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Pourquoi ma rue

Le pont des Frères en polémique.

Petite polémique actuellement autour de ces deux ponts. Au premier plan le très vieux pont, que beaucoup appellent encore le pont de Bégude car un berger surnommé Bégude avait une petite bergerie à proximité. Le problème vient du fait que les propriétaires riverains en ont squatté l’accès alors que ce pont est un lieu public. Il n’est pas dans nos attributions de prendre position sur le problème.
Quant au pont sur le deuxième plan, c’est le pont des Frères baptisé ainsi en souvenir des Frères des écoles chrétiennes qui ont longtemps géré l’ancienne école Sainte-Barbe, actuelle Maison pour Tous à proximité. Il est en réfection, élargissement et consolidation en cet an de grâce 2012. Ce sont les Fuvelains (Daudet aurait dit les lapins) qui ont été étonnés. Lors de sa fermeture provisoire, affiches et communiqués officiels annonçaient la fermeture du pont des 3 Frères, appellation qu’aucun autochtone digne de ce nom ne connaissait jusqu’à ce jour. Après recherches, cela vient tout simplement d’une erreur d’un faiseur de cadastre qui avait unilatéralement mais malheureusement officiellement entériné ce nouveau nom, peut-être pour l’éternité car l’administration, aussi limitée soit-elle, est souveraine au-delà de la sagesse populaire et de la mémoire locale !

Une erreur similaire était survenue voici quelque vingt-cinq années avec le chemin de saint François, qui, de mémoire de Fuvelain, avait toujours été le chemin de saint Francet. Là, c’est un « responsable » d’un comité de quartier qui, très ignorant de l’existence de saint Francet, avait unilatéralement transformé le local saint Francet en un plus classique mais non local saint François. Il aurait dû lire Daudet, Le secret de Maître Cornille, entre autres, on y trouve Francet Mamaï, le joueur de fifre ! Heureusement, à Auriol et à Manosque saint Francet est toujours présent.

Vincent FLO

Quand aurons-nous, une rue, des escaliers ou une salle Vincent Flo ?

Oui, ça y est ! C’est fait !  La partie de la D46 qui en dépit de toutes les constructions qui la bordent  n’avait pas de nom et que les vieux autochtones appelaient le « Tour des Frères » est depuis mars 2019 l’avenue Vincent Flo. Il était temps. Une petite cérémonie d’inauguration eût peut-être été de rigueur mais le principal est acquis. Bonheur pour le facteur, les riverains auront un numéro!

Voici le plus célèbre des disciples de Thalie fuvelain. Homme de théâtre connu dans l’entre-deux-guerres, époque qui l’a mené sur toutes les planches de l’hexagone, en particulier avec Marcel Merkes et Paulette Merval, il a  vu sa carrière brisée par l’occupation. Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo est revenu dans son village avec une passion intacte qui l’a poussé quasiment jusqu’à la fin de ses jours à monter des pièces, écrire des poèmes toujours dans un genre comique et remettre en selle la Pastorale en utilisant le plus souvent les structures du cercle Saint-Michel, seule  salle de théâtre du village à l’époque. 

En tenue de scène dans « Comme la lune ».

Ici avec le populaire Zè Vottero sur la scène du cercle Saint-Michel.

En 1947, il écrit Hyppolite et compagnie, une opérette qui sera jouée 10 fois entre juin et septembre de la même année à Saint-Savournin, Fuveau, Trets, Auriol, Gréasque, Mimet, Les Milles, Rousset et deux ans plus tard au théâtre d’Aix et à la salle Mazenod à Marseille. Succès ensuite avec Réséda, Le gang des trottinettes noires en 1950, Comme la lune en 51, Les tribulations de Cabasson en 1952, Les Bijoux de l’abbé Grégoire en 54 et Feux Fu-Fu début 55. Il monte l’opérette Les Cloches de Corneville au printemps 55 mais, pour des problèmes de « droits » celle-ci ne put se jouer, par dépit, il montera un pastiche : Les cornes de Clocheville.

Chemin de Villaret

Un Villaret, avec un L ou deux, est à l’origine un petit village. Si aucune commune ne porte ce nom en France, les hameaux et les quartiers de ce nom sont légion.

Pour le chemin qui nous concerne, il a été ainsi nommé car il menait vers les vignes de Vilaret,de son prénom, Silvy, de son nom. Ce brave employé de la SNCF avait reçu ce prénom original car un de ses oncles alors marin, avait trouvé la mort lorsque le bateau sur lequel il servait la France avait été coulé : ledit bateau était le VILARET.

Une autre fuvelaine avait si l’on peut dire subi le même sort , il s’agit de Senones ETIENNE, décédée au début 2006, dont un parent avait été tué lors de la bataille de Senones, un charmant village forestier des Vosges mais aucune rue ne rappelle à ce jour le nom de cette dame qui était la nièce du peintre Barthélémy Niollon.

A partir du quartier du Vallon, le chemin de Villaret monte vers les Escassades.

Charles Joseph VERMINCK

Sur cette carte postale colorisée de 1908, voici l’église et la statue en bronze de Charles Verminck qui lui fait face.
Hormis les statues à caractère religieux et le petit buste de Leydet sur la fontaine du Cours, c’est bien le seul personnage statufié du village.
Un belge statufié à Fuveau ! Ceci mérite quelques explications historiques.

Charles Joseph VERMINCK est né le 17 octobre 1799 à Poperinge en Belgique, gros bourg proche de la frontière française. On trouve également les graphies Poperingue et Poperinghe.

Orphelin à l’âge de cinq ans, il est élevé par le prêtre du lieu et ne connaît que la langue flamande. Il apprend la musique et l’orgue en particulier. Décidé à préparer la prêtrise il se retrouve d’abord en Picardie chez les trappistes puis à Mortagne dans l’Orne où il perfectionne ses connaissances en français et en latin. Une rencontre avec des Frères Gris, le mène vers Montrouge près de Paris où cette communauté a un couvent et dans la continuité, il se retrouve à Luynes près d’Aix-en- Provence où la dite communauté possède également un monastère. Le quartier des Frères Gris existe toujours entre Luynes et Aix. Il pose pied en Provence le 28 avril 1817. Il se sent plus attiré vers l’enseignement que vers le sacerdoce et parvient à obtenir d’enseigner dans quelques familles de Fuveau grâce à l’abbé Eymeric alors curé de la paroisse. Il obtient un tel succès que le 20 février 1824, il parvient à ouvrir la première école du village dans l’ancien château des Peysonnel, actuel Cercle Saint- Michel et à cette occasion il s’installe à Fuveau dans la rue des Lices actuelle rue Barthélémy Niollon. Il achète même une partie du Château pour prendre des élèves en pension et donne des cours du soir aux adultes. Il ne tarde pas à trouver l’âme sœur en la personne de Magdeleine Virginie BLANC née à Fuveau le 25 mars 1806 qu’il épouse le 21 novembre 1825. Elle lui donnera 13 enfants tous nés à Fuveau.

Charles Auguste Joseph né le 21 04 1827, armateur et bienfaiteur du village qui commanda la statue de son père.

Joseph Alexandre né le 30 09 1828

François Marius Frédéric né le 01 03 1830

Henriette Appolonie Magdeleine née le 10 03 1832

Joséphine Caroline née le 12 01 1834

Julienne Caroline Joseph née le 19 01 1836

Louis Charles Joseph né le 09 03 1837

Michel Marius Joseph né le 29 04 1838 

Victorine Jéromine Joséphine née le 30 04 1840

Félicie Appolonie Alexandrine née le 20 11 1842

Rose Henriette née le 23 12 1843

Marie Michèle Joséphine née le 05 03 1846

Casimir Marius Charles né le 15 03 1848

Malheureusement il perd son épouse le 17 12 1849 mais son action pour l’enseignement de la jeunesse du village continue au moins jusqu’en 1860 quoique d’autres écoles se soient ouvertes entre-temps.

Il meurt chez son fils aîné à Marseille le 01 mars 1880. Ce dernier commande alors la statue de bronze que nous connaissons pour la mettre d’abord devant son château à Calissane près de La Fare-les-Oliviers mais sur la commune de Lançon. Lors de la vente dudit château en 1902, il la fait transporter pour orner la place de l’église devenue à cette occasion place Verminck.

La statue de Charles Verminck dans son emplacement originel au château de Calissane

Nouvelle de mai 2003 : les hasards de la vie et les nécessités du travail ont conduit un descendant de notre illustre instituteur à s’installer tout récemment au village.

NB: d’autres vieilles photos de la statue de Verminck sont dans la page  » encore des cartes postales »

Chemin de la Tuilière

Le chemin de la Tuilière se trouve sur la portion de route qui provisoirement  rejoint le hameau de La Barque au CD6 en direction de Gardanne, effectivement, la campagne qui se trouve au bout du chemin est bien la campagne « La Tuilière » et ce depuis toujours. Ceci nous amène à une hypothèse qui ferait   penser que le nom de ce chemin évoque une page particulièrement ancienne de notre terroir, à méditer après un clic sur ce lien 

Eh oui, l’ancienne tuilière redécouverte relativement récemment a vraisemblablement donné son nom à ce chemin et à cette campagne. Ceci n’est certes qu’une supposition mais elle est bien jolie !

Chemin de Tratra

Au dix-neuvième siècle, le dernier seigneur de la Grand’Bastide, le sieur Menut de la Verdière, héritier par sa mère née de Boutassy de la partie ouest du domaine de Château-l’Arc qui s’étendait jusqu’à la Grand’Bastide, a considérablement diminué son patrimoine en vendant de fertiles parcelles de terres agricoles. Sur l’une d’elles, un certain Joseph Policarpe Barthélémy dit Tratra, peut-être parce qu’il faisait « beaucoup d’embarras », construisit une petite ferme. Celle-ci est depuis longtemps devenue habitation mais le nom du lieu est resté et tout récemment, la propriété Tratra à donné son nom au chemin qui y conduit et qui dessert d’autres habitations toutes relativement récentes.

