Catégorie : Personnages

Je mes sers chez Gassier

Mon article ne se veut pas publicité gratuite mais au contraire une bien modeste participation à la défense du petit commerçant de Fuveau. j’ai choisi de vous parler d’un qui pour s’être établi dans les années 50 est aujourd’hui l’un des plus anciens du village. Succédant au toujours alerte Paul LAUGIER, il était au départ installé en face de son emplacement actuel contre la cour de la Maison pour Tous et l’on
servait l’essence avec une antique pompe à main qui ferait maintenant la joie d’un collectionneur. A cette activité s’adjoignait un petit atelier de réparations et, détail intéressant, une activité de distillateur de marc dont l’intéressé garde toujours le privilège même s’il ne la pratique plus. Il n’a émigré que plus tard d’une vingtaine de mètres .
Oui, je me sers chez Gassier, pourtant, je compte aussi bien qu’un autre et je n’ignore pas qu’en allant à la grande surface cinq cent mètre à l’ouest je gagnerai
bien dix francs par plein. Seulement voilà, ici on me sert et en plus avec le sourire et quand la pompe marque cent francs et trente cinq centimes, on a l’intelligence d’arrondir au franc inférieur. De plus, il y a toujours du monde dans son bureau pour discuter le coup et là, quel que soit votre bord politique ou religieux, c’est sympa, tout le monde vous dit bonjour ce qui n’est plus toujours le cas dans le village.
Là, si vous voulez connaître les dates des prochains alevinages, qui est mort récemment ou quelle association organise le prochain loto et même tout un tas de secrets qui ne s’écrivent pas, aucun problème. Voilà pourquoi quand je redémarre, j’ai encore l’impression de devoir quelque chose et j’y reviens avec plaisir.

Source : Lou Troumpetaire N° 38 Juillet Aout 1989

Un hommage à Jeannot SICCARDI

Jeannot Siccardi devait être né un petit jour, il n’était pas vraiment grand et n’avait pas un corps d’athlète. Il était pourtant très actif et avait travaillé dans sa jeunesse pour un maçon tretsois. Par la suite, dans les années 50, il eu l’occasion de rentrer aux Ponts et Chaussées pour y excercer le noble métier de cantonnier. Il se mit à la tâche avec la même vigueur, maniant pioche et pelle à tour de bras. Peu au fait des usages de la profession,   quand son chef d’équipe lui demandait de faire une pause, il n’en avait que faire, quand bien même ce fut un ordre. Frisant la désobeissance civique, il continuait de curer avec rage les ruisseaux de bord de route. Devant la désapprobation de ses supérieurs et collègues, un décision devint nécessaire : il fut dit que désormais, il constituerait à lui seul une équipe de travail . L’ordonnance fut prise officiellement et de ce jour on vit Jeannot sans arrêt à l’oeuvre ne comptant pas trop ses heures et toujours piochant, toujours piochant comme le pauvre Martin dans la chanson de Brassens sauf que l’exercice l’avait maintenu en bonne santé et il mourut à un âge très respectable.

Bernard Buffet

Bernard Buffet, né le 10 juillet 1928 à Paris et mort le 4 octobre 1999 à Tourtour (Var), est un peintre et graveur français expressionniste, composant aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs.

Aquarelliste, c’est également un peintre de décors et un illustrateur.

Famille et enfance

Bernard Buffet naît le 10 juillet 1928 au 3, cité Malesherbes dans le 9e arrondissement de Paris.

Fils de Charles Buffet, directeur de l’entreprise de miroiterie Guenne et de Blanche, née Colombe, son épouse, il est issu d’un milieu cultivé de la petite bourgeoisie, allant à rebours de la légende selon laquelle il vivait dans une extrême pauvreté3. Ses deux grands-pères sont militaires. L’un d’eux est passionné de dessin4.

Il est élevé avec son frère Claude, de cinq ans son aîné, dans le 17e arrondissement de Paris au no 29 de la rue des Batignolles où il commence à peindre et dessiner dès l’âge de dix ans. Renvoyé du lycée Carnot en 1939, il suit en 1942 les cours du soir de la ville de Paris place des Vosges, où M. Darfeuille l’initie au dessin.

Formation et débuts

En décembre 1943, à l’âge de quinze ans, Bernard Buffet passe avec succès le concours à l’entrée de l’École des beaux-arts de Paris et y intègre l’atelier du peintre Eugène Narbonne. Il s’y lie avec ses camarades Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.

Son style se dévoile et s’affirme avec son premier tableau La Déposition de croix qu’il peint dans l’atelier qu’il partage avec le peintre Robert Mantienne, à Massy-Palaiseau.

En 1945, il part travailler seul dans la chambre de bonne de l’appartement familial. En vacances à Saint-Cast-le-Guildo (Bretagne), il peint des tableaux de plage. À l’été 1945, sa mère éprouve des maux de tête et meurt deux mois plus tard d’une tumeur au cerveau. Bernard Buffet, comme elle de tendance depressive, ne s’en remettra jamais.

En 1946, il débute au « Salon des moins de trente ans » à la Galerie des beaux-arts avec un autoportrait. L’année suivante il expose L’Homme accoudé au Salon des indépendants.

En décembre de cette année le critique d’art Guy Weelen et Michel Brient organisent sa première exposition particulière, présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impressions d’art. L’État, par l’intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d’art moderne de Paris, la peinture Nature morte au poulet.

Malgré son succès, Bernard Buffet, mondain, flirte avec l’alcool et les amphétamines.

En avril 1948, Le Buveur présenté au prix de la jeune peinture organisé par la galerie Drouant-David, 52, rue du Faubourg-Saint-Honoré n’est pas primé, mais le collectionneur d’art contemporain Maurice Girardin qui se rendra acquéreur de dix-sept œuvres de Buffet dans les années 1948 à 1953, défend sa peinture avec une si grande virulence qu’il attire l’attention du marchand d’art Emmanuel David sur le jeune peintre.

Quelques jours plus tard, Emmanuel David se rend chez Bernard Buffet, 29, rue des Batignolles et lui propose un contrat d’exclusivité avec sa galerie. David partagera ce contrat avec Maurice Garnier en 1957.

Succès

En juin 1948, Buffet concourt avec Deux hommes dans une chambre pour le prix de la critique (première édition), récemment fondé par Augustin Rumeau et son épouse, propriétaires de la galerie Saint-Placide. Il en sort lauréat ex-aequo avec Bernard Lorjou, de vingt ans son aîné. Le succès est immense.

En juillet, une exposition de ses œuvres aura lieu dans cette Galerie. Il expose La Ravaudeuse de filet au Salon d’automne, où il fait la connaissance d’André Minaux. Avec ce dernier, Jean Couty et Simone Dat, il rejoint Bernard Lorjou, Yvonne Mottet, Gaston Sébire, Paul Rebeyrolle et Michel Thompson au sein du groupe de L’homme témoin.

En 1949 Pierre Descargues publie Bernard Buffet aux Presses littéraires de France. Un amateur d’art met un pavillon à Garches à sa disposition. Comme loyer, Bernard Buffet lui donne un tableau par trimestre.

La même année, Bernard Buffet épouse Agnès Nanquette (1923-1976), une camarade des Beaux-Arts, dont il divorce l’année suivante. Car en 1950, Bernard Buffet rencontre l’homme d’affaires et mécène français, Pierre Bergé (1930-2017), « dans un café de la rue de la Seine, aujourd’hui disparu [sic], chez Constant. » Pierre Bergé devient son compagnon et gère sa carrière jusqu’à leur rupture en 1958.

En 1952, la Ville de Paris lui décerne le prix Antral doté de cent mille francs et on peut lire en 1953 dans Le Premier bilan de l’art actuel que « Buffet est sans doute le plus connu des jeunes peintre français », ce que va confirmer Bernard Dorival : « ce n’était que la stricte vérité : jamais artistes n’avaient bénéficié d’une montée en flèche plus vertigineuse ».

Rétrospective à la galerie Charpentier

En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l’après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon (1903-1989) qui devient son ami.

Il achète la propriété de Manimes à Domont, près de Paris, mais la quittera l’année suivante.

La montagne Sainte-Victoire vue depuis Fuveau, lieu de résidence de Bernard Buffet de 1956 à 1964.

En 1956, il fait l’acquisition du domaine « Château-l’Arc » à Fuveau près d’Aix-en-Provence, qui sera sa résidence principale jusqu’en 1964. La propriété comprend outre l’imposante habitation principale flanquée de tours d’angle, « intermédiaire entre le manoir et la bastide », datant de la première moitié du xviie siècle, une chapelle (xviie siècle), des communs et un vaste parc avec des pièces d’eau d’où la vue s’étend jusqu’à la montagne Sainte-Victoire.

En 1958 a lieu la première rétrospective de son œuvre à la Galerie Charpentier à Paris. Pierre Bergé publie “Bernard Buffet”.

Bernard Buffet, Pierre Bergé et Annabel Schwob

En mai 1958, le photographe Luc Fournol lui présente la comedienne et chanteuse Annabel Schwob (1928-2005) à Saint-Tropez. C’est le coup de foudre. Commence alors une liaison amoureuse entre Annabel Schwob et Bernard Buffet, qui vient juste de se séparer de Pierre Bergé. Le 12 décembre 1958, Bernard Buffet épouse Annabel Schwob à Ramatuelle. Il a pour témoin son ami, le peintre Jean-Pierre Capron (1921-1997). Le couple adopte trois enfants.

Virginie (1962-2012), Danielle (* 1963) et Nicolas (* 1973).

Bernard Buffet peint inlassablement, obsessionnellement, Annabel Schwob ; en 1961, l’une de ses expositions s’intitule « Trente fois Annabel Schwob ». À partir de 1959, Annabel commence a publier des livres avec succès.

Années 1960

Le guitariste gitan Manitas de Plata, en 1968, jouant sur une guitare ornée par Bernard Buffet.

En 1961, il peint un ensemble de tableaux représentant la vie du Christ destinés à décorer la chapelle du château l’Arc, sur la commune de Fuveau, au Sud-Est d’Aix-en-Provence. Dix ans plus tard, à la demande de monseigneur Pasquale Macchi, secrétaire du pape Paul VI, Bernard Buffet offrira ces tableaux au musée du Vatican où ils sont exposés dans une salle particulière.

En 1964, Maurice Druon (1919-2009) lui consacre une biographie intitulée Bernard Buffet, publiée chez Hachette. Buffet en écrit lui-même la préface, les images sont de Luc Fournol et les légendes de son épouse. Admirateur prémonitoire, il écrit du peintre:

« À y bien regarder, Buffet est un classique, presque un académique, le seul académique important de notre époque, qui a poursuivi d’un pas personnel la route tracée par Monsieur Ingres et par Monsieur Courbet. »

La même année, Bernard Buffet achète en Bretagne la villa « La Vallée » à Saint-Cast-le-Guildo où il travaillera jusqu’en 1970.

Années 1970-1980

Élu à l’Académie des beaux-arts le 13 mars 1974 au fauteuil de Paul Jouve, Bernard Buffet devient le plus jeune académicien jamais élu jusque là. Le discours de réception est prononcé par Yves Brayer : « Vous n’êtes pas de ceux qui travaillent longuement d’après modèle, qui vont « sur nature ». Un coup d’œil vous suffit et vous préférez recréer votre réalité dans votre atelier. Vous êtes visionnaire d’un monde engourdi de solitude ». Cependant, lui qui a si vite connu le succès auprès du public, n’est pas aimé par l’élite de son époque. La noirceur de son trait et ses séries à répétition ont séduit les amateurs, mais déplaisent aux intellectuels. La reconnaissance de ses pairs de l’Académie des beaux-arts lui apportera enfin celle de l’intelligentsia française.

En 1986, Annabel publie D’amour et d’eau fraîche ; la même année sort le livre de Yann Le Pichon Bernard Buffet en deux tomes qui obtient le prix Élie-Faure. En 1989, Alin Avila publie Bernard Buffet.

Années 1990 : fin de vie

Vers la fin de sa vie, il estompe peu à peu les couleurs dans ses œuvres, il revient à la noirceur de ses débuts. Le diagnostic tombe en 1998 : il est atteint de la maladie de Parkinson.

