Catégorie : Petit musée virtuel fuvelain

Un piano Baldwin

Voici un vieux piano, actuellement propriété de l’école municipale de musique, il est entreposé à la Maison des Associations. Aucune réparation n’est envisageable, ce serait beaucoup trop cher. Il a néanmoins sa place dans notre petit musée virtuel et dans la page des anecdotes car il a une histoire qui intéresse la mémoire locale.

 Eh oui ! Ce piano à été acheté courant 1949 chez le marchand d’instruments de musique Gèbelin à Marseille. C’était le plus important du département. L’originalité de l’achat, c’est qu’il s’est agi d’une souscription sans intérêt que le Cercle Saint-Michel avait lancé auprès de ses membres. Peut-on imaginer pareil élan de solidarité de nos jours pour ce type d’opération ?

   En matière de piano, voici une confidence. Le Cercle philharmonique, quasiment depuis sa création, possédait un magnifique piano d’époque Louis-Philippe. Après que cette vénérable association ait cessé ses activités dans les années 60-70, celui-ci ne servait plus que de décor dans la grande salle vouée durant plusieurs années à n’être plus qu’un bar.  Un soir de tournées d’apéritifs largement distribuées, un citoyen de Peynier propose au maire de l’époque, Alexandre Philip en l’occurrence, d’acheter ledit instrument moyennant une tournée supplémentaire. Sitôt dit, sitôt fait, et c’est ainsi que depuis ce temps ce piano d’époque orne une salle à manger peyniérenne.

La porte de Bassac par Milon

Retrouvé récemment dans une vente aux enchères, voici un tableau intitulé « Ancienne porte à Fuveau » peint en 1925 par Joseph Milon, un petit maître aixois qui a pu connaître Niollon. Un curieux hasard fait que la maison natale de ce dernier est adossée à la porte de Bassac.
Outre son intérêt pictural et artistique, cette œuvre nous confirme la présence en ce lieu d’une fontaine, l’une des trois premières du village. Les autres se situaient l’une Place Verminck et la deuxième rue Nationale.
Cette œuvre a été acquise en 2011 par la municipalité de Fuveau.

La pèiro d’amoulaire

« L’a de caus, de cimènt, de pèiro d’amoulaire … »

Il y a de la chaux, du ciment, de la pierre à aiguiser…

Beaucoup au village connaissent ce vers extrait de « A Fuvéu », le poème de notre félibre Eugène Long vantant les richesses de notre sous-sol. On trouvait de la pierre à aiguiser dans nos carrières, utilisée essentiellement pour les couteaux et les faux. Elle était dite « Pierre de Cos » car on trouvait une pierre aux qualités similaires sur l’île grecque de Cos.

Sur la photo ci-dessus, la pierre que voici n’a d’autre intérêt que d’avoir été extraite ici voici bien plus d’un siècle et avoir été utilisée par des générations de faucheurs. Elle prend naturellement place dans le petit musée virtuel. 

Aimeriez-vous trouver ceci ?

Sur un bout de sac de ciment, ce morceau de mémoire locale a été trouvé en mai 2010 lors de la réfection d’une cheminée. Victor Mameli alors très jeune manoeuvre pour le compte de l’entreprise Bourrelly Frères mais qui avait déjà le sens du patrimoine a écrit et caché ce document entre deux pierres. Il travaillait pour le compte de Léopold Silvy, agriculteur. Nous l’ajoutons au musée virtuel.

Le cadeau du pâtissier

Cette litho de l’illustratrice Germaine Bouret était offerte avant-guerre par les établissements Barbaroux, pâtisserie à Fuveau, à l’angle du cours Leydet et du boulevard Loubet. Outre ses qualités professionnelles, la clientèle dépassait le cadre du village, il s’avérait être aussi un commerçant hors pair. Elle prend place dans le musée virtuel et dans les anecdotes.

Ex-voto

Voici l’endroit et l’envers d’une autre pièce du musée virtuel. Cet ex-voto parfaitement daté de 1817 représente Madame Long, plus tard veuve Long qui donna un moment son nom au quartier. Elle attribue un grand coup de chance à l’intervention de saint Jean- Baptiste : son fils étant tombé d’une fenêtre a été arrêté dans sa chute par la treille et ne s’est fait aucun mal.
Document intéressant sur le plan historique puisqu’il est la plus vieille représentation connue d’un immeuble de La Barque sachant qu’à l’origine, le hameau de La Barque ne se trouvait pas comme maintenant au croisement dit des Quatre Chemins mais 100 mètres plus loin, à droite en direction d’Aix, là où se trouvait une barque qui permettait la traversée d’une zone à l’époque marécageuse.
Cet immeuble bourgeois n’a pas subi d’importantes transformations extérieures depuis cette époque et il est facile à identifier en bordure de route.

Cet ex-voto était accroché dans la chapelle Saint-Jean jusque dans les années 2000 mais pour le mettre en sécurité il a fallu prendre la décision de le déposer dans les archives de la paroisse.

