Catégorie : Faits divers

Enfant trouvé

Tiré des archives municipales, voici un rapport administratif digne d’intérêt et remarquable tant pour son orthographe intégralement respectée que pour l’anecdote qu’il conte avec précision.

« Lan mille huit cent quinze et le vingt huit du mois d’avril sur les cinq heures du matin par devant nous maire de cette commune (…) est comparue la nommée Marie Vidal épouse Brémond boulanger (…) qui nous a déclaré que le jour d’huy sur environ quatre heures et demy (…) elle a trouvé au devant de la grande porte de l’église parrossale un enfant tel quelle nous a présenté emmailloté de mauvais lange et d’un gilet de nanquin d’un garcon agé denviron douze ans le tout sein d’un mauvais mouchoir ou ficheux couleur ramoneur et la tette coiffée de deux callotes blanches le tout sans marques.

Après avoir visité l’enfant, avons reconnû qu’il étoit du sexe masculin qui paroissoit etre né cette nuit agé denviron neuf heures. N’ayant trouvait sur son corps ni sur ses vetements a nous le faire connoitre, desuite avons inscrit lenfant sous les noms de Joseph Bonnaventure et avons ordonné qu’il fut remis est tremsporté desuite (à) lhospice civil de la ville d’aix de quoi avons dressé procès verbal (…) »

[B. SUZANNE, maire

Note : au départ le maire a compris 2 ans (dous en provençal) qu’il a écrit douze, ensuite après constatations il s’est avéré n’avoir que quelques heures

Marie Machouette

Marie Machouetto -en français Chouette- était le surnom peu amène d’une pauvre femme, de son véritable nom Marie AURENGE. On la voyait souvent errer dans le village habillée en guenilles, autour les années 50 et au début des années 60. C’était l’épouse de Gabriel Teston.
En travaillant sur les archives numérisées d’un hebdomadaire de l’époque : « Le mémorial aixois », j’ai retrouvé cette vente qui n’aurait aucun intérêt si elle n’avait concerné cette malheureuse Fuvelaine et si elle n’avait été effectuée à l’orée de l’été 42 époque pas vraiment indiquée pour solder un partage.
Pour tous ceux qui ont compati en ce temps à son désarroi, j’adresse ce souvenir.
Une vente aux enchères publiques effectuée sans connaître le prénom ni le véritable nom de la personne intéressée, c’est plutôt rare, vraisemblablement illégal, cela mérite de rentrer dans la mémoire du village.
Pauvre Marie Machouetto, en son temps figure du village à son corps défendant !

Fuveau, 1873 : Une incroyable affaire de bigamie

Ferdinand Barthélemy est en âge de se marier. Il a trois frères plus jeunes.
Mais au regard de la loi, il ne peut se marier, et ses frères ne le pourront non plus… Leur mère, Marie Rose Suzanne est « sensée avoir deux maris », ce qui « porte obstacle à la célébration du mariage des enfants ».
En effet, en 1873, elle serait l’épouse de Jean Barthélemy, mais AUSSI de Jean Baptiste Jourdan.
L’affaire est invraisemblable pour Ferdinand : il sait bien que ni lui ni ses frères ne sont les fils de Marie Rose Suzanne, ni de Jean Baptiste Jourdan… ni de Jean Barthélemy !
Ses parents sont Joseph Barthélemy et Henriette Suzanne. Tout le monde sait cela à Fuveau
Pourquoi Jean au lieu de Joseph pour son père ? Pourquoi Marie Rose au lieu de Henriette pour sa mère ?
L’erreur concernant le prénom de son père est vite trouvée grâce à l’acte de naissance de Ferdinand, fils de Joseph et non de Jean.
Mais il reste le problème de sa mère.
Ferdinand est bien convaincu qu’il y a erreur car Marie-Rose Suzanne existe ; c’est sa tante, d’ailleurs mariée à Jean Baptiste Jourdan. L’officier d’état civil a dû confondre les deux sœurs ?
Il faut sortir au plus vite les actes de naissance des quatre frères Barthélemy : 1848, 1854, 1857, 1862.
Stupeur pour la fratrie : dans les quatre actes, les garçons sont bien notés fils de Joseph, mais aussi fils de Marie Rose Suzanne (et non d’Henriette).
Bien. Il faut sortir l’acte de mariage de Joseph et Henriette, et puisqu’on y est, leur contrat de mariage, tous deux datés du 1er décembre 1847.
Nouvelle stupeur : L’acte de mariage et le contrat datés du jour où se sont mariés Henriette et Joseph concernent Marie-Rose Suzanne et Jean Barthélemy.
Ferdinand est désemparé.
« Maman ?
— Mais enfin, Ferdinand, nous savons quand même, ton père et moi, quand nous nous sommes mariés !! Nous savons bien que vous êtes nos quatre enfants !!!

