La veille de Noël, la table familiale était recouverte de trois nappes blanches et éclairée par trois bougies, pour le souper maigre, composé de poissons ou brandade de morue, carde ou chou-fleur en sauce, omelette d’épinard, céleri à lanchouiade (sauce à l’anchois). Puis venaient les 13 Désserts en attendant la messe de la Nativité.
1 . Amandes – 2. Noisettes – 3. Noix – 4. Raisins secs – 5. Pruneaux – 6. Dattes – 7. Pâte ou gelée de coings – 8. Figues – 9 . Pommes – 10. Poires – 11. Nougat noir – 12 . Nougat blanc et 13 . Pompe à l’huile. Arrosé du Vin Cuit Palette. Cette composition peut varier selon l’endroit de la Provence que l’on habite. Ainsi à Cavaillon et à Trets les melons remplacent pommmes ou poires. A Aix, calissons ou biscotins. Ailleurs, ce sont d’autres spécialités du pays. Mais il faut qu’il y ait toujours la traditionnelle Pachichoio (les 4 mendiants) Figues, Amandes, Noisettes et Raisins secs. Ces fruits représentent les Ordres Mendiants, fondés ou réorganisés au XIIIe siècle, qui faisaient profession de ne vivre que de la charité publique: Les Carmes; Les Franciscains; Les Dominicains ; Les Augustins. La Figue rappelait la robe grise des Franciscains, L’ Amande, la robe écrue des Dominicains, La Noisette, la robe brune des Carmes, Le Raisin, la robe foncée des Augustins . G. Richier
Quel Fuvelain n’a pas participé à un loto ? Même pour ceux qui n’aiment pas ça, par solidarité avec un association ou par amitié, il a bien fallu y aller quelquefois dans sa vie. Si la réglementation actuelle fait que le choix des lots est limité et encadré, il n’en était pas de même à d’autres époques où l’on pouvait gagner des animaux vivants, du gibier souvent pendu dans la journée devant l’établissement organisateur et en fonction du public attendu des lots particulièrement importants. Les commentaires du tireur sur l’annonce de chaque boule contribuaient à l’ambiance. L’un deux, Zène Véra, était particulièrement apprécié pour ses traits d’esprit dans les années 50. Voici quelques commentaires qui accompagnaient les tirages.
01 : Premier de mille 02 : Comme papa et plus récemment comme Jean Paul 03 : Lou gibous (le bossu) 04 : La cadièro (la chaise) 05 : Coumo lei dé (comme les doigts) 06 : La queue en l’air 07 : Cette semaine 08 : La coucourdo 09 : La queue en l’air 10 : La croix de saint André (X en chiffre romain) 11 : Les jambes (on ajoutait souvent de ma femme, de la patronne ou tout autre personne) 12 : Enlève la blouse 13 : Thérèse ou porte-bonheur 14 : L’homme fort (un homme fort est fort comme 4) 15 : Le rugby 16 : De cese (pois-chiche en provençal) 18 : Les pompiers (c’est récent) 20 : Bourdin (commentaire spécifique à Fuveau, nom du marchand de vin) 22 : Les deux poulettes, les flics 33 : Le docteur 36 : Le front populaire 40 : La marine française 44 : Caracaca 45 : La moitié du jeu 50 : Le cul de ma tante 51 : Le pastis 54 : Le boulevard Baille (numéro du bus de ce boulevard qui avait son terminus à la Timone 59 : Les quinquins 66 : 99 puis le tireur se reprenait en faisant croire que la boule était sortie à l’envers) 69 : Essuyez vos moustaches 75 : L’artillerie 77 : Lei dous picolo (les deux pioches) 80 : C’est le public qui reprenait « dans le coin » 85 : Les Chouans (département de la Vendée) 89 : L’an terrible ou la révolution 90 : Le vieux grand-père, le papet Souvent : un coup de sac pour les plaignants
Cette énorme brochette de grives (lei tourdre) pouvait constituer la dotation d’une soirée, la tranche faisant partie du lot.
Les Rogations, vieille fête de la France rurale tombée en désuétude, c’était à Fuveau un véritable grand jour. On choisissait souvent le dimanche qui suivait celui des communions solennelles et toutes les familles des communiants accompagnés de tous les catholiques du village se retrouvaient à la Grand’Bastide et comme un long serpent, ce groupe de deux à trois-cents personnes allait chantant sur les chemins à travers champs sur un parcours d’un bon kilomètre pour se retrouver devant un reposoir débordant de fleurs et recevoir la bénédiction du prêtre après qu’il eût abondamment béni la campagne pour obtenir de bonnes récoltes.