Télégramme de Leydet

Voici le télégramme qui est peut-être le plus important pour l’histoire du village. C’est celui par lequel le sénateur Leydet , d’où le cours Leydet, annonce l’adoption par le Sénat de la ligne de chemin de fer Gardanne-Valdonne en date du 17 juillet 1893. La ligne fut inaugurée neuf ans plus tard. Cependant, le texte de loi rendant « d’utilité publique » la dite ligne, lui, est encore plus ancien !

La gare n’existe plus depuis son remplacement par la fontaine de la Place Charles de Gaulle. C’est l’avenue de Lattre de Tassigny qui suit l’ancien tracé de la voie. Elle arrivait à Fuveau par ce qui est maintenant le chemin « Lou bèn dóu sórdat » et ce jusqu’à l’ancien passage à niveau qui existe toujours juste après les services techniques. La dernière garde-barrière fut Madame Casucci.

Celui-ci de 1897 n’a qu’un intérêt anecdotique amis il nous montre que les administrations faisaient ce qu’elles pouvaient pour aider les mineurs de l’époque.

FUVEAU sur la carte de Cassini

Petit rappel historique

C’est à l’initiative de Louis XV qu’est levée la première carte géométrique du royaume de France. César François Cassini de Thury, dit Cassini III, est chargé de réaliser ce travail à l’échelle d’une ligne pour cent toises.  Les levées commencent en 1760 et se terminent en 1789. La carte dite de Cassini ne sera publiée qu’en 1815 et servira de référence aux cartographes des principales nations européennes au début du dix-neuvième siècle.

Commentaires                

On pourrait en faire à la pelle. On remarquera que La Barque est appelée Veuve Long, nos Beaumouilles étaient Baumouilles. Pour « La guinguette »  à la sortie du village, sur la route de Belcodène, il s’agit de l’immeuble 1 rue Kléber, et l’auberge au niveau de l’ancien croisement RN96 et route de Gréasque, actuelle maison Robin, sont peut-être les deux établissements qui nous ont valu le proverbe peu amène : « Fuvéu, pitchoun villagi, gran bordéu ». Les Garreas sont devenus Garrias et les Rives Hautes portent le nom en provençal donné par les autochtones : Ribes Hautes par contre et c’est surprenant, Bramefain s’est provençalisé avec l’actuel Bramefan. On remarquera trois églises ou chapelles hormis Saint-Jean-de-Mélissane au bord de l’Arc, pour le village, la plus septentrionale est  l’église paroissiale Saint-Michel, au milieu le ND indique Notre-Dame-de-Nazareth, ancien prieuré détruit vers 1809 se situant « dans la campagne » au début de l’actuelle rue des Joyeux, la plus au sud étant l’actuelle chapelle Saint-Michel toujours en place. 

A peine plus récent que la carte de Cassini, le cadastre dit de Napoléon établi dans le premier tiers du dix-neuvième siècle donne des indications particulièrement intéressantes. On peut le consulter en cliquant ICI

Le plus vieux document connu faisant état de Fuveau

Ci-dessous, la copie du début du plus vieil écrit connu faisant état de Fuveau ainsi que la traduction du document en totalité. Celle-ci est l’oeuvre d’une spécialiste du bas latin qui, habitant les pays de Loire, ne pouvait connaître les noms de lieux de Provence ainsi que quelques termes d’usage local en particulier le mot « clapas » qui revient souvent et désigne des tas de pierres en bordure des champs qui marquaient souvent certaines limites. Nous remercions également Madame Maguy Carlué  pour son aide précieuse.

Cela peut paraître surprenant mais les conflits et jalousies des paroisses de l’époque qui ont été réglées par ce document ont encore une influence sur la vie politique locale actuelle. C’est bien depuis 1255 que Belcodène et Gréasque sont rattachées au diocèse de Marseille alors que Fuveau dépend du diocèse d’Aix et par extension ne font pas partie actuellement du même arrondissement.

Chapeau le santon !

Découverte récente et pour le moins originale que vient de faire Christine Véra. En maniant l’un des santons de la vieille crèche paroissiale, puisque nous savons que celle-ci est antérieure à 1854, année de construction de notre église actuelle, celle-ci a observé le fond du chapeau. Jolie surprise ! Celui-ci, fabriqué manifestement par une professionnelle ou un professionel, Henriette, Hyppolite ( ?),  Blanc, chapelier(e?), santonnier(e) ou autre profession en rapport, a posé sa griffe qui comporte le blason quelque peu épuré du village comme nous le montre cette excellente photo. Nos recherches ne nous ont pas encore permis de retrouver les traces de cette excellent(e) artisan(e) mais avec beaucoup de perspicacité, nous pensons pouvoir retrouver bientôt l’artiste. Voilà qui nous poussera à jeter un nouveau regard sur notre vénérable crèche en période calendale. 

