Catégorie : Sites remarquables

Où niche sainte Barbe ?

ou contribution à la conservation du patrimoine

Cette photo à été prise dans la traverse du Rieret qui mène de l’avenue Célestin Barthélémy à l’avenue Alexandre Philip. Ce nom de Rieret est celui du petit ruisseau, actuellement le plus souvent à sec, qui lui est parallèle. Le mot de Riéret dérive très vraisemblablement du provençal « riou », ruisseau.
   Sur la photo, une niche toute récente dédiée à sainte Barbe patronne des pompiers, des mineurs et artificiers. L’immeuble actuellement transformé en appartements était comme l’indique la plaque, le siège de la première caserne de pompiers du village.
   Grace soit rendue au propriétaire de l’immeuble qui a eu le bon goût de rappeler à tous ce pieux souvenir.

Les coutrons

Les coutrons ? Qu’es acò ?  Ce mot, vous ne le trouverez sur aucun dictionnaire il est spécifique à Fuveau, il fait partie du patrimoine local.

    Ce qui est plus connu en Provence  c’est une « androne », ça n’est pas non plus au dictionnaire mais cela désigne un passage couvert et privé  dont les us et coutumes locaux font que tout un chacun peut l’emprunter librement. L’androne la plus connue est celle de Sisteron (mérite le détour) mais à Gréoux par exemple vous avez la rue de l’androne,  également -entre autres- à Dauphin, à Mezel  et même dans le Gard. À Trets il y en a une célèbre mais localement cela s’appelle un « trou » et les Bassaquets (surnom des Tretsois) sont fiers de parler du « Trou de Madame Lion ».

    Revenons à Fuveau, les locaux appellent cela un coutron. On peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’une déformation de « traucon » (prononcer traoucon), petit trou en provençal. Nous en avons un magnifique que tout le monde connait, c’est tout simplement la porte de Bassac que parmi les habitants des vieux quartiers d’aucuns appellent encore le « coutron de Poli ». Plusieurs coutrons, connus des vieux résidents ont été murés et récupérés par leur propriétaire, ils facilitaient pourtant bien des raccourcis.

   Il en reste pourtant un, encore en service si l’on peut dire, il est presque au bout de la rue Barthélémy Niollon côté est. Certains l’appellent le « coutron de Piq » du nom de l’ancien propriétaire, à l’origine c’était le coutron de Minguin. Lorsqu’on l’emprunte, on a vraiment l’impression de rentrer dans un jardin privé, pourtant le droit de passage ancestral est toujours respecté et nous rendons hommage à son propriétaire actuel ainsi qu’à ceux qui l’on précédé.

Le coutron de Minguin

Et ci-dessous, voilà un page du journal municipal de juillet 2004 où A.H (Auguste Honorat) a publié un article sur les coutrons.

Bastide du Puget

La Bastide de Puget est une bastide provençale située sur le chemin de Bourtins à Meyreuil mais dans sa partie fuvelaine , dans le département des Bouches-du-Rhône (France).

Historique

L’établissement de la bastide est attesté depuis au moins le xviiie siècle, car elle a appartenu à Victor d’Hupay, philosophe et écrivain.

La bastide de Puget est maintenant une résidence hôtelière, entourée d’un parc de 4 hectares.

La bâtisse aurait vu naître le terme « communisme » dans son sens contemporain, créé par Victor d’Hupay dans son premier ouvrage de 1777 Projet de communauté philosophe, écrit dans cette bastide.

C’est dans cette acceptation définie par d’Hupay que Rétif de la Bretonne, qui entretenait une correspondance épistolaire avec le propriétaire de la bastide, repris les termes pour définir « le meilleur gouvernement », lequel « consisterait à mettre en commun tous les produits, tant des champs, des vignes, des prairies, des bestiaux de toute espèce ; que les produits des métiers, des arts, des sciences : de sorte que tout le monde travaillât, comme on travaille aujourd’hui, et que chacun profitât du travail de tous ; tous du travail de chacun. »

Source Wikipedia

Le pigeonnier de l’Espace Saint-Michel

Dominant le sud du village, l’Espace Saint-Michel offre à tous ceux qui veulent profiter d’un moment de calme un lieu tout à fait adapté. Tout près de la chapelle, ce pigeonnier extérieurement bien entretenu a une histoire qui n’est pas inintéressante. Construit vraisemblablement au  XVIIIe, c’était à l’origine un moulin à blé dont les coseigneurs successifs ont su largement tirer profit. Saisi pendant la révolution, il a été transformé en pigeonnier après une tempête qui l’avait décapité en 1839. Plus d’une centaine de boulins subsistent à l’intérieur au-dessus d’une partie de mur lisse.  La dernière rénovation, bien agréable à l’œil, a permis de l’adapter en espace scénique utilisé certaines soirées d’été.

Tiens, voilà les boulins !