Voici, tirée de l’éphéméride d’un parent de son épouse une preuve de l’existence dudit Tratra né le 26/01/1811 à Fuveau et marié le 08/10/1836 à Marie Virginie Barthélémy dite Nini de Vive. 

Impasse de la Taize

Devant la prolifération des constructions le long du chemin de Masse, il est devenu indispensable de créer de nouveaux noms de voies et cette tâche a été réalisée avec goût. L’impasse de la Taize, le chemin des Clapiers méritent une explication intéréssante.

La teso, c’est la résine en provençal et cela peut nous mener sur une fausse piste, celle des résiniers qui sévissaient aussi dans ce quartier. Le dernier résinier de Fuveau était Monsieur Pougnasse, il travaillait avec un Négrélien, Monsieur Tauziat dont l’épouse tenait le café de Chateauneuf-le-Rouge.

Il nous faut rapprocher le mot du verbe provençal tésa, tendre. Une taize était en fait une tenderie, filet destiné à capturer les oiseau dans les passages encaissés ce qui est le cas ici. Nous avons eu confirmation de cette hypothèse à La-Fare-les-Oliviers où l’on trouve le chemin des Taizes, une voie aussi encaissée qui descend vers l’Arc. Et pourquoi un ruisseau où une rue ne porterait pas le nom d’un piège ? Quand on pense qu’à Luynes on trouve le quartier du Quatre-de-Chiffre !

Pour mieux situer ce ruisseau de la Taize, c’est celui qui passe sous le petit pont en bas de l’avenue Alexandre Philip et termine, maintenant souterrainement sa course au niveau du terrain de basket juste en amont de la source de Trente-Gouttes.

Chemin de Tachou

Prenez le chemin de la Galère pour une balade dans la relative tranquillité des collines et à cinq cents mètres, vous rencontrerez le chemin de Tachou qui vous permettra de revenir au village toujours dans la quiétude. Encore un chemin qui rappelle le surnom d’un propriétaire riverain. Une « tacho » en provençal, c’est le clou qui tenait le fer des godillots des galapiats de l’époque, en français, une broquette ou une caboche. Il faut préciser que pendant toute une première  moitié  du siècle dernier, le pégot, le cordonnier du village, avait la louable habitude de reclouer gratuitement les fers aux enfants qui les perdaient.

Rue Marc Scudo

Rue Marc Scudo, un adresse bien connue au village puisqu’elle dessert l’école Sainte-Marie, le Pôle Culturel Jean Bonfillon avec la Bibliothèque et l’Ecole de Musique mais aussi la Maison pour Tous Eugène Long.
Cette artère inaugurée en 1990 commémore le souvenir de l’adjudant Scudo qui avait fondé le centre de secours de Fuveau. Précisons qu’auparavant, cet établissement dont les dimensions étaient plus modestes se situait dans la traverse du Riéret, il est maintenant tranformé en immeuble d’habitation.

Chemin et lotissement de la Roucaoudo

Le chemin de la Roucaoudo part du chemin des Pradels et s’enfonce dans la colline vers le nord en direction du lotissement de la Roucaoudo sans l’atteindre toutefois puisque obstrué par des propriétés privées. Dans son livre Fuveau des origines à l’aube du dix-neuvième siècle, Michel Colon nous donne l’origine de ce nom  au chapitre 1 titre 4 : la roco caudo, le rocher chaud particulièrement bien exposé au sud par opposition à la roco auto, le rocher haut, colline où est bâti le vieux village, voire la roco Martino, Roque Martine, le rocher de Martin sur la route de Chateauneuf. Martino est un nom de famille d’origine povençale francisé en Martine.

Chemin de la Roque Martine

Un chemin qui est certes une appellation récente mais un nom de quartier qui, lui, est nettement plus ancien. Cette petite éminence de la Roque Martine est un quartier enserré entre le Cros du Pont, le Vallon et les Escassades. Ses dimensions étaient trop exiguës pour que ce quartier figure sur des cartes mais on retrouve son existence sur certains actes au moins au dix-neuvième siècle. Ce n’était qu’un rocher inculte mais au côté des Roque Haute et Roque Caudo, chaude, ce n’était qu’un rocher de plus dans la clique des rochers fuvelains. Une carrière de pierres y était d’ailleurs exploitée voici un siècle comme le prouve la carte postale ci-dessous.
La Roco Martino était donc le rocher de Martin. Le nom de famille Martin, Martino en provençal.

Amalgame à faire ?

Ci-dessous voici le plus grand dolmen du sud de la France, il se trouve à Livernon dans le Lot, c’est le dolmen de la Pierre Martine. Qu’en pensez-vous ?

Rue du Pont

Ci-dessous, la rue du Pont qui a perdu son caractère champêtre pour devenir une rue encaissée et triste joignant l’avenue Alexandre Philip, maire au milieu du siécle dernier, à la rue du chanoine M-J MOISAN. Le petit pont qui a donné son nom à la rue surplombait un ruisseau : le Riéret. Aujourd’hui il ne coule pratiquement plus, son lit sert surtout de dégagement des eaux lors de fortes précipitations pour aboutir au niveau du stade Georges Martin et se jeter dans le Grand Vallat.

Cette carte est due encore à l’éditeur Lacour.

Chemin du Pin de saint Francet

Que de beaux souvenirs des années 50 lorsque les instits du village menaient leur classe en promenade dans la colline   Saint-Francet. Quelques années plus tard, une bonne connaissance des lieux permettait aux chenapans du village de chasser au nid agassons et écureuils. Ores, les constructions ont pris le pas sur les argelas, les pins et les chênes verts, reste un nom bien rare et original, Saint-Francet.
Ce prénom n’était pas en usage, c’était seulement un diminutif donné à certains François. Seul un Francet est resté dans les mémoires, Francet Mamaï, le joueur de fifre qui a inspiré l’histoire de maître Cornille à Alphonse Daudet. Par contre, Fuveau n’est pas le seul village où l’hypothétique saint Francet avait cours, puisque du coté d’Auriol ainsi qu’à Manosque ont trouvait un quartier Saint-Francet. Il est fort plaisant que le nom perdure pour ce chemin qui part au niveau du rond-point du pont des Frères, face au terrain de basket. Certains riverains ont créé de toutes pièces un chemin de saint-François ce qui a, en son temps, engendré quelques querelles de clocher dans lesquelles nous n’entrerons point.

Le maquisard : Louis Pécol

Nous avons tenu à faire figurer parmi les personnages qui ont marqué le village, le seul Fuvelain qui ait pris le maquis durant la période de l’occupation, c’est Louis Pécol. Envoyé d’office en camp de jeunesse à l’âge de vingt ans, d’abord dans le Jura puis à Gonfaron dans le Var, il a été embarqué d’office dans un train à destination de l’Allemagne. Sentant le danger, il a sauté de celui-ci à l’occasion d’un arrêt à Lyon pour prendre le maquis en compagnie de deux camarades du coté de La Lance, Nyons et La-Motte-Chalençon dans la Drôme provençale et le Vercors. Il y passera quatorze mois sous le nom de Roméo (son deuxième prénom) Vernet (nom d’un cousin) soi-disant né à Luynes et domicilié à Bourdeau. À son retour, après la libération, Fuveau et son maire, Alexandre Philip, ont su dignement l’accueillir et il a repris sa vie de mineur. Il s’est éteint le 29 janvier 2005.
Le sous-lieutenant Dufour dit le capitaine Paris a conté les faits d’armes de ce maquis dans un livre intitulé Mémoires de l’ombre aux éditions Scriba de l’Isle-sur-la-Sorgue en mai 1989.
Un certificat particulièrement intéressant relate les actions héroïques de notre compatriote de La Barque.

Ces faits n’enlèvent rien au mérite d’autres héros maquisards Fuvelains : Raymond Mattio, Marcel Giusti et Maurice Digne qui ont passé quelque temps au maquis de la Sine sur la commune de Vauvenargues en 1944.

Impasse du Pastre

Face au stade Paul Prieur se niche le très discret impasse du Pastre qui ne porte pas ce nom par hasard. C’est exactement là que l’un des derniers bergers du village possédait un cabanon et un lopin de terre. André Beltrando dit Lou Pastre, lui-même fils de Mesté Pèire, également berger, veillait jalousement sur sa petite propriété, voisine du stade, ce qui lui avait valu quelques démélés avec le Joyeux Sport Fuvelain avant que des grillages de protection ne soient installés afin d’éviter les arrivées de ballons inopinées sur ses fleurs et parfois sur sa table.

Impasse du Pailladou

Du Pailladou, il ne reste aujourd’hui que ce modeste impasse mais au départ, c’est le nom que donnaient les Fuvelains à la montée sur le CD96 partant de l’actuel rond-point de l’Europe jusqu’au sommet au niveau du domaine de la Galère. Cette montée du Pailladou était, également appelée « le 15 » puisque le puits de mine numéro 15 ou puits du Rocher Bleu était creusé à proximité.
Au départ, c’était « l’apaiadou » du verbe s’apaiassa en provençal, se jeter sur une paillasse ou sur une litière et c’est de là qu’est dérivé le nom de Pailladou. Nous noterons que la route menant à Gréasque était appelée la montée des Paillasses.

Rue Nationale

Gloire à cette rue qui fut longtemps avec 150 mètres environ, la plus longue du Fuveau intra-muros, donc la plus importante artère du village. Son appellation n’a rien de particulièrement intéressant ni original, il faut préciser qu’elle était dénommée rue de Nice avant le dix-neuvième siècle du fait qu’elle était orientée est-ouest, précisément dans la direction de Nice. Plus recherché, est le nom que lui donnaient et donnent encore tous les autochtones : la traverse Roumpe-cuou, casse-cul en français du fait qu’en d nombreux endroits elle était pentue, ombragée et glissante.

