Catégorie : Anecdotes

Des anecdotes en tout genre sur Fuveau

LE CHEVAL, LE TOMBEREAU ET LE CORBILLARD .

(Histoire macabre fuvelaine)

Le cheval qui tirait le tombereau pour le rammassage des ordures ménagères, tirait aussi le corbillard qui accompagnait les Fuvelains à leur dernière demeure.
Le responsable du convoi dans les deux sens était le même homme.
Dans le premier cas, chaque jour l’attelage s’arrêtait quelques instants
devant le bar des Joyeux . . . pour permettre au cocher d’étancher sa soif.
Dans le deuxième cas, le cheval, habitué à cet arrêt journalier avait tendance à vouloir faire halte au même endroit. L’ animal n’avait pas le sens des nuances. Il fallait donc que le cocher l’active pour éviter que tout le monde en rit. Ce qu’il y a de certain, c’est que tous les fuvelains à chaque enterrement attendaient cet instant pour en rire sous cape.

Source Lou Troumpetaire N°4 11/1982 Page 12

Les jumeaux

Cette histoire, entièrement vérifiable, est présentée ici sous forme de nouvelle

Les jumeaux ont cent cinquante ans.

   Il était une fois un chroniqueur que tous surnommaient Capèu, chapeau en provençal. Voici précisément un siècle et demi, il tenait une sorte de bulletin quotidien, plus près de l’éphéméride ou de l’almanach. Cette pratique, en vogue en ce temps-là, représentait un peu le livre de raison du pauvre pour ce modeste mineur. Ayant hérité à la fois de son surnom et de cette flamme, sa fille, l’ancienne marchande de journaux dite Marcelle Capèu, sut transmettre par la suite cette mémoire aux futures générations.
   C’est bien grâce à ces écrits que nous savons que le préfet Poubelle n’était pas en odeur de sainteté au village ou pourquoi le chemin de Tra-Tra porte ce nom bien surprenant. La liste des révélations est bien loin d’être exhaustive.
   Il nous apprend aussi l’arrivée de deux jumeaux d’origine vraisemblablement nord-américaine. Siffrein Dépousier, les a plantés en face de sa maison afin de pouvoir pour toujours les admirer et en profiter.
   Peut-être sont-ils d’origine étrangère ? Pourtant, dans ce village où il est si difficile de s’intégrer, ils font l’unanimité.
Son aïeul qui, sauf erreur, était Malachie Dépousier, avait fait poser sur l’imposte de leur porte d’entrée le joli monogramme MD que tout curieux peut encore voir aujourd’hui car il habitait l’immeuble de l’actuelle agence postale au bas de la rue Rondet. Siffrein, lui, aura laissé à la communauté deux platanes qui, s’ils ont connu bien des vicissitudes, sont toujours là, hauts, bien feuillus et forts.
   Ils sont restés quasi-indispensables à l’équilibre de générations d’éméchés qui ont, de tout temps, un peu trop prolongé leur apéritif dans les bars voisins. Et que dire de la concurrence qu’ils ont subi lorsque, quasiment à leur pied, on a planté un chichourlier ? Cet arbre de la déchéance. Arraché depuis quelques décennies, il prévenait le chaland de la présence de chichourles dans l’hôtel voisin. C’était le nom des femmes de mauvaise vie, en français, des jujubes…
   Quel avilissement lorsque des pissotières ont fait leur apparition entre eux et le jujubier ! Ils ont connu pire ! Pendant toutes les années d’occupation, ils ont été contraints à faire de l’ombre au Q.G des Allemands installé à proximité leur branchage.
   En cet an de grâce 2012, on pourrait imaginer que l’anniversaire de leur naissance soit rappelé. Pourtant, sans le savoir, bien des gens du village l’évoquent quotidiennement en profitant d’un petit arrêt sous leur couvert dans la montée de la rue Rondet.Mercredi 12 Février 1862

Thermomètre -1 à 7h du matin.

Temps passablement beau froid air du Mistral.

M. Siffrein Dépousier a fait planter deux platanes en face de sa maison.

La vierge aux indulgences

Cette photo prise en 1961 concerne les communiants nés en 1949. Elle est prise dans la cour de la Maison pour Tous, à cette époque école libre Sainte-Barbe.
 Elle n’aurait qu’un intérêt anecdotique si la vierge que nous voyons au second plan n’avait pas été transportée en 1981 dans la cour de l’actuelle Ecole Sainte-Marie après un bref passage dans l’église paroissiale. Des anciens nous ont dit que des indulgences avaient été achetées lorsqu’on récitait certaines prières devant cette Vierge mais cela date de l’époque où la communauté des pénitents du village était florissante.

Tout aussi intéressant, ce cliché de 1901, dû à Edvard Rabasse également pris devant la vierge indulgenciée. On remarquera le petit clos entourant la statue qui avait déjà disparu dans les années 40.

Extrait du Dictionnaire général de la Langue Française (1926)

Ce véritable trafic s’appelle la simonie du nom de Simon le magicien à qui saint Paul avait refusé de vendre son don à faire des miracles. Cette condamnation faite en son temps par l’apôtre n’a pas empêché  l’église d’en couvrir un trafic très juteux dans les siècles passés.

Le pont des Frères en polémique.

Petite polémique actuellement autour de ces deux ponts. Au premier plan le très vieux pont, que beaucoup appellent encore le pont de Bégude car un berger surnommé Bégude avait une petite bergerie à proximité. Le problème vient du fait que les propriétaires riverains en ont squatté l’accès alors que ce pont est un lieu public. Il n’est pas dans nos attributions de prendre position sur le problème.
Quant au pont sur le deuxième plan, c’est le pont des Frères baptisé ainsi en souvenir des Frères des écoles chrétiennes qui ont longtemps géré l’ancienne école Sainte-Barbe, actuelle Maison pour Tous à proximité. Il est en réfection, élargissement et consolidation en cet an de grâce 2012. Ce sont les Fuvelains (Daudet aurait dit les lapins) qui ont été étonnés. Lors de sa fermeture provisoire, affiches et communiqués officiels annonçaient la fermeture du pont des 3 Frères, appellation qu’aucun autochtone digne de ce nom ne connaissait jusqu’à ce jour. Après recherches, cela vient tout simplement d’une erreur d’un faiseur de cadastre qui avait unilatéralement mais malheureusement officiellement entériné ce nouveau nom, peut-être pour l’éternité car l’administration, aussi limitée soit-elle, est souveraine au-delà de la sagesse populaire et de la mémoire locale !

Une erreur similaire était survenue voici quelque vingt-cinq années avec le chemin de saint François, qui, de mémoire de Fuvelain, avait toujours été le chemin de saint Francet. Là, c’est un « responsable » d’un comité de quartier qui, très ignorant de l’existence de saint Francet, avait unilatéralement transformé le local saint Francet en un plus classique mais non local saint François. Il aurait dû lire Daudet, Le secret de Maître Cornille, entre autres, on y trouve Francet Mamaï, le joueur de fifre ! Heureusement, à Auriol et à Manosque saint Francet est toujours présent.

La mort d’Alexandre

Maire très populaire depuis la Libération, Alexandre Philip resta durant plus de deux décennies le premier magistrat du village. Terrassé par la maladie, le faux-bruit de sa mort courut un beau jour. L’une de nos concitoyennes qui prenait tout pour argent comptant s’empressat d’aller « faire visite » comme on dit à Fuveau.
Arrivée avec la tenue et la figure qui s’imposaient dans ces tristes circonstances, elle vint présenter des condoléances à l’épouse.
« Mais il n’est pas encore mort ! »
« Oh, c’est pas grave, je reviendrai »…………

Une signature maçonnique ?

Dans le registre parroissial pour les années 1728 et suivantes, ont compte par dizaines les signatures du prêtre Coulon qui exercait son ministère à Fuveau. Une observation attentive desdites signatures amène à se poser des questions. Nous sommes en plein Siècle des Lumières : notre curé était-il franc-maçon ? Nous avons posé la question à des historiens, spécialistes de cette époque et voici ci-dessous la réponse obtenue qui résume toutes les autres.La signature qu’il appose au bas du serment comporte le signe de reconnaissance que l’on trouve sur beaucoup d’actes de cette période, celui des francs-maçons, deux traits pour les deux colonnes du Temple et trois points pour le passé, le présent et l’avenir.

Quant au signe JM ou SM situé au dessous à gauche, il pourrait s’agir des initiales de la Loge : Jeunesse Maçonnique ou Solidarité Maçonnique ?

Ces signatures sont consultables sur internet dans la rubrique état-civil des Archives13.

Saint-Charles aux enchères

C’est peut-être grâce à la Révolution Française que nous avons actuellement une zone industrielle à Saint-Charles. Jugez-en plutôt avec ce document annonçant la mise aux enchères des terres et de la ferme sur l’emplacement de l’actuelle zone à la suite du décès du sieur  Boutassy. Nous noterons que nous sommes en période révolutionnaire et que le comte de Boutassy est devenu Boutassy. Précisons que la surface des terres évaluée à 92 journaux correspond à environ trente hectares.

Le grain de blé

Dans son livre « Lei Fuvelenco » et à la page quatre-vingt-cinq de l’édition originale, Eugène Long nous conte une plaisante histoire intitulée « Lou gran de blad », « Le grain de blé ». Elle est inspirée de la célèbre légende indienne qui voulait qu’un émir paie en mettant un grain de blé sur la première case d’un jeu d’échecs et en double le nombre chaque jour sur les cases  suivantes jusqu’à remplir toutes les cases, soit soixante-quatre, ce qui devait aboutir à remplir plusieurs bateaux qui feraient cote à cote le tour de la terre.

Un paysan Fuvelain avait proposé le même marché au comte De Boutassy seigneur de Château-l’Arc simplement sur les trente jours d’un mois. La galéjade du poète était inspirée d’une histoire vraie et le malicieux paysan fut désormais surnommé « le grain de blé ». Le nom d’une terre de notre homme était resté dans les mémoires et était appelée « le grain de blé ». Elle à malheureusement disparu car elle se trouvait au niveau de la barre de péage de l’autoroute à La Barque. La terre est sous l’asphalte mais la mémoire reste …

Fuvèu ?