Sentant la maladie irrémédiablement progresser, Bernard Buffet, qui ne vivait que pour peindre, au moins 8 heures par jour, 7 jours sur 7, ne supporte pas la perspective du déclin. Il s’isole dans sa propriété, le Domaine de la Baume près de Tourtour dans le Var, avec son épouse. Il s’y enferme 6 mois dans son atelier et peint de manière compulsive une série de 25 tableaux sur le thème de la mort, des personnages entre écorchés vifs et squelettes en habits Renaissance, grandeur nature, nés d’un coup de pinceau que l’on sent sec, nerveux, peint dans l’urgence. Ce testament graphique terminé, il se met sur la tête un sac en plastique noir sur lequel il avait fait imprimer son nom avec la calligraphie si particulière de son écriture et s’asphyxie, le 4 octobre 1999.

Ses cendres sont dispersées dans le parc du musée Bernard-Buffet à Higashino-Hachibudaira, ville de Nagaizumi au Japon.

Source Wikipedia

Victor d’Hupay

Né à La Tour-d’Aigues en 1746 et mort à Fuveau le 25 octobre 1818, est un philosophe et écrivain français. Sa pensée fait de lui l’un des ancêtres du socialisme et du communisme.

Biographie

Issu d’une famille bourgeoise du village, c’est à l’échelle du domaine familial qu’Hupay commence, à dix-sept ans, à écrire ses premiers textes sur l’économie rurale. Il est encore fort jeune mais envisage déjà de mettre un jour en communauté l’ensemble de ses biens avec ceux de ses voisins. Comme le marquis de Mirabeau, il suit le mouvement physiocrate qui prône une économie fondée sur l’agriculture. Pour lui, c’est la base de toutes les richesses et il entend bien faire prospérer les terres familiales.

Il suit l’exemple du baron de La Tour-d’Aigues, qui s’intéresse à la valorisation des terres et possède l’une des plus grandes bibliothèques de l’époque sur ce sujet. Néanmoins, Victor d’Hupay remet en cause l’étalage de richesses des Bruny, barons du lieu. Disciple de Rousseau, il veut faire triompher une vie plus simple, un modèle de vie champêtre, loin du tumulte des villes. Il lit les philosophes des Lumières. Son but n’est pas de les concurrencer, mais de mettre en action leurs idées.

En 1770, il acquiert la bastide de Puget à Fuveau et devient coseigneur du lieu. Dès lors, il passe son temps entre Aix et Fuveau en hiver et s’installe à la belle saison à La Tour-d’Aigues. Une fois sa bastide de Fuveau restaurée, il publie en 1777 son premier ouvrage, Projet de Communauté philosophe. Il souhaite réunir en sa nouvelle demeure un cercle d’amis pour une vie en communauté. En 1785, il se définit lui-même comme auteur communiste — mot existant depuis le XIIe siècle pour désigner certaines formes de mise en commun des biens — dans le sens de partisan de la communauté des biens. Il contribue à lui conférer son usage doctrinal actuel : Restif de La Bretonne, à qui il a décrit ses idées dans une lettre, reprend en effet le terme « communiste », qu’il cite dans ses propres écrits et rattache par la suite aux idées de Gracchus Babeuf.

Pendant la Révolution, Victor d’Hupay s’enthousiasme pour les idées nouvelles. Il correspond avec Mirabeau. Bernardin de Saint-Pierre lui écrit : « Avec autant de zèle que vous en avez pour le bonheur des hommes, on fait tôt ou tard du bien. » Il adresse plusieurs projets d’éducation nationale et de modèles de gouvernement à l’Assemblée nationale. Il milite également pour la suppression du mariage, qu’il voit comme une forme de propriété conjugale tyrannique. Pourtant, malgré son engagement, il est emprisonné sous la Terreur et sa maison de Fuveau est pillée. Il se sent incompris. Il écrit encore un peu sous l’Empire et meurt à Fuveau en 1818, à l’âge de soixante-douze ans. Son œuvre tombe ensuite totalement dans l’oubli, même si quelques historiens du socialisme le citent

( Source Wikipedia)

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Monsieur Rabasse

Les Fuvelains il y a 100 ans

Une petite centaine de plaques photographiques « instantanées » en verre au gélatino-bomure d’argent, format 9×12 ou 6,5×9 et fabriquées par Lumière & Jougla à Joinville ou par Lumière & Fils à Lyon,  dormaient dans une cave. Elles avaient été « exposées » par E. Rabasse (dont, curieusement, ce sont les seules photos connues) au début de la Guerre de 1914 pendant une période vraisemblablement assez courte. Ce  sont les photos de Mimi Rabasse, qui a eu 100 ans en 2012 et de son frère Jean, plus jeune de 2 ans,  qui pour l’instant permettent de les dater. Les plaques n’étaient accompagnées d’aucun tirage, ceux-ci ayant probablement été remis aux personnes ayant posé pour la photographie. Les sujets ne sont pas identifiés, mais la comparaison avec de vieux tirages jaunis conservés par les familles permettra peut-être quelques identifications. Les deux petits fils d’ E. Rabasse, J-M Rabasse et D.P. Moustier, ont fait scanner ces négatifs. Photo Hoss à Antibes s’est chargé de ce travail avec beaucoup de compétence et de gentillesse. On a alors découvert la « galerie des portraits des Fuvelains il y a un siècle », qui vous est présentée ici.

« Monsieur Rabasse »

Voici l’autoportrait du photographe. Directeur de l’Ecole libre de Garçons (actuellement « Maison pour Tous ») pendant plusieurs décennies, il dirigeait le rez-de-chaussée du bâtiment. Sa voix de stentor traversait les murs de sa classe et terrorisait les galopins.

 Dans ce groupe de femmes, peut-être reconnaîtrez-vous votre bisaïeule ? Le lieu où a été prise la photo est intéressant, actuellement il correspondrait au pied des escaliers qui sont derrière la Maison pour tous. Derrière le groupe, c’est c’étaient tout simplement les urinoirs de l’école Sainte-Barbe. Ils ont été détruit lors de la transformation des locaux de l’école en Maison pour tous en 1978.

L’air que vous entendez est celui de la « Bourgado escarido » extrait de la Pastorale Maurel. Il évoque Bethléem, bourgade pauvre.

Cougourdié

La tradition de la pastorale Maurel jouée depuis bien plus d’un siècle en période calendale au Cercle Saint-Michel et ce sans interruption hormis les années de guerre, c’est une maintenance connue dont le village s’enorgueillit. Les anecdotes sur celle-ci sont légion mais la plus intéressante, est celle du personnage de Cougourdié. L’auteur, Antoine Maurel, a appelé Pistachiè le rôle du simple, comique et plein de bon sens dans son œuvre, par dérision bien sûr puisque le pistachié en l’occurrence ne se traduit pas par « arbre à pistaches » mais par « coureur de jupons » voire un plus moderne « dragueur ». Ce nom n’avait pas été apprécié par l’abbé Moisan curé du village à partir de 1904 et il avait imposé que le dit Pistachié, tout au moins à Fuveau, soit appelé « Coucourdié  » mot ayant rapport avec la courge. Ses ouailles lui ont obéi et la tradition reste.

Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944, à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Vingt-cinq ans de patronage rural » qui donnent de très intéressants renseignements sur la vie de la paroisse au début du siècle dernier. Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910.
On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes « Cougourdié »

La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps « Chemin d’Aix », elle devint rue Pétain sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Un saint a exercé les fonctions de curé de Fuveau

Eugène de Mazenod

En septembre 1816, Eugène de Mazenod, accompagné de trois prêtres de la Mission de Provence, est venu au village durant quatre semaines pour prêcher une « mission » à l’invite de Pierre Chabert alors curé de la paroisse. Ils visitent la totalité des familles du village qui comptait alors 1200 âmes et donnent prédications, sermons et même confessions en provençal. Le dernier jour une croix est érigée, elle existe toujours, c’est la « Croix de fer » à l’angle Rue du Nord et rue de la Paix. En septembre 1822, le père de Mazenod est appelé pour exercer à titre transitoire les fonctions de curé du village pendant un mois. On retrouve sa signature sur les registres de l’époque. Il a été béatifié le 19 octobre 1975 par Paul VI et canonisé le 3 décembre 1995 par Jean-Paul II. Le chanoine Moisan a écrit sur sa vie un livre plein d’enseignements. Encore un événement important du passé totalement oublié par la communauté du village.