Au début de la rue, la vénérable demeure à gauche, actuellement dite maison du Pasteur fut propriété de plusieurs seigneurs secondaires ou notabilités du village.

Ce passage, ouvert au cours du dix-neuvième siècle, marque l’extrémité ouest de la rue, il est  souvent appelé porte de Lenglet du nom d’une famille qui demeurait au-dessus. Noter que l’autre passage que l’on trouve au milieu de cette artère et qui ouvre vers le nord est contemporain de celui-ci.

Allée des Mûriers

Les diverses allées, rues ou impasses du thym, du romarin ou autre plante n’ont pas grand intérêt dans cette rubrique. On pourrait croire que ce soit aussi le cas pour l’allée des Mûriers que l’on trouve à mi-chemin entre le pont de chemin de fer et le hameau de La Barque sur la RN 96. Que nenni, ce nom d’allée n’a pas du tout été mis au hasard. Jusque dans les années 50, c’était un chemin de terre et il était effectivement bordé de mûriers dont les riverains venaient prendre les branches ou les feuilles pour nourrir les très voraces élevages de vers à soie qui ne manquaient pas dans la vallée de l’Arc. Cette photo nous montre un élevage à La Barque à la fin des années 30.

Rue Chanoine Moisan

Marie-Joseph Moisan, curé de Fuveau de 1904 à 1944 à marqué la vie du village pendant toute cette période. Croquis de Don Antoine MOUSTIER.
Né en Bretagne en 1865, il arrive 15 ans plus tard à Châteauneuf-le-Rouge où son père venait d’être nommé régisseur du château. Ordonné prêtre en 1889, vicaire de Mallemort puis d’Istres, ensuite curé de Coudoux, il est nommé à Fuveau le 28 août 1904 et ne quittera plus sa paroisse.  
Il est l’auteur de plusieurs livres dont une « Vie d’Eugène Mazenod » et « Dix ans de patronage rural » qui donnent de très précieux renseignements sur la vie de la paroisse et du village en général dans la première moitié du siècle dernier.  Il avait auparavant publié deux ouvrages théologiques en 1910. L’abbé Cheilan, de son côté, a publié en 1949 une biographie intitulée « M. le chanoine Marie-Joseph Moisan curé de Fuveau 1865-1944 ». Trés impliqué dans la vie du village où il était particulièrement apprécié, il s’occupait entre autre d’un patronage de garçons très florissant. Pressenti pour être nommé évêque il a toujours refusé pour rester dans sa paroisse comme prêtre puis comme chanoine.


On lui doit l’anecdote relative à la pastorale Maurel que vous trouverez dans la rubrique anecdotes Cougourdié. La rue qui porte son nom à Fuveau est celle qui a été le plus souvent débaptisée. Après avoir été longtemps Chemin d’Aix, elle devint rue Pétain (sic) sous l’occupation avant d’être la rue du Général de Gaulle puis à nouveau rue d’Aix et  trouver son appellation définitive dans les années 70. 

Une photo de Marie-Joseph Moisan, avec les élèves du catéchisme et les catéchistes à la Grand’Bastide.

Chemin de Mime

Vers 1868, deux frères, Louis et François Barthélémy bâtissent une ferme à étages sur un terrain acheté quelques années auparavant à Messire Menut, châtelain de La Grand’Bastide. Tout de suite, elle sera baptisée Bastide de Mime qui est le diminutif de Géromine, épouse de François. Depuis un siécle et demi, la bastide n’a jamais changé de nom et il coulait de source que lorsqu’il a fallu donner un nom au chemin y conduisant il ait été ainsi dénommé. Cette histoire est détaillée avec talent dans le livre de Noëlle Faure-Vincent et Jean Bonfillon, Nos racines sont les vôtres.

Impasse de la Micouline

Le chemin de Gréasque à Fuveau se prend à partir de Gréasque sur la route de Gardanne par le chemin du Puits de Coudeil et rejoint la RN96 au niveau de la Bastide de La Bégude. L’impasse de la Micouline marque approximativement la limite entre les deux communes. La Micouline, qu’es aco ? Simplement une petite miche de pain, en provençal, la micolo, joliment francisée avec le diminutif Micouline. Dans notre département en particulier, le patronyme MIcoulin existe, dans ce cas c’est un dérivé du prénom Michel. Le quartier où cet impasse se trouve quartier Madame d’André est une appellation du dix-neuvième siècle mais ce nom de Micouline est tout récent, il fallait bien désigner tous les nouveaux chemins où impasses générés par les constructions nouvelles. Il est vraisemblable que c’est le Vallon de la Micouline dans le onzième arrondissement de Marseille qui à inspiré ce joli nom.

Monsieur et Madame Michel

Un parking à La Barque évoquant le souvenir de deux instituteurs. Peut-être méritaient-ils un prix Nobel de la Paix voire une auréole de bienheureux mais Fuveau a fait ce qu’il a pu en donnant au parking, proche de l’école qu’ils ont tant aimé, le nom cet admirable couple.
Pour éviter trop de débordements d’admiration subjectifs, nous nous contenterons de montrer ci-dessous l’interview paru dans le Troumpetaïre numéro 10 de juin 83. Ils évoquent avec la discrétion qui les caractérisaient une infime partie de leur action et de leur vie consacrée à leurs enfants et à leur école. 

Georges MARTIN

Parmi plusieurs Martin de Fuveau, le plus souvent sans lien de parenté proche, deux ont laissé une empreinte. L’un est l’auteur du bronze représentant Victor Leydet sur la fontaine du cours, l’autre, Georges Martin a laissé son nom au stade de basket de Fuveau.
C’était en fait un aixois puisque né au quartier du Pont-de -‘Arc le 03 avril 1921. Issu de la dernière promotion de l’école normale d’avant-guerre, il est nommé à Fuveau en octobre 1942 mais doit subir les chantiers de jeunesse et deux ans de déportation près de Brunswick. Il reprend son poste en octobre 1945. Généreusement, il met tout de suite en pratique sa vocation d’éducateur. Il relance la société des A.I.L avec Romolo Agostini et Félix Vitalis dit le maréchal. Bientôt il lance le basket et obtient pour le terrain de Trente Gouttes un bail emphytéotique qui permet d’y d’établir le stade de basket actuel. Avec Guérin Marchi, le dernier chef d’orchestre du Cercle Philharmonique, il monte une chorale en son temps florissante. Malheureusement sa santé est altérée par son temps de déportation et il s’éteint en 1963.
La conclusion sera laissée à une infirmière, sœur Saint-Privat qui, elle aussi, a marqué le village dans les années 60 : « S’il était chrétien, ce serait un saint ».

La première équipe de basket de Fuveau avec Georges Martin en numéro 10. Pouvez-vous me dire qui sont les autres ?

Guérin MARCHI

« Le dernier chef d’orchestre » comme l’ont appelé un moment les fuvelains après son décès en 1957. L’avenue qui honore son œuvre et sa mémoire part de la fontaine place Charles de Gaulle en direction de la Bégude. Guérin Marchi fut longtemps le chef d’orchestre et l’âme du Cercle Philharmonique de Fuveau, importante société s’il en est par laquelle passaient tout les jeunes qui ont eu à cette époque une formation musicale.

Boulevard Loubet

C’est dans le cadre des nouvelles dénominations de rues voulues par la municipalité radicale au début du siècle dernier que la plus longue et la plus belle artère de Fuveau a pris son appellation actuelle. Il était normal à ce moment d’honorer le président en fonction d’autant que c’est lui qui avait dirigé le pays pour le passage du dix-neuvième au vingtième siècle et surtout pris la dure succession de Félix Faure mort dans les conditions que l’on sait.   C’est parce qu’il a fortement appuyé la demande du député Leydet  pour que Fuveau obtienne sa gare que le village a donné son nom au plus beau de ses boulevards.

Cliquez sur ce lien pour connaître son histoire  http://www.senat.fr/evenement/archives/loubet.html

Impasse lou Bèn dóu Sóudat

Juste en-dessous du cimetière, lorsqu’on emprunte à gauche en descendant ce joli chemin de terre, on trouve un panneau bien mystérieux pour le profane mais si beau pour l’initié que vous êtes ou que vous allez devenir. Cette impasse qui n’en est pas vraiment une suit le tracé de l’ancienne voie ferrée La Barque-Valdonne.
Traduit littéralement, c’est l’impasse « Le fond de terre du soldat ». Non, vous ne trouverez pas de cimetière militaire en ces lieux. Lou Bèn, c’est le champ ou le fond de terre souvent d’ailleurs francisé en « bien » pour ceux qui mélangent les langages provençaux et français. Quant au « sóudat », il désigne bien le soldat qui en l’occurrence avait été le surnom d’un Vitalis, plus tard surnom de toute une dynastie de Vitalis qu’il fallait bien différencier d’une façon ou d’une autre. Les plus nombreux étaient les Vitalis « dòu Castèu », du château, mais les Sóudat  prononcé et écrit « Sourdat » dans sa forme marseillaise voire « sordat » plus localement, n’avaient rien à leur envier, de plus ils avaient la réputation d’apprécier les plaisirs du palais. 
« A taulo lei Sourdat », à table les Sourdat, était encore il y a peu une expression populaire courante du village. On connaît aussi la devise que s’étaient donnée certains Vitalis : « La table et le reste ». 
Dans ce quartier auparavant tout en restanques, le moindre lopin était cultivé et le nom de l’impasse correspond tout à fait à la réalité historique de notre microcosme villageois.

Tant pis pour les quatre fautes d’accent, une par mot, sur cette plaque néanmoins intéressante.
Le chemin de terre n’existe déjà plus, depuis août 2010 c’est une large voie, et non plus une impasse, qui mène à l’école de la Roque Martine.

