Jeu de cartes typique de Fuveau et de quelques villages voisins dont La Bouilladisse, Rousset et Meyreuil,  il oppose deux équipes comme à la belote (32 cartes) avec en valeur roi, dame, valet, as, dix, neuf, huit, sept. L’atout est la couleur de la dernière carte distribuée que le donneur retourne et garde. Pour marquer le point, il faut être la première équipe à réaliser quatre levées ou plis. Si la même équipe fait les huit levées elle a deux points et si le même joueur fait les huit levées, il fait « quadrette » et son équipe marque quatre points. On va généralement en huit. Le plaisir du jeu c’est que l’on peut parler et demander à son partenaire qu’il dise les cartes qu’il a en mains, choisir celle qu’il doit jouer et discuter de la tactique à adopter. Il est conseillé d’annoncer ses rois, ses coupes, les petits mariages (dame et valet) ou lorsqu’on met feu (une seule carte d’une couleur) mais éviter d’annoncer les dames seules et le jeu d’Aix (deux cartes de chaque couleur). Le parler provençal est certes admis voire même conseillé.       

Les deux Roses    

 L’un des concours de quadrette des années 50 est resté dans les mémoires. Les équipes qui s’inscrivaient, parmi elles de nombreuses équipes féminines ou mixtes, donnaient le nom ou le prénom de l’un des deux joueurs et plus souvent le surnom: les deux « Gamate », les deux « Bartoche », les « Sinsoire », les « Mariette », les « Saguiche », les « Bretelle », les « Marlois », les « Pèti », les « Belle-nuit », les « Barioù » au hasard des quelque soixante équipes, la liste n’est pas exhaustive. Cette année-là, après le tirage au sort des équipes devant s’affronter, la paire des deux « Roses » qui faisait anormalement attendre leurs adversaires était recherchée par les organisateurs qui pestaient contre ces femmes qui s’inscrivaient puis allaient vaquer à quelque tâche ménagère avant le concours. On en était venu à faire le tour des maisons de certaines Rose du village mais aucune n’était inscrite. Au moment de les déclarer forfait on vit sortir d’un bar Joseph et Auguste, deux grands amis : l’un était responsable de la cellule communiste et l’autre engagé et marqué à droite le mélange de leur couleur, le rouge et le blanc, en avait fait « Les deux Roses ». Osera-t-on ajouter qu’ils étaient peut-être noirs ?

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