Eugène de Mazenod (1782-1861)
Évêque de Marseille, fondateur de la congrégation des 
Oblats de Marie Immaculée
PhotoCHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD vit le jour dans un monde en pleine et rapide évolution. Né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le premier août 1782, il paraissait assuré d’une brillante carrière et d’une certaine aisance de par sa famille qui était de la petite noblesse. Les bouleversements de la révolution française allaient changer cela pour toujours. Eugène n’avait encore que huit ans quand sa famille dut fuir la France en abandonnant ses biens derrière elle. La famille commençait alors un long et pénible exil qui allait durer onze ans.Les années en ItalieLa famille de Mazenod, partit en exil en Italie, passant d’une cité à une autre. Le père, qui avait été Président de chambre au Parlement d’Aix, fut contraint de s’adonner au commerce pour faire vivre sa famille. Il se montra si peu habile en affaire qu’au bout de quelques années sa famille était proche de la détresse. Eugène étudia quelque peu au Collège des Nobles à Turin mais l’obligation de partir pour Venise allait marquer pour lui la fin d’une fréquentation scolaire normale. Un prêtre, Don Bartolo Zinelli, qui était proche de la famille de Mazenod, entreprit de travailler à la formation du jeune émigré. Don Bartolo donna à Eugène une éducation fondamentale imprégnée du sens de Dieu et du désir d’une vie de piété qui devaient l’accompagner pour toujours malgré les hauts et les bas de son existence. Un nouveau déplacement, vers Naples cette fois, engendra une période d’ennui doublée d’un sentiment d’impuissance. La famille changea de nouveau, et cette fois se rendit à Palerme, où grâce à la bonté du Duc et de la Duchesse de Cannizzaro, Eugène goûta pour la première fois à la vie de la noblesse qu’il trouva agréable. Il prit le titre de « Comte de Mazenod », s’initia aux habitudes de cour et se mit à rêver à un brillant avenir.Le retour en France: la PrêtriseEn 1802, à l’âge de 20 ans, Eugène put retourner dans son pays. Tous ses rêves et ses illusions s’évanouirent rapidement. Il n’était que le « Citoyen » Mazenod. La France avait beaucoup changé. Ses parents s’étaient séparés. Sa mère essaya de récupérer le patrimoine familial. Elle était aussi très préoccupée de marier Eugène à une plus riche héritière. Il devint pessimiste face à l’avenir qui s’offrait à lui. Mais son souci spontané des autres, joint à la foi qu’il avait développée à Venise commencèrent à s’affirmer. Il fut profondément peiné par la situation désastreuse de l’Église de France qui avait été provoquée, attaquée et décimée par la révolution. L’appel au sacerdoce commença à se manifester en lui et Eugène répondit à cet appel. En dépit de l’opposition de sa mère, il entra au Séminaire Saint-Sulpice à Paris et le 21 décembre 1811 il fut ordonné prêtre à Amiens.Les engagements apostoliques: Oblats de Marie ImmaculéeRevenant à Aix-en-Provence, il ne prit pas la charge d’une paroisse, mais commença à exercer son ministère en se souciant tout spécialement d’aider spirituellement les plus pauvres: les prisonniers, les jeunes, les employés, les gens des campagnes. Souvent, Eugène fut en butte à l’opposition du clergé local. Mais bientôt il trouva d’autres prêtres également remplis de zèle et prêts à sortir des sentiers battus. Eugène et ses compagnons prêchèrent en provençal, le langage courant chez leurs auditeurs et non dans le français des gens instruits. Ils allaient de village en village enseignant le « petit peuple » et passant de longues heures au confessionnal. Entre ces « missions paroissiales », le groupe se retrouvait pour une intense vie communautaire de prière, d’étude et de fraternité. Ils s’appelaient « Les Missionnaires de Provence ». Pour assurer la continuité de l’Âœuvre, Eugène entreprit une démarche audacieuse, celle d’en appeler au Saint-Père et de lui demander que son groupe soit reconnu comme congrégation de droit pontifical.Sa foi et sa persévérance portèrent des fruits et c’est ainsi que le 17 février 1826, le Pape Léon XII approuvait la nouvelle congrégation sous le nom d' »Oblats de Marie Immaculée ». Eugène fut élu supérieur général et il continua d’inspirer et de guider ses membres pendant 35 ans encore, jusqu’à sa mort. Le nombre des oeuvres allait croissant: prédications, confessions, ministère auprès des jeunes, responsabilité de sanctuaires marials, visites de prisons, directions de séminaires, charges de paroisses. Dans leur accomplissement, Eugène insista toujours sur la nécessité d’une profonde formation spirituelle et d’une vie communautaire intense. Il aimait Jésus Christ avec passion et il était toujours prêt à assumer un nouvel engagement s’il y voyait une réponse aux besoins de l’Église. La « gloire de Dieu, le bien de l’Église et la sanctification des âmes » étaient à la source de son dynamisme intérieur.Évêque de MarseilleLe diocèse de Marseille avait été supprimé après le Concordat de 1802. Quand il fut rétabli, c’est le vieil oncle d’Eugène, le chanoine Fortuné de Mazenod, qui y fut nommé évêque. Aussitôt, le nouvel évêque appela Eugène comme vicaire général et c’est ainsi que le chantier immense de la reconstruction du diocèse lui incomba. Après quelques années, en 1832, Eugène lui-même, fut nommé évêque auxiliaire de son oncle. Son ordination épiscopale eut lieu à Rome. Ce fut considère comme un défi au gouvernement français qui prétendait avoir le droit de confirmer de telles nominations. Il s’en suivit une bataille diplomatique serrée. Eugène en fut le centre: accusations, incompréhensions, menaces et récriminations. Ce fut une période douloureuse pour lui, douleur accrue encore par les difficultés croissantes de sa propre famille religieuse.Cependant, il garda fermement le cap et finalement les affaires s’apaisèrent. Cinq ans plus tard, quand son Oncle se retira, il fut nommé évêque de Marseille.Un coeur grand comme le mondeBien qu’il ait fondé les Oblats de Marie Immaculée pour apporter d’abord les services de la foi aux pauvres des campagnes de France, le zèle d’Eugène pour le Royaume de Dieu et son amour pour l’Église amenèrent les Oblats à la pointe de l’apostolat missionnaire. Ceux-ci s’installèrent en Suisse, en Angleterre et en Irlande. En raison de son zèle, Eugène fut regardé comme un « second Saint Paul ». Des évêques missionnaires vinrent lui demander d’envoyer des Oblats dans leur champ apostolique en expansion. Malgré le petit nombre des membres de son Institut, Eugène répondit généreusement. Il envoya ses hommes au Canada, aux Etats-Unis, à Ceylan (Sri Lanka), en Afrique du Sud et au Basutoland (Lesotho). Missionnaires à sa manière, ils se répandirent en prêchant, baptisant, apportant à tous leur soutien. Fréquemment, ils s’installèrent dans des terres ignorées, établirent et dirigèrent de nouveaux diocèses et de multiples façons ils « osèrent tout, pour faire avancer le Règne de Dieu ». Pendant les années qui suivirent, l’élan missionnaire s’est poursuivi de sorte qu’aujourd’hui l’esprit d’Eugène de Mazenod est bien vivant dans 68 pays.Pasteur de son DiocèseDans ce bouillonnement d’activités missionnaires, Eugène se révélait comme l’éminent pasteur du Diocèse de Marseille. Il assurait la meilleure formation à ses prêtres, établissait de nouvelles paroisses, construisait une nouvelle cathédrale ainsi que, dominant la ville, la spectaculaire basilique de Notre-Dame-de-la-Garde. II encourageait ses prêtres à devenir des saints, invitait un grand nombre de communautés religieuses à travailler dans son diocèse et prenait la tête de l’ensemble des évêques français pour appuyer le Pape dans ses droits. Il devint une figure reconnue de l’Église de France. En 1856, Napoléon III le nommait sénateur, et à sa mort il était le doyen des évêques de France.L’héritage d’un saint. Le 21 mai 1861 Eugène de Mazenod retournait vers Dieu à l’âge de 79 ans. Ainsi se terminait une vie riche de réalisations dont plusieurs avaient été portées dans la souffrance. Pour sa famille religieuse et pour son diocèse, il avait été à la fois point d’appui et inspiration, pour Dieu et l’Église, il avait été un fils fidèle et généreux. Au moment de sa mort, il laissa une ultime recommandation: « Entre vous, pratiquez bien la charité! La charité, la charité et dans le monde, le zèle pour le salut des âmes ». L’Église en le déclarant « Saint » le 3 décembre 1995, met en valeur ces deux traits de sa vie: l’amour et le zèle. Sa vie et ses oeuvres demeurent pour tous une ouverture sur le mystère de Dieu lui-même. Ceci est le plus grand don qu’Eugène de Mazenod, Oblat de Marie Immaculée, puisse nous offrir.

Pour ne sortir qu’à moitié du sujet, nous avons eu si l’on peut dire également, une « bienheureuse » qui est passée à Fuveau, eh oui ! La bienheureuse sœur Marie de Jésus DELUIL MARTINY, née à Marseille en 1841, fondatrice de la Sociète des Filles du Cœur de Jésus a été nourrie dans sa plus tendre enfance à Fuveau par une nourrice fuvelaine et béatifiée en 1989 par Jean-Paul II.  
Les nourrices étaient une spécialité fuvelaine dans les siècles passés.

Bernard Garin archevêque d’Arles

C’est un personnage historique de Fuveau dont la mémoire est honorée plusieurs fois quotidiennement, à Arles. Comment entendre parler de lui ? Il suffit de suivre la visite guidée de l »église Saint-Trophime et on peut y apprendre qu’il fut longtemps archevêque de la florissante cité jusqu’en 1138 après avoir été abbé de Saint-Victor. De lui non plus, aucune rue du village ne rappelle le souvenir.    

Bernard Garin (? – † le 2 mars 1138), dit également Bernard Guérin, fut abbé de Saint-Victor (11271129), archevêque d’Arles (août 1129 – † le 2 mars 1138) et légat du pape.

Biographie

Bernard Garin est abbé de l’abbaye marseillaise Saint-Victor entre 1127 et 1129 avant d’être promu archevêque d’Arles en août 1129. Un de ses premiers actes est de confirmer le 29 octobre 1129 la donation de l’église de Saint-Thomas de Trinquetaille aux Hospitaliers. Sous son archiépiscopat se produit un évènement majeur de l’histoire d’Arles  : la création en 1131 du consulat, début discret du processus d’émancipation communale, qui jusqu’en 1251 va dominer le destin de la cité.

Programme de l’opérette Comme la lune

Vincent Flo

donnée à Fuveau le 05 juillet 1953,

Un trésor des archives fuvelaines récentes

Des pubs de commerçants aixois ayant une attache familiale ou commerciale à Fuveau.

Des pubs de commerçants de Fuveau et Vincent Flo en tenue.

Le programme proprement dit. Tous les intervenants sont fuvelains.

MARTHE ERBOY = Marthe Boyer
JOSY RUTTY =Josiane Cerutti, épouse Colombier
LOUIS GLIARD = Louis Pagliardini
DENISE TALIS = Denise Vitalis,épouse de Joseph
GABY GIRD = Gabriel Giraud
MARCEL VARD = Marcel Véra
RADI MINI = Jean SERADIMIGNI

Des pubs de commerçants de Fuveau ou d’Aix

Le mot sponsor n’était pas en usage mais les pubs plus faciles à obtenir.

Vincent FLO

Quand aurons-nous, une rue, des escaliers ou une salle Vincent Flo ?

Oui, ça y est ! C’est fait !  La partie de la D46 qui en dépit de toutes les constructions qui la bordent  n’avait pas de nom et que les vieux autochtones appelaient le « Tour des Frères » est depuis mars 2019 l’avenue Vincent Flo. Il était temps. Une petite cérémonie d’inauguration eût peut-être été de rigueur mais le principal est acquis. Bonheur pour le facteur, les riverains auront un numéro!

Voici le plus célèbre des disciples de Thalie fuvelain. Homme de théâtre connu dans l’entre-deux-guerres, époque qui l’a mené sur toutes les planches de l’hexagone, en particulier avec Marcel Merkes et Paulette Merval, il a  vu sa carrière brisée par l’occupation. Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo est revenu dans son village avec une passion intacte qui l’a poussé quasiment jusqu’à la fin de ses jours à monter des pièces, écrire des poèmes toujours dans un genre comique et remettre en selle la Pastorale en utilisant le plus souvent les structures du cercle Saint-Michel, seule  salle de théâtre du village à l’époque. 

En tenue de scène dans « Comme la lune ».

Ici avec le populaire Zè Vottero sur la scène du cercle Saint-Michel.

En 1947, il écrit Hyppolite et compagnie, une opérette qui sera jouée 10 fois entre juin et septembre de la même année à Saint-Savournin, Fuveau, Trets, Auriol, Gréasque, Mimet, Les Milles, Rousset et deux ans plus tard au théâtre d’Aix et à la salle Mazenod à Marseille. Succès ensuite avec Réséda, Le gang des trottinettes noires en 1950, Comme la lune en 51, Les tribulations de Cabasson en 1952, Les Bijoux de l’abbé Grégoire en 54 et Feux Fu-Fu début 55. Il monte l’opérette Les Cloches de Corneville au printemps 55 mais, pour des problèmes de « droits » celle-ci ne put se jouer, par dépit, il montera un pastiche : Les cornes de Clocheville.

Port minéralier de Caronte état actuel

VERMINCK

Voici quatre photos prises en août 2011 qui montrent l’état actuel de ce qui fut le port minéralier de Caronte au temps où il était essentiellement occupé par les entrepots et les quais de déchargement des Etablissements Verminck.

Cette friche industrielle, c’était les bureaux de Croix-Sainte, centre névralgique de l’Entreprise ! Pour qui voudrait les retrouver, il faut suivre dans Martigues la direction Port Minéralier de Caronte, actuellement c’est un coin de pêche très prisé.

Charles-Auguste Joseph Verminck 

Charles Auguste Joseph Verminck né à Fuveau le 21/04/1827, est le fils d’un instituteur belge de Poperingue venu enseigner au village. C’est à dix-huit ans qu’il part au Libéria, au Sierra-Leone et en Côte-d’Ivoire  pour y fonder des comptoirs commerciaux. Retour à Marseille, il fonde la compagnie du Sénégal et de la Côte d’Afrique devenue plus tard  la CFAO, Compagnie Française de l’Afrique Occidentale dont sont issues la plupart des Compagnies de navigation marseillaises actuelles. Fondateur de nombreux comptoirs au Congo, ses envoyés dont l’intrépide Marius MOUSTIER dit Loni furent à l’origine de la découverte des sources du Niger que Stanley s’attribua par tromperie. Il est aussi le fondateur d’une association de Bienfaisance : La Bouchée de Pain.   Généreux donateur pour l’Eglise, c’est à lui qu’elle doit, entre autres, l’immense tableau représentant saint Charles Borromée et autres vitraux et orgues. Il était surnommé le Crocodile dans le milieu des affaires.  La statue de son père qui se trouvait au Château de Calissane orne maintenant  la place éponyme devant l’église. Anecdote : au cas où cette statue serait enlevée, les descendants de la famille Verminck redeviendraient propriétaires de ladite place. Une enquête effectuée à Poperingue m’a permis de savoir qu’il n’y a plus de descendants de cette famille dans ce bourg. Il est mort subitement dans son bureau le 13 décembre 1911. Le détail de ses innombrables activités commerciales nous est narré dans la publication de Guy Graveleau  » Chroniques et faits divers d’autrefois » à consulter à la bibliothèque municipale.

Une vue générale des usines de Croix-Sainte

Une vue du quai d’embarquement des Etablissement Verminck à Croix-Sainte près de Martigues.