Impasse des Lotiers

Ne vous laissez pas abuser par Mappy ou autre carte routière internet, l’impasse des Lotiers n’est pas accessible par la RD96. Pour l’atteindre, il faut prendre le chemin des Mines au niveau du collège et à trois cents mètres à droite on découvre ce modeste impasse bien mal entretenu.
Aucune origine spécifique ou locale et s’agissant d’une plante la recherche n’intéresse pas vraiment cette rubrique, celle-ci étant bien moins connue que le thym ou le romarin nous l’avons incluse ici.

Cours Victor Leydet

Pour les anciens grecs, c’était l’agora, pour nous c’est le cours, centre de la vie du village, place du marché et lieu de rencontre quotidien pour la discussion des événements. Fallait-il que le personnage dont il porte le nom fût quelqu’un d’important ? Voici résumée l’ascension de cette personnalité.
Né à Aix-en-Provence le 3 juillet 1845 dans une famille d’ouvriers, il est placé très jeune chez un commerçant. Autodidacte, il parvient à se créer une situation enviable dans le commerce des huiles. Il a 25 ans en 1870 lorsqu’il est élu conseiller municipal d’Aix. Un an plus tard, il fonde un journal : Le National. En 1876, il est adjoint et le voilà conseiller général du canton de Peyrolles dès 1880 puis député de la première circonscription d’Aix dont fait partie Fuveau en 1881. Il siège à la gauche radicale. Il est sénateur en 1897, Parlementaire influent, membre du comité national consultatif pour les chemins de fer et les Caisses d’épargne, il intervient pour la loi sur la retraite des vieux travailleurs. Aix lui doit la création de la fabrique d’allumettes maintenant bibliothèque Méjanes et le tribunal des prud’hommes. Il eut deux fils avec lesquels on le confond parfois: Edmond conseiller d’arrondissement d’Aix-Nord et Louis, peintre et ami de Niollon.
Cependant, pourquoi notre cours porte-t-il son nom ? Tout simplement parce que c’est lui qui fit adopter la création de la ligne ferroviaire La Barque-Valdonne et corrélativement la construction de la gare de Fuveau. A cette époque cette réalisation à changé la vie des mineurs et cimentiers du village. Son buste de bronze, dû à l’artiste-fondeur local Martin, orne la fontaine du cours Victor Leydet. Cliquez pour voir le télégramme qui a annoncé la ligne de chemin de fer.

Victor Leydet

Lors de sa visite au village, un pantagruélique repas lui fut offert.

Pour mémoire, la photo de l’inauguration de son buste en bronze dans les années 70.

Et voici Victor Leydet portraituré par un Fuvelain : Barthélémy Niollon

Chemin du Guignolet

Aucun rapport avec le Guignol mais précisément avec le guignolet, cet apéritif à base de griottes ou de merises qu’un propriétaire riverain devait particulièrement apprécier dans les anées 30 puisqu’il avait hérité de ce surmom. Même les plus anciens habitants du village ne l’on pas connu mais certains, dont Denise Honorat, se souviennent de son épouse qui lui avait survécu et qui avait hérité du surnom de Guignolette.  A droite en montant l’avenue Alexandre Philip, on peut voir la maison où s’est déroulé pendant l’occupation l’un des plus dramatiques évènements du village : l’arrestation du Docteur Loran et de sa famille et ce en dépit d’efforts importants de plusieurs personnes pour les aider à se cacher. Cet épisode  est conté en cliquant ici.

Chemin du Gros Matièu

Une nouvelle fois, faut-il critiquer nos dévoués cartographes locaux qui apprennent à connaître les sympathiques petits chemins de nos collines mais n’ont une idée que très approximative de la graphie provençale ? Qu’à cela ne tienne ! L’important est de découvrir ce petit coin caché de la commune près du chemin des Mines et d’en découvrir le pourquoi.
Orthographié Matiou sur le panneau, comme ça se prononce, le chemin du Gros Matiéu est une création récente nécessitée par l’urbanisation galopante de nos collines. Quelque part dans les pins, il reste des ruines d’une ancienne bergerie qui appartenait au gros Matthieu, l’un des pâtres vraisemblablement bedonnant du village et le lieu était dénommé « Jas du Gros Matiéu ». L’endroit était connu des chercheurs de champignons.
D’autres « Jas », tous anciens, étaient connus, en particulier le Jas de Bassas qui a donné son nom au quartier éponyme, le Jas de Grenier du coté des Laouvas, le chemin portant ce nom existe, la bergerie de Bégude curieusement flanquée sur l’ancien « Pont des Frères », nous avons aussi le chemin et le quartier du Petit Jas près du cimetière sans oublier la bergerie de la Grand’Bastide tout en-haut de la montée qui part du hameau, d’où le chemin de la Bergerie.

Chemin de La Galère

Voilà le chemin qui vous mène jusques aux confins sud de la commune et précisément au Domaine de la Galère, grande propriété enclose à usage de piste de 4×4 et chasse privée, à cheval sur les territoires de Fuveau et Belcodène.

Voici le détail de la carte de Cassini qui situe le domaine au confins des communes de Fuveau, Gréasque et Belcodène.
La galère, simplement parcequ’au cours des dix-septième et dix-huitième siècles, ce domaine était une étape pour les chaînes de forcats en route vers le bagne de Toulon et les galères. Avant de prendre le nom de « La Galère », le domaine était dénommé les Grands Lauds.
Le chemin de La Galère part du rond-point de la Croix du Goï où se rejoignent aussi le chemin de la Foux,  la route du Stade et le chemin du Goi. Avant d’être plus justement nommé chemin de la Galère, il était appelé route de Nice. Voilà une ville qui devait susciter bien des rêves à Fuveau car, rappelons-le, la principale artère du village, actuelle rue Nationale était nommée rue de Nice.

Cette croix majestueuse et en bois dite Croix du Goï, en français Croix du Boiteux, a remplacé dans les années 1980 une ancienne croix, peut-être une croix de mission, fort décrépite qui se situait au même emplacement. Trois autres croix de mission d’origine subsistent à Fuveau, l’une rue du nord près de la menuiserie Véra, une au début du chemin d’Aix près du cimetière et une autre au bout du chemin de Masse. Elles évoquent le souvenir de Monseigneur de Mazenod.
Mais la croix du Goï, pourquoi ? On disait que c’était un boiteux, en provençal goï, qui l’avait détruite par vengeance contre le Dieu qui l’avait affublé de  sa claudication.

Chemin de Fine Long

En descendant de Fuveau par la route de Châteauneuf, CD 56A, juste après la route de la Grand’Bastide, toujours à gauche, c’est le Chemin de Fine Long. Certes, il ne dessert qu’une maisonnette qui à une autre époque était le cabanon d’une grand-mère autochtone, Fine Long, vraisemblablement Joséphine. Seulement voilà, son petit-fils, Richier, était très fier du cabanon de son aïeule et le dit petit-fils était relativement connu puisqu’il faisait partie du célèbre orchestre de Ray Ventura. Il n’en fallait pas plus pour que le nom de Fine Long reste dans les mémoires.

Chemin de la Potasse

Le chemin de la Potasse qui est une création récente due à la construction de l’autoroute était auparavant une modeste pente charretière d’une cinquantaine de mètres partant du CD6 jusqu’à l’ancienne usine de fabrication de potasse.
Si actuellement cette voie occasionne force difficultés de droit de passage et autre histoire de clocher, les problèmes étaient bien plus graves voici plus d’un siècle au temps où la fabrique tournait à plein rendement sans aucun respect du voisinage et de la pollution occasionnée.
Les propriétaires avaient installé une prise d’eau sur le Grand Vallat dont voici la photo ci-dessous. Cette usine de fabrication de soude et potasse s’appelait l’usine Saint-Laurent. Elle avait été fondée en 1833 à l’instigation du sieur Menut alors propriétaire de la Grand’Bastide et des terres et domaines aux alentours.

Cette cascade est superbe bien que très difficilement accessible. La prise d’eau installée au-dessus alimentait la fabrique mais les rejets provoquaient une pollution dont se plaignaient tous les riverains et même l’ensemble de la commune. Cette potasse servait à la fabrication de savons et détergents, l’usine n’était en fait qu’une annexe des savonneries de Marseille tout comme la fabrique de cristaux de soude du domaine Saint-Pol.  Ce qu’il reste de cette usine est en état de ruine dans un triste état de délabrement.

La prise d’eau aujourd’hui.

Chemin de la Fabrique

Sur la RD96, juste après La Barque en direction de Toulon, on peut voir à droite un modeste panneau « Chemin de la Fabrique ». De ladite fabrique, il ne reste rien ou quelques substructions et pourtant elle avait son importance avant-guerre. C’était une fabrique de soude qui se situait vers le château Saint-Pol, de fait c’était une annexe des savonneries de Marseille mais excentrée du fait de la pollution qu’elle générait quoique dans ces temps le mot n’inquiétait pas grand-monde. Jusque dans les années cinquante, sur la partie droite de la RD96, juste au-dessus de la voie ferrée, on pouvait apercevoir l’endroit où tous les déchets étaient déversés créant un bord de colline très multicolore. Outre l’appellation récente du chemin de la Fabrique, sur le plan cadastral, reste le quartier des Fabriques qui s’étend sur l’autre coté de la RD96 jusqu’à la Grand’Bastide et jusqu’à La Barque.

Une autre fabrique encore plus polluante se situait non loin de là, c’était la fabrique de potasse, d’où le chemin de la Potasse.

Chemin de la Foux

Long seulement de quelques centaines de mètres entre la route de Belcodène et la Croix du Goi, le chemin de la Foux est certainement l’un des plus jolis et des plus paisibles coins de la commune.
L’origine de « Foux » est moins évidente qu’il ne parait, on pourrait penser à une fontaine qui se dit font ou fous en provençal mais non, il s’agit d’un vallon ce qui se justifie lorsque l’on observe la topographie du lieu. Une étude sur l’origine de la Foux-d’Allos, la plus connue des foux de France, ainsi que sur l’origine du nom de famille Bonnafoux ont confirmé cette théorie. Faut-il préciser que le nom de quartier du Vallon était déjà pris ?