Comme une majorité de communes de Provence, Fuveau a fait le sympathique choix de placer à l’entrée du village,sur chaque route d’accès, le nom de notre cité en provençal et il n’est pas déplacé d’y avoir ajouté « en Prouvenço ».  Tout est bien, à un petit détail près qui surprend ceux qui connaissent  la langue du pays, la lengo nostro. On a oublié que comme tous les mots en èu, bèu (beau), lèu (vite) camèu (chameau) nouvèu (nouveau), il y en a des centaines, l’accent grave n’est pas sur le u mais sur le e. Gageons que nous trouverons bientôt des crédits, voire deux pots de peinture, pour effectuer la correction.

Une paillarde

Voici une courte paillarde paysanne qui se chantait à Fuveau dans les siècles précédents, dans la mesure où elle était courte, facile à chanter et pas vraiment méchante elle était connue même de plus prudes.

L’autre jour plantavi de cebo,
Mei couion tiravon la règlo,
Moun aucéu servié de courdèu.

Que san que siegue

Les traditions religieuses de type processionnaire étaient particulièrement nombreuses à Fuveau dans les siècles passés. Qu’il s’agisse de pénitents, de congrégations diverses voire de la communauté chrétienne tout entière, on ne manquait pas de montrer sa vitalité par ce moyen.
L’une des processions ayant laissé un souvenir particulier, c’est celle qui aux alentours du 24 juin partait du village pour aller en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean en passant par l’oratoire du chemin d’Aix, l’actuelle impasse de l’Esper, qui était loin d’être voie sans issue en ce temps béni, et descendait droit vers le hameau de la Grand’Bastide pour poursuivre jusqu’à la chapelle. Toute les fidéles défilaient au son des fifres et des bachas, des tambours sommaires, en chantant les litanies des saints. Le curé allait devant avec un chanteur qui égrenait la très longue liste des noms de saints du calendrier puis des saints plus locaux et la foule répondait invariablement « Ora pro nobis », priez pour nous. Or un jour le chanteur eut un trou de mémoire et ne sachant plus à quel saint se vouer, c’est le cas de le dire, il lança « Que san que siegue », quelque saint que ce soit, et la foule répondit « Ora pro nobis ». Depuis, on entend encore l’expression « Que san que siegue » pour exprimer que l’on est indifférent à une ou l’autre des solutions d’un problème.

La même histoire est connue avec la variante « Aqui l’a un traou » – « Ora pro nobis » Là, il y a un trou, le chanteur avait rencontré un trou sur le chemin de Saint-Jean.

Les longuistes

Selon les villages, cela ne fait pas encore partie de l’histoire ou de la mémoire collective, mais à Fuveau, c’est fini, ceux qui jouent aux boules ne jouent plus qu’à la pétanque. Voici un demi-siècle on jouait encore majoritairement « à la longue »,  jeu qu’il n’y a pas lieu de présenter ici.

Les deux derniers « longuistes » de Fuveau sont réduits à jouer à Gréasque, alors, pour conserver cette mémoire et cette histoire, voici leur photo.

Dans les années 30, le champion local était Albertingo dit Ficelle, plus tard, François Polichetti, Senoch Giraud voire Jean Paoli ont été ses dignes successeurs.

Plus anciens encore les inscription au concours du « Petit Provençal » dans l’entre-deux-guerres.

1923-Fuveau Audisio Jacques dit Le casseur de boules
Audisio Sauveur dit Le Gaucher
Audisio Félix dit L’inquiet

1928-Fuveau Baussan Henri dit L’inquiet
Trinci Félix dit Fichou
Pécol Kléber dit Bouis

Martin Joseph dit Le ténor
Giraud Marius dit Le grand
Fabre Georges dit Minois

1929-Fuveau Pécol dit Bouis
Lorenzati dit Niqui
Roubaud dit Poupon
Groupe de Boulomanes Fuvelains

1931-Fuveau Henri Baussan dit L’inquiet
Laurent Julien dit Le Sombre
François Cello dit le Pas pressé

1932 Fuveau Mouren Amédée
Scasso Maurice dit Tasso
Philip Alexandre dit Trentage

1934 Fuveau Pécol Kléber dit Bouis
Lorenzati Joseph dit Niqui
Roubaud dit Le camionneur

FAN DE CHICHOURLE !

L’expression provençale est bien connue. Une chichourle est une jujube mais c’est aussi le nom qui était donné à ces dames dites de mauvaise vie en Provence, ceci parce qu’elles attendaient souvent le chaland sous un jujubier. Donc qui dit « fan de chichourle » insinue sans le savoir « enfant de putain ». Comme nous le montre la carte postale ci-dessous datée de 1906, nous avions à Fuveau notre Hôtel Frégier devant lequel trônait par hasard un jujubier. Que penser ? A la fin des années 1800, le tenancier de l’établissement était Bourrelly dit Laboutèze.
 
Certains anciens disaient : « Fuvèu, pitchoun villagi, grand bordéu ». Allez savoir ?
N.B : dans nos recherches aux archives départementales de Marseille, nous avons relevé des plaintes en 1886 contre le Café du Siècle et le Café du Cours qui « emploient des filles non seulement pour servir les consommations mais les laisser se livrer à la prostitution dans les étages » (côte 4M908).
Ci-dessous le célèbre jujubier.

Les font

En provençal, la fontaine c’est la « font », il y avait plusieurs lieux à Fuveau pour lesquels on parlait de « font » : la Font de Sòlé, elle se trouvait juste en face le restaurant Le KF du coté droit de la rue Chanoine Moisan, elle est aujourd’hui détruite. Elle était adossée au mur de clôture de la maison d’un certain Monsieur Soler surnommé Sòlé. Il y avait aussi sur la route des Michels, cent mètres à gauche avant le passage sous l’autoroute, le quartier Font de Prat, « Fontaine des Prés » mais à l’origine « Font deï pèd », Fontaine des Pieds ! Ce nom de quartier est conservé aujourd’hui et il y avait une source très abondante en ce lieu, malheureusement dans les années 50 la construction d’un canal dont on peut entrevoir quelques traces à droite de la route a asséché cette arrivée d’eau.
Pour le quartier Font d’Aurumy qui a donné son nom à l’actuel collège, nous en sommes réduits aux suppositions. La « Fonte d’Aurimia » est attestée dès 1259 sur la commune de Fuveau. Cela en fait l’un des plus anciens noms de lieu connu sur notre village. La racine latine « aur » peut faire penser à la fontaine d’or mais rien n’est moins sûr. Le nom du quartier ne figure pas sur la carte de Cassini (fin du dix-huitième) par contre sur le cadastre dit de Napoléon publié en 1823 nous trouvons le quartier « Font d’Aurumy et Masse ».

Une toute récente (mai 2006)

Georges Morrucci se taille consciencieusement la moustache et se coupe régulièrement les cheveux en ce moment, cela se remarque et lorsqu’on lui demande s’il est allé chez le coiffeur, il explique fièrement que c’est lui qui s’entretient et qu’à chaque fois, il économise environ dix pastis en ajoutant : « le problème, c’est que, bè, c’est comme si j’allais tous les jours chez le coiffeur ». 

LE CATECHISME SELON BIKI.

Question un peu similaire posée à Ghislain MATTIO dit Biki dans les années 50 par Madame Moustier plus connue sous son nom de jeune fille Jeanne Bouissounouse, catéchiste émérite.
– Où est né Jésus?   …pas de réponse  – Je t’aide à Bè, à Bè…
– A Belcodène ! 

LE CATECHISME SELON PIERRE BENOIT

Pierre BENOIT est entre autres l’auteur des Croix de feu au milieu du siècle dernier. A la même époque, il avait un homonyme beaucoup plus discret à Fuveau. Il était toujours au fond de la classe à l’école comme au catéchisme. L’abbé Moisan pose un jour cette question à la cantonade, combien il y a-t-il de Bons Dieux ? Le petit BENOIT lève la main. Devant ce fait rare, l’abbé Moisan lui donne la parole « Un plen pouciéu Moussu lou cura » (Une pleine loge à cochons, Monsieur le curé).  
– Ah bon, pourquoi ?
– Mon père, y dit toujours « aqueli boun diou de porc » (ces bon Dieu de cochons).
Marcel Dellasta nous conte sur son site une autre anecdote concernant Pierre Benoit, elle est intitulée « La bonne action ».

ANECDOTE BOULISTIQUE

Lorsque l’on parle anecdotes villageoises au moins une se rapportant aux boules semble indispensable. La partie dont nous faisons état s’est jouée au début des années 1970 à La Barque. Pendant cette décennie, un immuable concours nocturne « à la mêlée,  deux joueurs trois boules » se jouait le samedi soir sitôt que revenaient les beaux jours. Sur les une heure du matin, deux équipes se retrouvent en finale Masia (corse de Ghisonnaccia, passionné entre tous) associé à Michel (c’était son nom, ouvrier agricole originaire du hameau des Michels) ils étaient opposés à un habitué surnommé Pintade (de Gardanne ou de Meyreuil) associé à Choual un émigré d’Algérie solitaire bien aimé de tous à La Barque. La partie se jouait devant la station service dont le terre-plein n’était pas goudronné à l’époque. 12 à 12! Michel pointe et « embouchonne », Pintade n’a que deux boules en mains face à Masia qui en a encore trois mais devant la situation le gardannais est obligé d’y tirer. Il frappe comme d’usage mais le bouchon va se planter quinze mètres plus loin au milieu de la route, en l’occurrence la RN96 et la boule de Michel suit le bouchon à cinquante centimètres environ. Vous me suivez ? Le bouchon est donc à plus de vingt mètres du cercle mais il n’a pas touché d’obstacle et il est visible car dans le croisement la route est éclairée. Palabres ! Pintade qui n’a plus qu’une boule en mains avec un bon point à reprendre à plus de vingt mètres demande que la mène soit annulée et Masia dans une situation plus que favorable, point quasi imprenable et trois boules en mains soutient que l’on doit jouer. Palabres, encore palabres on prend à témoin la galerie, on évoque tous les points du règlement que personne ne détient en y mêlant le code de la route, la déontologie sportive voire la philosophie. Au bout d’un quart d’heure d’affrontements verbaux les deux équipes conviennent de laisser la décision au président Jean Magraner qui attend la fin du concours dans le bar en sirotant quelque alcool de circonstance. Dans un état que certaines morales eussent réprouvé il décide péremptoirement : « On va au bout ». Pintade est obligé de s’exécuter à contrecœur . Il joue la boule de la dernière et minime chance et c’est l’exploit historique : il embouchonne au milieu de la route sur le goudron ! Masia fou de rage tire trois fois et manque ce qui est bien normal à cette distance. La fin de l’histoire, c’est que Pintade et Choual, fiers de leur authentique exploit, n’ont pas encaissé l’indemnité due aux vainqueurs et ont payé deux tournées générales.