La photo ci-dessus date précisément du 15 juin 1958.
Photo centenaire et à notre connaissance unique de la bague à boghei.
Au temps où la fête votive à Fuveau avait encore un sens, outre les classiques bals et concours de boules, les animations consistaient en de nombreux jeux dont la bague à boghei. Les participants juchés sur une charrette, élevée au rang de boghei pour l’occasion, se passaient à tour de rôle une longue perche et devaient retourner un pot de peinture accroché à une barre en travers du cours Leydet. Ce jeu très populaire attirait une vraie foule et les primes offertes aux plus adroits mais aussi aux plus sales, aux mieux déguisés ou autre, tombaient à gogo. Au début des années 60, cette jolie tradition qui a dégénéré en une bataille de seaux d’eau a dû être supprimée. On l’appelait également le « pouaire » ce qui veut tout simplement dire « seau » en provençal et plus précisément le seau qui va chercher l’eau au fond du puits. La Bague à Boghei se pratique encore pour la fête de Cuges-les-Pins et de Lascours, hameau de Roquevaire, sous des formes très épurées mais pour combien de temps encore ? Ce jeu est également attesté plus anciennement à La Ciotat, Château-Gombert et quelques autres lieux de la périphérie marseillaise. Depuis 2002, un nouveau comité des fêtes a remis la Bague à Boghei au goût du jour en utilisant un camion en remplacement de la charrette.
La photo ci-dessous est également unique, elle est de 1948 et c’est « Poupou » Cernoïa qui est à la perche.
NB : Le seau (pouaïre) actuellement utilisé pour ce jeu est propriété d’Elian Barthélémy, fils d’André, maçon et bricoleur émérite qui l’avait lui-même fabriqué.
Et voici une anecdote « corollaire ». Savez-vous qu’un fuvelain a failli être décapité à cause de la bague à boghei ? Dans les années 50, Valentin, un transporteur de la Barque aimait mener ses amis à la plage de La Capte en été. Pour ce faire il laissait monter dans la benne de son camion tous ceux qui le voulaient ce qui n’avait rien de répréhensible en cet heureux temps. En traversant La Ciotat, lorsque un « passager » a dit « On voit la mer », le petit Jacky s’est levé le plus haut possible sur la « tinteino » du camion, lorsque sa tête a effleuré un seau pendu en travers de la route. Il y a laissé quelques cheveux et une grosse frayeur rétrospective : il venait de toucher un « pouaire », un seau de bague à boghei. Ce « petit », c’est Jacky Casucci, fils de la dernière garde-barrière du village, celle qui durant des lustres a donné le passage aux trains de la feue ligne La Barque – Valdonne au niveau du Jas de Bassas.
Des pubs de commerçants aixois ayant une attache familiale ou commerciale à Fuveau.
Des pubs de commerçants de Fuveau et Vincent Flo en tenue.
Le programme proprement dit. Tous les intervenants sont fuvelains.
MARTHE ERBOY = Marthe Boyer JOSY RUTTY =Josiane Cerutti, épouse Colombier LOUIS GLIARD = Louis Pagliardini DENISE TALIS = Denise Vitalis,épouse de Joseph GABY GIRD = Gabriel Giraud MARCEL VARD = Marcel Véra RADI MINI = Jean SERADIMIGNI
Des pubs de commerçants de Fuveau ou d’Aix
Le mot sponsor n’était pas en usage mais les pubs plus faciles à obtenir.
Quand aurons-nous, une rue, des escaliers ou une salle Vincent Flo ?
Oui, ça y est ! C’est fait ! La partie de la D46 qui en dépit de toutes les constructions qui la bordent n’avait pas de nom et que les vieux autochtones appelaient le « Tour des Frères » est depuis mars 2019 l’avenue Vincent Flo. Il était temps. Une petite cérémonie d’inauguration eût peut-être été de rigueur mais le principal est acquis. Bonheur pour le facteur, les riverains auront un numéro!
Voici le plus célèbre des disciples de Thalie fuvelain. Homme de théâtre connu dans l’entre-deux-guerres, époque qui l’a mené sur toutes les planches de l’hexagone, en particulier avec Marcel Merkes et Paulette Merval, il a vu sa carrière brisée par l’occupation. Charles Faure-Vincent dit Vincent Flo est revenu dans son village avec une passion intacte qui l’a poussé quasiment jusqu’à la fin de ses jours à monter des pièces, écrire des poèmes toujours dans un genre comique et remettre en selle la Pastorale en utilisant le plus souvent les structures du cercle Saint-Michel, seule salle de théâtre du village à l’époque.
