Encore un fleuron assez spécifique, important et intéressant du patrimoine fuvelain : les descenderies.
Dans les archives d’état civil et notariales du village, au XVII
e et surtout au XVIIIsiècle, les charbonniers sont légion. Avant l’exploitation industrielle des richesses minières de notre sous-sol à partir du décret du premier juillet 1809 , nos ancêtres connaissaient l’existence d’affleurements de lignite appelé charbon de terre et ne se privaient pas d’en tirer de substantielles ressources. Une quarantaine de ces descenderies sont répertoriées sur Fuveau dont une majorité au quartier des Planes, malheureusement les règles de sécurité imposées font que dès que les autorités ont connaissance de l’existence d’une descenderie, qu’il y aurait bien d’autres façons de protéger,  elles s’empressent de venir les boucher à grands coup de blocs de béton au grand dam de ceux pour qui le mot patrimoine a encore provisoirement un sens.

Voici avant bouchage quelques images de la descenderie de la Jacasse située en limite des territoires de Fuveau et Gréasque. Sur ces pierres nos ancêtres ont vraisemblablement pris des repas pour reprendre des forces laissées à leur dur et dangereux labeur. La bouteille n’est pas d’époque mais contient un message pour les générations futures si la descenderie est réouverte un jour .

Comme le montre cet étai de fortune bien conservé, le danger était tout aussi grand à faible profondeur que dans les mines industrielles.

Au vu de cette galerie, on peut imaginer les dangers que couraient tous les charbonniers. Outre les éboulements, les inondations et les difficultés inhérentes à l’aération étaient les gros problèmes. Dans son livre « Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle », Michel Colon a dressé un remarquable état statistique sur les charbonniers de Fuveau et sur ceux qui tiraient de substantielles ressources de leur labeur qu’ils soient propriétaires terriens ou savonniers.

Ci-dessus, visite de la descenderie avec moyens de sécurité appropriés.

Entrée de la descenderie sur la même propriété sous un autre angle. Quelques propriétaires, en particulier Quartier du petit Jas, ont été avisés de l’imminence du bouchage de la descenderie se trouvant sur leur propriété ! Personne ne lutte ? Aucun débat n’est ouvert et personne, même pas les élus, n’intervient pour protéger ce patrimoine qui pourrait faire le bonheur touristique et culturel de la commune ! Pour voir ce qu’il reste de notre patrimoine de descenderies bétonnées, vous pouvez aller au collège Font d’Aurumy de Fuveau et longer le mur extérieur entre l’entrée principale et le portail donnant accès aux cuisines, là vous tomberez sur un bloc de béton d’une laideur édifiante surmonté d’une sorte de borne ou de stèle sur laquelle on lit  » Danger puits de mine ». Administration quand tu nous tiens !

Contre les murs du collège de Fuveau, c’est l’enterrement d’un patrimoine. Administration, encore merci !

A l’entrée de Gardanne, coté gare, une tentative de reproduction d’entrée de descenderie réalisée en 2006 pour orner un rond-point. Pour en avoir connu une quartier des Planes à Fuveau, je puis affirmer que la reproduction est assez fidèle hormis l’épaisse grille de fer. Attention ! Ne pas confondre les descenderies artisanales exploitées jusqu’en 1809 sur presque tout le territoire de la commune hors vallée de l’Arc et le fonçage des puits industriels qui leur ont succédé. Le puits 1 a été creusé à l’emplacement de l’actuelle Maison des Associations et les autres ont suivi la ligne du filon en passant par l’aire de Léon, près de la maison J.Véra, puis chemin du Guignolet puis impasse des Vertus, jusqu’à l’important puits 10, le Puits Lhuillier, puits du  Rocher bleu. La partie de la RD 96 dite à l’époque montée du Pailladou était plus couramment dénommée montée du 15 par les fuvelains.

Un bonus : la station du Puits Lhuillier dite Gare de la Jacquasse d’où partaient chaux, ciment  et charbon.

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