DESTINS DE MAIRES

 Il fut élu dans l’entre-deux-guerres, Virgile BOURRELLY, dit le Lapin, passa un mandat et décida de ne pas faire de campagne électorale pour le second : il fut sèchement battu mais conserva une place d’adjoint. Ses fonctions étaient moins prenantes qu’aujourd’hui, il avait coutume de passer le soir devant la mairie et son secrétaire lui criait généralement : « Il n’y a rien, tu peux filer ».
  Maire entre les années 1833 et 1840, Joseph Long dit l’Américain aurait pu  se targuer du titre de maire le plus détesté. Revenu nu et crû d’un séjour aux Amériques, il monta une petite fortune en louant à prix d’or quelques terres sans valeur directement à la commune et se bâtit en sept ans de « règne » un patrimoine confortable, bien des chroniques de l’époque relatent ces faits délictuels.
  Félix Barthélémy (dit de la pompe, dit Bamban) ne fut pas élu mais nommé pendant l’occupation en 1942, à la libération il fut jugé pour faits de collaboration et interdit de séjour sur la commune, il finit ses jours comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice ! La fin de son « règne » marqua l’avènement d’Alexandre Philip qui fut réélu jusque dans les années 60 avec ses deux adjoints Joseph Martin et Lazare Richier. Entre les deux, l’un de nos compatriotes, Maurice Digne (qui est toujours parmi nous) avait été nommé d’office maire pendant 48 heures par les Américains, il ne tenait pas du tout à cette fonction et fut donc remplacé par Alexandre Philip.
  Une petite confidence pour laquelle il y a maintenant prescription : bien des fuvelaines ont eu à la fin des années 40 et même dans les années cinquante une ferveur soudaine pour sainte Rita, patronne des causes perdues. La plupart avaient eu leur mari ou fiancé prisonnier libéré plus tôt que prévu. Chacun pourra conclure cette histoire à sa façon. Il faut lire la page « Héroïque Ninette » et  » Docteur Loran » pour mieux comprendre jusqu’où on pouvait pousser la collaboration.

BEU L’AIGO

Un représentant de la famille Blanc de Fuveau, disons plutôt de la dynastie car c’était un des noms les plus répandus avait une sorte de tare : il ne buvait pas de vin ! Il n’était pas question de le surnommer Boileau, cela aurait été prétentieux, on l’avait donc appelé Beù l‘aïgo qui, si vous n’entendez pas la lengo nostro, est la traduction littérale du français « Boit l’eau ». 

DES RUES CURIEUSES

Le S oublié au bout du chemin de Marlois n’est qu’un modeste détail parmi les aberrations qui foisonnent dans les noms de nos artères diverses. Nous pouvons commencer par le chemin des Esquirous, des écureuils en provençal, que nos cartographes ont affublé d’un S final ignorant totalement une règle essentielle de grammaire provençale,  pas de S même lorsque le nom est pluriel. Quoique, coté orthographe de la lengo nostro, il y a d’autres surprises chez nous.
 Et la traverse de Quène ! C’était le nom (ou le diminutif) de l’exploitant de l’ancien cinéma du village qui avait précédé Barrême jusque dans les années 50. L’ancienne plaque à droite en montant la traverse porte bien le mention traverse de Quène mais une nouvelle plaque à gauche indique traverse du Quène et à quand la traverse Duquesne ?
Autre sottise pour la rue du Ferrage parallèle au Boulevard Loubet derrière la presse. Une ferrage (au féminin) était auparavant une propriété non bâtie, c’était le cas pour ce quartier au début des années 1800. Les quartiers et rues de la Ferrage foisonnent en Provence. La rue qui nous intéresse ne doit en aucun cas évoquer le ferrage des chevaux et quand on dit chez nous de quelqu’un qu’il est « ferré » ou plein de « fer », c’est qu’il a des propriétés.
Que dire de la rue Barthélémy Niollon que de piètres administratifs ont transformé en rue Miollon ?
Et pourquoi, outre la rue du 14 Juillet, autant de rues portant le nom de tribuns révolutionnaires ? Rue Hoche, rue Marceau, rue Kléber, rue Danton, rue Mirabeau, liste peut-être non exhaustive. C’est que vers 1898, une municipalité radicale, d’extrème gauche de l’époque, a tenu à débaptiser la rue Vendôme (signe aristocrate s’il en est !) en rue Rondet, syndicaliste Forézien venu haranguer les mineurs, et en a profité pour donner un nom à connotation révolutionnaire pour ces traverses qui n’en avaient pas jusque là.

La Passion selon Moustier

Jusque dans les années 50, outre la Pastorale en période calendale, le Cercle Saint-Michel donnait aussi la Passion selon saint Matthieu, œuvre grandiose s’il en est. Dans les années 30 se produisit un événement fort rare. Pierre Barthélémy dit le Grand Pierre jouait le rôle du Christ et Denis Moustier  celui de Joseph d’Arimathie. Lors de l’une des scènes les plus pathétiques, la descente de croix, le Christ, sensé être mort, ne put retenir un vent particulièrement sonore et malodorant. Eclat de rire général dans la salle et dans la foulée une réplique inédite de Moustier qui est restée dans la mémoire locale  » Encà, en sus que t’ajudi, m’encencès ! », « Encore, en plus que je t’aide, tu m’encenses ! ». Il fallait vraiment que ces gens de l’époque aient un sens inné du spectacle, de l’à-propos et de la comédie pour sauver les meubles de cette façon. 

Miu L’abbè

Parmi la quantité impressionnante de surnoms donnés au village, il est quasiment impossible cent ans plus tard d’en retrouver l’origine. Pourquoi Marius Dépousier fut-il  toujours connu sous le nom de Miu l’Abbé ? C’est intéressant ! Miu, parfois Meu, diminutif de Marius, c’est facile, et l’Abbé c’est parce que dans sa jeunesse il avait été « Abat« , terme qui n’a rien de religieux mais qui désignait le responsable de l’organisation des fêtes votives de l’année. Le terme d’Abat qui était employé entre autres à Fuveau est à rapprocher de « l’Abbé de la Jeunesse » qui désignait à peu près la même fonction à Aix voire du « Prieur » qui désigne toujours surtout dans la partie nord du département le responsable des festivités et défilés de la Saint-Eloi.

Coulomb, le Chouan

Nous sommes en 1931, Fuveau est à la veille d’une terrible épidémie de typhoïde et le nouveau maire, Théophile Coulomb, comme mû par un pressentiment prend un arrêté draconien en ce qui concerne le lavage du linge et c’est au garde champêtre qu’incombe la charge de sa stricte observation. Ce dernier qui vient d’être embauché en lieu et place de Léon Deleuil, révoqué, se nomme Léon Coulomb plus connu au village sous le sobriquet du Chouan. C’était un dur et pour donner l’exemple, il n’hésite pas à verbaliser son épouse qui lavait des serpillières à la fontaine de la rue du Château Vert !
Cette histoire légère s’inscrit dans une période grave de la mémoire locale au cours de laquelle le dévouement du Docteur Defaix fut entier. Les détails de cette épidémie ont été publiés sur le journal paroissial dans les années 90 avec un maximum de détails, c’est Auguste Honorat qui a effectué ce minutieux travail de recherches en particulier auprès des 12 familles qui ont perdu un des leurs.

La soupe d’épeautre.

Hormis quelques champs dans la vallée de l’Arc, encore étaient-ils très argileux, les terres de Fuveau étaient pauvres, ceci expliquant la présence d’oliviers, aulx, pois chiches et autre culture adaptée au terroir. La céréale qui convenait le mieux était le petit épeautre et les fuvelains étaient friands de recettes réalisées à partir de ces grains, en particulier la soupe d’épeautre, un plat qui nécessitait une cuisson particulièrement longue et donnait un bouillon assez gras d’autant que les ménagères n’hésitaient pas à ajouter un os pour donner un peu plus de goût. En provençal, l’épeautre se dit « l’espèuto » que d’aucuns n’hésitaient pas à franciser en « soupe des putes » ! 

Une colle pour fuvelains avertis.

Trois voies ou quartiers rappellent le souvenir d’anciens maires du village. Les connaissez-vous ? La première, c’est relativement facile, c’est l’avenue Alexandre Philip devenu maire après la dernière guerre, il conserva son poste jusque dans les années soixante. La deuxième, un peu plus difficile, c’est l’avenue Célestin Barthélémy qui fut également médecin du village au début du siècle dernier quant à la dernière, elle peut vous permettre de coller un fuvelain de vieille souche fut-il même très au fait du passé de son terroir. Eh bien il s’agit du chemin de Cassagne du nom d’un aixois, officier de santé, maire du village dans les années 1815 et qui était propriétaire d’un domaine situé sur la route des Michels à droite avant le pont de l’autoroute. C’est sur le dit domaine que le premier court de tennis de Fuveau vit le jour dans les années trente. 

La folle

Sauf erreur, c’est la commune de Termignon-en-Vanoise (73) qui avec sa superbe pleureuse possède le plus beau monument aux morts de France. A Fuveau, nous sommes très vraisemblablement bien placés dans le classement des plus laids et tristes édifices commémorant le souvenir de ceux qui sont tombés lors des dernières guerres. Erigé rue Rondet sur l’emplacement de l’ancien cimetière de la commune, notre monument, au demeurant bien entretenu, représente une Marianne les bras levés qui en son temps a dû brandir d’une main une palme et de l’autre un étendard mais ces deux attributs ayant subi des ans l’irréparable outrage, celle-ci se retrouve les bras en l’air avec la bouche ouverte de façon quelque peu surprenante et conséquemment, des autochtones observateurs ont donné à notre vénérable monument un surnom peu amène, la folle. Au passant de juger.

Rendons à César : dans l’été 2008 ce monument a été restauré, l’anecdote perd son sens mais l’histoire restera.

Le tour des chapelles.

