, là où sont encore visibles quelques pans de murs en petit appareil ainsi que deux arrivées de canalisations qui apportaient l’eau depuis les sources de la Grand’Bastide. Mentionnons également, à quelques mètres de là, un grand couvercle de sarcophage moyenâgeux en bordure du champ cultivé vraisemblablement exhumé lors d’un labour. Sur la photo ci-dessous on notera la présence d’un grand fut de colonne en grès exhumé lors d’un labourage profond, il a été volé mais il témoigne de la présence d’un établissement important sous le sol de ces lieux. Il parait urgent d’ouvrir un jour un chantier de fouilles. Précisons que de nombreuses colonnettes avaient été récupérées dans les années 50 avec l’apparition des tracteurs.

Le lieu est mentionné comme appartenant successivement aux Templiers ou aux Hospitaliers puis à l’abbaye de Saint-Victor, ce qui est peu original dans la région, Dès le xvisiècle, ce n’est plus qu’une chapelle autour de laquelle la population locale se fait enterrer en nombre, des labours profonds effectués dans les années 60 l’ont confirmé. C’est aussi à cette dernière époque, après le départ de l’abbé Huart que la pratique de la messe dominicale en ce lieu a cessé pour être remplacée par un pèlerinage de mainteneurs autour du 24 juin parfois suivi d’un aïoli pris en commun. Précisons que ce pèlerinage est une très ancienne tradition du village. Il se faisait à pied dans les siècles passés au son des fifres et des « bachas », gros tambours à ne pas confondre avec le tambourin, en français une bacholle. Notons que le plus ancien des oratoires de Fuveau au chemin du Pin de Luquet est également dédié à saint Jean de Mélissane ou saint Jean le Moissonneur.

Les vitraux ayant été brisés, les ex-voto et souvenirs des pénitents de Fuveau dispersés, la reproduction d’époque d’un Baptême du Christ de Rubens volée, que reste-t-il à l’intérieur ? Un autel composé d’une dalle retrouvée in situ et d’un fût de colonne de même. L’autel d’origine a été transporté on ne sait pourquoi à la chapelle Saint- Michel. On y voit aussi un curieux confessionnal qui est taillé dans l’épaisseur du mur. Le cul de four a été remis à neuf à la fin des années 60 par le jeune Charles Lagalisse (Ven 2014)alors âgé de 15 ans. Peu après, le vitrail qui orne la meurtrière retrouvée à cette occasion fut l’œuvre d’un un artiste local, Monsieur Gérard. Le fût de colonne en grès que l’on aperçoit (par terre à droite) sur la photo ci-dessus prise en 2005 a aussi été volé mais on en retrouve d’autres près de la face nord du château de la Grand’Bastide tous provenant de labours autour de la chapelle.
Des modillons qui ornent l’extérieur de la chapelle sous la corniche de la cella en cul de four, il ne reste que ceux qui n’ont pas de décor, les manquants étaient parés de feuilles d’acanthe ou représentaient des faces humaines. Nous avons fixé ci-dessous le seul qui présente encore une jolie volute.

A l’extérieur, une ancienne base de pressoir oléicole fut longtemps objet d’une tradition locale : on faisait mettre le pied dedans aux nouveau-nés ou aux nouveaux baptisés. Volée également en 2009, la voici encore dans son jus (volée en 2010).

Voici l’ancienne arrivée des eaux de la Grand’Bastide à l’aplomb de la chapelle (photo Flo Vatin). Ci-dessous le couvercle de sarcophage.

Je vais vous livrer un secret sur cette chapelle orientée. Elle est entièrement construite en beaux matériaux de réemploi et sur son angle nord-ouest, à une hauteur de deux mètres, se cache une pierre exceptionnelle. Elle est ornée d’une magnifique frise de grappes de raisins et de poissons, seulement voilà, une ancienne municipalité qui se souciait bien peu du patrimoine n’a rien trouvé de mieux que de l’enduire d’une couche de ciment ! Peu avant cette triste décision du maire Guiguet en 1974, ce joyau avait été filmé quelques secondes en super 8 à l’occasion d’un rallye-surprise. La réhabilitation indispensable de ce site passera aussi par la remise au jour de cette pierre ainsi que de toutes celles qui ont été utilisées pour rebâtir la chapelle dont plusieurs dalles en particulier, une très visible avec ses encoches typiques est la pierre de base d’une entrée de maison. 