1873-bigamie-1

— Et tatie Marie-Rose ?

— Elle s’est mariée en 1842 ! L’acte existe !

— Mais quand est-elle née ?

— En 1823. Tu as raison. Faisons vérifier les dates de naissance dans mon acte de mariage et celui de ma sœur. Moi je suis née en 1825, ma sœur en 1823. »
C’est la consternation : dans les acte qui devraient être les siens, on affirme à Henriette qu’il est bien écrit Marie Rose Suzanne née en 1823…
Henriette n’existe pas, et ses enfants seraient fils de sa sœur Marie-Rose, elle-même bigame…
Cette incroyable histoire sera portée devant la justice. Henriette, son époux Joseph et leurs quatre enfants comparaissent, s’expliquent…

carte-postale-palais-justic

Les autorités, après avoir scrupuleusement étudié les différents actes, accepteront et feront corriger par jugement les erreurs dans l’acte de mariage, le contrat de mariage et les quatre actes de naissance des enfants. Elles accepteront comme vrai l’acte de naissance d’Henriette qui put ainsi prouver son existence.
La vérité est rétablie le 27 octobre 1873 au palais de justice d’Aix, vingt-six ans après le mariage d’Henriette…

[Il sera dit que] — Le présent [jugement] sera transcrit sur les registres de l’état civil de la commune de Fuveau tenu pour l’année courante, et que mention des rectifications qu’il prescrit sera faite en marge des actes de mariage et de naissance précités, tant sur les registres déposés aux archives de la mairie que sur les doubles registres déposés au greffe du tribunal de céans.
— […] En conséquence, le président de la république française mande et ordonne à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la république.

Leur mère étant reconnue et n’étant plus considérée comme bigame, Ferdinand et ses frères seront autorisés à se marier… ouf !

© Françoise Suzanne, 2009

Un bébé devant l’église (Fuveau, 28 avril 1815)

« Lan mille huit cent quinze et le vingt huit du mois d’avril sur les cinq heures du matin par devant nous maire de cette commune (…) est comparue la nommée Marie Vidal épouse Brémond boulanger (…) qui nous a déclaré que le jour d’huy sur environ quatre heures et demy (…) elle a trouvé au devant de la grande porte de l’église parrossale un enfant tel quelle nous a présenté emmailloté de mauvais lange et d’un gilet de nanquin d’un garcon agé denviron douze ans le tout sein d’un mauvais mouchoir ou ficheux couleur ramoneur et la tette coiffée de deux callotes blanches le tout sans marques.
Après avoir visité l’enfant, avons reconnû qu’il étoit du sexe masculin qui paroissoit etre né cette nuit agé denviron neuf heures. N’ayant trouvait sur son corps ni sur ses vetements a nous le faire connoitre, desuite avons inscrit lenfant sous les noms de Joseph Bonnaventure et avons ordonné qu’il fut remis est tremsporté desuite (à) lhospice civil de la ville d’Aix de quoi avons dressé procès verbal (…) »

[B. SUZANNE, maire]

  • Registre d’état civil de Fuveau
  • Texte transmis par Françoise Suzanne

Le caprice d’un père (Fuveau, 1er juillet 1700)