Vues de l’usine côté est.

Et même dans la dite usine un générateur d’électricité qui lui était propre !

La salle des mises de la savonnerie.

Le quai d’embarquement ferroviaire.

Les bureaux

Le siège social à Marseille.

Et voici une action qui n’a de valeur que sentimentale

Et un cargo d’huile : La Délicieuse au départ .

Les sites internet et livres qui nous parlent de la vie et de l’oeuvre de Charles Auguste Verminck sont légion. Le dernier qui vient de sortir dû à la Canadienne Eileen Reid March nous informe de la construction de deux trois-mâts-barques construits au Canada : le Progrès et le Charles Verminck.

Voici une trouvaille récente due à Joël Honorat : une carte postale des Cités Verminck à Croix-Sainte, quartier de Martigues.

Attention : Ne pas confondre Charles Auguste Joseph avec son père Charles Joseph. La photo du portrait de Charles Auguste Joseph VERMINCK m’a été aimablement fournie par Monsieur ROSSI, descendant de Charles Joseph.

Voilà ci-dessous un document marquant le souvenir du château de Calissane sur la commune de La-Fare-les-Oliviers, propriété de Charles Verminck jusqu’en 1902. C’est  cette année-là qu’il l’a vendu et à fait transférer la statue sur la place éponyme de Fuveau. Ce menu a été offert aux « Enfants de Fuveau », association fondée par Verminck lui-même et qui regroupait tous ceux qui travaillaient à Marseille (en particulier chez lui) et étaient d’origine fuvelaine.

Charles Joseph VERMINCK

Sur cette carte postale colorisée de 1908, voici l’église et la statue en bronze de Charles Verminck qui lui fait face.
Hormis les statues à caractère religieux et le petit buste de Leydet sur la fontaine du Cours, c’est bien le seul personnage statufié du village.
Un belge statufié à Fuveau ! Ceci mérite quelques explications historiques.

Charles Joseph VERMINCK est né le 17 octobre 1799 à Poperinge en Belgique, gros bourg proche de la frontière française. On trouve également les graphies Poperingue et Poperinghe.

Orphelin à l’âge de cinq ans, il est élevé par le prêtre du lieu et ne connaît que la langue flamande. Il apprend la musique et l’orgue en particulier. Décidé à préparer la prêtrise il se retrouve d’abord en Picardie chez les trappistes puis à Mortagne dans l’Orne où il perfectionne ses connaissances en français et en latin. Une rencontre avec des Frères Gris, le mène vers Montrouge près de Paris où cette communauté a un couvent et dans la continuité, il se retrouve à Luynes près d’Aix-en- Provence où la dite communauté possède également un monastère. Le quartier des Frères Gris existe toujours entre Luynes et Aix. Il pose pied en Provence le 28 avril 1817. Il se sent plus attiré vers l’enseignement que vers le sacerdoce et parvient à obtenir d’enseigner dans quelques familles de Fuveau grâce à l’abbé Eymeric alors curé de la paroisse. Il obtient un tel succès que le 20 février 1824, il parvient à ouvrir la première école du village dans l’ancien château des Peysonnel, actuel Cercle Saint- Michel et à cette occasion il s’installe à Fuveau dans la rue des Lices actuelle rue Barthélémy Niollon. Il achète même une partie du Château pour prendre des élèves en pension et donne des cours du soir aux adultes. Il ne tarde pas à trouver l’âme sœur en la personne de Magdeleine Virginie BLANC née à Fuveau le 25 mars 1806 qu’il épouse le 21 novembre 1825. Elle lui donnera 13 enfants tous nés à Fuveau.

Charles Auguste Joseph né le 21 04 1827, armateur et bienfaiteur du village qui commanda la statue de son père.

Joseph Alexandre né le 30 09 1828

François Marius Frédéric né le 01 03 1830

Henriette Appolonie Magdeleine née le 10 03 1832

Joséphine Caroline née le 12 01 1834

Julienne Caroline Joseph née le 19 01 1836

Louis Charles Joseph né le 09 03 1837

Michel Marius Joseph né le 29 04 1838 

Victorine Jéromine Joséphine née le 30 04 1840

Félicie Appolonie Alexandrine née le 20 11 1842

Rose Henriette née le 23 12 1843

Marie Michèle Joséphine née le 05 03 1846

Casimir Marius Charles né le 15 03 1848

Malheureusement il perd son épouse le 17 12 1849 mais son action pour l’enseignement de la jeunesse du village continue au moins jusqu’en 1860 quoique d’autres écoles se soient ouvertes entre-temps.

Il meurt chez son fils aîné à Marseille le 01 mars 1880. Ce dernier commande alors la statue de bronze que nous connaissons pour la mettre d’abord devant son château à Calissane près de La Fare-les-Oliviers mais sur la commune de Lançon. Lors de la vente dudit château en 1902, il la fait transporter pour orner la place de l’église devenue à cette occasion place Verminck.

La statue de Charles Verminck dans son emplacement originel au château de Calissane

Nouvelle de mai 2003 : les hasards de la vie et les nécessités du travail ont conduit un descendant de notre illustre instituteur à s’installer tout récemment au village.

NB: d’autres vieilles photos de la statue de Verminck sont dans la page  » encore des cartes postales »

Rue Marc Scudo

Rue Marc Scudo, un adresse bien connue au village puisqu’elle dessert l’école Sainte-Marie, le Pôle Culturel Jean Bonfillon avec la Bibliothèque et l’Ecole de Musique mais aussi la Maison pour Tous Eugène Long.
Cette artère inaugurée en 1990 commémore le souvenir de l’adjudant Scudo qui avait fondé le centre de secours de Fuveau. Précisons qu’auparavant, cet établissement dont les dimensions étaient plus modestes se situait dans la traverse du Riéret, il est maintenant tranformé en immeuble d’habitation.

Paul Prieur

Les joueurs qui évoluent cette saison sur le stade de foot ignorent vraisemblablement pourquoi il a été baptisé ainsi bien que les tristes circonstances qui en ont fait le Stade Paul Prieur fassent partie d’un passé relativement proche.
Né en 1912, Paul était le fils d’un fromager des Alpes qui avait épousé une fuvelaine et s’était fixé au village. Après avoir fait un certain temps sa tournée « avec la brouette », celui-ci avait étendu son commerce jusqu’à desservir toute la région et devenir un commerçant aisé. N’avait-il pas acheté la voiture du docteur Barthélémy ?
Paul, fils unique et enfant gâté, fut l’un des premiers à pouvoir aller se baigner à l’Arc en vélo. Il n’eut aucune peine dans ses études à l’école de Monsieur Rabasse et plus tard dans le secondaire ce qui ne l’empêchait pas d’être un bon vivant comme nous le rappelaient ses amis qui l’ont bien connu et de participer à des « parties de cabanon sanglantes » comme savaient le faire certains jeunes du village.
Quelque temps après la première guerre s’était montée l’équipe de foot du village, le Joyeux Sport Fuvelain,  composé pour mémoire de : NOZIGLIA dit Chinchet, goal. Henri RICHAUD, Lazare CHAYNE, arrières. Maurice ETIENNE, René REY, Marcel REY, demis.   Pierre GRAND et Kléber PECOL, inters. BOYER et Daniel OLIVE ailiers. Avant-centre Daniel LAFOY. Quelque temps plus tard, les THEAGNO, Jean TRINCI, Camille BOURELLY, Jean GIRAUD puis Paul PRIEUR étaient venu remplacer ceux qui prenaient de l’âge.
Travaillant avec son père, Paul pouvait trouver le temps de sacrifier à une autre passion : l’aviation. Il venait d’obtenir son brevet de pilote civil à Istres lorsque le 15 mai 1936 il entra en collision avec un avion militaire au-dessus de Marignane. Il avait 24 ans.
Une foule l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure, une remarquable tombe de marbre noir à gauche en rentrant dans le cimetière. C’est à ce moment que le stade qui n’avait pas de nom devint le stade Paul PRIEUR.

Paul PRIEUR en cache-nez au cabanon avec ses amis, Fortuné ROUBAUD, Jean NEGREL et Jean RICHIER, affalé.

Le maquisard : Louis Pécol

Nous avons tenu à faire figurer parmi les personnages qui ont marqué le village, le seul Fuvelain qui ait pris le maquis durant la période de l’occupation, c’est Louis Pécol. Envoyé d’office en camp de jeunesse à l’âge de vingt ans, d’abord dans le Jura puis à Gonfaron dans le Var, il a été embarqué d’office dans un train à destination de l’Allemagne. Sentant le danger, il a sauté de celui-ci à l’occasion d’un arrêt à Lyon pour prendre le maquis en compagnie de deux camarades du coté de La Lance, Nyons et La-Motte-Chalençon dans la Drôme provençale et le Vercors. Il y passera quatorze mois sous le nom de Roméo (son deuxième prénom) Vernet (nom d’un cousin) soi-disant né à Luynes et domicilié à Bourdeau. À son retour, après la libération, Fuveau et son maire, Alexandre Philip, ont su dignement l’accueillir et il a repris sa vie de mineur. Il s’est éteint le 29 janvier 2005.
Le sous-lieutenant Dufour dit le capitaine Paris a conté les faits d’armes de ce maquis dans un livre intitulé Mémoires de l’ombre aux éditions Scriba de l’Isle-sur-la-Sorgue en mai 1989.
Un certificat particulièrement intéressant relate les actions héroïques de notre compatriote de La Barque.

Ces faits n’enlèvent rien au mérite d’autres héros maquisards Fuvelains : Raymond Mattio, Marcel Giusti et Maurice Digne qui ont passé quelque temps au maquis de la Sine sur la commune de Vauvenargues en 1944.

Rue Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944 à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres, ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904 et ne quittera plus sa paroisse.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Dix ans de patronage rural » qui donnent de très précieux renseignements sur la vie de la paroisse et du village en général dans la première moitié du siècle dernier.  Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910. L’abbé Cheilan, de son côté, a publié en 1949 une biographie intitulée « M. le chanoine Marie-Joseph Moisan curé de Fuveau 1865-1944 ». Trés impliqué dans la vie du village où il était particulièrement apprécié, il s’occupait entre autre d’un patronage de garçons très florissant. Pressenti pour être nommé évêque il a toujours refusé pour rester dans sa paroisse comme prêtre puis comme chanoine.


On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes Cougourdié. La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps Chemin d’Aix, elle devint rue Pétain (sic) sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis à nouveau rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Une photo de Marie-Joseph Moisan, avec les élèves du catéchisme et les catéchistes à la Grand’Bastide.

Monsieur et Madame Michel

Un parking à La Barque évoquant le souvenir de deux instituteurs. Peut-être méritaient-ils un prix Nobel de la Paix voire une auréole de bienheureux mais Fuveau a fait ce qu’il a pu en donnant au parking, proche de l’école qu’ils ont tant aimé, le nom cet admirable couple.
Pour éviter trop de débordements d’admiration subjectifs, nous nous contenterons de montrer ci-dessous l’interview paru dans le Troumpetaïre numéro 10 de juin 83. Ils évoquent avec la discrétion qui les caractérisaient une infime partie de leur action et de leur vie consacrée à leurs enfants et à leur école. 

Georges MARTIN

Parmi plusieurs Martin de Fuveau, le plus souvent sans lien de parenté proche, deux ont laissé une empreinte. L’un est l’auteur du bronze représentant Victor Leydet sur la fontaine du cours, l’autre, Georges Martin a laissé son nom au stade de basket de Fuveau.
C’était en fait un aixois puisque né au quartier du Pont-de -‘Arc le 03 avril 1921. Issu de la dernière promotion de l’école normale d’avant-guerre, il est nommé à Fuveau en octobre 1942 mais doit subir les chantiers de jeunesse et deux ans de déportation près de Brunswick. Il reprend son poste en octobre 1945. Généreusement, il met tout de suite en pratique sa vocation d’éducateur. Il relance la société des A.I.L avec Romolo Agostini et Félix Vitalis dit le maréchal. Bientôt il lance le basket et obtient pour le terrain de Trente Gouttes un bail emphytéotique qui permet d’y d’établir le stade de basket actuel. Avec Guérin Marchi, le dernier chef d’orchestre du Cercle Philharmonique, il monte une chorale en son temps florissante. Malheureusement sa santé est altérée par son temps de déportation et il s’éteint en 1963.
La conclusion sera laissée à une infirmière, sœur Saint-Privat qui, elle aussi, a marqué le village dans les années 60 : « S’il était chrétien, ce serait un saint ».