Les fours à chaux ou à ciment

Voici ce qu’il reste d’un four à ciment exploité en limite de la commune jusqu’au début du siècle dernier. Les photos ci-dessus et ci-dessous sont celles d’un même four sous deux angles. Celui-ci se trouve au bord de la RN96 face au domaine de la Galère. On en rencontre beaucoup approximativement dans le même état sur les communes voisines de Gréasque, Belcodène, Peynier et La Bouilladisse. Ils utilisaient  le calcaire local pour le transformer en chaux ou en ciment et éventuellement en apport pour certains sols. 

Visible également au bord de la RN96 au niveau du chemin de la Lionne, ce monticule qui est le dernier reste de la dernière production de chaux de Fuveau.

Et voici un bonus, cette facture de chaux provenant du four de la Jacquasse. Celui-ci a récemment été rasé pour faire place à un lotissement. Ce document est rare et mérite une place dans notre musée virtuel.
Et ci-dessous l’acte de propriété de l’un des exploitants de ce four qui était domicilié sur La Bouilladisse.

Le Barrage

Avant le passage de l’autoroute A7, un barrage, maintenant totalement rasé et dont aucune substruction ne subsiste existait sur l’Arc au niveau de la barre de péage de l’autoroute. Son unique fonction en son temps était de dévier une partie des eaux vers un béal ou bief ou biaou qui alimentait le moulin de Bachasson sur la commune de Meyreuil.
Un autre barrage dont les substructions sont encore nettement visibles se trouvait quant à lui sur le Grand Vallat au niveau du lavoir. Celui-ci permettait d’alimenter le moulin de Barthélémy, une centaine de mètres plus bas.
Joël Honorat en a photographié les parties encore visibles et a même tenté une reconstitution de ce qu’il aurait pu être en son temps. Appréciez ci-dessous ce sympathique travail.
Dans son livre « Fuveau autrefois. Le temps des mineurs paysans », à la page 79, Michel Colon nous confirme l’existence d’autres barrages sur ce même ruisseau.

Vue générale et situation.

Détails de l’emplacement de la martelière.

Et une superbe tentative de reconstitution.

Cet extrait du cadastre de 1825 semble confirmer que la prise d’eau se faisait sur le « Vallat de Liman ».

La galerie et le lavoir

La galerie est un souterrain de 3000 mètres creusé de 1842 à 1846, par la compagnie Michel et Armand, pour permettre l’exploitation des mines de charbon situées au sud de Fuveau, à Belcodène et à Gréasque. Le principe consistait à drainer les eaux de ruissellement et à évacuer les eaux de nappes souterraines qui inondaient les chantiers.

La sortie de la galerie est située au pied du village (à proximité du lotissement « les Fontaines ») et remonte vers le sud. Lors des travaux de creusement, quatorze puits ont été aménagés pour évacuer les décombres. Le puits numéro 1 se trouve à coté de la Maison des Associations (puits en travaux en octobre 2002). Le puits numéro 10, nommé puits L’Huillier, est situé au lieu-dit Jas de Bassas. La galerie dessert ensuite le puits numéro 15, puis va rencontrer la « grande mine » qu’elle suivra en affleurement, sous le nom de « galerie des piémontais », jusqu’à se diviser en deux branches sous Gréasque.

Le débit d’eau à la sortie était considérable et variait, bien sûr, selon les saisons et les intempéries. Après de fortes pluies, il pouvait atteindre 100m3 par minute ! Le village a su en tirer parti : une roue hydraulique a été installée au puits 1 pour permettre aux habitants de s’approvisionner en eau potable à la force des bras, un moulin a été bâti en aval, et plus bas, les champs ont pu être irrigués.

Plus tard, une pompe hydraulique a été installée pour monter l’eau dans un réservoir de 60m3, situé dans la maison de « l’ancien four » (toujours existante aujourd’hui, face à l’église). Cette installation a permis la desserte en eau des premières fontaines du village.

Les mines fonctionnaient alors à plein régime, employant 300 fuvelains ; cette période de révolution industrielle fut pour Fuveau la première révolution démographique …et les pompes pompaient : jusqu’à 33m3 par minute au puits L’Huillier. Ces pompes à vapeur fonctionnaient avec le charbon qu’elles permettaient d’extraire, mais les rendements étaient mauvais : à plein régime, elles consommaient la moitié de la production ! De temps à autre, l’exploitation était interrompue pour cause d’inondations, les pompes ne suffisant plus ou s’arrêtant, elles aussi inondées.

En 1873, une nouvelle étape dans la modernisation a été franchie en construisant le lavoir
.
Cela permit aux femmes de laver leur linge dans de meilleures conditions.

Des lavandières professionnelles travaillaient pour le compte de leurs clients. La dernière d’entre elles, Madame Corti, exerçait encore dans les années 1950.

Une précipitation d’ampleur exceptionnelle inonda en 1886 le puits L’Huillier, détruisant en partie les installations : son exploitation fut alors abandonnée, mais la galerie continuera à remplir ses fonctions pour les autres puits de mines plus au sud.