En tenue de scène dans « Comme la lune ».
Ici avec le populaire Zè Vottero sur la scène du cercle Saint-Michel.
En 1947, il écrit Hyppolite et compagnie, une opérette qui sera jouée 10 fois entre juin et septembre de la même année à Saint-Savournin, Fuveau, Trets, Auriol, Gréasque, Mimet, Les Milles, Rousset et deux ans plus tard au théâtre d’Aix et à la salle Mazenod à Marseille. Succès ensuite avec Réséda, Le gang des trottinettes noires en 1950, Comme la lune en 51, Les tribulations de Cabasson en 1952, Les Bijoux de l’abbé Grégoire en 54 et Feux Fu-Fu début 55. Il monte l’opérette Les Cloches de Corneville au printemps 55 mais, pour des problèmes de « droits » celle-ci ne put se jouer, par dépit, il montera un pastiche : Les cornes de Clocheville.
La traditionnelle fête du Caramentran (carême entrant) donnait lieu partout à des réjouissances diverses : danses, jeux, costumes, farces, procès factices et s’achevait toujours autour d’un feu où l’on faisait brûler le condamné, une sorte d’épouvantail qui prenait les formes les plus diverses selon les lieux et les années.
Fuveau avait sa spécificité ! Caramentran, on ne connaissait pas ! En lieu et place, on brûlait le Jambo, un épouvantail bien bourré de paille et accroché à un platane du Cours jusqu’à l’heure de son incinération.
Vous trouverez maintenant avec l’évolution très fuvelaine de l’orthographe locale, la graphie Djambo (!!!) dans les divers programmes festifs de début d’année, une erreur à rapprocher de celle qu’on commis les soi-disant géographes pour débaptiser le Pont des Frères en Pont des trois Frères. Passons encore sur cette erreur. Ceci dit, nous n’avons aucune archive locale, ni photo, ni document d’époque sur cette fête et si quelqu’un retrouvait quelque chose dans ses fonds de tiroir, le document serait le bienvenu.
Pendant l’automne 1952, Henri Verneuil réalise « Le boulanger de Valorgue » avec Fernandel. Principalement tournées à Mimet, certaines scènes le sont à Fuveau censé représenter un village italien. Quelques images extraites de ce film avec de nombreux figurants locaux font partie de notre patrimoine et du petit musée virtuel.
Dans la rue du Figuier, juste après le Cercle Saint-Michel. L’immeuble de droite est la maison natale de Barthélémy Niollon.
Fernandel dans la rue du Figuier, juste après le Cercle Saint-MichelSous la porte de Bassac
Sous la porte de Bassac, la porte ouverte était celle de l’épicerie Poli.
Devant la porte de Bassac dans l’actuelle rue Barthélémy Niollon avec vue sur le quartier de La Bégude, la ferme de la Bégude en haut à droite, le quartier du Jas de Bassas et le Pilon du Roy au fond. On voit aussi la gare de Fuveau dans les arbres au centre de l’image. Dans le film Fernandel débarque dans une gare d’Italie, ce n’est pas celle de Fuveau contrairement à des idées reçues mais celle de Simiane.
Toujours rue Barthélémy Niollon en continuant vers la chapelle Saint-Roch, la largeur de la rue est fortement diminuée par le décor d’une fausse treille. Parmi les figurants : René Vincis, Simone Vincis, Paragalo et Noël lou cantaïre.
Sous la fausse treille mais dans l’autre sens. L’enfant qui serre Fernandel est Pépino Tripodi par la suite surnommé Vedette par ses camarades, la grande fille est Marie-Antoinette De Lorenzo.
Arrivée à la campagne avec Fuveau en fond de décor. Le berceau avait été prété par Cécile Giraud, il a été celui de Michel Giraud.
Toujours à la bastide avec le cheval de Pierre Benoît et en fond les moutons de Pierre Beltrando dit Mesté Péire.
Ici, le passage du troupeau emmené par Pierre Beltrando dit Mesté Pèire.
Un dernier regard sur la bergerie de Pierre Beltrando vue de sa cour. Cette bergerie actuellement transformée en habitation était la dernière construction à droite, sur la route de Châteauneuf, juste avant l’ancienne station d’épuration, presque en face du chemin de Roque Martine. Nous devons préciser que la plus grande partie de cette scène champêtre avait été tournée à la Bastide des Beaumouilles, route de Rousset.
