Catégorie : Les métiers

Un rapport sur les mines

– Société de statistique de Marseille. Tome 4 – 1840 

La découverte de l’importance des lignites est une des gloires de Marseille. Parmi les départements les plus grands producteurs du charbon, celui des Bouches-du-Rhône s’est élevé au cinquième rang, uniquement par ses produits en lignite. Il y a quatre-vingts ans environ , les savonneries et les verreries avaient épuisé les derniers restes de végétation qui couvraient nos collines, quand , auprès de Fuveau, furent entreprises les premières extractions d’un combustible qui vint alimenter les foyers de nos industriels. La facile inflammation du lignite, ses longs jets de flamme, le rendaient éminemment propre à remplacer le bois. Mais on ne s’était guère appliqué depuis à surmonter les inconvénients qu’il présente lorsqu’on veut étendre ses services à tous ceux que la houille peut rendre. On ne savait ni utiliser ses débris dans les fours à chaux , ni les transformer en coke propre au travail du fer. Toutes les difficultés que présentait la confection des chaux ordinaires et hydrauliques par le lignite viennent d’être vaincues, quelques modifications dans la forme et la conduite des fours ont suffi pour amener ce résultat. De pareils succès attendent ceux qui s’appliqueront à distiller le lignite pour en obtenir le gaz lumineux ou à l’employer à travailler le fer. Quelques modifications dans les formes des fourneaux et la conduite des opérations, l’injection de l’air chaud qui compense le calorique perdu par la vaporisation d’une trop grande quantité de matières volatiles  permettront de résoudre ces questions. Tout ce que font la houille et le bois, le lignite peut le donner.
Les parties les plus altérées du lignite peuvent heureusement servir à l’agriculture. Les propriétés désinfectantes du  lignite de Coudoux, nous ont paru partagées par tous les lignites décomposés ; ce qui était un obstacle ou une perte dans les parties altérées des couches pourra ainsi devenir une source de richesses plus précieuses encore que celle de l’industrie.
Enfin , les parties des couches de lignite où le soufre est si abondant qu’elles s’enflamment spontanément, deviendront sans doute dans peu de temps la source de grandes fabrications d’acide sulfurique ou, au moins , de sulfate de fer. Alors nos mines et nos salines nous donneront tous les éléments de la fabrication de la soude.
Les mines de lignite qui environnent Marseille  ont donc encore de grands services à ajouter à tous ceux qu’elles ont rendus : leur masse est-elle en rapport avec leur utilité ? Voyons quelle est la richesse du bassin sous lequel elles s’étendent ? 7 couches exploitées dans la vallée de l’Arc s’étendent, depuis l’origine, vers Trets et Pourcieux jusqu’ à l’embouchure de la Fare à Gignac.
Ces mines distribuées sur une zone épaisse de 143 mètres , ont une épaisseur ensemble de 7 mètres 45 cent., qui diminuée de toutes les veines de charbon trop terreux se réduisent à 3 mètres 84 centimètres de bon charbon.
Outre cette zone, nous avons découvert une zone de couches inférieures donnant sur trois couches une épaisseur de près de 2 mètres de charbon.
Enfin , il est d’autres couches plus importantes dans une zone supérieure. Nous calculons ainsi que la quantité de charbon existant dans les couches exploitées, est de 4608000 tonnes par kilomètre carré, moitié en charbon pour foyers , moitié en mines et charbons altérés pour l’agriculture et les fours à chaux.
En admettant que les exploitations ne soient jamais portées au-delà de 600 mètres de profondeur, on trouve que la superficie exploitable de 430 kilomètres carrés, pourra fournir plus de 200000 tonnes par an , pendant 4730 ans.          Intéressant aussi ce rapport de l’intendant des galères Arnoul qui nous apprend que le charbon de Fuveau était utilisé  pour chauffer les galères.

Vers à soie

Il n’y avait pas que les perles comme travail d’appoint à Fuveau. Parmi ceux-ci, l’élevage des vers à soie était pratiqué dans l’entre-deux-guerres et même jusqu’aux années 50. Sur la photo prise en 1941 à proximité du chemin de la Grand’Bastide, le ramassage quotidien des feuilles de muriers dont ces petites bêtes étaient friandes.