Lorsque Monsieur Verminck acheta le château Freugier et les maisons qui étouffaient l’église en 1903, la commune eut l’idée de faire creuser sous la future place un bassin d’environ 350m3 alimenté par une toute nouvelle pompe à vapeur. Plus tard on la remplacera par une pompe électrique. Ce bassin a été comblé en janvier 2002 à cause des risques d’effondrement.

Grâce au bassin Verminck, la distribution de l’eau dans le village se développe au fil de la première moitié du siècle, puis à partir de 1960 sur toute la commune au travers d’un réseau d’adduction géré par la SEM. L’eau de la galerie, de moins en moins généreuse (arrêt des mines – creusement de la « galerie à la mer » – diminution des précipitations, dit-on) devra être complétée par des adductions depuis le canal à ciel ouvert (S.C.P.), afin de suffire aux besoins de la population.

Ce n’est qu’en 1985, que l’eau sous pression du Canal de Provence, intarissable, desservira les réseaux de Fuveau.

Notre galerie de Fuveau, la vraie, la souterraine, a apporté l’Eau et le Travail à plusieurs milliers d’Hommes. Moins brillante que la Galerie des Glaces, moins célèbre aussi, elle aura été tellement plus utile aux Fuvelains !

Le vieux lavoir.  

Voici un « classique » du patrimoine de Fuveau. Ce vénérable lavoir n’est pas encore âgé d’un siècle et demi puisque bâti seulement en 1873 après que la compagnie des mines ait creusé une galerie souterraine, dite galerie des Piémontais, destinée à évacuer les eaux de ses différents puits dans un premier temps en direction de Gréasque puis vers la mer. Il est bon et intéressant de préciser que ces eaux étaient relativement chaudes et rendaient plus agréable la tâche des lavandières. Elles se déversaient dans le ruisseau dit de la « Font des Prés » (anciennement de la Font des Pieds), lui-même se jetant dans le Grand Vallat dit parfois l’Alli ou Alic jusqu’au siècle dernier. Auparavant nos grands-mères faisaient leur lessive dans les ruisseaux surtout au niveau de la source de la Casserole (près du laboratoire actuel) et descendaient jusqu’à l’Arc pour les lessives importantes.

Dans son état actuel sur ce joli cliché de Flo Vatin,
et ci-dessous le plan établi en 1871.

Il se composait d’un rafraîchisseur, le « rafrescadou » et de deux bassins destinés au lavage proprement dit: les « lavadou », le petit bassin prévu sur l’extrême droite du plan en principe destiné au petit-linge n’a pas été construit.

Par la suite -nous sommes à Fuveau!- l’utilisation en a été contestée par les divers propriétaires riverains ainsi que par les utilisateurs des eaux du Grand Vallat en aval qu’ils soient mouliniers, fabricants de produits chimiques (usine de la « Potasse ») voire même agriculteurs arrosants. Ces diverses querelles sont contées avec de savoureux détails par Michel Colon dans son livre « Fuveau autrefois ». La dernière lavandière promenait encore son « charreton » de linge jusqu’en 1968. Après une malheureuse expérience d’utilisation comme vivier à poissons il est tombé en état de délabrement mais vient d’être agréablement restauré et peut constituer un sympathique but de promenade. Pour un peu prolonger la balade dans le passé, ont peut marcher une cinquantaine de mètres de plus pour découvrir sur la droite du Grand Vallat les substructions d’un ancien   moulin qui appartenait à Toussaint Barthélémy, celui-là même qui a vendu une partie de son terrain à la commune pour édifier le lavoir.. Celui qui se trouvait sur le même ruisseau au niveau de l’ex-coopérative vinicole était propriété de Corsin Suzanne.

Et pour le plaisir le lavoir dans son état vers 1970. La photo est due à Pirozelli qui exerçait en son temps son activité de photographe à Fuveau.

Cette carte postale est connue, son éditeur qui se cache sous une ancre marine aussi  mais elle a un intérêt particulier. Le pont sur le Grand Vallat est presque neuf et le lavoir est déjà caché par la végétation , la carrière de la Roucaoudo n’est pas encore ouverte mais regardez en plein centre de la photo ce moulin et sa (cheminée?). Il s’agit d’un bâtiment d’assez grande taille aujourd’hui rasé qui se trouvait sur la propriété Gontard (d’où le nom du chemin) et conséquemment juste derrière le lavoir, on peut supposer qu’ils utilisaient les mêmes eaux.
A l’extrème gauche de la photo, un autre moulin (Mouttet) devenu plus tard porcherie de Léon Roubaud et maintenant habitation au niveau du gué du Vallon.

Fuveau 1825

Nous voici au début du dix-neuvième siècle, Fuveau vient de sortir de ses murs et un vrai cadastre est dressé. Le voici avec une bonne visibilité, en bonus le nom des rues de l’époque et le nom actuel pour s’y retrouver. On remarquera l’ancien cimetière à la place de l’actuel Monument aux Morts : il n’a été transféré qu’en 1847 au lieudit Montplaisir plus connu maintenant sous le nom de La Calade. La porte au bout de la rue de Nice, actuelle rue Nationale n’est pas encore ouverte.