Il est une expression d’origine bretonne fort connue, c’est « partir en bordée ». La performance consiste à faire le tour des maisons accueillantes d’amis ou connaissances sans oublier les bars, points de passage obligés et de finir une journée voire une soirée dans un état aisément imaginable. A Fuveau, ce noble sport s’appelle le « Tour des chapelles » mais ne diffère en rien du précédent hormis que le pastis tient la part la plus importante des ingurgitations. Cette pratique est devenue quelque peu désuète quoiqu’elle ait connu le temps de l’absinthe et qu’elle ait allègrement traversé le siècle dernier.

Voici la gare 

Elle aura vécu de 1904 à 1964. Les photos ou cartes postales de cet édifice vues sous cet angle sont rares alors que coté voie ferrée elles foisonnent. L’avenue Célestin Barthélémy était une voie sans issue et ne menait qu’à ladite gare à l’emplacement de laquelle se trouve maintenant un rond-point orné d’une fontaine sans intérêt achetée sur catalogue et point de départ des avenues Delattre de Tassigny ou maréchal Leclerc, noms donnés dans les années 70 alors que les dites avenues sont longées par le ruisseau au nom pittoresque de « La Casserole » qui mène à la source de « Trente Gouttes », des noms que l’on veut bien oublier sauf en cas de gros orages et de débordement.
Elle a connu une intense activité pendant toute son existence comme toute la ligne La Barque-Valdonne avec passage du transport de chaux, de charbon et de voyageurs en particulier de mineurs.

Faire carrière au village

La vue (1902) ci-dessus prise du haut de la rue Rondet est particulièrement intéressante, elle montre la carrière de la route de Châteauneuf ou de la Roque Martine encore en activité. Celle qui est encore très visible au bout de l’avenue Chanoine Moisan était déjà fermée et celle de la Roucaoudo, à l’ extrême droite de la photo, n’était pas encore ouverte. La plus belle des anciennes carrières de la commune mérite la promenade : c’est celle de Jauffret le tailleur de pierres. On ne peut y accéder autrement qu’à pied à partir du hameau de la Grande Bastide. Il faut monter tout droit, laisser à droite l’ancienne bergerie dite bergerie d’Armand, passer sous le petit pont de chemin de fer et continuer à monter en face dans la colline toujours tout droit sur 100 mètres en obliquant à peine sur la gauche. Là, on trouve encore « in situ » de gros moellons smillés que la mort du dernier exploitant a laissés sur place, l’œil de celui qui sait voir fait le reste pour la découverte de ce site resté relativement intact et qui mériterait certainement un réaménagement. Noter aussi que l’on aperçoit en plein centre de la photo, le moulin des Bosques maintenant quasi invisible dans la végétation.

Devisons en devises

 Fuveau n’avait pas de devise sur son blason. Au début du siècle dernier, le félibre Eugène LONG a voulu pallier cette petite carence et a proposé « Fuveù enfuvello ». C’est un jeu de mot qui peut être compris et traduit par « Fuveau rend fuvelain » ou « Fuveau attache » par allusion à la boucle de ceinture (la fuvelo) figurant sur le blason. C’est la devise non officielle mais néanmoins couramment admise, reconnue et acceptée.
Une famille du village est aussi connue pour sa devise. Les VITALIS proclament : « La table et le reste ».  Tout un symbole au pays de la « Confrérie de l’aïet ».  « Aïet »: nom commun provençal qui signifie ail mais surtout aïoli.

Pourquoi autant de surnoms à Fuveau ?

Dans tous les villages, la tradition des surnoms ou des « faux-noms » était monnaie courante mais plus encore sur le notre où se mélangeaient un tel contingent de Barthélémy, Vitalis, Blanc et autre Bourrelly qu’il fallait bien les distinguer et lors du pointage des ouvriers mineurs, chacun était appelé par son surnom et personne n’y trouvait à redire. En voici au hasard : Bamban, Barioù,  Baron,  Bartoche,  Belle-nuit,  Bi,  Blanquet,  Bretelle,  Cabanon, Chinchet, Chinchin, Gamate, Gauche, Laboutèze, Lapente, Lapin, Mariette,  Marlois,  Massaque, Nabo, Pèti,  Pia,  Saguiche,  Sinsoire,  Sordat, Tachou,Tra-Tra, la liste est loin d’être exhaustive.


Sur ce cliché pris devant le bar des Joyeux, on peut remarquer une ancienne inscription prouvant que les surnoms n’étaient pas l’apanage de la mine. On lit encore au-dessus du fronton « Coulomb dit Gauche » ! Le personnage qui tient le chien dans ses bras était surnommé « Noël lou cantaïre », Noël le chanteur.

La chasse au furet   

Cette forme de chasse était certainement la plus appréciée à Fuveau. Il fallait trouver des terriers de lapins dans la colline (une troucharié) et envoyer un furet à l’intérieur. Si le lapin y était, il s’enfuyait nécessairement par une autre issue et devenait facile à tuer. Les marseillais qui étaient considérés comme des béotiens à l’époque aimaient être invités à cet amusement particulier. Paul fit savoir à l’un d’eux qu’il avait repéré une « troucharié » de Géants des Flandres et l’invité eut plaisir à l’accompagner. Peu après que le furet fut envoyé dans une galerie  pour accomplir sa tâche, on vit sortir de l’autre coté du terrier un lapin albinos d’élevage paré d’une somptueuse cravate. L’histoire se passait dans l’entre-deux-guerres, depuis quelque trente années, cette chasse est prohibée.  

La Quadrette   

Jeu de cartes typique de Fuveau et de quelques villages voisins dont La Bouilladisse, Rousset et Meyreuil,  il oppose deux équipes comme à la belote (32 cartes) avec en valeur roi, dame, valet, as, dix, neuf, huit, sept. L’atout est la couleur de la dernière carte distribuée que le donneur retourne et garde. Pour marquer le point, il faut être la première équipe à réaliser quatre levées ou plis. Si la même équipe fait les huit levées elle a deux points et si le même joueur fait les huit levées, il fait « quadrette » et son équipe marque quatre points. On va généralement en huit. Le plaisir du jeu c’est que l’on peut parler et demander à son partenaire qu’il dise les cartes qu’il a en mains, choisir celle qu’il doit jouer et discuter de la tactique à adopter. Il est conseillé d’annoncer ses rois, ses coupes, les petits mariages (dame et valet) ou lorsqu’on met feu (une seule carte d’une couleur) mais éviter d’annoncer les dames seules et le jeu d’Aix (deux cartes de chaque couleur). Le parler provençal est certes admis voire même conseillé.       

Les deux Roses    

 L’un des concours de quadrette des années 50 est resté dans les mémoires. Les équipes qui s’inscrivaient, parmi elles de nombreuses équipes féminines ou mixtes, donnaient le nom ou le prénom de l’un des deux joueurs et plus souvent le surnom: les deux « Gamate », les deux « Bartoche », les « Sinsoire », les « Mariette », les « Saguiche », les « Bretelle », les « Marlois », les « Pèti », les « Belle-nuit », les « Barioù » au hasard des quelque soixante équipes, la liste n’est pas exhaustive. Cette année-là, après le tirage au sort des équipes devant s’affronter, la paire des deux « Roses » qui faisait anormalement attendre leurs adversaires était recherchée par les organisateurs qui pestaient contre ces femmes qui s’inscrivaient puis allaient vaquer à quelque tâche ménagère avant le concours. On en était venu à faire le tour des maisons de certaines Rose du village mais aucune n’était inscrite. Au moment de les déclarer forfait on vit sortir d’un bar Joseph et Auguste, deux grands amis : l’un était responsable de la cellule communiste et l’autre engagé et marqué à droite le mélange de leur couleur, le rouge et le blanc, en avait fait « Les deux Roses ». Osera-t-on ajouter qu’ils étaient peut-être noirs ?

La Bague à Boghei   

Photo centenaire et à notre connaissance unique de la bague à boghei.

 Au temps où la fête votive à Fuveau avait encore un sens, outre les classiques bals et concours de boules, les animations consistaient en de nombreux jeux dont la bague à boghei. Les participants juchés sur une charrette, élevée au rang de boghei pour l’occasion, se passaient à tour de rôle une longue perche et devaient retourner un pot de peinture accroché à une barre en travers du cours Leydet. Ce jeu très populaire attirait une vraie foule et les primes offertes aux plus adroits mais aussi aux plus sales, aux mieux déguisés ou autre, tombaient à gogo. Au début des années 60, cette jolie tradition qui a dégénéré en une bataille de seaux d’eau a dû être supprimée. On l’appelait également le « pouaire » ce qui veut tout simplement dire « seau » en provençal et plus précisément le seau qui va chercher l’eau au fond du puits. La Bague à Boghei se pratique encore pour la fête de Cuges-les-Pins et de Lascours, hameau de Roquevaire, sous des formes très épurées mais pour combien de temps encore ?
Ce jeu est également attesté plus anciennement à La Ciotat, Château-Gombert et   quelques autres lieux de la périphérie marseillaise. Depuis 2002, un nouveau comité des fêtes a remis la Bague à Boghei au goût du jour en utilisant un camion en remplacement de la charrette. 

La photo ci-dessous est également unique, elle est de 1948 et c’est « Poupou »  Cernoïa qui est à la perche.

NB : Le seau (pouaïre) actuellement utilisé pour ce jeu est propriété d’Elian Barthélémy, fils d’André, maçon et bricoleur émérite qui l’avait lui-même fabriqué.

Et voici une anecdote « corollaire ». Savez-vous qu’un fuvelain a failli être décapité à cause de la bague à boghei ? Dans les années 50, Valentin, un transporteur de la Barque aimait mener ses amis à la plage de La Capte en été. Pour ce faire il laissait monter dans la benne de son camion tous ceux qui le voulaient ce qui n’avait rien de répréhensible en cet heureux temps. En traversant La Ciotat, lorsque un « passager » a dit « On voit la mer », le petit Jacky s’est levé le plus haut possible sur la « tinteino » du camion, lorsque sa tête a effleuré un seau pendu en travers de la route. Il y a laissé quelques cheveux et une grosse frayeur rétrospective : il venait de toucher un « pouaire », un seau de bague à boghei. Ce « petit », c’est Jacky Casucci, fils de la dernière garde-barrière du village, celle qui durant des lustres a donné le passage aux trains de la feue ligne La Barque – Valdonne au niveau du Jas de Bassas.   