Chemin de la Falade

Prenez la route de Belcodène, vous rencontrerez toujours le chemin de la Foux et sur celui-ci, une voie sans issue qui s’enfonce assez loin dans la colline : le chemin de la Falade.
Voici l’explication du nom donné à ce chemin qui nous a paru la plus vraisemblable.
Dans ce quartier de colline où les constructions étaient bien rares vivait une femme qui avait plus ou moins perdu la raison, il n’en fallait pas plus pour que cette voie devienne un jour le chemin de la Fadade, féminin imaginaire de Fada selon la définition que la tradition donne de façon erronnée à ce mot. On a  tôt fait de demander un changement d’appellation et de faire transformer la Fadade en Falade ! Erreur qui appelle force commentaires.
Avant tout il est bon de préciser que la totalité des dictionnaires de langue française, s’ils connaissent le mot fada, ignorent tous son féminin fadade. D’autre part, ce mot, lorsqu’on en connait l’origine et l’étymologie est l’un des plus beau de la langue provençale et partant, de la langue française. Un fada, c’est un être qui a quelque chose de supérieur, un être habité par les fées, une fée, fado en provençal, peut habiter tout être qui devient fada. Pourquoi avoir pris ombrage d’habiter chemin de la fadade et préférer à ce nom un mot qui n’a aucun sens ?

Impasse de l’Espèr

« L’espère, quel joli nom pour désigner l’affût », c’est Alphonse Daudet qui nous le dit à la fin de Lettres de mon Moulin lorsqu’il conte ses souvenirs camarguais. A Fuveau, nous avons la bien nommée impasse de l’Espèr qui est la vraie graphie provençale pour désigner à la fois l’espoir ou l’affût quoique la prononciation locale est bien « espère » lorsque nous désignons cette forme de chasse qui consiste à se poster en attendant le passage du gibier.
Pourquoi, ici, au bout du chemin du Moulin des Forges, côté ouest, l’impasse de »l’ESPÈR » ?
Elle est bien située car au bout de cet actuel passage, donnant à la fois sur la vallée de l’Arc, la Grand’Bastide mais aussi sur la chaîne de l’Etoile, était l’espère de Dóufin en français Dauphin qui était le prénom de son propriétaire, un poste à feu de bonne qualité dans lequel on pouvait s’attendre à tirer des grives et des « petites bêtes » qui désignaient les oiseaux plus petits, pinsons, verdins, linots, gros-becs, à l’époque.
Petite note de nostalgie : lorsque les habitants du village descendaient pédestrement en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean pour leur pèlerinage au son des « bachas », ils empruntaient cette voie avant de traverser la Grand’Bastide.

Chemin du Moulin des Forges

l rejoint la route de Châteauneuf à partir du pont sous la voie ferrée jusqu’au chemin d’Aix au niveau de l’ancien dépôt d’ordures. L’origine de ce nom est innattendue. Il faut préciser que ledit chemin passait et passe toujours à proximité  du Moulin des Escassades. Ce moulin érigé au dix-huitième siècle avait perdu ses ailes dans les années 50 et menaçait ruine lorsqu’un hippie néanmoins ingénieur des Travaux Publics, précurseur en son temps au village, vint s’y installer pour le retaper et l’habiter au début des années 60. Il forgeait sous un abri à proximité. Lorsqu’il a fallu donner une appellation à cette voie, innommée jusqu’alors, le long de laquelle les constructions poussaient comme du chiendent, c’est  CHEMIN DU MOULIN DES FORGES qui fut retenu. Cette artère doit donc son nom à notre ami Jacques BROSSIER, bien connu au village, maintenant installé rue Niollon, auquel nous devons d’avoir sauvé cet édifice historique d’une ruine certaine. Rappelons que ce moulin fut propriété des seigneurs du village, en particulier des Peysonnel, qui imposaient aux paysans d’y moudre leur grain jusqu’à la révolution de 1789. Il en était de même pour le Pigeonnier de l’aire Saint-Michel qui était un ancien moulin à vent et pour le moulin à huile de la rue Rondet .

Caché par la végétation et les constructions, le Moulin des Escassades devenu Moulin des Forges est de plus en plus difficile à apercevoir.

Chemin de Tapagi

Comme si les « Lagnes » ou les « Encabrons » ne nous suffisaient pas, voici à mi-chemin entre Fuveau et Les Michels, le chemin de Tapagi. On peut le traduire du provençal, selon Mistral, en tapage mais aussi en vacarme ou en querelle. Fuveau village d’embrouilles ?

Chemin des Lagnes

Le bas du chemin

Là encore, il suffit de prendre un dictionnaire provençal-français pour saisir l’origine du nom de ce chemin que l’on rencontrera en prenant le chemin des Piboules au niveau de la stèle de l’aviateur Canadien à partir de la route de Châteauneuf. « Lagno », en français : fâcherie ou tout synonyme n’ayant pas un sens fort. Ce nom de voie, proposé par Auguste Honorat dans les années 90, reflète bien les difficultés qu’avaient pour s’entendre les divers riverains sur les droits de passage et autre limite de propriété. Plus qu’ailleurs, ces divers désaccords étaient nombreux et importants et l’expression locale « Il va y avoir des lagnes » quand ont sent venir une brouille s’est appliquée ici.  Parmi les nom de voies qui ont un sens appochant, les Encabrons et le Tapagi.

La partie haute du chemin coté Moulin des Forges

Chemin de Encabrons

Nous sommes bien à Fuveau, le pays des « lagnes », des contrariétés et des désaccords entre personnes ou entre familles. Ce nom de chemin des Encabrons est bien dans la tradition fuvelaine du verbe « encabra » en provençal, se cabrer, se gendarmer mais aussi s’enchevêtrer car, faut-il le préciser, sur ce chemin, les propriétes s’enchevêtrent de façon quasi systématique, d’où des « lagnes » continuelles.

Impasse des Demoiselles

Sur le CD6, juste avant le rond-point de la route de Châteauneuf et de la coopérative, à droite, cet endroit pas toujours bien entretenu qui permet le stationnement a une appellation récente sur laquelle il ne faut pas s’illusionner. Malheureusement point de libellules en ces lieux et les demoiselles qui fréquentaient l’impasse ne l’étaient plus depuis longtemps. Si les cartographes locaux ont donné ce joli nom au dit impasse, c’est pour rappeler que des dames y ont longtemps vendu leurs charmes et l’entreprise avait un succès certain. On voyait force routiers stationnés mais aussi des gendarmes et des véhicules de particuliers de tous âges, pas les véhicules, les particuliers ! 

Chemin de la Croix

Endroit historiquement très intéressant même s’il porte un nom un peu sujet à caution, un chemin de la croix ou chemin de croix, c’est autre chose. Cette appelation récente a été retenue car il avait auparavant en ces lieux une croix  aujourd’hui disparue. Celle-ci avait été érigée au XVIIIème par une pieuse propriètaire des lieux, la veuve Long qui avait un moment donné son nom au quartier comme en témoigne la carte de Cassini.
C’est ici que se situe le hameau d’origine de La Barque, l’actuel croisement avec feu tricolore est plus récent il se nommait les Quatre Chemins. Se reporter sur la page ex-voto et sur la page « La Barque pour des renseignements plus complets.

Impasse du Courdurié

Petit impasse discret qui part à gauche au milieu du chemin des Pradels. Et un satisfecit à celui qui a choisi ce joli nom pour cette voie. Si à Fuveau, comme ailleurs, les noms de rue en provençal sont souvent mal orthographiés ou francisés, là c’est un joli travail de puriste.
Le « Courdurié », c’est tout simplement le couturier ou le tailleur (lou sartre). Nous trouvons plutôt du côté de Gardanne quelques familles qui portent le nom de COURDURIER mais ici, il est vraisemblable que le nom ait été donné en hommage à notre félibre Eugène LONG qui était effectivement couturier
.

Chemin des Pradels

Histoire et étymologie intéressantes que celles du nom de ce chemin qui relie depuis longtemps la route des Michels, CD57A, au quartier de la Bastide Neuve. Les Pradelles, mot qui tire son origine du pays d’oc sont des prairies naturelles fournissant généralement une herbe plutôt pauvre. Ce mot relativement ancien tend à disparaître des dictionnaires modernes, seul le Lexis l’atteste encore, mais il figurait sur tous les dictionnaires voici encore un demi-siècle. Ces prés ne pouvaient être que pauvres dans ce quartier qui manquait cruellement d’eau. Les gens de Fuveau l’appelaient quartier des Prado, tout simplement les prés en provençal. Ces prado ont été francisés en pradelles et parisianisés en pradels. Avant que ce quartier ne devienne constructible dans les années 70, la partie gauche de ce chemin était constituée de parcelles d’environ un hectare, bien délimitées par des pierres lancées sur les bords, sur lesquelles était bâti un cabanon.

Impasse des Clapiers

Presque au bout du chemin de Masse, un impasse au nom particulièrement intéressant: les Clapiers, non pas d’élevage de lapins autrefois en ces lieux mais des pierres…
En provençal un clapas est un gros caillou ou une pierre et un clapié tout simplement un tas de pierres, ce nom de lieu, on le retrouve assez souvent en Provence où les tas de pierres ne manquent pas qu’ils soient sous forme de montjoie pour signaler des passages en particulier le long des carraïres et autre chemin de transhumance, simplement au bord des champs dépierrés, dans ce cas ce sont des pradelles, soit pour délimiter une propriété ou une commune.
Le célèbre moraliste Vauvenargues était duc de Clapiers et il subsiste au-dessus du village éponyme le col de Claps sur la face nord de la Sainte-Victoire. Sur le plus vieux document d’arpentage et de délimitation de diocèse sur lequel Fuveau est cité, on retrouve régulièrement des « clapérium » qui n’étaient point des parcs à lapins mais bien des tas de pierres.