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales :

On peut aussi accéder à ce cadastre comportant la totalité du territoire du village en cliquant sur ce lien vers les archives départementales : https://www.archives13.fr/archive/resultats/cadastre/n:36?Rech_commune=Fuveau&Rech_typologie=Plan&type=cadastre
Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».


    Cliquez ensuite sur « archives en ligne » puis en descendant 20 lignes sur « lien externe vers les cadastre napoléonien ».

Ci-dessous, une vue d’ensemble de ce plan détaillé

Mystérieuse cheminée – Saint Pol

Annie aime flâner sur les sentiers de colline de la commune. Elle vient d’y redécouvrir une bien mystérieuse cheminée  de forme tronconique du coté de la colline Saint-Pol. Précisément on peut la repérer sur google maps avec ces références :
43.467614,5.541201. Elle pose bien quelques problèmes quant à son ancienneté et son utilisation primitive sachant qu’il y avait à proximité et sur la même propriété, une fabrique de soude, a  t-elle servi à éliminer ou bruler des déchets toxiques ou tout autre utilisation ?

De bons spécialistes n’ont pu éclairer notre lanterne. L’un de nos lecteurs aura-t-il une information précise ? Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un four à chaux, ni d’un four à cade, alors quoi ?

Voilà l’entrée est de l’édifice sachant que la même entrée coté ouest a été murée.

Quelques travaux de défrichement à proximité laissent supposer que le paysage alentour pourrait évoluer.

Une étude particulièrement fouillée effectuée en septembre 2013 par par Monsieur André Gensel, éminent spécialiste régional de ce type de construction, des fours anciens en général et des norias, nous a été transmise.
En voilà ci dessous la copie.

FUVEAU – Colline Saint-Pol : le four et sa cheminée, mystère

Généralités et vue d’ensemble :

La structure n’apparaît pas sur le cadastre Napoléonien de 1829, elle est mentionnée sur le cadastre actuel , lieu dit Bramefan, parcelle 000CE5.

La piste charretière qui passe à coté est indiquée comme le Chemin de Gardanne à Fuveau sur le plan E3 de la section La Roquette, Cadastre Napoléonien de 1829 ; ce plan mentionne que nous sommes au quartier de la fabrique, la fabrique porte le numéro 1023 et la matrice cadastrale nous dit : fabrique de soude factice avec cour et relarge.

Le premier propriétaire est Vitalis Auguste et compagnie, puis son nom est rayé et remplacé par Menut Jean Philipe.
 

Nous sommes en présence d’une structure tronconique d’environ 3 m de diamètre et 4 m de hauteur, en grosses pierres calcaires non taillées et bâties au mortier de chaux et sable (ou terre) :

–        elle a été construite contre une barre rocheuse de 2 m de hauteur, orientée ouest-est et se prolonge dans la colline, cette barre rocheuse a servi de carrière pour la construction de la structure.

– les fondations qui reposent sur la roche mère sont réalisées en deux niveaux d’énormes pierres d’environ 200/300 kg, elles sont jointives et couvrent l’ensemble du sol d’emprise du four cheminée. Cette façon de faire garantie une parfaite stabilité à l’ouvrage (usure du temps, effets de pyrogénation, séismes) C’est ainsi qu’il n’y a aucune fissure dans le mur maître (circulaire) d’environ 0,50 m d’épaisseur.
 

En élévation se trouvent deux ouvertures de 1,50 m de hauteur et de 1,10 de largeur en face extérieure et 0,80 cm en face intérieure, elles sont en ogives solidement clavées. L’une est orientée face à l’Ouest (mistral) et l’autre face à l’Est.

Cette construction a été réalisée par des gens de métier et selon les règles de l’art (inclinaison du mur maître vers l’intérieur de la cheminée pour que le centre de gravité soit sur l’axe vertical du foyer).

De part et d’autre des deux ouvertures un escalier volant* a été inséré sur la face extérieure du mur eu utilisant des boutisses (grandes pierres longues et épaisses qui traversent l’épaisseur du mur). Ces deux escaliers s’arrêtent à hauteur des ogives clavées pour que la solidité de l’ensemble soit conservée.

La photo de l’intérieur de la partie cheminée montre la grande qualité du montage des pierres, seuls quelques coups de massette sont visibles.

*L’escalier volant est utilisé en Provence pour passer d’une restanque à l’autre, il n’occupe pas de place au sol.

Une grande pierre plate forme le seuil de l’ouverture Ouest, ce seuil donne dans le vide ce qui ressemble à un trottoir pour approcher une charrette afin de charger ou décharger le four. Au cours de l’extraction des pierres de la barre rocheuse un accès coté O

Au cours du temps, l’ouverture Ouest (mistral) a été obturée par un mur peu épais , non étanche et sommairement bâti au mortier, a été aménagé ce qui permettait de rejoindre le chemin Fuveau – Gardanne.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

En guise de conclusion :

L’incinération, des déchets de la fabrique de soude voisine, paraît peu probable car les propriétaires n’auraient pas fait un tel investissement alors que les résidus pouvaient être déversés dans la nature sans contrainte.