Film tourné en 1940 (ne pas confondre avec la version récente), cette œuvre de Pagnol dont une partie, à partir de 1 h 40, se passe à Fuveau a réellement été tournée sur notre commune, précisément près de l’ancien lavoir sur la rive droite du Grand Vallat, près d’une noria visible dans le film. Elle est aujourd’hui détruite et se trouve enfouie sous deux villas récentes. Diverses anecdotes relatives au tournage nous ont été relatées par Médée Agostini ainsi que par Françoise Ozimina. Nous avons pu savoir que toute l’équipe de tournage, acteurs et équipe technique confondus mangeait chez « Madame Alfrédo », l’actuel Bar du Cours. Si dans le film, Raimu porte le nom d’Amoretti, c’était celui de Monsieur Amoretti, pharmacien du village à cette époque qui, comme Pagnol, avait été élève au lycée Thiers à Marseille. De plus Pagnol avait également connu le père de Monsieur Amoretti, rencontré dans les bars du quartier de la Plaine à Marseille.
Décidément, Fuveau fut un village « cinégénique ». Après Fernandel dans Le boulanger de Valorgue d’Henri Verneuil en 1953, voici Paul Meurisse dans « Du mouron pour les petits oiseaux » de Marcel Carné en 1963. Monsieur Armand, Paul Meurisse, dans sa fuite vers la Cote d’Azur, est coincé par un troupeau de moutons fuvelain ! Le troupeau était celui de Roger Roubaud et le berger que l’on voit de dos était Louis Guasco. Pour l’anecdote, à l’époque, personne n’avait été payé mais au retour à la bergerie, moutons et berger avaient trouvé un gros camion de foin envoyé par les bons soins du réalisateur. Et pour l’anecdote bis, nous remercions le cinéphile chti et anonyme qui nous a adressé les trois photos ci-dessous. Pour une anecdote ter, le jour du tournage, Henri Verneui, qui était chauve, s’est fait traiter de testo pélado, tête pelée, par le berger qui en avait marre de manier ses moutons pour une caméra.
Sur la bande originale, cette scène est visible à 1h38.
Voici deux fusains totalement inédits dus à Charles Faure-Vincent plus connu sous son pseudonyme de Vincent Flo et souvent appelé Charlot par les amis. Il nous est agréable de les faire connaître sur cette page afin de perpétuer la mémoire de cet artiste fuvelain, comédien et auteur hors-pair dont la plus grande partie des oeuvres sont malheureusement égarées.
Hippolyte et Compagnie – Réséda – Le gang des trottinettes noires – Coup de Mistral – Rock and roll – Oh! Bonne mère – Comme la lune – Les bijoux de l’Abbé Gomme – Les cornes de Clocheville – Les trois mousses à terre – Feu fu-tu.
Par chance nous avons pu retrouver et copier un poème, écrit sur un brouillon, il l’avait déclamé au cours d’un repas amical et avait fait l’admiration de tous les convives.
Pour la compréhension de la fin du texte, il faut préciser que sa fille aînée est mariée au fils du premier adjoint de la mandature Philip : Lazare Richier.
Requête à la municipalité par Vincent Flo
Nous sommes en 1960 Depuis déjà pas mal de mois Le mécontentement augmente Et vous allez savoir pourquoi. Car on le dit comme on le pense, Ça gaze plus, vraiment c’est trop, Pour mettre un terme à nos souffrances, Faut un château d’eau à Fuveau. Comment voulez-vous qu’on se lave, Les vieux quartiers sont privés d’eau, Elle arrive pas à la cave, Alors plus haut, macache bono. Ah, je sais, vous allez me dire « Dans le temps, on s’en contentait » Mais les temps ont changé, Messire Maintenant, on veut se laver ! Dans le temps de la Déveulière, On venait à pieds… ma chère Pour chasser la noire poussière, Dans la cuisine on se lavait. On posait sur un seau, peuchère, Un tian bien souvent ébréché. Lou « peiróu » à la crémaillère Était plein d’eau chaude fumée. Croyez-vous que c’était pratique ? C’est pourquoi ce soir, tout de go, Je vous adresse ma supplique, Faut un château d’eau à Fuveau . Oh, je sais très bien que naguère, Les gens ne se lavaient pas trop Oui mais depuis, y a eu les guerres Et le progrès plus qu’il n’en faut. Je me souviens que ma grand-mère Une fois par an s’en allait, Á Aix aux bains de la Monnaie, Car il faut que je le raconte, Car c’est trop drôle, jugez-en, Ça vaut bien son pesant de fonte Ou d’or éventuellement… On était trois. La sœur Julie, Elle, bien sûr, cela s’entend Et pour compléter la série, Moi, qui