Le Cours Leydet

Carte postale de 1902 comme la plupart des vues du village portant un numéro de série (ici 3542) ainsi que la mention « phototype E. Lacour Marseille » .

La physionomie de cette place n’a pratiquement pas changé depuis cette époque. Un buste en bronze du député Victor Leydet a été ajouté sur la fontaine en 1979, il est dû au sculpteur Martin.

La carte postale en tête de page, c’est le cours, en l’occurrence, il honore Victor Leydet (1845-1908), un député et sénateur aixois ripailleur qui voici plus d’un  siècle présidait aux destinées de notre arrondissement mais n’a pas laissé un grand souvenir dans l’histoire, souvent confondu avec son fils Louis Leydet petit maître aixois ami de Monet et Cézanne. Le cours donc, c’est la faute de prononciation commune, le péché véniel du village car pour ne pas se faire remarquer, il faut prononcer « coursss » et surtout pas cour comme le veut la bienséance ailleurs. Et puis à Fuveau, le coursss, c’est l’agora où l’on se retrouve tout les jours -après étape au Bar des Joyeux- du coté le plus ensoleillé et le plus abrité du vent pour y refaire le monde de préférence en français au milieu duquel sont introduites quelques phrases en provençal accompagnées d’une bonne dose de parler marseillais. 
Un petit clic sur les documents ci-dessous et vous comprendrez ce qu’était la ripaille fuvelaine en 1906 avec ce menu offert à Victor Leydet lors de sa venue chez nous.

Des écrevisses à Fuveau ou Fuveau vu par Frédéric Mistral

En dépit de l’amitié qui le liait à notre félibre local Eugène Long, Mistral n’a jamais parlé de Fuveau dans son œuvre sauf dans son grand dictionnaire le Trésor du félibrige où il cite son nom en provençal :Fuvèu (ne pas oublier l’accent grave sur le E) et les anciens noms du lieu : Fuvel, Fuellum, Affuellum, Affuvellum.
Il signale la boucle de ceinture sur le blason : la fuvello mais il cite surtout une expression depuis longtemps oubliée, remplacée en langage moderne par « Envoyer paître quelqu’un », c’est : « Manda pesca de chambre à Fuvèu » qui se traduit par « Envoyer pêcher des écrevisses à Fuveau ».Avions- nous des écrevisses dans le Grand Vallat ou ailleurs ? C’est bien peu vraisemblable mais personne ne sait.

Une légende vraie à Château-l’Arc

Après deux ventes au cours du dix-neuvième siècle, Château-l’Arc est passé dans les mains d’une riche et noble famille au début du siècle dernier : les de Jessé-Charleval.
 En cet heureux temps, on vivait bien au domaine. Les propriétaires s’employaient à rénover la bâtisse ainsi que ses abords et les gens de Fuveau employés aux tâches ménagères étaient nombreux. Tous avaient accès à toutes les salles, sauf une. Située dans une des ailes du château, elle avait une particularité qui ne manquait pas de faire des envieux : le sol était recouvert de pièces d’argent à l’effigie de Louis le quinzième et, comble de la fortune ainsi que de l’attachement à la royauté, ces pièces étaient posées sur le chant. car ne fallait pas marcher sur la face du roi !
Malheureusement la fortune de la famille n’a eu qu’un temps,  déjà avant la dernière guerre, celle-ci était ruinée par les mauvaises affaires et lorsque Bernard Buffet leur à acheté le domaine en 1956, il n’y a pas trouvé de trésor, peut-être même n’a-t-il jamais eu vent de cette légende vraie dont témoignaient ceux qui avaient connu Château-l’Arc avant lui en particulier les descendants du personnel domestique.

Cougourdié

La tradition de la pastorale Maurel jouée depuis bien plus d’un siècle en période calendale au Cercle Saint-Michel et ce sans interruption hormis les années de guerre, c’est une maintenance connue dont le village s’enorgueillit. Les anecdotes sur celle-ci sont légion mais la plus intéressante, est celle du personnage de Cougourdié. L’auteur, Antoine Maurel, a appelé Pistachiè le rôle du simple, comique et plein de bon sens dans son œuvre, par dérision bien sûr puisque le pistachié en l’occurrence ne se traduit pas par « arbre à pistaches » mais par « coureur de jupons » voire un plus moderne « dragueur ». Ce nom n’avait pas été apprécié par l’abbé Moisan curé du village à partir de 1904 et il avait imposé que le dit Pistachié, tout au moins à Fuveau, soit appelé « Coucourdié  » mot ayant rapport avec la courge. Ses ouailles lui ont obéi et la tradition reste.

Un saint a exercé les fonctions de curé de Fuveau

Eugène de Mazenod

En septembre 1816, Eugène de Mazenod, accompagné de trois prêtres de la Mission de Provence, est venu au village durant quatre semaines pour prêcher une « mission » à l’invite de Pierre Chabert alors curé de la paroisse. Ils visitent la totalité des familles du village qui comptait alors 1200 âmes et donnent prédications, sermons et même confessions en provençal. Le dernier jour une croix est érigée, elle existe toujours, c’est la « Croix de fer » à l’angle Rue du Nord et rue de la Paix. En septembre 1822, le père de Mazenod est appelé pour exercer à titre transitoire les fonctions de curé du village pendant un mois. On retrouve sa signature sur les registres de l’époque. Il a été béatifié le 19 octobre 1975 par Paul VI et canonisé le 3 décembre 1995 par Jean-Paul II. Le chanoine Moisan a écrit sur sa vie un livre plein d’enseignements. Encore un événement important du passé totalement oublié par la communauté du village.

Eugène de Mazenod (1782-1861)
Évêque de Marseille, fondateur de la congrégation des 
Oblats de Marie Immaculée
PhotoCHARLES-JOSEPH-EUGÈNE DE MAZENOD vit le jour dans un monde en pleine et rapide évolution. Né à Aix-en-Provence, dans le sud de la France, le premier août 1782, il paraissait assuré d’une brillante carrière et d’une certaine aisance de par sa famille qui était de la petite noblesse. Les bouleversements de la révolution française allaient changer cela pour toujours. Eugène n’avait encore que huit ans quand sa famille dut fuir la France en abandonnant ses biens derrière elle. La famille commençait alors un long et pénible exil qui allait durer onze ans.Les années en ItalieLa famille de Mazenod, partit en exil en Italie, passant d’une cité à une autre. Le père, qui avait été Président de chambre au Parlement d’Aix, fut contraint de s’adonner au commerce pour faire vivre sa famille. Il se montra si peu habile en affaire qu’au bout de quelques années sa famille était proche de la détresse. Eugène étudia quelque peu au Collège des Nobles à Turin mais l’obligation de partir pour Venise allait marquer pour lui la fin d’une fréquentation scolaire normale. Un prêtre, Don Bartolo Zinelli, qui était proche de la famille de Mazenod, entreprit de travailler à la formation du jeune émigré. Don Bartolo donna à Eugène une éducation fondamentale imprégnée du sens de Dieu et du désir d’une vie de piété qui devaient l’accompagner pour toujours malgré les hauts et les bas de son existence. Un nouveau déplacement, vers Naples cette fois, engendra une période d’ennui doublée d’un sentiment d’impuissance. La famille changea de nouveau, et cette fois se rendit à Palerme, où grâce à la bonté du Duc et de la Duchesse de Cannizzaro, Eugène goûta pour la première fois à la vie de la noblesse qu’il trouva agréable. Il prit le titre de « Comte de Mazenod », s’initia aux habitudes de cour et se mit à rêver à un brillant avenir.Le retour en France: la PrêtriseEn 1802, à l’âge de 20 ans, Eugène put retourner dans son pays. Tous ses rêves et ses illusions s’évanouirent rapidement. Il n’était que le « Citoyen » Mazenod. La France avait beaucoup changé. Ses parents s’étaient séparés. Sa mère essaya de récupérer le patrimoine familial. Elle était aussi très préoccupée de marier Eugène à une plus riche héritière. Il devint pessimiste face à l’avenir qui s’offrait à lui. Mais son souci spontané des autres, joint à la foi qu’il avait développée à Venise commencèrent à s’affirmer. Il fut profondément peiné par la situation désastreuse de l’Église de France qui avait été provoquée, attaquée et décimée par la révolution. L’appel au sacerdoce commença à se manifester en lui et Eugène répondit à cet appel. En dépit de l’opposition de sa mère, il entra au Séminaire Saint-Sulpice à Paris et le 21 décembre 1811 il fut ordonné prêtre à Amiens.Les engagements apostoliques: Oblats de Marie ImmaculéeRevenant à Aix-en-Provence, il ne prit pas la charge d’une paroisse, mais commença à exercer son ministère en se souciant tout spécialement d’aider spirituellement les plus pauvres: les prisonniers, les jeunes, les employés, les gens des campagnes. Souvent, Eugène fut en butte à l’opposition du clergé local. Mais bientôt il trouva d’autres prêtres également remplis de zèle et prêts à sortir des sentiers battus. Eugène et ses compagnons prêchèrent en provençal, le langage courant chez leurs auditeurs et non dans le français des gens instruits. Ils allaient de village en village enseignant le « petit peuple » et passant de longues heures au confessionnal. Entre ces « missions paroissiales », le groupe se retrouvait pour une intense vie communautaire de prière, d’étude et de fraternité. Ils s’appelaient « Les Missionnaires de Provence ». Pour assurer la continuité de l’Âœuvre, Eugène entreprit une démarche audacieuse, celle d’en appeler au Saint-Père et de lui demander que son groupe soit reconnu comme congrégation de droit pontifical.Sa foi et sa persévérance portèrent des fruits et c’est ainsi que le 17 février 1826, le Pape Léon XII approuvait la nouvelle congrégation sous le nom d' »Oblats de Marie Immaculée ». Eugène fut élu supérieur général et il continua d’inspirer et de guider ses membres pendant 35 ans encore, jusqu’à sa mort. Le nombre des oeuvres allait croissant: prédications, confessions, ministère auprès des jeunes, responsabilité de sanctuaires marials, visites de prisons, directions de séminaires, charges de paroisses. Dans leur accomplissement, Eugène insista toujours sur la nécessité d’une profonde formation spirituelle et d’une vie communautaire intense. Il aimait Jésus Christ avec passion et il était toujours prêt à assumer un nouvel engagement s’il y voyait une réponse aux besoins de l’Église. La « gloire de Dieu, le bien de l’Église et la sanctification des âmes » étaient à la source de son dynamisme intérieur.Évêque de MarseilleLe diocèse de Marseille avait été supprimé après le Concordat de 1802. Quand il fut rétabli, c’est le vieil oncle d’Eugène, le chanoine Fortuné de Mazenod, qui y fut nommé évêque. Aussitôt, le nouvel évêque appela Eugène comme vicaire général et c’est ainsi que le chantier immense de la reconstruction du diocèse lui incomba. Après quelques années, en 1832, Eugène lui-même, fut nommé évêque auxiliaire de son oncle. Son ordination épiscopale eut lieu à Rome. Ce fut considère comme un défi au gouvernement français qui prétendait avoir le droit de confirmer de telles nominations. Il s’en suivit une bataille diplomatique serrée. Eugène en fut le centre: accusations, incompréhensions, menaces et récriminations. Ce fut une période douloureuse pour lui, douleur accrue encore par les difficultés croissantes de sa propre famille religieuse.Cependant, il garda fermement le cap et finalement les affaires s’apaisèrent. Cinq ans plus tard, quand son Oncle se retira, il fut nommé évêque de Marseille.Un coeur grand comme le mondeBien qu’il ait fondé les Oblats de Marie Immaculée pour apporter d’abord les services de la foi aux pauvres des campagnes de France, le zèle d’Eugène pour le Royaume de Dieu et son amour pour l’Église amenèrent les Oblats à la pointe de l’apostolat missionnaire. Ceux-ci s’installèrent en Suisse, en Angleterre et en Irlande. En raison de son zèle, Eugène fut regardé comme un « second Saint Paul ». Des évêques missionnaires vinrent lui demander d’envoyer des Oblats dans leur champ apostolique en expansion. Malgré le petit nombre des membres de son Institut, Eugène répondit généreusement. Il envoya ses hommes au Canada, aux Etats-Unis, à Ceylan (Sri Lanka), en Afrique du Sud et au Basutoland (Lesotho). Missionnaires à sa manière, ils se répandirent en prêchant, baptisant, apportant à tous leur soutien. Fréquemment, ils s’installèrent dans des terres ignorées, établirent et dirigèrent de nouveaux diocèses et de multiples façons ils « osèrent tout, pour faire avancer le Règne de Dieu ». Pendant les années qui suivirent, l’élan missionnaire s’est poursuivi de sorte qu’aujourd’hui l’esprit d’Eugène de Mazenod est bien vivant dans 68 pays.Pasteur de son DiocèseDans ce bouillonnement d’activités missionnaires, Eugène se révélait comme l’éminent pasteur du Diocèse de Marseille. Il assurait la meilleure formation à ses prêtres, établissait de nouvelles paroisses, construisait une nouvelle cathédrale ainsi que, dominant la ville, la spectaculaire basilique de Notre-Dame-de-la-Garde. II encourageait ses prêtres à devenir des saints, invitait un grand nombre de communautés religieuses à travailler dans son diocèse et prenait la tête de l’ensemble des évêques français pour appuyer le Pape dans ses droits. Il devint une figure reconnue de l’Église de France. En 1856, Napoléon III le nommait sénateur, et à sa mort il était le doyen des évêques de France.L’héritage d’un saint. Le 21 mai 1861 Eugène de Mazenod retournait vers Dieu à l’âge de 79 ans. Ainsi se terminait une vie riche de réalisations dont plusieurs avaient été portées dans la souffrance. Pour sa famille religieuse et pour son diocèse, il avait été à la fois point d’appui et inspiration, pour Dieu et l’Église, il avait été un fils fidèle et généreux. Au moment de sa mort, il laissa une ultime recommandation: « Entre vous, pratiquez bien la charité! La charité, la charité et dans le monde, le zèle pour le salut des âmes ». L’Église en le déclarant « Saint » le 3 décembre 1995, met en valeur ces deux traits de sa vie: l’amour et le zèle. Sa vie et ses oeuvres demeurent pour tous une ouverture sur le mystère de Dieu lui-même. Ceci est le plus grand don qu’Eugène de Mazenod, Oblat de Marie Immaculée, puisse nous offrir.