Pour ma part, je pense à un four prévu pour griller un minerai de fer (voir ci dessous le modèle des mines de Banne).

Le minerai de fer se trouve, en général à la partie supérieure des filons de charbon, sur le site charbonnier de Gardanne il est possible que des traces de fer aient été découvertes il y a bien longtemps et qu’une production aurait pu été envisagée mais sans aboutir.

Aux alentours d’un tel four nous devrions trouver une grande quantité d’imbrûlés ou restes de combustion : cendres, coke, mâchefers, scories et autres or il n’y a rien de tout cela.

A l’intérieur, l’examen du mortier liant les pierres montre qu’en surface il est écaillé (petits copeaux composés de poussière de charbon, de liant et de sable), mais il n’a pas été attaqué en profondeur.

Petite particularité, les mêmes copeaux sont apparents sur la face externe de l’ouverture murée (donc non étanche mais il y a eu présence de feu, dans le four, après l’obturation).

Quelque soit son ou ses utilisations ce four a eu une utilisation très brève.

Braconnerie de Saint Pol

Encore un bout du patrimoine de La Barque : la Braconnerie Saint-Pol sur la Nationale 96, bâtie en 1819 pour les responsables des fabriques de soude et de potasse de Fuveau puis transformée en élevage.
Au départ cette usine fut fondée par le sieur Menut, propriétaire par mariage de la Grand’Bastide et exploitée par un De Pouzier dont le nom s’est transformé en Dépousier. Il ne s’embarassait pas de principes pour exploiter un établissement particulièrement toxique et polluant. L’usine s’appelait la Marie-Gabrielle Saint-Paul pour devenir plus tard domaine Saint-Paul ou Saint-Pol. 
Consultez le document redécouvert par Max Derouen de Belcodène. On peut aussi consulter la page « cheminée ».

Intéressante cette vue prise sur le bas de la colline Saint-Pol et qui nous montre la plaine jusqu’à La Barque on l’appelait le quartier des Fabriques ou la plaine des Fabriques.

Une légende vraie à Château-l’Arc

Après deux ventes au cours du dix-neuvième siècle, Château-l’Arc est passé dans les mains d’une riche et noble famille au début du siècle dernier : les de Jessé-Charleval.
 En cet heureux temps, on vivait bien au domaine. Les propriétaires s’employaient à rénover la bâtisse ainsi que ses abords et les gens de Fuveau employés aux tâches ménagères étaient nombreux. Tous avaient accès à toutes les salles, sauf une. Située dans une des ailes du château, elle avait une particularité qui ne manquait pas de faire des envieux : le sol était recouvert de pièces d’argent à l’effigie de Louis le quinzième et, comble de la fortune ainsi que de l’attachement à la royauté, ces pièces étaient posées sur le chant. car ne fallait pas marcher sur la face du roi !
Malheureusement la fortune de la famille n’a eu qu’un temps,  déjà avant la dernière guerre, celle-ci était ruinée par les mauvaises affaires et lorsque Bernard Buffet leur à acheté le domaine en 1956, il n’y a pas trouvé de trésor, peut-être même n’a-t-il jamais eu vent de cette légende vraie dont témoignaient ceux qui avaient connu Château-l’Arc avant lui en particulier les descendants du personnel domestique.

Histoire de Château l’Arc

Vous trouverez ci-dessous la copie d’une publication écrite par Antoine de Jessi en 1940 sur l’histoire de Château l’Arc intimement mélée à celle des Boutassy et de leurs alliances, nous nous sommes contentés de scanner les onze pages qu’elle comporte.

Et ci-dessous un extrait de l’armorial général de France

Archéologie de proximité.

Lors de tous récents travaux de consolidation des voûtes situées au-dessous du monument aux Morts, derrière l’actuel mur de soutènement, nous est apparu l’ancien cimetière qui peut selon toute vraisemblance être daté du dix-huitième siècle à l’époque où le cimetière situé auparavant autour de la chapelle Saint-Michel a été transféré sous les murs du village. Avant que ce pan de mur historique ne retourne dans l’oubli, pour la mémoire, nous l’avons fixé sur la pellicule à toutes fins utiles.
Un petit rappel historique au passage sur l’actuelle Place du Souvenir Français dite couramment place du Monument aux Morts. Après l’interdiction d’utiliser comme cimetière les abords de la chapelle Saint-Michel, celui-ci fut transféré là en 1748 et c’est presque un siècle plus tard en 1837 qu’il trouva son emplacement définitif au quartier Montplaisir dit maintenant La Calade et la place qui fut aménagée prit le nom de Place Neuve.