La première équipe de basket de Fuveau avec Georges Martin en numéro 10. Pouvez-vous me dire qui sont les autres ?

Guérin MARCHI

« Le dernier chef d’orchestre » comme l’ont appelé un moment les fuvelains après son décès en 1957. L’avenue qui honore son œuvre et sa mémoire part de la fontaine place Charles de Gaulle en direction de la Bégude. Guérin Marchi fut longtemps le chef d’orchestre et l’âme du Cercle Philharmonique de Fuveau, importante société s’il en est par laquelle passaient tout les jeunes qui ont eu à cette époque une formation musicale.

Boulevard Loubet

C’est dans le cadre des nouvelles dénominations de rues voulues par la municipalité radicale au début du siècle dernier que la plus longue et la plus belle artère de Fuveau a pris son appellation actuelle. Il était normal à ce moment d’honorer le président en fonction d’autant que c’est lui qui avait dirigé le pays pour le passage du dix-neuvième au vingtième siècle et surtout pris la dure succession de Félix Faure mort dans les conditions que l’on sait.   C’est parce qu’il a fortement appuyé la demande du député Leydet  pour que Fuveau obtienne sa gare que le village a donné son nom au plus beau de ses boulevards.

Cliquez sur ce lien pour connaître son histoire  http://www.senat.fr/evenement/archives/loubet.html

Cours Victor Leydet

Pour les anciens grecs, c’était l’agora, pour nous c’est le cours, centre de la vie du village, place du marché et lieu de rencontre quotidien pour la discussion des événements. Fallait-il que le personnage dont il porte le nom fût quelqu’un d’important ? Voici résumée l’ascension de cette personnalité.
Né à Aix-en-Provence le 3 juillet 1845 dans une famille d’ouvriers, il est placé très jeune chez un commerçant. Autodidacte, il parvient à se créer une situation enviable dans le commerce des huiles. Il a 25 ans en 1870 lorsqu’il est élu conseiller municipal d’Aix. Un an plus tard, il fonde un journal : Le National. En 1876, il est adjoint et le voilà conseiller général du canton de Peyrolles dès 1880 puis député de la première circonscription d’Aix dont fait partie Fuveau en 1881. Il siège à la gauche radicale. Il est sénateur en 1897, Parlementaire influent, membre du comité national consultatif pour les chemins de fer et les Caisses d’épargne, il intervient pour la loi sur la retraite des vieux travailleurs. Aix lui doit la création de la fabrique d’allumettes maintenant bibliothèque Méjanes et le tribunal des prud’hommes. Il eut deux fils avec lesquels on le confond parfois: Edmond conseiller d’arrondissement d’Aix-Nord et Louis, peintre et ami de Niollon.
Cependant, pourquoi notre cours porte-t-il son nom ? Tout simplement parce que c’est lui qui fit adopter la création de la ligne ferroviaire La Barque-Valdonne et corrélativement la construction de la gare de Fuveau. A cette époque cette réalisation à changé la vie des mineurs et cimentiers du village. Son buste de bronze, dû à l’artiste-fondeur local Martin, orne la fontaine du cours Victor Leydet. Cliquez pour voir le télégramme qui a annoncé la ligne de chemin de fer.

Victor Leydet

Lors de sa visite au village, un pantagruélique repas lui fut offert.

Pour mémoire, la photo de l’inauguration de son buste en bronze dans les années 70.

Et voici Victor Leydet portraituré par un Fuvelain : Barthélémy Niollon

Cours Célestin Barthélémy

Le docteur Célestin Barthélémy ancien maire de Fuveau et l’une de ses sœurs. Le Boulevard partant de la nouvelle fontaine jusqu’à l’actuelle mairie rappelle son souvenir. Il occupa un poste important à l’union des Maires de France.

Il est mort le 04 juillet 1898 alors qu’il était encore maire de Fuveau en fonction.

Il ne faut pas le confondre avec son homonyme le docteur Célestin Barthélémy. Celui-ci était né à Fuveau le 18 avril 1850 et avait exercé sa profession à Fuveau de 1876 jusqu’à sa mort le 3 novembre 1933.

Tous deux ont été maires de Fuveau.

Le docteur Henri Bourgeois-Gavardin qui succéda un temps au docteur Barthélémy et excerça aussi comme médecin militaire. Il fut également président du Cercle Saint-Michel.

Rue Cachichi

 C’est l’histoire d’un homme qui n’a passé que quatre ans à Fuveau dans l’entre-deux-guerres mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu’eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon SILVESTRE né à Velaux en 1888 poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu’il pétrissait à la main. Début 1925, l’occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d’un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu’à Salonique, un quartier de Gréasque, ne trouvant le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d’Aix, une pâte molle d’un demi kilo, et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le « pain de luxe » qui n’est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l’actuelle Caisse d’épargne : « Boulangerie Cachichi ». La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n’avait pas de nom bien défini à l’époque, fort peu utilisée qu’elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l’époque pour les boulangers du village et même pour ceux d’Aubagne et Marseille. Certains l’appelaient la traverse NÉGREL du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l’idée de peindre aussi au coin de sa maison « RUE CACHICHI » et depuis le nom est resté sans qu’aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

Léon SILVESTRE dit Cachichi.

Barthélémy NIOLLON

Barthélémy NIOLLON par John Erskine  en 1979.

Il est né à Fuveau dans l’ancienne rue du Figuier dans la deuxième maison à gauche après le Cercle Saint-Michel, le premier mars 1849 d’une famille dont les origines plus lointaines sont à Peynier. C’est à la suite d’un accident à la mine qu’il doit quitter ce travail et partir à Aix où il devient chocolatier. Peintre, ami de Cézanne, il a fait partie du groupe des Petits Maîtres Aixois de la belle époque. Nous rappellerons que parmi ces petits maîtres étaient les pro-Cézanne et les anti-Cézanne. Le livre « Les petits maîtres aixois de la belle époque » (Franck BAILLE, éditions Paul Roubaud 1981) évoque largement son œuvre. On trouve rarement ses tableaux à la vente mais avec quelque persévérance on peut arriver à ses fins. Une place d’Aix en bas du cours Sextius porte son nom de même qu’une rue de Fuveau sous l’église, celle-ci s’appelait précédemment rue Hoche. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Granet et d’autres sont dans la réserve, d’autres sont au pavillon Vendôme et surtout trois toiles et deux dessins qui étaient au Louvre  font maintenant partie du fond du musée d’Orsay !  Il est mort en 1927 à Aix, dans sa maison, angle Boulevard du Roy René et rue du 4 Septembre.

Ci-dessous « Fontaine dans le parc de Repentance » (détail).

L’atelier des Lauves

Un très bel hommage lui fut rendu le 23 avril 1932 à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.

Une rétrospective regroupant 33 de ses oeuvres extraites des collections Niollon, Germain, Zémiro, Didelot, Rouchon, Swellen, Gaujoux ainsi que les fonds du Musée Granet et du Pavillon Vendôme a été réalisée à la Maison pour Tous de Fuveau en février 1983. 

Campagne près des Artaud

Nature morte à la bassine en cuivre, l’une de ses pièces maîtresses

Sainte-Victoire vue ouest.

La calanque de Niolon (avec un seul L). Tableau dédié à l’ingénieur Guichard.

Il est à noter que la rue qui porte son nom à Fuveau n’est pas celle où il est né. La rue Niollon, curieusement orthographiée Miollon par un précédent maire, était auparavant la rue Hoche et encore précédemment la rue des Lices. 
Et en bonus ci-dessous son acte de nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

La garde rose

Cette photo à une réelle valeur historique et date de 1959 au lendemain de la réélection du maire Alexandre Philip. Elle a été prise dans la cour du Cercle Philharmonique ce qui correspond au derrière de l’actuel Petit Casino, rue du 14 juillet. L’équipe de ces joyeux fêtards avait été surnommée en son temps par quelques mauvaises langues « la garde rose d’Alexandre Philip ».

Voici les noms que nous à transmis Marcel Dellasta.
En haut de gauche a droite : Suzy Casula / Pellegrini Joseph /Barra / Yolande Belviso /Jeannot Belviso / Henriette Coulomb / Rita femme du Maire / Fernande Colle / Alexandre Philip/ Madame Pons / Fernande Agostini / ? / Emile Cernoïa / Amédé Agostini (Médé) / Denis Philip /Bousquier Emile/ André Samat/ Henri Pontier/ Albert Arnaud/ (avec la casquette) Piladé / celui avec le béret, un des frères Parpélé ? celle aprés le béret, Zize Gontard /Capus Germain/Maryse Lazarige/Mireille Demontès/ ( en bas ) Mr Melis / Armand Casula/ Henri Long/ Pons/ Michel Lazéri/ Makovsky/ Salvagiot Emile/ (avec le béret) Albert Cavalier/ Démontès Elisée/ Démontes Edmond /Mattio dit Rouffe/Jeannine Trinci/ avec le canotier, mon oncle Marsiglia Etienne/ couché, Pagliardini Pierre/ Audisio Roland/ Colle dit Nétou/ Chiapello Alfred/ devant Jules Fabre/ et couché, le père Cavalier.

Avenue Alexandre Philip

Après s’être appelée montée de Montre puis route de Gréasque, cette artère fuvelaine, récemment rénovée, est devenue avenue Alexandre Philip, pour honorer celui qui natif de Marseille, a eu, de loin, le plus long règne comme maire du village : quatre mandats de 1944 à 1970, année de son décès.

Le voici à droite sur la photo dans les années 60 à l’inauguration de nouveaux bâtiments rue du 14 Juillet en compagnie de Gaston Deferre.

Ici lors d’un apéritif dans l’ancienne mairie, actuelle Maison des Associations.

Maire S.F.I.O depuis 1944 il fut longtemps trésorier de l’Union des maires de France et toujours bien secondé par ses adjoints, Martin, Richier ou Long. C’est lui qui a accueilli le groupe de Harkis lors de leur arrivée en 1962.
Seulement deux autres maires de Fuveau ont donné leur nom à des voies : l’avenue Célestin Barthélémy (maire de 1897 à 1903) et le chemin de Cassagne (Guillaume Cassagne, maire de 1817 à 1826)
Et en cliquant sur ce lien vous trouverez Alexandre Philip entouré de sa foule d’amis.

Rue du Docteur Defaix

Si l’ancienne rue de l’École est devenue rue du Docteur DEFAIX dans les années 80, cela n’est pas dû au hasard. Certes, l’ancienne appellation n’avait plus de sens du fait que la nouvelle mairie avait remplacé l’ancienne « École publique de filles » mais la mémoire de cet héroïque praticien se devait d’être honorée peu après don décès.
S’il fut pendant sa longue carrière le dévoué généraliste du village, c’est dès son arrivée en 1932 qu’il a su montrer sa valeur en évitant au village une catastrophe pour endiguer une épidémie de fièvre typhoïde qui au final s’est soldée par seulement, si l’on peut dire, douze décès. 
Auguste HONORAT, disparu en 2006, avait publié sur le journal paroissial une étude approfondie sur ce fléau avec un travail sur l’état sanitaire du village à l’apparition des premiers symptômes, les mesures prises, la liste détaillée des victimes et sur l’énorme contribution du bon docteur à endiguer le mal. A ce titre il fut décoré de la médaille d’honneur des épidémies par le maire Théophile Coulomb avec mesdames COMTE et GIUSTI, infirmières qui l’ont efficacement assisté. Il resta pendant cinquante années compétent et dévoué généraliste. Passionné de tout ce qui touchait à la montagne, on raconte que pendant les jours de neige, il effectuait ses tournées à ski mais en temps normal, c’est en 2CV qu’il visitait ses patients. En 1945, il a ouvert une nouvelle voie dans la montagne Sainte-Victoire, c’est une directissime qui s’appelle l’arête de Surprises. Hommage lui soit rendu !