Pour ne sortir qu’à moitié du sujet, nous avons eu si l’on peut dire également, une « bienheureuse » qui est passée à Fuveau, eh oui ! La bienheureuse sœur Marie de Jésus DELUIL MARTINY, née à Marseille en 1841, fondatrice de la Sociète des Filles du Cœur de Jésus a été nourrie dans sa plus tendre enfance à Fuveau par une nourrice fuvelaine et béatifiée en 1989 par Jean-Paul II.  
Les nourrices étaient une spécialité fuvelaine dans les siècles passés.

Vietto a « tiré droit »

Le tour de France est souvent passé sur le territoire de la commune et les fuvelains se sont souvent rendus nombreux sur les bas-cotés de l’ex nationale 96 maintenant RD96 pour applaudir les coureurs et tenter de récupérer des babioles publicitaires. En 1947, c’était la dernière participation du célèbre  René Vietto vainqueur du trophée des grimpeurs en 1934. Dans la descente du Pailladou, fatigue ou erreur d’appréciation, dans un virage, il a eu la mauvause idée de garder la droite ligne et s’est retrouvé dans des argelas. A défaut de se piquer volontairement, il n’avait pas cette réputation, il s’est retrouvé piqué sur tout le corps mais a pu rallier le terme de l’étape et même l’arrivée du tour.
Cette anecdote nous a été rapportée par Victor Maméli qui a assisté à la scène.

Fuvéu, pitchoun villagi…

Il était courant voici plus d’un siècle de trouver des plaisanteries sur les villages voisins en voici  un florilège loin d’être exhaustif pour en venir à Fuveau.

Iéu siou d’Auriòu, m’en trùfi (Je suis d’Auriol, je m’en moque !)

À Pourrièro, se metton à dous per porta un téule (À Pourrières, ils se mettent à deux pour porter une tuile)

Li gent de La Ciéutat, amon mai tout que la mita (Les gens de La Ciotat préfèrent tout que la moitié)

Au Martegue, dous fan mai qu’un (Aux Martigues, deux font plus qu’un)

À la Diauto, pagon per lei régret (À La Diote, ils paient pour chanter les regrets aux enterrements)

Même une en français : les hommes, c’est comme les poêlons d’Aubagne, ils périssent tous par la queue.

Et pour Fuveau alors ?   Fuvéu, pitchoun villagi, grand bordéu

L’explication est sur la photo. Dans les années 1890 et suivantes, le café-hôtel Frégier avait une certaine réputation loin d’être usurpée. À l’entrée de l’établissement, l’arbre qui était planté était un jujubier et ça n’était pas par hasard. En provençal, une jujube se disait « chichourlo » et une chichourlo, c’était une dame que nous dirons avenante ; à l’étage, elles ne manquaient pas. Le propriétaire, bravant toutes les injonctions et procès-verbaux qui lui étaient dressés n’en faisait qu’à sa tête  et faisait fructifier son commerce. On venait d’assez loin pour y rencontrer ces dames, on dit même que le célèbre abbé Saunière, y faisait un détour quand il se rendait en pèlerinage à la Sainte-Baume. Dès lors, ce dicton collait aux basques de Fuveau.

Rue Cachichi

 C’est l’histoire d’un homme qui n’a passé que quatre ans à Fuveau dans l’entre-deux-guerres mais qui nous a offert la plus croustillante des histoires de rue du village. Boulangers depuis trois siècles de père en fils, soit aux Milles, soit à Velaux, les SILVESTRE étaient affublés depuis plusieurs générations du sobriquet de CACHICHI et ce depuis si longtemps qu’eux-mêmes ne savaient plus pourquoi. Léon SILVESTRE né à Velaux en 1888 poursuivit naturellement la tradition familiale. La première guerre lui laissa une infirmité au bras, par suite il exerça au Pont-des-Trois-Sautets dans des conditions difficiles puisqu’il pétrissait à la main. Début 1925, l’occasion lui fut donnée de prendre en gérance la boulangerie Négrel de Fuveau que son propriétaire laissait pour raison de santé mais qui était équipée d’un pétrin mécanique. Quel travailleur forcené ! Il livrait dans la journée jusqu’à Salonique, un quartier de Gréasque, ne trouvant le temps de dormir que sur le trajet du retour que son âne connaissait parfaitement. A cette époque, les boulangers de Fuveau ne fabriquaient que le pain marseillais en pâte dure, le pain d’Aix, une pâte molle d’un demi kilo, et le pain parisien à forme cylindrique. Lui, avait le sens commercial et fut le premier à introduire au village le « pain de luxe » qui n’est rien moins que notre flûte actuelle. Mettant à profit son original surnom, il baptisa son établissement  qui se trouvait à gauche de l’actuelle Caisse d’épargne : « Boulangerie Cachichi ». La traverse pentue qui à cet endroit forme angle avec la rue de la République n’avait pas de nom bien défini à l’époque, fort peu utilisée qu’elle était puisque régulièrement encombrée de fagots, les faïssines, que les jeunes fuvelains ramassaient à l’époque pour les boulangers du village et même pour ceux d’Aubagne et Marseille. Certains l’appelaient la traverse NÉGREL du nom du propriétaire de la partie droite de ladite rue. Un jour que Léon SILVESTRE repeignait sa devanture, il eut tout simplement l’idée de peindre aussi au coin de sa maison « RUE CACHICHI » et depuis le nom est resté sans qu’aucune délibération municipale ne soit venue entériner cette décision unilatérale. En 1928, il a quitté Fuveau pour se retirer à Aix où il est mort en 1967. La rue demeure.   
Au fait, savait-il que le cachichi est un instrument de musique brésilien ?

Léon SILVESTRE dit Cachichi.

L’aviateur Canadien

La stèle de l’aviateur canadien

Ici, sur la commune de Fuveau, est tombé le pilote naval sous-lieutenant David Arthur Cary de la Royal Canadian Air Force, en mission de protection des troupes du débarquement en Provence.
Originaire de Cambrose, province d’Alberta, il fut un bon fils, un bon patriote, un sportif et un musicien. Il est tombé pour la liberté à l’âge de 21 ans.

Depuis 1988, il est traditionnel d’y déposer des gerbes lors des cérémonies du 8 mai.