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

Le moulin à huile

Nous montons la rue Rondet qui était auparavant dénommée rue Vendôme, quel revirement ! L’avant-derniere maison à droite (actuel numéro 4 rue Rondet) avant le monument aux Morts est historique pour le village. Elle fut au milieu du dix-huitième siècle, le premier immeuble bâti hors les murs à l’initiative des sieurs  Peysonnel alors principaux coseigneurs du lieu. Curieusement, les escaliers intérieurs sont les plus larges de tous les immeubles de Fuveau et de la même facture que ceux du Cercle Saint-Michel. On peut accéder à son sous-sol en passant par derrière, en empruntant le passage au niveau du tabac et les jours où la remise est ouverte, on peut visiter l’ancien moulin à huile de la dynastie des Barthélémy plusieurs fois modernisé et remis à neuf au cours des siècles. Inutilisé depuis quelque cinquante années, il est propriété privée mais n’en constitue pas moins un élément fort intéressant de notre patrimoine. Une précision historique bien mise en exergue dans l’ouvrage de Michel Colon s’impose : l’une des principales sources de revenu des seigneurs du lieu provenait des moulins qu’ils soient à blé ou à huile car point de moulins banaux au village.

Lou destrait (le pressoir)

En complément de cette page, une photo du dernier pressoir à huile portatif du village ressorti pour la dernière fois en 1904 par « Mesté Fidèlo », le dernier pénitent de Fuveau. Il est orthographié destrait par le photographe local Marius Blanc mais on trouvera plus souvent destré. On remarquera l’épaisseur de l’empilement  des escourtins.

Chimie, alchimie ou palimpseste?

Nous sommes à l’angle de la rue de la République  –  la Grand’rue – et de la rue Cachichi juste à gauche de la Caisse d’Épargne et voici une enseigne chargée d’histoire. Les occupants de ce local ont successivement peint leur enseigne à même le crépi au cours du siècle dernier et le résultat aujourd’hui est surprenant. Par chimie ou alchimie on peut distinguer d’abord la plus ancienne : BOULANGERIE avec en-dessous M. NEGREL peint en lettres droites aux alentours de 1902, puis une deuxième enseigne BOULANGERIE peinte en lettres plus fantaisie par le fameux boulanger Cachichi (voir son histoire dans la rubrique anecdotes) et la plus récente qui a néanmoins plus de quarante ans c’est CFTC puisque ce local a servi de bureau à ce syndicat à partir des années cinquante.

Autre phénomène identique à observer cette fois à l’angle rue du 4 septembre et rue du Jeu de boules, après passage de plusieurs couches de peinture sur le crépi, c’est une pub d’un autre âge qui ressort: meubles, parapluies, maroquinerie, quincaillerie. Un peu plus difficile à distinguer, au-dessus, le mot quincaillerie également peint dans des temps encore plus anciens.

On notera aussi des restes de vieilles enseignes au-dessus du café de France et également au café du Cours.

Le tour des Frères

Il était une promenade digestive qu’aimaient faire les fuvelains surtout au frais le soir. Longue d’un bon kilomètre, elle consistait à partir de la rue d’Aix, maintenant chanoine Moisan, passer devant l’école libre de garçons, maintenant Maison pour Tous, passer le pont des Frères, passer le Pont du Grand Vallat à droite, devant la carrière de pierres et remonter au centre du village côté Galerie. La circulation de véhicules n’étant pas ce qu’elle est maintenant, le circuit était sans danger. On appelait ça faire le « Tour des Frères » simplement parce que ladite ancienne école de garçons était tenue par des Frères maristes jusqu’à la première guerre, d’ailleurs le pont que l’on traversait juste après l’école était aussi appelé le Pont des Frères.
C’est l’occasion de rappeler le souvenir de deux instituteurs qui ont marqué cette école: le frère Rodrigue connu pour son extrème sévérité et plus tard, Monsieur Rabasse, père de Marie-Jeanne Moustier. Charles Verminck fut le premier instituteur de Fuveau et curieusement avant de venir au village, il était novice chez les Frères Gris près de Luynes.

NDLR: Un employé fonctionnaire du cadastre à la conscience professionnelle et la conscience tout court très limitées a appelé un jour  le pont des Frères : pont des 3 Frères ce qui enlève tout son sens au nom de ce pont.

Nouveau site archéologique

Ceux qui ont lu les deux  » bibles  » d’histoire locale que sont le livre de l’abbé Chaillan et celui de Michel Colon n’ont pas pu avoir connaissance d’un petit site archéologique se trouvant au quartier du Puget puisque l’invention de celui-ci est postérieure à l’écriture de ces ouvrages.

A peu de distance du pont sur l’Arc, déjà connu, dont les substructions sont antiques, les structures basses d’un four de tuilier ont été mises au jour au cours de travaux d’excavation. La DRAC (Direction régionale des affaires culturelles) immédiatement prévenue a pu en son temps procéder a des relevés conservatoires et des fouilles de sauvetage pour donner au propriétaire des lieux un maximum d’explications ainsi que ses conclusions sur l’originale et intéressante découverte.

Différents matériels ont permis de dater approximativement la période entre le premier et le cinquième siècle de notre ère dans l’attente d’une fouille exhaustive. Certains tessons de tuiles portent un cartouche en forme de fer à cheval permettant de lire  » P.FURIROGATI « , en clair Publius Furius Rogatus.