LOU CARBOUNIE CANTAVO

Voici un petit recueil de poèmes de 49 pages de Félix Lescure, félibre de Gréasque né à La Bouilladisse. Ce livre est impossible à trouver sauf à la bibliothèque Méjanes, les Allumettes à Aix, salle Peiresc. Il s’agit d’odes à diverses personnalités de la fin du dix-neuvième siècle.

Eugène Long

Le félibre du village, contemporain et ami de Mistral ainsi que du félibre de Gréasque Félix Lescure. Tailleur d’habit de son état, son atelier était situé au 11 Boulevard Loubet. De son œuvre qui a dû être importante, il reste « Lei Fuvelènco », recueil de poèmes, chansons et anecdotes villageoises savoureuses. Ce livre a été tout récemment réédité, avec traduction en regard due à son arrière-petit-fils Patrick Lagier. Ses chansons ont été mises en musique par Constant Chayne alors directeur du groupe philharmonique de Fuveau et sont toujours à la gloire du village. Les mainteneurs chantent encore « La Fuvelènco », c’est l’air que vous entendez actuellement, « Lou grand San Jan » pour la fête de Saint-Jean- de-Mélissane et « O grand San Ro » pour la Saint-Roch, voire la chanson de Saint-Michel en français. Nous connaissons également une « Cantate pour quatre voix d’hommes » écrite pour l’érection de la statue de Verminck, en français. La plus connue, que des instituteurs faisaient parfois apprendre aux enfants est « La chanson du mineur », il existe aussi  » La chanson du paysan ». Il a eu deux fils : Jules, père de Maurice Long et grand-père de Michèle LONG épouse de Denis Féron, bien connus à Fuveau, et Ambroise, déjà cité par ailleurs comme trésorier de la SSPJ, père de Thérèse épouse de Louis Lagier qui ont plusieurs descendants en quasi-totalité restés au village. C’est lui qui a donné à Fuveau sa devise : Fuvéu enfuvelo. 

Son nom a été donné à la « Maison pour Tous » qui est officiellement dénommée « MAISON POUR TOUS Eugène Long ». Un deuxième nom de voie le concerne : c’est l’impasse du Courdurié c’est à dire du tailleur.

Eugène Long à l’honneur

Dans un article paru en 1907 sur la « Revue de Provence », un article met à l’honneur les talents poétiques de notre félibre.
Le voici ci-dessous in extenso.

Voici l’œuvre majeure de notre félibre : son livre « La Fuvelénco ».

Dédicace d’Eugène Long

Retrouvée par Daniel Coulomb, la dédicace sur l’exemplaire 99 de la première édition de « Lei Fuvelenco » à  l’intention du chanoine Issalène qui était le curé de Fuveau ayant précédé l’abbé Moisan et devenu chanoine, « canounge » plus tard.

« à Monsieur le chanoine Issalène ancien curé de Fuveau »

Parmi ces arpètes, la dernière, Rose Cavalier est morte centenaire en 1997.

Une publication sur Eugène Long

Dans les années 60, un chroniqueur occitan, Claude Barsotti, a publié la chronique ci-dessous dans un opuscule « Mémoire du pays » dont voici la copie.

Auguste Honorat

Mémoire des mémoires de Fuveau, Auguste Honorat a accumulé sa vie durant une somme documents sur la petite histoire du village. Le fruits de ses recherches a été publié en particulier sur le journal paroissial. Il est décédé le 04 octobre 2006

L’aviateur Canadien

La stèle de l’aviateur canadien

Ici, sur la commune de Fuveau, est tombé le pilote naval sous-lieutenant David Arthur Cary de la Royal Canadian Air Force, en mission de protection des troupes du débarquement en Provence.
Originaire de Cambrose, province d’Alberta, il fut un bon fils, un bon patriote, un sportif et un musicien. Il est tombé pour la liberté à l’âge de 21 ans.

Depuis 1988, il est traditionnel d’y déposer des gerbes lors des cérémonies du 8 mai.

Ci-dessus, la photo de la stèle qui se trouve quartier du Vallon, route de Châteauneuf au début du chemin des Piboules soit à 20 mètres de la route et la copie de ce qui est écrit sur la plaque commémorative. Cet aviateur, au commandes d’un Seafire de l’armée canadienne est tombé à quelques mètres de là. Aucune photo n’a été prise à l’époque mais des témoignages concordants des premières personnes qui se sont trouvées sur les lieux à l’époque et des recherches effectuées par des fuvelains ont permis de retrouver la famille du héros au Canada. Le sous-lieutenant Cary est toujours enterré au cimetière de Fuveau.

Voici la plaque qui orne sa tombe que l’on trouvera en haut, aux trois-quarts gauche de la partie ancienne du cimetière.

Sur le mur d’enceinte du cimetière cette plaque signalant que cette tombe appartient au Commonwealth.

Voici un bonus : la copie intégrale de l’acte de décès original du lieutenant Cary.

n° 31

A . CARY

(Sans autres renseignements)

Le Dix-huit août Mil neuf cent quarante quatre, à douze

heures trente minutes est décédé aux abords du moulin à vent, quartier

du Vallon, par chute et inflamation de l’avion qu’il pilotait un

militaire au sujet duquel on a pu recueillir que c’était un

« pilot présumé – D.A. CARY–  » army H.Q. sans autres renseignements

d’état-civil. – Dressé le dix-huit août Mil neuf cent quarante

quatre à dix-huit heures, sur la déclaration d’andré Lenglet

garde-champêtre, trente quatre ans domicilié à Fuveau qui

lecture faite a signé avec Nous, Léon Roubaud, adjoint au Maire

de Fuveau.

Peysonnel

Famille de co-seigneurs de Fuveau, L’un deux, Jean de Peysonnel, dont une rue d’Aix et une rue de Marseille honorent la mémoire a été le premier à émettre l’hypothèse révolutionnaire voire géniale pour l’époque que les coraux sont des êtres vivants. Jules Verne cite ses travaux dans Vingt mille lieux sous les mers vers la fin du chapitre 24. Les fuvelains qui ont la mémoire courte ont oublié de l’honorer par un nom de rue, place ou édifice. Les Peysonnel ont été les derniers co-seigneurs de Fuveau avant d’être chassés par la révolution alors que leur dernière descendante venait d’épouser un notable marseillais du nom de Barthélémy. Le Cercle Saint-Michel qui était leur demeure est encore appelé Château des Peysonnel par les puristes. Dans son livre Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau, l’abbé Chaillan à donné de nombreux détails intéressants sur la vie des Peysonnel à Fuveau. Les sires de Peysonnel ont bâti plusieurs moulins afin d’en tirer les profits dûs à leur rang ainsi que la première maison hors-les-murs du village sur l’actuelle rue Rondet vers 1748.

Voici la copie de leur blason tirée du d’Hozier. D’azur à un poisson d’argent nageant sur une mer du même et en chef de gueules chargé de trois étoiles d’or.

Machama

A chacun sa façon de rendre hommage à l’abbé Pierre inhumé ce jour 26 janvier 2007. Le portrait de l’homme que vous voyez là, peint au début de années 50 par Don Antoine Moustier, est celui de Machama, un vagabond qui a erré sur la commune des années durant et vivait de la charité des habitants. Son quartier général était la coopérative vinicole, elle même charitable aussi en son temps. Il avait élu domicile quasi fixe, le mot squatté n’était pas en usage, dans la cabane de cantonniers située au bord de la nationale 96 mais aujourd’hui démolie. Machama était évidemment un surnom dont l’origine reste inconnue quelques témoins nous ont dit que son véritable nom de famille serait Percivalle.

Hommage à Georges Roubaud

Nul n’est prophète en son pays dit-on. Si Georges Roubaud est né à Fuveau au 6 rue de l’Ecole, maintenant rue du Docteur Defaix, ordonné prêtre en l’église de Fuveau, c’est essentiellement en Arles et dans les hameaux environnants qu’il a vécu. Un rond-point qui est dédié à sa mémoire à proximité de Raphèle rappelle son souvenir ainsi que la place de l’église de Mas-Thibert maintenant place Georges Roubaud.
Certes nous sommes dans l’histoire très contemporaine mais nous nous devons de conserver la mémoire de ce Fuvelain hors normes.

Héroïque Ninette

Très fier de vous conter cette histoire qui est bien plus qu’une simple anecdote car l’héroïne en est Ninette REYBAUD. Maria REYBAUD née ISNARD dite Ninette, sage femme de son état, épouse de Parfait Reybaud celle qui m’a mis au monde, celle entre les bras de laquelle je suis né voici soixante ans passés ! Nous sommes pendant la triste époque de l’occupation, à Fuveau comme ailleurs, des garnisons allemandes sont installées sans parler des disciples de Mussolini. Dénonciations et réquisitions étaient le lot quodidien de ceux qui n’étaient ni déportés, ni partis au front, ni emmenés en camp de travail. Parmi ceux-ci, Ninette REYBAUD, la sage-femme pour le village et les communes voisines. Elle avait été dénoncée comme possédant deux postes de T.S.F ! La gestapo, emmenée par MARZLOFF et HERMANN surnommé « Le Balafré » de sinistre mémoire, n’avait pas tardé à débarquer chez elle pour saisir l’objet du délit. Lorsque cette bande lui ordonna de donner son précieux instrument, celle-ci le prit et de toutes ses forces le brisa au sol en plusieurs morceaux en ajoutant avec la fougue qui la caractérisait que « jamais elle ne donnerait rien à l’ennemi » avec des mots bien plus crûs que ceux-ci. Elle fut emprisonnée avec son mari, cependant rapidement libérée sur intervention du prêtre de l’époque, le chanoine MOISAN et du docteur DEFAIX mais pas même condamnée tant elle était indispensable à la vie de la communauté alentour. A Fuveau, il n’y eut qu’un résistant qui prit le maquis dans le Vercors: Louis Pécol (le rond-point de La Barque face au Pain du jour porte son nom)  mais nous considérons qu’il y eut une deuxième vraie résistante : Ninette REYBAUD. Elle fut élue conseillère municipale adjointe après la Libération dans la première mandature d’Alexandre Philip.

Naturalisations

Au début du siècle dernier, bien des travailleurs d’origine italienne venus travailler au percement du tunnel du Rove et par la suite embauchés à la mine se sont fixés à Fuveau avec leur famille. Ils ont été rapidement naturalisés et ont fait souche dans le village et aux alentours. Parmi eux, les Pilia dont nous publions ici l’acte de naturalisation paru au Journal officiel. Il en est de même des Polichetti, Trinci, Putzulu, Lorenzati, Cancedda et bien d’autres. Tous ont servi la France lors du dernier conflit mondial.

Le comte de Jessé-Charleval, correspondance

La famille De Jessé-Charleval a occupé le domaine de Château-l’Arc dans l’entre-deux guerres  et jusqu’à l’immédiat après-guerre avant que totalement ruinés, ils soient obligés de vendre cette superbe propriété au peintre Bernard Buffet.. Bien peu actifs, les héritiers se sont adonnés à des activités diverses entre-autres, le théâtre comme en témoigne le verso de cette carte postale.

Tenant compte de la teneur de celle-ci, nous émettons l’hypothèse que le comte de Jessé-Charleval aurait vraisemblablement joué dans la troupe qu’animait Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo dont la route,  un temps connue par les Fuvelains comme le Tour des Frères porte maintenant le nom. À quand la reprise d’une pièce de celui-ci si ses archives sont retrouvées?

L’éphéméride de Félix Vitalis.

Nous avons déjà eu l’occasion de présenter les éphémérides tenus par Frédo Jourdan au siècle dernier et ceux de Richard Michel  voire Hyppolite Dépousier au XIX°. Félix Vitalis dit Félix le maréchal , lui, tenait des carnets  sur lesquels il notait tous ses travaux de ferronnerie ou maréchalerie cependant, au milieu de ses archives, Joël Honorat a trouvé la composition du conseil municipal sous la première mandature d’Alexandre Philip en 1945… nous vous en livrons la copie.

Le Docteur LAURENT

Anecdote triste et grave.