Ci-dessus, la photo de la stèle qui se trouve quartier du Vallon, route de Châteauneuf au début du chemin des Piboules soit à 20 mètres de la route et la copie de ce qui est écrit sur la plaque commémorative. Cet aviateur, au commandes d’un Seafire de l’armée canadienne est tombé à quelques mètres de là. Aucune photo n’a été prise à l’époque mais des témoignages concordants des premières personnes qui se sont trouvées sur les lieux à l’époque et des recherches effectuées par des fuvelains ont permis de retrouver la famille du héros au Canada. Le sous-lieutenant Cary est toujours enterré au cimetière de Fuveau.

Voici la plaque qui orne sa tombe que l’on trouvera en haut, aux trois-quarts gauche de la partie ancienne du cimetière.

Sur le mur d’enceinte du cimetière cette plaque signalant que cette tombe appartient au Commonwealth.

Voici un bonus : la copie intégrale de l’acte de décès original du lieutenant Cary.

n° 31

A . CARY

(Sans autres renseignements)

Le Dix-huit août Mil neuf cent quarante quatre, à douze

heures trente minutes est décédé aux abords du moulin à vent, quartier

du Vallon, par chute et inflamation de l’avion qu’il pilotait un

militaire au sujet duquel on a pu recueillir que c’était un

« pilot présumé – D.A. CARY–  » army H.Q. sans autres renseignements

d’état-civil. – Dressé le dix-huit août Mil neuf cent quarante

quatre à dix-huit heures, sur la déclaration d’andré Lenglet

garde-champêtre, trente quatre ans domicilié à Fuveau qui

lecture faite a signé avec Nous, Léon Roubaud, adjoint au Maire

de Fuveau.

Des avions malchanceux

Nous sommes dans l’entre-deux-guerres, il ne s’agit pas d’un avion abattu mais d’un bombardier anglais, précisément un Handley Page modèle 0/400 qui suite à une panne a dû faire un atterrissage d’urgence dans un champ à la Grand’Bastide. Il a éveillé beaucoup de curiosités mais a pu repartir après réparations.
Et ci-dessous trois autres photos, dont une datée, de ce mémorable évènement !

Ce jour-là, même André Barthélémy, maçon célèbre en son temps au village y est allé de son cliché.

Décidément Fuveau a connu bien des problèmes au niveau des crashes, outre l’avion canadien, les archives de la gendarmerie signalent aussi qu’un avion militaire français s’est abattu près du poste de Fuveau le 13 ou 14 mai 1940 et notre ami  Marcel Dellasta nous conte son témoignage du crash d’un avion allemand après une bataille aérienne.

Machama

A chacun sa façon de rendre hommage à l’abbé Pierre inhumé ce jour 26 janvier 2007. Le portrait de l’homme que vous voyez là, peint au début de années 50 par Don Antoine Moustier, est celui de Machama, un vagabond qui a erré sur la commune des années durant et vivait de la charité des habitants. Son quartier général était la coopérative vinicole, elle même charitable aussi en son temps. Il avait élu domicile quasi fixe, le mot squatté n’était pas en usage, dans la cabane de cantonniers située au bord de la nationale 96 mais aujourd’hui démolie. Machama était évidemment un surnom dont l’origine reste inconnue quelques témoins nous ont dit que son véritable nom de famille serait Percivalle.

Le tour des Frères

Il était une promenade digestive qu’aimaient faire les fuvelains surtout au frais le soir. Longue d’un bon kilomètre, elle consistait à partir de la rue d’Aix, maintenant chanoine Moisan, passer devant l’école libre de garçons, maintenant Maison pour Tous, passer le pont des Frères, passer le Pont du Grand Vallat à droite, devant la carrière de pierres et remonter au centre du village côté Galerie. La circulation de véhicules n’étant pas ce qu’elle est maintenant, le circuit était sans danger. On appelait ça faire le « Tour des Frères » simplement parce que ladite ancienne école de garçons était tenue par des Frères maristes jusqu’à la première guerre, d’ailleurs le pont que l’on traversait juste après l’école était aussi appelé le Pont des Frères.
C’est l’occasion de rappeler le souvenir de deux instituteurs qui ont marqué cette école: le frère Rodrigue connu pour son extrème sévérité et plus tard, Monsieur Rabasse, père de Marie-Jeanne Moustier. Charles Verminck fut le premier instituteur de Fuveau et curieusement avant de venir au village, il était novice chez les Frères Gris près de Luynes.

NDLR: Un employé fonctionnaire du cadastre à la conscience professionnelle et la conscience tout court très limitées a appelé un jour  le pont des Frères : pont des 3 Frères ce qui enlève tout son sens au nom de ce pont.

Croix de Lorraine et Durili

Ce « graffiti » est dû à un certain Durili Jean-Baptiste Napoléon, conseiller municipal corse et hâbleur dans les années troubles de l’occupation. C’est aussi un palimpseste ! Les allemands avaient peint une marque de reconnaissance de leur découpage de zone :  KN4A sur ce mur au bout de la rue du 4 septembre. Notre DURILI, en forme de vengeance avait passé une couche de peinture rouge sur ce sigle et avait ajouté un symbole fort à côté : la croix de Lorraine. La chimie, là aussi, a fait ressortir plusieurs années après, le sigle allemand que DURILI croyait avoir recouvert pour toujours et pourtant, cette peinture était connue pour être la plus résistante et de meilleure qualité, elle était utilisée surtout pour les cuisines.

Durili et son épouse née Augusta Grégoire.

Triste fin pour ce « monument » de la mémoire fuvelaine. Au cours de l’automne 2011, le nouveau propriétaire de l’immeuble, dans un but de rénovation, a décidé de crépir toutes les facades dont celle qui arborait cette précieuse relique et, en une minute, tout a disparu. Mairie, propriétaire, agents immobiliers, associations peuvent se renvoyer la responsabilité, le résultat est là. Les journées du patrimoine, si elles perdurent par-delà cet incident, seront sérieusement amputées et, à Fuveau, perdront une grande partie de leur charme.

Tous fliqués

Les archives départementales de Marseille  révèlent souvent des documents innatendus et quand on a la chance d’y tomber desssus, il faut filmer, photocopier ou transcrire selon le cas. En 1874, c’est la gendarmerie de Rousset qui est compétente pour les communes de Fuveau, Rousset, Beaurecueil, Châteuneuf et Puyloubier. Le résultat de ses investigations dans les cercles et autre socièté est édifiant. La lecture de ces documents est difficile mais jugez plutôt.

Vingt-quatre cercles à Fuveau, cinq à Rousset, quatre à Puyloubier, un à Châteauneuf, deux à Beaurecueil, voilà qui est édifiant. Par ordre d’apparition à l’écran : le Cercle Musical, 58 membres, le Cercle de Saint-Vincent-de-Paul,  Cercle Saint-Jacques, Cercle des Tranquilles, Cercle Saint-Stanislas, Cercle Saint-Félix, Cercle Saint-Antoine, Cercle Saint-Clair, Cercle Saint-Jean, Cercle Saint-François-d’Assise, Cercle Saint-Honoré, Cercle du Bien-Aimé, Cercle Saint-Louis-de-Gonzague, Cercle Saint-Robert, Café du Cours, Café de France, Café tenu par le sieur Barthélémy, Café Moustier, Café tenu par le sieur Jean-Paul Barthélémy, Buvette tenue par le sieur Bonnefoi, Buvette tenue par le sieur Dépousier,
Passons à Rouset : Cercle de Provence, Cercle de l’Orphéon, Cercle du Flascou, Café-restaurant tenu par le sieur Rey, Buvette tenue par le sieur Suzanne,
Pour Puyloubier ; Cercle Saint-Pons, Café tenu par le sieur Coulon, Café de la Place, Café du Cabanon.
Châteauneuf : Buvette tenue par Monsieur Roby Auguste.
Beaurecueil : Buvette tenue par la veuve Boulendan, Cercle Saint-Lazare.

Héroïque Ninette

Très fier de vous conter cette histoire qui est bien plus qu’une simple anecdote car l’héroïne en est Ninette REYBAUD. Maria REYBAUD née ISNARD dite Ninette, sage femme de son état, épouse de Parfait Reybaud celle qui m’a mis au monde, celle entre les bras de laquelle je suis né voici soixante ans passés ! Nous sommes pendant la triste époque de l’occupation, à Fuveau comme ailleurs, des garnisons allemandes sont installées sans parler des disciples de Mussolini. Dénonciations et réquisitions étaient le lot quodidien de ceux qui n’étaient ni déportés, ni partis au front, ni emmenés en camp de travail. Parmi ceux-ci, Ninette REYBAUD, la sage-femme pour le village et les communes voisines. Elle avait été dénoncée comme possédant deux postes de T.S.F ! La gestapo, emmenée par MARZLOFF et HERMANN surnommé « Le Balafré » de sinistre mémoire, n’avait pas tardé à débarquer chez elle pour saisir l’objet du délit. Lorsque cette bande lui ordonna de donner son précieux instrument, celle-ci le prit et de toutes ses forces le brisa au sol en plusieurs morceaux en ajoutant avec la fougue qui la caractérisait que « jamais elle ne donnerait rien à l’ennemi » avec des mots bien plus crûs que ceux-ci. Elle fut emprisonnée avec son mari, cependant rapidement libérée sur intervention du prêtre de l’époque, le chanoine MOISAN et du docteur DEFAIX mais pas même condamnée tant elle était indispensable à la vie de la communauté alentour. A Fuveau, il n’y eut qu’un résistant qui prit le maquis dans le Vercors: Louis Pécol (le rond-point de La Barque face au Pain du jour porte son nom)  mais nous considérons qu’il y eut une deuxième vraie résistante : Ninette REYBAUD. Elle fut élue conseillère municipale adjointe après la Libération dans la première mandature d’Alexandre Philip.

Conscriptions

Voici une nouvelle page consacrée aux photos des groupes de conscrits qui jusqu’aux trois-quarts du siècle dernier ont mis plus ou moins le village sens dessus-dessous après avoir satisfait à l’obligation de passer devant les autorités qui siégeaient au chef-lieu de canton, en l’occurrence Trets.

Quelles que soient les photos dont vous disposez, nous aurons plaisir à les publier sur cette page et si possible identifier « ceux de la classe ».