Chemin du Chouan

Une modeste artère qui ne serait pas dans les plus connues si elle ne se situait pas juste à l’aplomb de la chapelle Saint-Michel et surtout si elle ne portait pas ce patronyme original surtout dans notre région. C’était en fait le surnom de Coulomb, héros de l’anecdote ci-dessous car, comme garde champêtre, il n’hésitait pas à faire régulièrement des rondes de nuit comme en avaient l’habitude les célèbres Chouans de Vendée.

Coulomb, le Chouan


Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d’une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c’est au garde champêtre qu’incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d’être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C’était un dur et pour donner l’exemple, il n’hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s’inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de précisions, c’est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.

Rue du Chateau vert

Une photo unique de la rue du Château Vert aux alentours de 1920 ainsi nommée pour la vue qu’elle offrait sur la propriété de Mr Verminck fils, actuellement fort décrépite, considérée à l’époque comme un château.

Impasse du Cengle

En descendant le chemin du Moulin des Forges, à gauche, on découvre de nombreuses impasses qui donnent accés à de récentes propriétés. L’une d’elles, d’où l’on aperçoit cette barre de colline masquant un peu le bas de la Sainte-Victoire, est la bien nommée impasse du Cengle, imposante masse entre la barre des Chapeliers et la montagne de Cézanne.
Le but de cette page est de faire connaître l’origine du mot « Cengle ». Notre accent fait que lorsque nous prononçons le son « en », les gens de plus haut entendent généralement « in ». Ceci expliquant cela, il faut entendre Cingle et les Cingles ne manquent pas en France en particulier à Figeac dans le Lot, ainsi que sur les bords de la Dordogne, ce sont effectivement des collines qui suivent le cours d’une rivière comme c’est le cas pour le Cengle sur les communes de Trets, Rousset, Châteauneuf et Meyreuil. qui suit le cours de l’Arc.

Cours Célestin Barthélémy

Le docteur Célestin Barthélémy ancien maire de Fuveau et l’une de ses sœurs. Le Boulevard partant de la nouvelle fontaine jusqu’à l’actuelle mairie rappelle son souvenir. Il occupa un poste important à l’union des Maires de France.

Il est mort le 04 juillet 1898 alors qu’il était encore maire de Fuveau en fonction.

Il ne faut pas le confondre avec son homonyme le docteur Célestin Barthélémy. Celui-ci était né à Fuveau le 18 avril 1850 et avait exercé sa profession à Fuveau de 1876 jusqu’à sa mort le 3 novembre 1933.

Tous deux ont été maires de Fuveau.

Le docteur Henri Bourgeois-Gavardin qui succéda un temps au docteur Barthélémy et excerça aussi comme médecin militaire. Il fut également président du Cercle Saint-Michel.

Chemin de Cassagne

Sur la route des Michels, à droite, au niveau du passage sous l’autoroute de Toulon, un chemin quelque peu raviné au nom un peu énigmatique hormis le fait qu’il a une bonne consonance de par ici. Ce quartier de Cassagne porte le nom d’un ancien maire de Fuveau dans le premier quart du dix-neuvième siècle. Cassagne était un notable aixois qui possédait ici une résidence secondaire particulièrement tranquille dans sa colline et comme seul occupant, il a naturellement laissé le nom au quartier de Cassagne et plus récemment au chemin de Cassagne.  Derrière la superbe bastide qu’il occupait a été construit le premier court de tennis de la commune inutilisé voire détruit depuis environ un demi-siècle.

Chemin de la Caisse des Pins

En préambule, voici une anecdote qui ne concerne pas notre village mais une commune des Hautes-Alpes. Elle nous avait été contée par Sylvette Michel de Fuveau.
Des cartographes qui établissaient le cadastre dit de Napoléon demandèrent à un brave homme comment s’appelait le quartier où ils se trouvaient et celui-ci répondit en provençal « Va sabi pas », en français « Je ne sais pas ». Depuis cette époque ce quartier a pris le nom de Vasabipa.
C’est presque le cas du chemin de la Caisse des Pins dont le nom a été tronqué au départ. Ce chemin était le chemin de la Caisse de Pain dans laquelle le boulanger Albert Nouveau laissait quotidiennement ses flutes pour les habitants du quartier dans les années 50. Lorsqu’il a fallu mettre le nom sur un panneau la Caisse de Pain est devenue Caisse de Pin puis Caisse des Pins ce qui a rendu incompréhensible sans explication le nom de cette artère fuvelaine campagnarde au quartier Rives-Hautes.

Rue Cachichi

 C’est l’histoire d’un homme qui n’a passé que quatre ans à Fuveau dans l’entre-deux-guerres mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu’eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon SILVESTRE né à Velaux en 1888 poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu’il pétrissait à la main. Début 1925, l’occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d’un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu’à Salonique, un quartier de Gréasque, ne trouvant le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d’Aix, une pâte molle d’un demi kilo, et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le « pain de luxe » qui n’est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l’actuelle Caisse d’épargne : « Boulangerie Cachichi ». La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n’avait pas de nom bien défini à l’époque, fort peu utilisée qu’elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l’époque pour les boulangers du village et même pour ceux d’Aubagne et Marseille. Certains l’appelaient la traverse NÉGREL du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l’idée de peindre aussi au coin de sa maison « RUE CACHICHI » et depuis le nom est resté sans qu’aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

Léon SILVESTRE dit Cachichi.

Impasse des Bugadiero

Vraisemblablement le plus joli nom choisi pour une artère fuvelaine. Parfaitement située, sur le CD6, à gauche en direction de Trets juste avant le pont sur l’autoroute. Une appellation qui a parfaitement son sens et rappelle les traditions d’antan précisément sur le lieu où elles se déroulaient. 
Les « bugadiero » en provençal sont nos buandières ou nos lavandières en français. La tradition voulait que deux fois par an, les fuvelaines descendent jusqu’à l’Arc pour y faire une grande lessive en particulier pour les draps. Elles y venaient en groupe en un lieu aménagé tout exprès, munies de leur battoir, savon, caisse, cendres pour une journée aussi festive que laborieuse. Le lieu a été détruit lors des travaux d’aménagement de l’autoroute A7 mais il est heureux que le nom du chemin qui menait jusqu’à l’Arc remémore cette tradition.

Note de l’auteur : de plus, pas de faute d’orthographe sur un mot provençal, « bugadiero » dans ce cas pas de s et pas d’accent intempestif !

Le panneau indicateur était détruit le chemin des Bugadiero reste.

Voici une lavandière en pleine action, la photo a été prise à la source de la Casserole accessible à cette époque au quartier de l’Ouvière.

Cité et quartier Brogilum

1962. C’est l’arrivée des pieds-noirs et avec eux, les Harkis, soldats d’origine algérienne ayant servi dans l’armée française et ayant par la force des choses opté pour la nationalité française. Notre département doit en toute hâte et dans l’urgence construire quelques structures pour accueillir ces familles. En cette période, Alexandre Philip est maire socialiste de Fuveau mais surtout président de l’union des maires des Bouches-du-Rhône, à ce titre, il ne peut politiquement pas se soustraire à la nécessité donner au département un terrain pouvant accueillir des préfabriqués vraisemblablement très amiantés mais pouvant être mis à disposition de leurs futurs occupants dans des délais record. Au bord de la RN96 au quartier Madame d’André, ce qui a été appelé au départ le « Camp des Harkis » fera l’affaire pour ces chefs de famille dont la totalité ont droit à un emploi prioritaire des forestiers. Précisons qu’en 1976, des bâtiments en dur ont remplacé les préfabriqués.
Brogilum ? Pourquoi ? Ce nom aussi a été choisi dans l’urgence d’une façon peu concertée. Ce coin de colline maintenant bien dégagé était un véritable breuil, où régnait une végétation épaisse de taillis et argelas, un refuge naturel pour certains animaux. Le nom de Brogilum qui n’est autre que breuil en latin correspondait à la conception de ce lieu pour les décideurs de l’époque.

Chemin du Biaou

Ô gué, Ô gué

Au quartier du Vallon, sur la route de Châteauneuf, voici le chemin du Biaou. Bien sûr, c’est le chemin du ruisseau orthographié dans le patois fuvelain, dans le provençal de Mistral, un ruisseau c’est un riau ou un rièu mais chez nous, on tombe ou on se detourne dans le biaou et jamais dans un riau.

Ce chemin, bien nommé, a eu de tous temps la particularité de permettre le passage à gué du Grand Vallat, en particulier avant que ne soit construit le premier pont au niveau du vieux lavoir au milieu du dix-neuvième siècle. Avant cette époque on passait par la Roque Martine et on traversait à gué. Le grand Vallat n’était jamais à sec faute de quoi, les moulins qui le bordaient n’auraient plus fonctionné.

Plein été, le gué est à sec !

Chemin des ménagers

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Bien choisi, le nom de cette voie que l’on découvre un peu avant Gréasque juste avant d’arriver au croisement dit des Quatre Termes. Les ménagers étaient les agriculteurs, fermiers ou propriétaires, qui tenaient un ménage, entendez par là une ferme. Ce terme n’est tombé en désuétude qu’au début du siècle dernier et dans ce quartier gagné dans un premier temps par la colline puis maintenant par les habitations, on rencontrait quelques petits ménages sachant que ce chemin menait jusqu’à « La Bégude » qui était un des ménages les plus importants de la commune hormis les exploitations de la vallée de l’Arc.
Dans son livre « Un village de Basse Provence. FUVEAU », Michel Colon a assez largement évoqué ces ménagers qui représentaient une partie non négligeable de la population du village.