Nous sommes en 1944, année où les rafles sont une quasi-institution à Fuveau comme dans les villages environnants. Rafles de jeunes gens à emmener en camp de travail et rafles de familles juives. Au village, l’une d’elles reste mystérieuse, le docteur Laurent, Loran KIESELSTEIN, son épouse Berthe et leur fille ont adopté cette identité discrète avec des papiers parfaitement imités. Ils sont domiciliés au début de l’actuel chemin du Guignolet, sur l’avenue Alexandre Philip, à l’époque chemin de Gréasque, malheureusement quelques langues de Satan connaissent leur origine. Ils sont arrêtés par la gestapo et emmenés en camp de concentration, père d’un côté, mère et fille de l’autre. Un an plus tard, le père qui a réussi à s’évader revient au village, il y reste plus de six mois dans l’espoir de recevoir des nouvelles de sa famille. N’attendant plus rien, il en est reparti pour s’installer à Paris où il exerçait sa profession de médecin. Il est décédé en Corse le 29 décembre 1997. 
Dans un article publié sur le bulletin paroissial en avril 2002 et intitulé « Il y a-t-il eu des justes à Fuveau ? », Auguste Honorat avait détaillé l’histoire de cette famille. Leur toute jeune petite fille Madeleine, née le 09 octobre 1942, a également été raflée alors qu’elle était cachée chez une autre personne. Il y a donc eu au moins un juste, plutôt une juste, à Fuveau mais combien d’injustes et de lâches ? 
La famille Bielski et leur deux enfants domiciliés rue du Tuve ont subi le même sort. Nous avons retrouvé un vrai faux-tampon de l’époque fabriqué par un fuvelain et qui aurait permis à certains de s’exiler au Luxembourg.

Voici l’épilogue

Nous détenons le document qui prouve comment le maire Barthélémy Félix dit Bamban a dénoncé et fait arrêter le docteur Laurent par le plus odieux des stratagèmes, en lui donnant un rendez-vous à cinq heures du matin en mairie pour lui donner un soi-disant laisser-passer. Ce n’est pas ce fourbe collabo qui était là mais la Gestapo qui a emmené sans ménagement la famille vers les camps de la mort ! C’est bien trop grave et trop sordide pour que celui-ci soit publié.  L’avocat le plus habile de la place d’Aix à l’époque, payé à prix d’or, a su éviter à ce criminel d’être fusillé et il a pu finir sa vie en toute quiétude comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice… où de belles Fuvelaines aimaient à aller en pèlerinage..

.Et dire que cet assassin a été acquitté en s’offrant les services du meilleur avocat de la place d’Aix à l’époque!

LES MAIRES DE FUVEAU

La liste des Maires de Fuveau de 1792 à nos jours. Il ya parfois des incohérences de dates, mais je vous laisse chercher les explications.

DEBUTFINNOMSFONCTION
2/12/17925/1/1793JOURDANMAIRE
01/179303/1793ISNARD JEANOFFICIER PUBLIC
06/01/179329/09/1793VITALIS J.LOUISMAIRE
04/179326/09/1793VITALIS JOSEPHOFFICIER PUBLIC
27/09/179330/11/1794LONG ANTOINEMAIRE
23/03/179410/1794DEPOUSIER HENRIMAIRE
06/179409/1794ISNARD JOSEPHOFFICIER PUBLIC
01/12/179410/01/1795VITALIS J.LOUISMAIRE
11/01/179529/11/1795SUZANNE JACQUESMAIRE
02/179509/1795BONNEFOYOFFICIER PUBLIC
25/02/179503/04/1795LAUGIER LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
04/04/179505/05/1795LONG ROCHPRESIDENT DU CONSEIL
06/05/179502/06/1795MICHEL ESPRITPRESIDENT DU CONSEIL
03/06/179528/06/1795VITALIS J.LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
29/06/179528/07/1795SUZANNE JACQUESPRESIDENT DU CONSEIL
29/07/179527/08/1795BARTHELEMY PIERREPRESIDENT DU CONSEIL
28/08/179501/03/1796LAUGIER LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
10/179512/1796LAUGIER LOUISADJOINT COMMUNAL
30/11/179524/02/1795BARTHELEMY PIERREPRESIDENT DU CONSEIL
03/179622/03/1798BARTHELEMY LOUISPRESIDENT DU CONSEIL
02/03/179603/1796LONG ROCHPRESIDENT DU CONSEIL
01/179704/1798BLANC JOSEPHFAISANT FONCTION D’OFFICIER PUBLIC
03/03/179829/05/1800VITALIS J.LOUISMAIRE
05/179810/1800MALLEN ANTOINEFAISANT FONCTION D’OFFICIER PUBLIC
30/05/180003/01/1804BARTHELEMYMAIRE
11/180012/1803BARTHELEMY LOUISMAIRE
01/180402/1815VITALISMAIRE
03/181507/1816SUZANNEMAIRE
11/05/181718/02/1826CASSAGNE GUILLAUMEMAIRE
02/182610/1831GRAS JOSEPHADJOINT MAIRE
19/02/182617/12/1831DEPOUSIER FRANC.HILAIREADJOINT MAIRE
11/183105/1833LONG JOSEPHADJOINT MAIRE
18/12/183113/05/1833ETIENNE J.BAPTISTEMAIRE
14/05/183310/10/1840LONG JOSEPHMAIRE
11/10/184021/11/1848MENUT PHILIPPEMAIRE
22/11/184023/09/1848BARTHELEMY TOUSSAINTMAIRE
24/09/184817/06/1849SUZANNE JOSEPHMAIRE
18/026/184916/09/1865D’HUPAYS J.BAPT. FR. XAVIERMAIRE
07/184902/1862GRIMAUD HYPOLITEADJOINT MAIRE
03/18621863LONG MARIUSADJOINT MAIRE
1863D’HUPAYS MARIE
17/09/18651870DEPOUSIER SYFFRIEN EUSTACHE
18701870DENARE PIERREPRESIDENT DE LA COMMUNE
187001/1871DEPOUSIER SIFFRIEN
01/187112/1882LONG MARIUS
08/09/18951903BARTHELEMY CESAR
18851886DEPOISIER
08/09/18951903BARTHELEMY ALBERT CELESTINMAIRE
03/19031907LONG EUGENEMAIRE
1908 et AVANT16/04/1910BARTHELEMY LOUISMAIRE
17/04/191009/12/1919DAVID FRANCOISMAIRE
04/19131919BOURRELLY ALPHONSE LEZIN
19191922VIDAL VICTOR PAULIN
10/12/191916/05/1925BARTHELEMY CELESTINMAIRE
17/05/192518/05/1929ETIENNE JULES MARIUSMAIRE
19/05/192926/07/1930SENES TOUSSAINTMAIRE
27/07/193318/05/1935COULOMB THEOPHILEMAIRE
19/05/193530/12/1939BELLON PAULMAIRE
12/193901/1941BOURELY JOSEPH VIRGILEMAIRE
30/01/194119/08/1941BARTHELEMY FELIXMAIRE
18/08/194420/08/1944DIGNE MAURICEMAIRE NOMME PAR LES FORCES AMERICAINES
20/08/194418/05/1945PHILIP ALEXANDRE HONOREPRESIDENT DE LA DELEGATION MUNICIPALE
19/05/194502/12/1970PHILIP ALEXANDRE HONOREMAIRE
03/197103/1977GUIGET MAXMAIRE
03/19771991DUTOUR RENEMAIRE
199103/2001ANDRIEUX JEAN PIERREMAIRE
01/03/200112/2013BONFILLON JEANMAIRE
12/201304/07/2020ROUBAUD LHEN HELENEMAIRE
04/07/2020EN COURSBONFILLON CHIAVASSA BEATRICEMAIRE

Georges Roubaud (sept 2013)

Nul n’est prophète en son pays dit-on. Si Georges Roubaud est né à Fuveau au 6 rue de l’Ecole, maintenant rue du Docteur Defaix, ordonné prêtre en l’église de Fuveau, c’est essentiellement en Arles et dans les hameaux environnants qu’il a vécu. Un rond-point qui est dédié à sa mémoire à proximité de Raphèle rappelle son souvenir ainsi que la place de l’église de Mas-Thibert maintenant place Georges Roubaud.
Certes nous sommes dans l’histoire très contemporaine mais nous nous devons de conserver la mémoire de ce Fuvelain hors normes.

Georges Roubaud (1948-2006)
Place Georges Roubaud, Arles

Ida Michel (août 2014)

Après Georges Roubaud, (à Mas-Thibert)  voilà une deuxième citoyenne de Fuveau honorée hors du village en 2014 par son nom donné à un rond-point gardannais… nul n’est prophète en son pays.

Précisons que Ida qui fait l’unanimité dans le village depuis sa retraite est la veuve de Victorin Michel issu d’une très ancienne famille fuvelaine.

Livre de raison de Bonfillon (juillet 2015)

Que ce soit sous forme d’éphéméride, de diurnal ou de véritable livre de raison, ils ont été  nombreux à Fuveau, ceux qui ont laissé leur journal essentiellement au cours du XIXe siècle. Leur famille les a souvent conservé. Nous avons pu retrouver et scanner entre autres celui de Frédo Jourdan, celui de Dépousier dit Capéou, celui de Richard Michel et plus récemment, celui de Bonfillon que l’on trouve dans la famille de Roger Bonfillon. Pour ce dernier, si seulement une trentaine de pages ont pu arriver jusqu’à nous, il nous rapproche de la grande histoire avec des critiques sur les démêlés de Bonaparte avec la communauté marseillaise. Le reste de cette archive consiste en des problèmes de math que l’auteur se posait à lui-même.
Ci-dessous, deux pages qui prouvent que le Petit Caporal n’était pas chez nous en odeur de sainteté.

Vincent FLO fusains et poème (février 2016)

Voici deux fusains totalement inédits dus à Charles Faure-Vincent plus connu sous son pseudonyme de Vincent Flo et souvent appelé Charlot par les amis. Il nous est agréable de les faire connaître sur cette page afin de perpétuer la mémoire de cet artiste fuvelain, comédien et auteur hors-pair dont la plus grande partie des oeuvres sont malheureusement égarées.

Hippolyte et Compagnie – Réséda – Le gang des trottinettes noires – Coup de Mistral – Rock and roll – Oh! Bonne mère – Comme la lune – Les bijoux de l’Abbé Gomme – Les cornes de Clocheville – Les trois mousses à terre – Feu fu-tu.

Par chance nous avons pu retrouver et copier un poème, écrit sur un brouillon, il l’avait déclamé au cours d’un repas amical et avait fait l’admiration de tous les convives.

Pour la compréhension de la fin du texte, il faut préciser que sa fille aînée est mariée au fils du premier adjoint de la mandature Philip : Lazare Richier.

Requête à la municipalité par Vincent Flo

Nous sommes en 1960
Depuis déjà pas mal de mois
Le mécontentement augmente
Et vous allez savoir pourquoi.
Car on le dit comme on le pense,
Ça gaze plus, vraiment c’est trop,
Pour mettre un terme à nos souffrances,
Faut un château d’eau à Fuveau.
Comment voulez-vous qu’on se lave,
Les vieux quartiers sont privés d’eau,
Elle arrive pas à la cave,
Alors plus haut, macache bono.
Ah, je sais, vous allez me dire
« Dans le temps, on s’en contentait »
Mais les temps ont changé, Messire
Maintenant, on veut se laver !
Dans le temps de la Déveulière,
On venait à pieds… ma chère
Pour chasser la noire poussière,
Dans la cuisine on se lavait.
On posait sur un seau, peuchère,
Un tian bien souvent ébréché.
Lou « peiróu » à la crémaillère
Était plein d’eau chaude fumée.
Croyez-vous que c’était pratique ?
C’est pourquoi ce soir, tout de go,
Je vous adresse ma supplique,
Faut un château d’eau à Fuveau .