Les vers à soie et les cocons

Parmi ces trieuses de cocons : André Silvy (Roubaud), Mathilde Capus (Nouveau), Anna Roubaud, Marinette Burles (Demonteau), Mimi Rabasse (Moustier), Jeannette Jourdan (Coulomb) et Jean Honorat.

Le charbon, la mine

Formé à la fin des temps crétacés, au Fuvélien (Campanien), il y a plus de 70 MA (millions d’années), le « charbon de terre » (lignite fuvelien) a été utilisé en Provence depuis le Moyen-Age (XVe siècle) ; il était déjà connu des Romains sous carbo fossilis et des ancêtres celto-ligures.

Des lieux d’extraction sont recensés dans diverses localités, comme à Fuveau dès 1440, à Auriol en 1743, à Trets en 1787. Jusqu’au Premier empire, la production de charbon se fait un peu n’importe comment, selon le bon vouloir des propriétaires terriens. Il faut attendre la Révolution française pour que l’État prenne les choses en main, en mettant en place un embryon de politique énergétique nationale, notamment par le nouveau régime est instauré par Napoléon avec les système des concessions. L’objectif est aussi de préserver les massifs forestiers et d’assurer l’indépendance énergétique.

Les paysans mineurs du bassin de l’Arc (dont fait partie Trets et Auriol) se définissent d’abord comme des « mineurs provençaux ». Comme la plupart d’entre eux, les paysans devenus mineurs ont gardé leur lopin de terre familial : l’attachement au terroir provençal, ce désir de posséder une terre, de faire son vin, ses olives. La mine connaît des défections pendant la période des vendanges et des moissons. La crise du phylloxera en 1870 pousse les paysans vers la mine qui devient l’activité prépondérante.

Les mines de Fuveau, de Trets et d’Auriol appartiennent au bassin houiller des bouches-du-rhône (1809-2003). La concession de ces mines a fait l’objet de décrets de Napoléon en 1809 [avec rapports et projet de décret] et 1813 [voir PDF du Journal des Mines]. La production se développe fortement entre 1810 et 1838. La croissance de l’extraction minière est, à cette époque, en grande partie liée à celle de l’industrie chimique, notamment la consommation des usines de soude installées dans Marseille.

Source Famille Bouisson

Fuveau Chanson du mineur

Félix lou manescau (août 2016)

Personnalité éminemment connue et active dans le village au milieu du siècle dernier, Félix Vitalis, a laissé sans qu’il s’en doute, un souvenir surprenant un demi-siècle durant.
Son surnom de « Manescau » lui venait de sa profession de maréchal-ferrant, l’une des traductions provençales de son métier, plus souvent traduit par « fabre », ce qui explique entre autre la présence de la porte des Fabre qui s’ouvrait à l’est du village un peu plus bas que le virage de la rue Rondet (voir la page Où est la porte ?). D’autres le surnommaient « Nespa » car il finissait souvent ses phases par cette locution.
Outre son métier, il fut un ardent défenseur de l’instruction laïque, ce qui lui valût de recevoir à ce titre les palmes académiques.
Dernier représentant de sa profession à avoir pignon sur rue dans le village, il exerçait sur le haut de la rue d’Aix, actuelle rue chanoine Moisan.
Depuis son décès en 1981 jusqu’à la vente de l’immeuble en 2016, sa forge est restée en l’état, prête à fonctionner à nouveau si un éventuel repreneur s’était présenté.

Et ci-dessous, un autre bonus, sa photo en uniforme de spahi tirée des archives de Joël Honorat

Travaux agricoles

Devant l’abondance des documents photographiques sur les travaux agricoles d’antan, nous ouvrons cette page de photos qui regroupera ce que tout un chacun voudra bien y mettre avec commentaires si possible bien sûr. Ne manquez pas la truculente anecdote du bas de la page !