La Bégude

Profusion de Begudes dans tout le grand sud de la France, forcément, c’est l’endroit où l’on boit. Ce nom est tiré du verbe provençal béure, boire.

Voici l’état actuel de cette ferme qui fut en son temps le plus important  « ménage » du village en dehors des terres seigneuriales. Elle se situe en bordure de la RD96 juste avant le restaurant du clos de l’Olivier. La Bégude bégudo en provençal servait aussi de relais de poste jusqu’à la révolution. L’actuel Lotissement de la Bégude ainsi que le profond vallon de l’autre côté de la route faisaient partie du domaine dont la totalité des terres étaient cultivées.

Le quartier de la Bégude de Fuveau a donné son nom à un étage du crétacé supérieur fort connu des géologues avec sa couche de lignite épaisse de 312 mètres : le Bégudien.

Voici un bail intéressant daté de 1810 concernant la ferme de la Bégude au bord de la « grande route de Roquevaire ».

Superbe photo ,vieille de soixante ans au moins, avec les moutons de la ferme de la Bégude et la RD96 pas encore goudronnée !

Barthélémy NIOLLON

Barthélémy NIOLLON par John Erskine  en 1979.

Il est né à Fuveau dans l’ancienne rue du Figuier dans la deuxième maison à gauche après le Cercle Saint-Michel, le premier mars 1849 d’une famille dont les origines plus lointaines sont à Peynier. C’est à la suite d’un accident à la mine qu’il doit quitter ce travail et partir à Aix où il devient chocolatier. Peintre, ami de Cézanne, il a fait partie du groupe des Petits Maîtres Aixois de la belle époque. Nous rappellerons que parmi ces petits maîtres étaient les pro-Cézanne et les anti-Cézanne. Le livre « Les petits maîtres aixois de la belle époque » (Franck BAILLE, éditions Paul Roubaud 1981) évoque largement son œuvre. On trouve rarement ses tableaux à la vente mais avec quelque persévérance on peut arriver à ses fins. Une place d’Aix en bas du cours Sextius porte son nom de même qu’une rue de Fuveau sous l’église, celle-ci s’appelait précédemment rue Hoche. Plusieurs de ses œuvres sont exposées au musée Granet et d’autres sont dans la réserve, d’autres sont au pavillon Vendôme et surtout trois toiles et deux dessins qui étaient au Louvre  font maintenant partie du fond du musée d’Orsay !  Il est mort en 1927 à Aix, dans sa maison, angle Boulevard du Roy René et rue du 4 Septembre.

Ci-dessous « Fontaine dans le parc de Repentance » (détail).

L’atelier des Lauves

Un très bel hommage lui fut rendu le 23 avril 1932 à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.

Une rétrospective regroupant 33 de ses oeuvres extraites des collections Niollon, Germain, Zémiro, Didelot, Rouchon, Swellen, Gaujoux ainsi que les fonds du Musée Granet et du Pavillon Vendôme a été réalisée à la Maison pour Tous de Fuveau en février 1983. 

Campagne près des Artaud

Nature morte à la bassine en cuivre, l’une de ses pièces maîtresses

Sainte-Victoire vue ouest.

La calanque de Niolon (avec un seul L). Tableau dédié à l’ingénieur Guichard.

Il est à noter que la rue qui porte son nom à Fuveau n’est pas celle où il est né. La rue Niollon, curieusement orthographiée Miollon par un précédent maire, était auparavant la rue Hoche et encore précédemment la rue des Lices. 
Et en bonus ci-dessous son acte de nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur.

La porte de Bassac

Ci-dessus, la Porte de Bassac coté sud, du nom du sire de Bassac, avocat aixois, peu apprécié de la communauté villageoise, l’une des anciennes ouvertures parmi les mieux conservées et entretenues du village. Située rue Barthélémy Niollon, l’endroit n’a pas beaucoup changé  hormis la rénovation. C’est la seule ouverture dans les anciens remparts du village qui soit d’époque, les autres, ouverture Nord (dite porte de Lenglet) et ouverture ouest rue Nationale(dite porte Basse) ont été aménagées au cours du dix-neuvième siècle pour faciliter les accès aux vieux quartiers. Elle n’était cependant pas l’entrée principale car son intérieur en chicane ne permettait pas le passage de charrois, la principale étant la porte Mounet-Miou ou Fabre à l’est aujourd’hui insérée dans un immeuble de la rue Rondet) La porte de Bassac était auparavant nommée porte Barbière. De là on pouvait apercevoir le domaine et surtout le Jas, la bergerie, du susnommé Bassac. Par la suite, Bassac s’est transformé en Bassas d’ou le nom du chemin du Jas de Bassas qui s’enfonce dans la colline à partir du rond-point de l’Europe. Niollon est né dans l’immeuble central de la photo, coté nord, une plaque en perpétue le souvenir. 

La porte de Bassac par Milon

La porte de Bassac par Milon

Retrouvé récemment dans une vente aux enchères, voici un tableau intitulé « Ancienne porte à Fuveau » peint en 1925 par Joseph Milon, un petit maître aixois qui a pu connaître Niollon. Un curieux hasard fait que la maison natale de ce dernier est adossée à la porte de Bassac.
Outre son intérêt pictural et artistique, cette œuvre nous confirme la présence en ce lieu d’une fontaine, l’une des trois premières du village. Les autres se situaient l’une Place Verminck et la deuxième rue Nationale.
Cette œuvre a été acquise en 2011 par la municipalité de Fuveau.

Chemin du Ballest

Chemin des Pradels à droite. Ballest, tout fuvelain ou presque sait ce que cela veut dire mais  le sens ne saute pas aux yeux à tout visiteur. C’est un nom de famille que l’on rencontre parfois en Provence mais c’est surtout une déformation du mot balèze c’est à dire costaud. Une expression très courante ici est « Qui c’est ce ballest ? » pour parler d’un inconnu généralement baraqué. Il s’agit donc d’un habitant des lieux qui portait ce surnom.

Impasse Aurélien

Ne nous trompons pas de destination, nous avons certes les Monts Aurélien au-dessus de Trets qui eux-mêmes tirent  leur nom de l’empereur romain qui vécût au troisième siècle de notre ère et sous le règne duquel fut ouverte la fameuse Via Aurélia qui passait au-dessus de Rousset et Châteauneuf pour joindre Rome à la gaule Narbonnaise. Non, le chemin Aurélien honore la mémoire d’Aurélien Nicolas, modeste agriculteur qui avait ses terres au début de la nationale 96 en direction d’Aix à partir de la Barque. Il était populaire et apprécié de tous, plus connu sous son prénom que sous son nom de famille. Redoutable lorsqu’on lui rendait visite car on ne s’en tirait jamais sans partager avec lui un ou plusieurs verres d’une gnôle de sa fabrication.

Avenue Alexandre Philip

Après s’être appelée montée de Montre puis route de Gréasque, cette artère fuvelaine, récemment rénovée, est devenue avenue Alexandre Philip, pour honorer celui qui natif de Marseille, a eu, de loin, le plus long règne comme maire du village : quatre mandats de 1944 à 1970, année de son décès.

Le voici à droite sur la photo dans les années 60 à l’inauguration de nouveaux bâtiments rue du 14 Juillet en compagnie de Gaston Deferre.

Ici lors d’un apéritif dans l’ancienne mairie, actuelle Maison des Associations.

Maire S.F.I.O depuis 1944 il fut longtemps trésorier de l’Union des maires de France et toujours bien secondé par ses adjoints, Martin, Richier ou Long. C’est lui qui a accueilli le groupe de Harkis lors de leur arrivée en 1962.
Seulement deux autres maires de Fuveau ont donné leur nom à des voies : l’avenue Célestin Barthélémy (maire de 1897 à 1903) et le chemin de Cassagne (Guillaume Cassagne, maire de 1817 à 1826)
Et en cliquant sur ce lien vous trouverez Alexandre Philip entouré de sa foule d’amis.

Impasse de l’aïet

En arrivant du Collège Font d’Aurumy, vous passez le stade Paul Prieur et tout de suite à votre droite voici au bord du chemin des Vertus l’impasse de l’aïet. Personne n’ignore à Fuveau que l’aïet, c’est l’ailloli et c’est le nom le plus courant que l’on donne ici à ce plat divin. Pourtant un certain nombre de lexicographes le définissent comme une sorte de mayonnaise voire une pommade à base d’ail voire un aioli raté ! Dans le village, l’aïet est vénéré au point qu’il est le siège des Chevaliers de l’aïet, association fondée dans les années 70 par le regretté Guy Graveleau avec la complicité d’Henri Reynier dit Roulette, un célèbre amateur éclairé.
Longue vie à l’impasse de l’aIet, à son président Marcel Colombani y domicilié et à ses Chevaliers !

Rue du 4 septembre

S’il est peu opportun d’expliquer la présence d’une rue du 14 juillet ou du 11 novembre, en ce qui concerne le 4 septembre, c’est moins connu. Pourtant cette artère qui partant du cours Leydet qui permet de sortir du village soit en direction de Rousset soit de Belcodène n’est pas là par hasard. Si elle prolonge la rue de la République, toujours appelée Grand’rue par les vieux du quartier, c’est que le 4 septembre marque l’avènement de la troisième République qui, succédant au second Empire, fut proclamée par Napoléon III le 4 septembre 1870 après la capitulation de Sedan. Ce fut de très loin la plus longue puisqu’elle s’éteignit, peu glorieusement, le 11 juillet 1940.

Dans cette artère, observez cette Croix de Lorraine au niveau de la patte d’oie et pour en savoir plus, cliquez dessus.

Impasse des Vertus

Voici la copie de l’article paru dans le journal local « Lou troumpetaire » n°13 de janvier 1984.