Oh, je sais très bien que naguère,
Les gens ne se lavaient pas trop
Oui mais depuis, y a eu les guerres
Et le progrès plus qu’il n’en faut.
Je me souviens que ma grand-mère
Une fois par an s’en allait,
Á Aix aux bains de la Monnaie,
Car il faut que je le raconte,
Car c’est trop drôle, jugez-en,
Ça vaut bien son pesant de fonte
Ou d’or éventuellement…
On était trois. La sœur Julie,
Elle, bien sûr, cela s’entend
Et pour compléter la série,
Moi, qui n’avais pas bien sept ans.
Elles rentraient dans la baignoire
En chemise de toile écrue,
Car devant moi, c’est bien notoire,
Elles voulaient pas montrer leur nu.
Il me semble de voir encore,
Ces chemises qui se gonflaient,
Restant sur l’eau, gonflant encore,
La baignoire en débordait
En souvenir de ces chemises,
Pour ne plus voir un tel tableau,
Permettez que je vous le dise,
Faut un château d’eau à Fuveau
.
C’était péché pour nos grands-mères
De se laver disons, à fond,
Fallait pas laver son derrière,
Juste le nez, pas le croupion.
Aussi, fallait voir la marmaille
Qui circulait parmi les rues
Mais puis vint l’eau… Par représailles,
La natalité en décrut.
Les familles les mieux pensantes,
Se contentaient d’un seul niston
Pour nous freiner sur cette pente,
Il fallait les allocations.
Aussi, maintenant ça déborde,
Des gosses, il y en a de trop
Et pour en arrêter la horde
Faut un château d’eau à Fuveau.

Et que dire ? de mon beau frère
Qui fait faire une salle d’eau 
Et ne peut laver son derrière,
L’eau ne montant pas assez haut.
Il est très grand sur ses deux pattes
Mais c’est pas sa faute pourtant…
Et même s’il était cul-de-jatte,
Il pourrait pas se laver les dents.
Aussi, Messieurs, je vous en prie,
Pour que mon beau-frère ait de l’eau
Et se lave en entier, je vous dis,
Faut un château d’eau à Fuveau.

Hommage à un poilu (avril 2016)

Voici l’avis de décès du soldat Louis Bourrelly tel qu’il a été remis à la famille en 1920 . Son nom, comme celui de nos héros Fuvelains est gravé au monument aux Morts et à travers lui, hommage est rendu à tous nos compatriotes tombés pour la France.

Ci-dessous une carte postale comportant un dessin intéressant que celui-ci avait envoyé à sa famille peu avant son décès.

Un site qui liste les Morts pour la France de Fuveau : CLIQUEZ ICI

Légion d’Honneur (mai 2016)

Peut-être, découvrirez-vous au travers de cette page que l’un de vos ancêtres fut décoré de la Légion d’honneur ?

PatronymePrénomsDate de naissanceLieu de naissanceCote
BARTHELEMYPierre Désiré1849/01/31Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/127/82
BLANCMarcel Louis Rousselin1900/01/23Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/303/40795
BONFILLONAlphonse Albert Longin1881/03/14Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/806/91484
CHEILANCharles Léandrie1892/01/01Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/1208/39474
DELEUILJean Louis1801/01/11Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/711/14
GARCINAndré Genereux1784/02/28Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/1070/56
MOUSTIERAngelin Jules Parfait1891/04/19Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/410/54851
NIOLONBarthélémy Antoine1849/03/01Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/1991/66
OLIVEJules François Henri1893/01/15Bouches-du-Rhône ; Fuveau19800035/1263/45634
RICHIERJoseph André1794/08/23Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2325/71
SUZANNEJoseph Marius Paulin1856/01/07Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2559/73
SUZANNEMarius Pancrace1854/05/12Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2559/74
VERMINCKCharles Auguste Joseph1827/04/21Bouches-du-Rhône ; FuveauLH/2691/60

Nous constatons que les deux premiers Fuvelains décorés, Jean Louis DELEUIL et André Généreux GARCIN étaient déjà nés lorsque Bonaparte a fondé la Légion d’honneur en l’an X (1802). Cette liste ne concerne pas les récipiendaires décorés après 1939, au rang desquels, par exemple, Alexandre Philip.

Félix lou manescau (août 2016)

Personnalité éminemment connue et active dans le village au milieu du siècle dernier, Félix Vitalis, a laissé sans qu’il s’en doute, un souvenir surprenant un demi-siècle durant.
Son surnom de « Manescau » lui venait de sa profession de maréchal-ferrant, l’une des traductions provençales de son métier, plus souvent traduit par « fabre », ce qui explique entre autre la présence de la porte des Fabre qui s’ouvrait à l’est du village un peu plus bas que le virage de la rue Rondet (voir la page Où est la porte ?). D’autres le surnommaient « Nespa » car il finissait souvent ses phases par cette locution.
Outre son métier, il fut un ardent défenseur de l’instruction laïque, ce qui lui valût de recevoir à ce titre les palmes académiques.
Dernier représentant de sa profession à avoir pignon sur rue dans le village, il exerçait sur le haut de la rue d’Aix, actuelle rue chanoine Moisan.
Depuis son décès en 1981 jusqu’à la vente de l’immeuble en 2016, sa forge est restée en l’état, prête à fonctionner à nouveau si un éventuel repreneur s’était présenté.

Et ci-dessous, un autre bonus, sa photo en uniforme de spahi tirée des archives de Joël Honorat

Un mari parfait (octobre 2016)

Dans les années 40 Maria Raybaud née Isnard, dite Ninette, la sage-femme du village et des environs, était mariée à Parfait Raybaud, qui avait la particularité d’être bègue. Lorsque dans une quelconque conversation on venait à parler de mari ou de femme parfaite, invariablement le leimotiv très local revenait dans la conversation; « À Fuveau, il n’ a qu’un homme parfait, seulement, il est bègue ».

La mère de Barthélémy Niollon (mai 2018)

Cette photo unique datant des années 1890 est digne d’intérêt, tant parce qu’il s’agit de la mère de Barthélémy Niollon, que pour l’habit provençal qu’elle porte que pour la qualité de la photo vraisemblablement due à Suzanne, photographe qui exerçait à Fuveau à l’époque. nous la devons à la famille Etienne qui l’a conservée religieusement depuis l’époque.

Et ci-dessous, l’une de ses filles, Philomène, auteure de la descendance Niollon à Fuveau : les Etienne (Senones). Le costume est particulièrement  intéressant.

Ancêtre de bien des fuvelains (juillet 2018)

Si vous avez pour patronyme Roubaud mais aussi Honorat, Dellasta, Loi, Adamek, Reynier, Barlatier, Roche, Delherbe, Ambrosio, Sauvaire, Gal, la liste est très loin d’être exhaustive vous avez de grandes chances de compter cet homme parmi vos ancêtres donc de faire partie de ses quelque mille descendants.
Il s’agit de François Daniel Roubaud né à Peyruis (04) en 1840, abandonné par son père à la naissance, il fait la communion à Ganagobie en 1852 et descend travailler à sa majorité à Chateauneuf, ferme de la Muscatelle. Il se marie en 1864 et s’installe à Fuveau rue du Midi où il décède en 1924. Ses cheveux étaient d’un roux très prononcé ce qui explique la rousseur de plusieurs de ses descendants.

Il a laissé une sorte de phrase historique que je vous laisse le soin de traduire: « S’avieù sachu que lei fuvélen siguessoun tant couioun, siriù vengu vint an avant »

Clémentel à Fuveau (août 2018)

Février 1906, c’est  l’ouverture de l’exposition universelle qui cette année-là se tient à Marseille et logiquement le ministre des colonies de l’époque est délégué par Émile Loubet, Président de la République pour procéder à son inauguration. Au même moment, dans un petit village du nom de Fuveau, il y avait une gare à inaugurer, ledit ministre qui passait par là se fait un devoir de couper un ruban supplémentaire pour éviter un voyage au ministre des transport et voilà comment par un neigeux matin d’hiver un ministre dont tout le monde ignorait l’existence a été accueilli en grande pompe à la mairie située à l’époque sur le cours Leydet et a également inauguré le Boulevard Loubet, « voie sans issue »en son temps. Dieu merci, ce ministère n’existe plus depuis longtemps. Le journal « Le rappel », quotidien radical républicain fondé par Victor Hugo s’était fait l’ècho de cette journée et la gare n’a pas survécu à la destruction de la ligne La Barque-Valdonne en 1964, elle a été remplacée par la fontaine actuelle, monument sans grand relief et manquant d’originalité commandée sur catalogue par Dutour, maire de l’époque.

Laure Rebuffat (nov 2018)

Trouvé dans un grenier fuvelain, ce paquet venu de la marchande de tissus Laure Rebuffat née Burles vendu de sa boutique 7, rue d’Aix actuelle rue Chanoine Moisan. Elle a exercé dans l’entre-deux-guerres et dans les années 40. Le nom de son premier mari figure au monument aux Morts, elle a par la suite épousé le frère de ce dernier.

Moustier dit Loni

Il a découvert les sources du Niger

Voilà ci-dessous le début d’un poème de Frèdo Moustier écrit dans les années 50 à la gloire de Marius Moustier dit Loni celui-ci comporte deux autres pages en trop mauvais état pour être publiées. Egalement, la photo de la page de garde du livre « Voyage aux sources du Niger » qui nous conte les exploits de notre concitoyen intrépide explorateur. Une stèle à son souvenir a aussi été érigée près de l’école Rimbaud côté est.
De nombreux détails de sa carrière nous sont contés également par Guy Graveleau dans son livre « Chronique et faits divers d’autrefois » pages 212 et 213 que l’on peut consulter à la bibliothèque de Fuveau.
Et en bonus, un extrait de la page 7 du livre « Un voyage dans le Haut-Sénégal » publié par Auguste Foret en 1888 où il est fait état des malheurs de notre compatriote.

Loni évoqué dans la presse parisienne.

Vous passez à proximité de l’école Arthur Raimbaud et vous découvrez un monument en forme de rocher  évoquant un intrépide enfant de Fuveau: Marius Moustier dit Loni. Voici un article de la presse parisienne qui a évoqué en son temps sa mémoire.

Maire puis nageur de combat

Il nous a quitté nonagenaire début 2020

Curieux destin que celui de ce superbe athlète. Nous nous bornerons à parler de l’épisode de sa vie qui mérite de prendre place dans la mémoire de notre village. Une partie en a été contée par AugusHonorat dans les bulletins paroissiaux 47 – 48 et 49 fin 2002 et début 2003.
L’histoire commence en juin 44,dans cette période trouble où la France n’est pas encore libérée de l’occupation nazie mais les débarquements et l’action de la résistance redonnent courage aux Français. Avec deux autres intrépides Fuvelains, Marcel Guisti et Raymond Mattio, Maurice Digne monte au domaine de la Sine entre Vauvenargues et le col de Claps. C’est une exploitation agricole et forestière qui est transformée en camp de maquisards. Quelque temps plus tard celui qui a été maire de Fuveau de sinistre mémoire depuis 1941, Félix Barthélémy, est arrêté pour faits de collaboration avec l’ennemi, dénonciation de familles juives et autres exactions tout aussi graves. Il n’est pas encore question d’élections pour le remplacer. C’est le colonel Eddie Bradford, alors commandant du quartier général américain qui était installé au domaine de Favary qui demande à Maurice Digne de devenir premier magistrat de Fuveau. Lui veut surtout continuer à se battre pour la France et s’engage dans un groupe commando pour la durée de la guerre devenant, entre autre, nageur de combat. Il cède son écharpe à  Alexandre Philip qui l’a gardée jusqu’en 1970.

Le procès d’un ancien maire (novembre 2020)

Le procès de Félix Barthélémy

Le document ci-dessous était impubliable jusqu’en 2020 mais il vient de dépasser les 75 ans, il fait partie maintenant du domaine public et  de l’histoire du village. L’original se trouve aux Archives départementales, de Marseille références 62 W 1-1996  62 W 800,

en voici donc la copie intégrale.

L’entier dossier du procès comporte 70 pages

J’en publie les trois principales qui montrent comment l’ancien maire de Fuveau traquait les juifs et les communistes du village pour les livrer à la gestapo pendant l’occupation. L’un deux a pu leur fausser compagnie et il témoigne mais sa famille n’est jamais revenue de Dachau et bien d’autres familles avec lui dont entre autre les Bieska n’ont pu  témoigner .