Exhumée par un labourage profond le 23 mars 2007, voici une base de colonne maintenant déposée en mairie de Fuveau qui pourrait constituer le « Trésor de Saint-Jean ».  Cette découverte est la confirmation de la présence en ces lieux d’un établissement agricole florissant car au vu du diamètre de cette pierre il est certain qu’elle supportait une colonne de plus de trois mètres de haut. Donc, à quand un vrai chantier officiel de fouilles archéologiques ?

Pour mémoire, ci-dessous le chant du « Grand San Jan Batisto » qu’il est d’usage de chanter à l’occasion de la messe en provençal célébrée le 24 juin. Paroles Eugène Long, musique Constant Chayne. C’est précisément cet air que vous entendez .

Refrain
Grand San Jan Batisto vous lou demandant
Dounas nous lou courage
Souténès nous dins lou camin glissant
D’aquéou pélérinage. (bis)

San Jan Batisto servitour
Dóu Dieù que countemplen la glori
Sièguès nostre bon proutectour
Que perden jamai la mémori.

San Jan Batisto à l’an que ven!
Fuvéu vendra mai vous rendre oumagi.
Se sian pas mai siguen pas men
Per faire aquéu pélérinage.

De ço qu’aven proumé dins la mission
D’estre coutent e sage
Afin d’agué nostro bello pourtien
D’aquéu san eiretage. (bis)

Pour le fun ci-dessous, un curieux document de 1524 concernant la chapelle

« le visiteur découvre des cendres ou les restes d’un foyer, parfois devant l’autel, quelquefois même sur l’autel que les habitants de l’église utilisent pour faire leur cuisine, ainsi qu’en témoignent les ustensiles qui trainent au pied de l’autel, oules et sartans et les restes du repas qui demeurent sur l’autel. Ces foyers entretenus continuellement finissent à la longue par enfumer et noircir complètement l’église. Le visiteur découvre également dans ces sanctuaires des outils et des instruments agricoles ainsi que des tas de foin aménagés pour servir de lit aux bouviers.Cette appropriation des édifices du culte peut aller encore plus loin. Le cas limite est bien celui de la chapelle Saint Jean de Mélissane, près de Fuveau dont les habitants détiennent la clé, usant du sanctuaire comme de leur demeure propre. Aussi Durandus Alesi est-il contraint de visiter par un trou du mur cette chapelle qui selon ses propres termes ressemble davantage à une habitation profane qu’à une église ». (Ut apertuit nobis plus videturdomus prophanaquam ecclesia).

En 2022, La façade de la Chapelle a été réhabilitée par la Municipalité de Béatrice Bonfillon-Chiavassa

De belles découvertes sous cette façade. Un magnifique arche au dessus de l’entrée, une porte cachée jusqu’alors sur la façade sud, et l’ensemble de pierres d’angles mise en valeur. N’oublions pas la mise au jour de la fameuse pierre au poisson.

Histoire de cloches (mai 2014)

Voici, retrouvé dans des archives dont nous ignorons la provenance, ce qui peut être considéré comme la petite histoire des cloches de Fuveau.

Et ci-dessus pour conclure, voici la dernière cloche installée inaugurée dans les années 70 par l’abbé Grimonpont. Pour sa fabrication, c’est le bronze de l’ancien bourdon (qui était fendu) qui a été utilisé. Une souscription auprès des paroissiens a permis son financement.

L’éphéméride de Fredo Jourdan ( juin 2017)

Deux éphémérides  ont déjà été évoqués sur ce site, pour qui voudrait les consulter en totalité, on les trouve à la bibliothèque municipale, ils sont dus à Hippolyte Dépousier dit Capéou et Richard Michel. C’est le regretté Guy Graveleau qui s’est chargé de les mettre en page. Dans un autre style, l’éphéméride de Fredo Jourdan, en son temps chef du crible à la mine n’est pas dénué d’intérêt. Il est détenu par la famille Coulomb et nous éclaire sur la fondation de la confrérie des pénitents blancs en 1647. Il contient de nombreuses notes personnelles assez disparates ainsi que l’histoire de la famille.
Ci-dessous la copie des deux premières pages du cahier fondateur dont l’original semble avoir été perdu.

Bâtie par les pénitents blancs au tout début du règne de Louis XIV et détruite en 1902 voici la chapelle immortalisée peu avant sa destruction par Marius Blanc, père du populaire « Cabanon ».