Partant de la RN96 au niveau de l’ancien pont de chemin de fer sous le puits Lhuillier, le chemin des Vertus rejoint la route de Belcodène. Rassurons tout de suite les prudes, on ne perdait rien sur ce chemin, son histoire est plus originale.
Il nous faut remonter au temps de Louis XIV, venant d’Italie, une nouvelle tradition pieuse s’installe en Provence, ce sont les Pénitents. Ces confréries de laïcs s’obligent à de fréquents exercices de piété, la pratique des vertus et un grand respect du culte des morts. Leur aube de toile grossière à cagoule pointue leur confère un original anonymat.
A Fuveau, un groupe de pénitents blancs naît en 1648, l’abbé Chaillan a conté leur histoire dans son livre « Recherches archéologiques et historiques sur Fuveau » et une partie de leurs archives est conservée au presbytère.
Lors de certaines fêtes religieuses (Sacré-Coeur, Fête-Dieu) ils partaient en procession, décrivant de larges boucles autour du village allant pieds nus et chantant le plus souvent « Jésus siègue lausa », Jésus soit loué !  Ils portaient à cette occasion, soit des reliquaires, soit d’impressionnants bâtons de marche sculptés ou surmontés d’une lanterne . Après s’être rendus à la chapelle Saint-Michel, ils passaient entre autres par ce chemin qui a conservé leur souvenir dans la mémoire locale.

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Une précision : le chemin des Vertus, par suite d’achats et autres est devenu récemment impasse des Vertus. On peut légitimement supposer qu’à l’origine il s’étendait au-delà de ses limites actuelles. Écrit vers 1850, un témoignage de Pierre Joubert, le prêtre qui est à l’origine de notre église actuelle nous éclaire sur les Vertus et sur ce chemin.
Le jour de l’Ascension, la première messe est dite dans la paroisse à six heures précises. La procession part de l’église à sept heures, on porte à cette procession, la croix, les bannières, la Sainte Vierge. Les congréganistes habillés de blanc y assistent ainsi que les pénitents et la musique.
« La procession passe devant la maison curiale, descend vers les murs de Monsieur Blanc, arrive au pont du Riéret, prend le chemin de Masse, le quitte pour prendre le sentier des Vertus, tourne la montagne de Saint-Michel et arrive à la chapelle du côté du levant de la montagne. Les trois bénédictions sont données la première à la croix de Masse, la deuxième à celle qui se trouve au chemin de Belcodène la troisième enfin devant la chapelle.
Après la messe, on bénit la campagne, la procession se remet en marche en faisant le tour de la chapelle, le choeur chante alors le « Libéra ». Il y avait là autrefois un cimetière. On revient à la paroisse en passant par le cours.
Autrefois on portait à cette procession un caisse en forme de grand reliquaire appelée les Vertus. Les personnes chargées de porter cette caisse la plaçaient à la tête de la procession et à certains endroits marqués pour cela, elles s’arrêtaient, relevaient les brancards et tout le monde passait dessous en baisant les étoles qui en pendaient. Cela n’a pas toujours eu lieu parce qu’on manque souvent d’hommes de bonne volonté pour porter les Vertus cependant cet usage était très populaire. »  

Pour mémoire, voici les deux derniers pénitents de Fuveau : Fidèle Barthélémy, chantre et sacristain, Richard Michel, chantre, avec leur bâton de pénitent.

Rue Rondet

Partant du cours Leydet jusqu’à l’église, elle voit défiler bien des événements  de la vie de Fuveau. Elle rappelle le nom d’un syndicaliste des mines de la région de Saint-Etienne, Michel RONDET qui est d’ailleurs statufié à l’entrée de cette ville. Cet homme  a fait une apparition éclair chez nous pour un rapide meeting de propagande à la fin du dix-neuvième siècle. Il est généralement admis qu’il serait à l’origine de la CGT. Son personnage et les événements  qu’il a provoqué en particulier  l’une des plus importantes grèves de l’histoire du bassin du Forez et la fusillade dite « du brûlé » ont largement inspiré Zola dans Germinal. Sa biographie a été écrite par André Philippe, Editions Hier et Aujourd’hui 1949. Le patronyme de Rondet n’est pas très répandu mais nous avons actuellement à Fuveau du coté du quartier Saint-François, son homonyme, Monsieur Michel RONDET.
Curieusement, avant de prendre cette appellation au début du siècle dernier elle s’appelait rue Vendôme ! C’est d’ailleurs à cette même époque qu’un certain nombre de rues sont devenues rue Kléber, rue Mirabeau, rue Hoche, actuelle rue Barthélémy Niollon.

Michel RONDET statufié à Saint-Etienne.

Deux cartes postales qui n’ont pas dix ans d’écart. Pour l’une rue Rondé et l’autre rue Vendôme.

Rue du Docteur Defaix

Si l’ancienne rue de l’École est devenue rue du Docteur DEFAIX dans les années 80, cela n’est pas dû au hasard. Certes, l’ancienne appellation n’avait plus de sens du fait que la nouvelle mairie avait remplacé l’ancienne « École publique de filles » mais la mémoire de cet héroïque praticien se devait d’être honorée peu après don décès.
S’il fut pendant sa longue carrière le dévoué généraliste du village, c’est dès son arrivée en 1932 qu’il a su montrer sa valeur en évitant au village une catastrophe pour endiguer une épidémie de fièvre typhoïde qui au final s’est soldée par seulement, si l’on peut dire, douze décès. 
Auguste HONORAT, disparu en 2006, avait publié sur le journal paroissial une étude approfondie sur ce fléau avec un travail sur l’état sanitaire du village à l’apparition des premiers symptômes, les mesures prises, la liste détaillée des victimes et sur l’énorme contribution du bon docteur à endiguer le mal. A ce titre il fut décoré de la médaille d’honneur des épidémies par le maire Théophile Coulomb avec mesdames COMTE et GIUSTI, infirmières qui l’ont efficacement assisté. Il resta pendant cinquante années compétent et dévoué généraliste. Passionné de tout ce qui touchait à la montagne, on raconte que pendant les jours de neige, il effectuait ses tournées à ski mais en temps normal, c’est en 2CV qu’il visitait ses patients. En 1945, il a ouvert une nouvelle voie dans la montagne Sainte-Victoire, c’est une directissime qui s’appelle l’arête de Surprises. Hommage lui soit rendu !

Chemin de Masse

En montant l’avenue Alexandre Philip, ex montée de Montre, à gauche, voici le chemin de Masse, une voie longtemps connue par les autochtones parce qu’il y avait un pin géant dit le « pin de Masse », de très loin le plus grand arbre du village dont la foudre a eu raison pour fêter à sa façon l’an 2000. Un sympathique chemin de balade qui aboutit au collège de Fuveau. Ce quartier appelé de tous temps Font d’Aurumy est devenu plus tard « Font d’Aurumy et Masse ». C’est un maçon, du nom de Masse, celui-là même qui avait en 1677 rénové en quasi-totalité la chapelle Saint-Michel qui lui a laissé son nom. Il avait acheté une terre relativement importante mais peu productive sur le quartier Font-d’Aurumy et voilà l’origine du nom dévoilée.

Croix de Lorraine et Durili

Ce « graffiti » est dû à un certain Durili Jean-Baptiste Napoléon, conseiller municipal corse et hâbleur dans les années troubles de l’occupation. C’est aussi un palimpseste ! Les allemands avaient peint une marque de reconnaissance de leur découpage de zone :  KN4A sur ce mur au bout de la rue du 4 septembre. Notre DURILI, en forme de vengeance avait passé une couche de peinture rouge sur ce sigle et avait ajouté un symbole fort à côté : la croix de Lorraine. La chimie, là aussi, a fait ressortir plusieurs années après, le sigle allemand que DURILI croyait avoir recouvert pour toujours et pourtant, cette peinture était connue pour être la plus résistante et de meilleure qualité, elle était utilisée surtout pour les cuisines.

Durili et son épouse née Augusta Grégoire.

Triste fin pour ce « monument » de la mémoire fuvelaine. Au cours de l’automne 2011, le nouveau propriétaire de l’immeuble, dans un but de rénovation, a décidé de crépir toutes les facades dont celle qui arborait cette précieuse relique et, en une minute, tout a disparu. Mairie, propriétaire, agents immobiliers, associations peuvent se renvoyer la responsabilité, le résultat est là. Les journées du patrimoine, si elles perdurent par-delà cet incident, seront sérieusement amputées et, à Fuveau, perdront une grande partie de leur charme.

Impasse Sainte Rosalie


Impasse sainte Rosalie

Nom curieux que celui de cette impasse et pourquoi donc ? C’est une appellation des années 50 due à l’abbé Christophe alors curé de Fuveau lorsque celui-ci a demandé à ses ouailles Barquaises de donner un saint patron (ou patronne) au hameau de La Barque,et c’est sainte Rosalie qui fut choisie. C’est la dite sainte Rosalie, une sainte ayant vécu un millénaire auparavant du côté de Palerme qui fut choisie car à cette époque la Rosalie était le nom d’un véhicule en vogue produit chez Citroën.

La Rosalie

Rue de la République

L’actuelle rue de la République encore appelée Grand rue  par nombre de fuvelains. Photo du 17 février 1906 prise à l’occasion de la venue du ministre des colonies Clémentel et carte postale expédiée le 31 juillet de la même année. Au premier plan, à droite, un charreton de fascines (li feissino) vraisemblablement destiné au boulanger Négrel, sous le balcon coté droit de la rue. Légèrement cachée par le charreton, la boucherie d’Auguste ROUBAUD.

Elle a été longtemps la plus longue rue du village et s’appelait « Grand’rue » auparavant  mais à l’avènement de la Troisième République, le 4 septembre 1870, elle a pris son nom actuel.

Notons qu’ele est prolongée par la rue du 4 septembre en direction de Belcodène..

La Grand’rue où l’on remarque les supports de treille, photo prise en février 1906