Ci-dessous le chapeau et celui qui le porte

Le dernier chapelier de Fuveau fut Bonafede qui avait francisé son nom en Bonafédé

Un tampon d’importance

Sur ce tampon on peut lire « Mission luxembourgeoise de département » et au centre « Délégation régionale », sans oublier l’étoile à cinq branches !
Ce faux tampon fabriqué pendant l’occupation par un véritable Juste Fuvelain a permis à certains juifs de pouvoir s’expatrier vers le Luxembourg où ils pouvaient trouver un abri à la tyrannie nazie. Cet objet mérite une place de choix dans le musée virtuel fuvelain.

Un document philatélique

Le document reproduit ci-dessous, vieux seulement de moins de trente ans, fait d’ores et déjà partie du patrimoine et même de l’histoire du village. Comme cela est clairement indiqué dessus, c’est une carte oblitérée du jour de l’inauguration de la flamme (15/07/1983) que tous les envois expédiés de Fuveau ont porté à travers le monde pendant une dizaine d’années. Outre l’intérêt documentaire, la valeur philatélique de cette carte pour ceux qui l’ont conservée est certaine.

Une tentative par le comité des foires en 1994

Plus de possibilité de flamme maintenant maintenant mais elle est relayée par le prêt à poster.

… Et si vous voulez trouver un timbre oblitéré à Fuveau voici un siècle et demi,

Découvert dans une vente, ce timbre oblitéré à Fuveau entre 1862 et 1876 qui n’est certainement pas sans valeur.
Il part d’office vers le musée virtuel et vers la page philathélique.

Il faut préciser qu’à cette époque, les départements n’avaient pas la même numérotation qu’aujourd’hui et que des numéros de 1 à 5000 avaient été attribués à différents bureaux de poste en France et Fuveau avait hérité du 4837.

L’horloge des Rébuffat (septembre 2014)

Parmi la liste des héros Fuvelains de la Grande Guerre dont le nom est gravé sur le monument aux Morts figure celui de Lazare Rébuffat qui fut tué à quelques jours de l’armistice. Sa famille avait fait l’achat, quelques années auparavant de la superbe horloge à balancier que l’on peut admirer sur la photo ci-dessus. Par suite d’alliances et héritages, cette œuvre d’art (on peut la qualifier ainsi), s’est retrouvée pendant près d’un siècle à Salon-de-Provence où elle a été particulièrement bien entretenue. Le temps s’est égrené au son de son tic-tac et elle vient de revenir dans sa patrie de naissance : Fuveau. De fait, elle porte la signature de Daniel Grand, horloger qui exerçait ses talents au tout début du siècle dernier au niveau du 15 boulevard Loubet, il était issu d’une lignée d’horloger et c’est son fils Pierre Grand qui avait pris sa succession.
Elle prend sa place dans le musée virtuel !

Piano du Philharmonique (avril 2015)

Heureuse époque du début des années 60 où chômage, directives européennes et autre contrariété étaient inconnus à Fuveau. Pour un permis de construire en ce temps, une tournée générale au Cercle Philharmonique (actuel Petit Casino) ou au Bar des Joyeux voire au Café du Cours permettait de simplifier au maximum les formalités administratives (que personne ne s’inquiète, il y a largement prescription). C’est aussi  à cette époque que la disparition du dernier chef d’orchestre Guérin Marchi a entrainé la disparition de l’activité philharmonique. De ce fait, le superbe piano d’époque Louis-Philippe utilisé par des générations de musiciens a croupi au premier étage du Cercle Philharmonique. Il a donc été donné à un amateur par le maire de l’époque, le regretté Alexandre Philip, en échange de quelques pastis. Nous avons pu retrouver la photo de ce superbe instrument chargé d’histoire ! Nous le plaçons dans le Petit Musée Virtuel !

Pour confirmer la popularité du maire de l’époque, Alexandre Philip, j’ajoute une petite anecdote très personnelle. Lors d’un concours de boules de la Saint-Jean, je me retrouve en demi-finale. J’étais équipé à l’excellent Senoch Giraud (Séno) face à Alexandre Philip équipé au bouillonnant Alphonse Polichetti (Nabo). La galerie était impressionnante des deux côtés du jeu sur deux ou trois rangées. Les tireurs (Séno et Nabo) alignaient carreaux sur carreaux mais chaque fois que le maire pointait, que son appoint soit correct ou moins bon, tout le monde applaudissait. Qu’importe le résultat final !

Lou pegau (mai 2015)

Au début du siècle dernier, François Barthélémy dit Tchoi, découvre sur sa propriété, quartier de la Grand’Bastide, au cours d’un labour, les substructions d’un établissement datant vraisemblablement du bas-empire romain. C’est tout près de la bastide dite de Mime. Juste à côté, un puits comblé depuis bien longtemps est mis au jour. Il se met à fouiller le puits et trouve au fond un vase de terre en forme d’onochoé en parfait état que ses descendants ont reverni et conservé jusqu’à ce jour. Nous avons pu photographier ce trésor du patrimoine de Fuveau que nous avons plaisir à vous présenter. Quelques pièces provenant de ce site font partie du fond conservé par le musée Granet à Aix. Précisons qu’en provençal, le pegau désigne un vase destiné à servir le vin.