n’avais pas bien sept ans. Elles rentraient dans la baignoire En chemise de toile écrue, Car devant moi, c’est bien notoire, Elles voulaient pas montrer leur nu. Il me semble de voir encore, Ces chemises qui se gonflaient, Restant sur l’eau, gonflant encore, La baignoire en débordait En souvenir de ces chemises, Pour ne plus voir un tel tableau, Permettez que je vous le dise, Faut un château d’eau à Fuveau. C’était péché pour nos grands-mères De se laver disons, à fond, Fallait pas laver son derrière, Juste le nez, pas le croupion. Aussi, fallait voir la marmaille Qui circulait parmi les rues Mais puis vint l’eau… Par représailles, La natalité en décrut. Les familles les mieux pensantes, Se contentaient d’un seul niston Pour nous freiner sur cette pente, Il fallait les allocations. Aussi, maintenant ça déborde, Des gosses, il y en a de trop Et pour en arrêter la horde Faut un château d’eau à Fuveau. Et que dire ? de mon beau frère Qui fait faire une salle d’eau Et ne peut laver son derrière, L’eau ne montant pas assez haut. Il est très grand sur ses deux pattes Mais c’est pas sa faute pourtant… Et même s’il était cul-de-jatte, Il pourrait pas se laver les dents. Aussi, Messieurs, je vous en prie, Pour que mon beau-frère ait de l’eau Et se lave en entier, je vous dis, Faut un château d’eau à Fuveau.
La Sainte-Barbe, patronne des Mineurs, des pompiers et des artificiers se fête le 04 décembre de chaque année. Au moins jusqu’au début des années 60, une messe solennelle était célébrée à cette occasion et une grande partie des membres de ces confréries ne l’aurait ratée pour rien au monde, pour certains, c’était même la seule occasion dans l’année d’assister à un office religieux. Le félibre local Eugène Long avait même composé un chant tout exprès que tous reprenaient de leur voix puissante. Nous avons pu en retrouver le texte intégral avec six couplets et lle refrain « sainte Barbe, toujours garde ». Précisons que si la tradition de la messe à sainte Barbe est abandonnée à Fuveau, elle se perpétue encore à Gréasque avec procession jusqu’au puits Hély d’Oissel!
Lors de sa période Gardannaise, 1885-1886, outre des vues de Gardanne, Cézanne s’est attaché à peindre la Sainte-Victoire en descendant vers la vallée de l’Arc et l’une des vues de sa montagne a été réalisée en 1886 à partir de Fuveau, plus précisément de La Barque, Quartier des Fabriques. Ce tableau, une huile sur toile 65×81 cm est actuellement propriété du Muséum of Art d’Indianapolis (U.S.A). Il est intitulé: « Sainte-Victoire. Vue de La Barque ».
Il est le seul à avoir été peint à partir de la commune de Fuveau. La maison que nous voyons en premier plan, bien que largement modifiée et maintenant entourée de végétation existe toujours, l’étage a été surélevé d’environ un mètre et comporte des œils-de-bœuf. Deux ailes supplémentaires ont été ajoutées sur la partie gauche cependant, l’emplacement des ouvertures est encore bien reconnaissable et la déclivité du terrain tant sur l’arrière de la maison que sur sa partie droite est parfaitement reproduite. Un ouvrage intitulé « Sur les pas de Cézanne » la situe 100m plus à l’ouest sur une maison plus récente mais ressemblante cependant, l’angle par rapport à la Sainte-Victoire et surtout la déclivité du terrain font qu’il s’agit bien de celle dont voici la photo ci-dessous comme nous l’a confirmé après visite in-situ Monsieur Ely, conservateur du musée Granet et éminent spécialiste de l’œuvre du Maître. C’est l’une des dernières œuvres de l’artiste peinte dans sa période gardannaise avant le décès de son père.
Cette maison se situe Chemin du Miantou. En partant de la Gare de La Barque, descendre sur 200 mètres environ, elle est à 50 mètres du chemin sur la droite et aisément reconnaissable. Il est demandé aux visiteurs de respecter la sérénité de ses occupants.
Anecdote cézannienne
C’est de Fuveau, dans le virage de la rue Rondet, que se dessine le plus beau panorama sur la Sainte-Victoire. Au cours d’une visite du village, le guide expliquait que Cézanne avait peint plusieurs fois cette montagne ce qui déclencha de la part d’une enfant particulièrement attentive cette réflexion très pertinente : « Un travail pareil, ça a dû lui prendre beaucoup de temps ! »