Voici la classe 1926/27 sur cette photo ou l’on reconnaitra bien des hommes qui ont marqué le village. La mode cette année-là était aux plumes d’Indiens. Autre intérêt de celle-ci, c’est un vue prise devant le « Café de l’Univers » disparu depuis des lustres qui se situait à droite de l’actuelle boulangerie côté est du cours Leydet.

Là, en 1906, une photo due à Marius Blanc. On remarquera la mode des cols ouverts et surtout de la « blodo » mais pas encore de fausses médailles ou décorations dont se sont accoutrés plus tard ces futurs soldats. Par contre, eux, arboraient leur papier de conseil de révision sur le devant du chapeau.

Photo prise devant le Cercle Saint-Michel au début du siècle dernier. Tous ont accroché leur carton sur leur chapeau sauf bien sûr, le gérant de l’époque Mesté Fidelo. Autre cliché de Marius Blanc pris en 1909.

Après-guerre, les conscrits de Gréasque arborent des plumes d’indien et diverses médailles. Les plus classiques : bon pour les filles ou vive la classe.  Sur la gauche, « Pétoulié » qui les a menés. On remarquera la permanence d’un tambour.

La classe 51 (la bien nommée). On reconnaîtra les Claude Rey, Pierrot Vottero, Hubert Decomis, Danton Trinci, Alix Demontès, René Pilia, Joseph Gazotti, René Vincis, Robert Régie, Aizac, et Yves Fina.

La classe 52 avec quelques célèbres flèches. Au hasard des identifications : 2 Filipetti 3 René Roche 4 Henri Reynier (Roulette) 5 Marcel Dellasta 6 Elian Barthélémy 7 Claude Bianchi 8 Gabriel Giraud 10 Albert Bourdin 11 Curet de Belle Nuit 12 Danton Trinci 13 André Vitalis 14 Aimé Fouret 15 Henri Pagliardini 16 René Vincis.

La classe 58 (nés en 1940) avec Jacky Casucci, Garcin, Utzèri, Edward Wosniak,Roger Brun, Merle, Charly Trinci, Guy Zucconi, Paul Coulomb. Ils sont photographiés à la sortie du « conseil » devant la mairie de Trets avec leur « décorations ».

Eux sont nés en 44 on reconnaitra Barra, ?, Daniel Coulomb, Jacky Agostini, Roger Bourdin, Claude Arnaud, Bernard Neveu, Marcel Rouge, Claude Ambrosio, Alain Loï, Rémy.

La classe 65 : ceux qui ont eu 18 ans en 1965 donc nés en 47. Roland Rossignol, Maurice Belviso, Jean François Roubaud avec le drapeau, Robert Trinci dit Chiche, André Corti, André Dellasta, Robert Solari, Ghislain Mattio dit Biki. Manquent au moins Serge Vitalis et Bernard Etienne dit Zè.
En observant bien le drapeau, on peut lire « Brick ». La plupart y sont allés à cette occasion pour la première fois ! Le tambour est absent sur la photo.

Pour ceux qui ont reçu cette convocation, c’était dur, il y avait déjà des bruits de bottes !

Le Docteur LAURENT

Anecdote triste et grave.

Nous sommes en 1944, année où les rafles sont une quasi-institution à Fuveau comme dans les villages environnants. Rafles de jeunes gens à emmener en camp de travail et rafles de familles juives. Au village, l’une d’elles reste mystérieuse, le docteur Laurent, Loran KIESELSTEIN, son épouse Berthe et leur fille ont adopté cette identité discrète avec des papiers parfaitement imités. Ils sont domiciliés au début de l’actuel chemin du Guignolet, sur l’avenue Alexandre Philip, à l’époque chemin de Gréasque, malheureusement quelques langues de Satan connaissent leur origine. Ils sont arrêtés par la gestapo et emmenés en camp de concentration, père d’un côté, mère et fille de l’autre. Un an plus tard, le père qui a réussi à s’évader revient au village, il y reste plus de six mois dans l’espoir de recevoir des nouvelles de sa famille. N’attendant plus rien, il en est reparti pour s’installer à Paris où il exerçait sa profession de médecin. Il est décédé en Corse le 29 décembre 1997. 
Dans un article publié sur le bulletin paroissial en avril 2002 et intitulé « Il y a-t-il eu des justes à Fuveau ? », Auguste Honorat avait détaillé l’histoire de cette famille. Leur toute jeune petite fille Madeleine, née le 09 octobre 1942, a également été raflée alors qu’elle était cachée chez une autre personne. Il y a donc eu au moins un juste, plutôt une juste, à Fuveau mais combien d’injustes et de lâches ? 
La famille Bielski et leur deux enfants domiciliés rue du Tuve ont subi le même sort. Nous avons retrouvé un vrai faux-tampon de l’époque fabriqué par un fuvelain et qui aurait permis à certains de s’exiler au Luxembourg.

Voici l’épilogue

Nous détenons le document qui prouve comment le maire Barthélémy Félix dit Bamban a dénoncé et fait arrêter le docteur Laurent par le plus odieux des stratagèmes, en lui donnant un rendez-vous à cinq heures du matin en mairie pour lui donner un soi-disant laisser-passer. Ce n’est pas ce fourbe collabo qui était là mais la Gestapo qui a emmené sans ménagement la famille vers les camps de la mort ! C’est bien trop grave et trop sordide pour que celui-ci soit publié.  L’avocat le plus habile de la place d’Aix à l’époque, payé à prix d’or, a su éviter à ce criminel d’être fusillé et il a pu finir sa vie en toute quiétude comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice… où de belles Fuvelaines aimaient à aller en pèlerinage..

.Et dire que cet assassin a été acquitté en s’offrant les services du meilleur avocat de la place d’Aix à l’époque!

Hauteur de gare (septembre 2014)

Cette photo n’a certainement aucune valeur artistique ni technique mais très vraisemblablement un intérêt patrimonial. Eh oui ! Après la récente inauguration de la table d’orientation dans le virage de la rue Rondet où la hauteur (au-dessus du niveau de la mer) est donnée à juste titre à 301 mètres, il nous a paru intéressant de signaler l’existence de cette pierre, pieusement conservée telle un relique mais bien peu mise en valeur sinon dévalorisée. On la trouve à son emplacement originel, à l’époque où elle indiquait in situ, la hauteur de l’ancienne gare qui elle, se trouvait à 254,4 mètres. Pour la trouver, un petit effort est nécessaire ! Il faut aller sur l’emplacement de la fontaine, place de l’Ancienne gare et là, monter prudemment sur le rond-point au niveau de la fontaine, face à l’avenue Célestin Barthélémy  et on trouve cette inscription qui tourne le dos à l’avenue ! C’est une bien modeste relique quasi invisible de notre patrimoine local  dans une position peu académique!

Un apophtegme (nov 2014)

Sans parler de mot historique, une phrase mémorable a été prononcée à Château-l’Arc, peut-être un apophtegme qui est parvenu jusqu’à nous.
Pendant une bonne moitié du dix-septième siècle, Joseph Ignace de Boutassy régnait sur le domaine de Château-l’Arc dénommé Château Lar en ce temps là. Il avait épousé une maîtresse-femme en la personne de Gabrielle Marguerite de Guérin du Castellet. Celle-ci lui réclamait régulièrement la construction d’un château qui soit bien à elle.
Il s’exécuta ou crut s’exécuter en construisant l’actuel domaine de Vaublanc sur une terre très voisine du Château que l’on atteint par le haut du parc du château justement aux allées de Vaublanc, domaine agricole présentant trois étages et toujours visible (pour combien de temps ?). C’était une grande et belle ferme aux allures imposantes qui, à coup sûr, aurait pu apporter de belles rentes à sa propriétaire. Mais la Dame voulait un Château. En guise de remerciement pour ce royal cadeau elle eut cette phrase mémorable exprimée dans le provençal de l’époque : « Voulieu un castéou, m’as fa un pouciou » Je voulais un château, vous m’avez fait une porcherie…

Gabrielle Marguerite de GUERIN du CASTELLET décédée en 1781, épouse le 26 décembre 1714 en l’église cathédrale Saint-Sauveur d’Aix, (Charles) Joseph (Ignace) de BOUTASSY dit le marquis du Castellet, seigneur de Château-l’Arc, Fuveau et Rousset, conseiller au parlement de Provence (1713), né à Marseille le 6 juin 1690, fils de feu Louis, écuyer de Marseille, et de Marquise de BERNIER, en présence d’Antoine Bioulès notaire royal d’Aix, Joseph Isnardy, procureur au siège sénéchal d’Aix, Blaise Gros, et François Gaillardon, de Trets. Il est inhumé aux Minimes d’Aix le 30 novembre 1780.

H  Joseph-Ignace de BOUTASSY-GUÉRIN

  • Né le 6 juin 1690 – Marseille, 13000, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France
  • Décédé le 30 novembre 1780 – Les Minimes, – Aix-en-Provence, 13100, Bouches-du-Rhône, Provence-Alpes-Côte d’Azur, France, à l’âge de 90 ans
  • Sieur de Fuveau et de Rousset, Marquis de Châteaulare, Conseiller au Parlement de Provence (13-10-1713),
  • Marié avec Marguerite Gabrielle de GUÉRIN de ROUSSET

    Pompiers au Riéret (février 2015)

    Avant que la caserne des pompiers ne soit transférée à son emplacement actuel, avenue de Lattre de Tassigny, celle-ci, bien plus modeste en son temps se nichait dans les années 50 dans la traverse du Riéret. Voici une photo « in situ »  sur laquelle nous pourrons reconnaître nos héros de l’époque Démontès (Casca) Mouron, Richier, Bourelly (Saguiche) Marsiglia (Peynier), Bousquier, Séréno, Cernoia (Poupou), Giusti, Pagliardini et Polloni (Paulet)

    L’épicerie de Fine la rousse (fev 2018)

    Surprise au 18 de la rue Rondet ! En décroûtant  sa façade afin de rénover ce vénérable immeuble vieux de deux siècles, le propriétaire à eu la surprise de tomber sur l’enseigne de l’épicerie qui l’occupait avant d’être transformé en habitation.
    C’est dans les mémoires du regretté Marcel Dellasta (consultables à l’Office de tourisme et à la bibliothèque du village) que la clé du mystère a pu être élucidée. C’était l’épicerie de Joséphine Colle dite Fine la rousse qu’on connu dans les années 30 les très anciens du village.