Le 1er juillet 1700, Madeleine, épouse de Joseph Barthélemy, met au monde une fille que ses parents pensent appeler Thérèse.
Tout le monde est au courant dans le petit village perché.
Mais le vicaire ne voit pas arriver ce bébé pour le baptême… Il s’indigne et s’inquiète… N’est-il pas responsable de ses ouailles? Comment imaginer que dans sa paroisse il y ait un non-baptisé ?
Quelques jours passent…
Heureusement, le vicaire général d’Aix veille. En effet, il prévient le vicaire de Fuveau qu’un enfant de sa paroisse a été baptisé dans l’église Saint-Sauveur, en présence du père, du parrain messire Michel Blacas, prêtre, docteur en droit et coseigneur de Ventabren, et de la marraine Anne Lion de Fuveau.

Le vicaire de Fuveau n’est certes pas content et note :

« le dit père, par un caprice aurait fait porter ladite fille a Aix pour y estre baptisée dans la métropoitaine, ainsi quapert sy apres par lextrait qui a esté tiré du registre de ladite metropolitaine et incéré dans ce presant par ordre expres de Monsieur labbé de Julian. »

  • Texte de Françoise Ganter-Suzanne, d’après le registre paroissial de Fuveau

Coup de foudre mortel (Fuveau,1er juillet 1678)

« Le premier juillet de laditte année a esté enterrée Marguerite Ribouet dans le cimetière Sainct-Michel de ce lieu, femme à Anthoine Barthélemy, maisnager, descédée le même jour par un coupt de foudre qui l’a laissée morte sans aucune respiration.
Ont assisté au convoy Toussain Barthélemy, Anthoine Fouque, Anthoine Grand, Jean Barthélemy, son beau-frère, qui ont tous dit ne sçavoir écrit de ce interpellez. »

  • Registre paroissial de Fuveau

Drame de sacristie

Dans les archives paroissiales de l’an de grâce 1710, ainsi que dans les archives judiciaires et même dans des travaux universitaires, on peut trouver la relation de cet épisode croustillant et particulièrement édifiant de la vie paroissiale du village.

Infanticides non élucidés

Dans les années 20, avoir un enfant sans père était une faute grave que la communauté villageoise ne pardonnait pas. Cette mésaventure était arrivée à Rose TAMPOU, ce n’était pas son nom, mais le surnom de certains membres de la famille de sa mère. Vers le cinquième mois, elle quitta le village pour aller finir ses couches on ne sait où. On dit qu’elle mit au monde un rejeton des plus malingres qui ne vécùt pas. Revenue à Fuveau, à tous ceux qui évoquaient la question, elle apportait une invariable réponse. « Peuchère, il était tellement petit que ça compte pas ».

Pour une fille Fabre, dont les lignées sont nombreuses à Fuveau, elle s’était mise « à la colle » avec un veuf gardannais bien plus âgé qu’elle lorsque le problème survint. Réaction identique à la précédente, ils quittèrent le village pour revenir quelques mois plus tard. Ils furent soupçonnés d’avoir enterré l’enfant dans une vigne du quartier de Masse qu’elle tenait de famille… les rumeurs vont bon train mais le mystère perdure, il y a plus que prescription.

Un mari parfait (octobre 2016)

Dans les années 40 Maria Raybaud née Isnard, dite Ninette, la sage-femme du village et des environs, était mariée à Parfait Raybaud, qui avait la particularité d’être bègue. Lorsque dans une quelconque conversation on venait à parler de mari ou de femme parfaite, invariablement le leimotiv très local revenait dans la conversation; « À Fuveau, il n’ a qu’un homme parfait, seulement, il est bègue ».

Chronique marseillaise (août 2018)

Surprenante chronique publiée par le « Petit Marseillais » du 23 janvier 1898. La presse marseillaise avait en ce temps une drôle de façon de voir Fuveau, faut-il préciser que la gent fuvelaine le leur rendait bien, elle qui considérait que ces citadins n’avaient pas les pieds sur terre. (Voir à ce propos dans la page 1 des anecdotes le titre « La chasse au furet »).