Le foulage du blé. Pour fouler les gerbes, le cheval tournait autour d’un axe , il était attelé à une lourde pierre taillée qui elle même tournait : la pierre « cauco », du verbe cauca, en provençal fouler.
Ces pierres sont maintenant souvent utilisées comme décor aux entrées de propriétés.

On foule sous un autre angle.

Ici la sympathique utilisation des anciennes pierres cauco comme décor à l’entrée d’une proprièté, en l’occurence,  Raoul Malet, plusieurs générations d’agriculteurs avant et après lui.

Dans les années 30, cet attelage de cinq chevaux particulièrement râblés est dirigé de main experte par Joseph Ferretti dit « Jèpi ».
Un labourage profond va être excuté sur la propriété Roche, RD96, juste avant le pont sur l’Arc dit Pont de Bachasson.

Voici, dans les années 30, une équipe de femmes. Elles étaient embauchées à la journée en fonction des besoins des agriculteurs, ici, elles s’apprètent à piocher. Nous sommes en ces temps où les desherbants chimiques étaient loin d’être monnaie courante. Les plus vaillantes à la tâche privilégiaient les manches (de pioche) courts pour plus de précision dans le travail.
Une anecdote : il fallait respecter une certaine cadence et pour cela, elles ne portaient pas de culotte. SI un besoin naturel se faisait impérieux, elles écartaient simplement les jambes et laissaient faire la nature.

Un peu à l’instar des perles, voici un travail d’appoint à ranger dans les travaux agricoles : l’élevage des vers à soie qui nécessitait énormément de temps car ces petites bêtes se nourrissaient exclusivement de feuilles de mûriers et en dévoraient quotidiennement des quantités impressionnantes. Ici, dans les années 40, Andrée Silvy à l’œuvre.

Et sur ce cliché où ces dames vaquent au triage des cocons, on reconnaîtra Andrée Silvy (Roubaud), Mathilde Capus (Nouveau), Anna Roubaud, Marinette Burle (Demonteau), Mimi Rabasse (Moustier), Jeannette Jourdan (Coulomb), Jean Honorat.

Faire des perles

Sur cette photo, Madame SACCHI (mère d’Hannibal SACCHI), Juliette GREGOIRE, la future Madame Joseph MARTIN dont le mari fut longtemps deuxième adjoint d’Alexandre PHILIP et Madame MOURON dite Maria de Polidore font des perles devant la chapelle Saint-Roch.

Explication de texte

Quand Fernandel, dans sa célèbre interprétation de Félicie chante « La rosée faisait des perles, Félicie aussi », cela mérite pour beaucoup un éclaircissement. Pendant une large première moitié du siècle dernier, l’une des activités fuvelaines réservée aux femmes et éventuellement aux enfants et pouvant rapporter quelque argent était l’enfilage des perles. On appelait cela faire des perles. Le travail consistait dans un premier temps à remplir de perles un plat creux qui pouvait tourner autour d’un axe et en utiliser la petite force centrifuge pour enfiler des perles sur du fil de fer fin dont on avait au préalable crocheté l’embout  A partir de ces longueurs garnies de perles, il fallait confectionner des fleurs ou des feuilles selon la demande. Des négociants marseillais venaient régulièrement en prendre livraison et les assemblaient pour fabriquer des couronnes mortuaires. Le village était connu pour cette spécialité. Dans les années 50, le dernier correspondant et ramasseur du village fut Paul Coulomb du Jas de Bassas (décédé le 13/02/2007)

Et voici le résultat avant livraison chez le fabricant de couronnes.

Photo aimablement confiée par Madame Auburtin.

Ci-dessus le véritable travail des fuvelaines avant livraison au fabricant de couronnes.
Ces fleurs,  confiées récemment par une famille de Fuveau n’ont en rien subi l’outrage du temps.
Elles feront désormais partie du petit musée virtuel.

Ci dessous il s’agit des derniers restes d’objets en perles, trouvés dans le cimetière de Fuveau en 2006. Ces objets sont si usés par le temps qu’ils s’effritent au moindre toucher.