Il est possible de dire que probablement, nous avons là le plus vieux nom de famille attesté sur Fuveau  !

Ces mêmes tessons comportent aussi des poinçonnages à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

" P.FURIROGATI ", en clair Publius Furius Rogatus.
poinçonnage à rouelles, symboliques paléo-chrétiennes

Sous les ponts de Fuveau

Voici le plus ancien des ponts se situant sur notre commune, il a été rénové au cours des siècles mais De Gérin Ricard et Arnaud d’Agnel dans « Antiquités de la vallée de l’Arc »  nous confirment que ses substructions sont antiques. Notre rivière coule maintenant à une trentaine de mètres de celui-ci et il n’a plus qu’une fonction décorative à l’intérieur d’une propriété privée. Autrefois visible depuis la nationale 96 lorsque l’on passait le pont qui lui a succédé vers 1803, il est maintenant caché par la végétation, il suffit cependant pour l’admirer de se rendre dans la propriété, le maître des lieux n’est pas hostile aux visites. L’abbé Chaillan nous apprend que ce pont a été réparé acec la participation de la communauté de Meyreuil en 1806. Il a aussi été détruit au mois de ventôse an V, soit en mars 1797, puisqu’il a fallu mettre des planches pour faire passer une troupe.  

Pour le plaisir des yeux, la version colorisée de la carte postale ci-dessous.

Appelé pont du Grand Vallat (vallat=ruisseau en provençal), par l’éditeur de la carte postale, ce n’était certainement pas le nom retenu par les gens du village car il y avait bien d’autres ponts sur ce ruisseau dénommé l’Alic jusque dans les années 1850. L’appellation la plus courante était le Pont des Frères car voici un siècle, l’actuelle Maison pour Tous qui se trouve à proximité était une école religieuse tenue par des Frères maristes dont un certain frère Rodrigue était réputé pour sa rigueur. Le pont « récent » au deuxième plan a été bâti  par Benoît Barthélémy dit Mameluk en 1862. L’un des itinéraires de détente des villageois était un circuit qu’ils appelaient  « le tour des Frères » consistant à passer devant l’actuelle Maison pour Tous, passé le pont des Frères, ils allaient vers le pont du lavoir pour remonter vers le village coté est. Le trafic automobile a fait que cette sympathique habitude s’est perdue. Lorsque l’ancien pont (au premier plan) a été remplacé par le pont actuel , une bergerie dite « Bergerie de Bégude » avait été construite sur le vieux pont et on parlait souvent du « Pont de Bégude » pour le différencier du nouveau « Pont des Frères ». Ce   pont pourrait être vieux de sept siècles.

Vieille photo du Pont de Bégude sous la neige prise à partir du nouveau pont. A gauche, la bergerie de Bégude à ne pas confondre avec la ferme de la Bégude sur la RN 96. Bégude dans ce cas était le surnom du berger. Ce cliché nous a été aimablement confié par le docteur Kerbastar.

C’est surprenant mais ce pont existe toujours enfoui sous la végétation.  On pourrait croire qu’il s’agit du pont à proximité du terrain de basket visible au départ de la rue Scudo, il n’en est rien. Bien que construit quasiment sur les mêmes plans   il s’agit en fait d’un pont qui enjambe le ruisseau de la Foux sur la route de Belcodène à 1 km environ de la sortie du village, il suffit de regarder voire de compter les moellons pour s’en assurer.

Le pont du Lavoir, ici vu de la rue Rondet n’a pas changé depuis la carte postale (1906), le tracé des routes de Châteauneuf et de Rousset non plus, seules les nouvelles constructions sont venues désordonnancer ce paisible paysage. Ce pont a moins de 150 ans, nous devons préciser que sur le cadastre de Napoléon, le début de la route de Rousset n’existait pas : à partir de Fuveau on prenait la route de Châteauneuf et pour obliquer vers Rousset, on traversait à gué au niveau du Vallon, face au chemin de Vilaret, ce gué n’a pas changé aujourd’hui.

Ce petit pont dit « Pont des Tilleuls » est détruit, il agrémentait les jardins de Château l’Arc lorsque les lieux étaient propriété de la famille de Jessé Charleval.

Un pont sous l’ancienne voie ferrée essentiellement destiné à l’écoulement des eaux, lui aussi a été immortalisé sur carte postale. L’éditeur n’est autre que P.Ruat, un grand nom de l’édition marseillaise.

Vue unique provenant du fond Pirozelli avec ce Pont du Jas de Bassas entre l’ancien passage à niveau et la RN 96 avec en fond l’actuelle maison Robin dont la remise est démolie.

Ne quittons pas cette rubrique sans la photo actuelle des Trois Ponts. Le nom qui leur est donné ne fait pas preuve d’une imagination débordante néanmoins cet ouvrage est de loin le plus grand en matière de ponts à Fuveau. Il permet le passage de la voie (un jour réhabilitée ?) Gardanne-Carnoules pour franchir le vallon et le ruisseau du Grand Vallat au niveau du chemin de La Potasse.

Où est la porte ? (juin 2016)

Au treizième siècle au premier quart du dix-neuvième, Fuveau, enserré dans ses murs et perché sur son piton rocheux ne comptait que deux portes : la porte de Bassac parfois appelée porte Barbière et la porte Fabre où Mounet-Miou selon l’époque.
Si la première est parfaitement connue et conservée, il n’en est pas de même pour l’autre, pourtant accès principal vers l’intérieur des murs en son temps. Bien qu’aucune preuve absolue n’existe sur l’emplacement de celle-ci, nous pouvons logiquement supposer qu’elle se situait sur le haut de la rue Rondet (ex rue Vendôme) au niveau de l’arrivée en angle de la rue Niollon (ex rue Hoche).
La photo ci-dessous nous montre celle-ci située maintenant quelques mètres à l’intérieur d’un immeuble. Elle se prolonge dans les soubassements de la maison.

NB : les deux portes situées l’une à l’extrémité nord de la rue Nationale (ex rue de Nice) dite souvent traverse Rompe-Cue, l’autre au milieu de cette même rue dite porte Basse n’ont été ouvertes que vers 1820 et n’ont jamais eu d’utilité défensive, il s’agissait surtout d’aérer cet axe, principale rue du village.

Les croix

À l’angle Rue du Nord – rue de la Paix, voici la « croix de fer » toute repeinte et rénovée en 2016. Elle vient nous rappeler les « missions » que venaient prêcher dans les campagnes marseillaises voici plus de deux siècles, les Oblats et autres congrégations religieuses. La croix de la Calade au début du chemin d’Aix, la croix de Masse au début du chemin de Masse côté collège et la croix du Goï au chemin de la Galère nous rappellent aussi à ce pieux souvenir.

Sur les photos ci-dessous qui immortalisent la croix de la Calade au début du siècle dernier on remarquera la tenue des fuvelains pour la promenade dominicale, ici le docteur Bourgeois. Bientôt sur cette même page, une étude sur les diverses dates inscrites au socle de cette croix. Bonne promenade, docteur.

Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goi, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
Mais la croix du Goi, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goi, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

Château  l’Arc

Voici le plus grand par la taille des châteaux de Fuveau actuellement transformé en restaurant et hôtel. Son parc et le vaste domaine agricole qui l’entouraient sont transformés en golf mais son histoire n’est pas dénuée d’intérêt.

C’est au onzième siècle que les vicomtes de Marseille érigèrent « Lou Castélas » qui se situait à quelques centaines de mètres de la demeure actuelle mais celui-ci fut détruit par les bandes d’Arnaud de Cervoles dit l’Archiprêtre vers 1363. Les terres restèrent possession de la famille d’Agoult qui fit bâtir le château actuel en 1620. Celui-ci passa à Joseph Ignace de Boutassy en 1750. Son fils Valentin Bruno l’améliora en 1780 et surtout agrandit considérablement le domaine qui s’étendait sur Saint-Charles, la Cairanne, les Beaumouilles et jusqu’à la Grand’Bastide à la veille de la révolution. Par suite d’alliances, partages et héritages le domaine morcelé passa aux Chaubet, aux Pourquier puis à la famille de Jessé Charleval qui en reconstitua une partie jusque dans l’immédiat après-guerre en particulier Antoine de Jessé qui y consacra toutes ses disponibilités et même au-delà. Pendant la période noire des années 40, il y cacha bien des personnages importants dont certains membres de la famille de France. Par suite le domaine fut racheté par le peintre Bernard Buffet qui le perdit sur une table de jeux ! Cet achat, à l’occasion des 30 ans du célèbre peintre fut l’objet d’une fête grandiose avec en particulier la présence d’Yves Saint-Laurent et Françoise Sagan.

Ci-dessus état actuel, et ci-dessous, du temps des De Jessé. 

La même, colorisée différemment par les Editions Pignatel.

Le Pont des Tilleuls dans les jardins du Château du temps de sa splendeur.

Et ci-dessus l’un des plus vieux clichés répertoriés de Château l’Arc .

Les autres châteaux de la commune ne se visitent pas : Le Puget, Saint-Pol, La Grand’Bastide.

Ne quittons pas Château-l’Arc sans signaler ce livre publié en 1962 édité par Galerie David et Garnier sur lequel on voit les fresques murales signées par Bernard Buffet dans la chapelle du château. Il est important de savoir que cette chapelle dénommée à l’époque chapelle Saint-Charles-Borromée est à ce jour transformée en habitation et n’offre aucune possibilité de visite.

Ci-dessus, deux vues historiquement intéressantes puisque prises du temps de Bernard Buffet.
Avec une nouvelle information apportée par Madame Antonia Lopez qui y travaillait à cette époque et transmise par Christine Véra, les fresques de la chapelle ont été léguées au Vatican par l’artiste.