Les coutrons ? Qu’es acò ? Ce mot, vous ne le trouverez sur aucun dictionnaire il est spécifique à Fuveau, il fait partie du patrimoine local.
Ce qui est plus connu en Provence c’est une « androne », ça n’est pas non plus au dictionnaire mais cela désigne un passage couvert et privé dont les us et coutumes locaux font que tout un chacun peut l’emprunter librement. L’androne la plus connue est celle de Sisteron (mérite le détour) mais à Gréoux par exemple vous avez la rue de l’androne, également -entre autres- à Dauphin, à Mezel et même dans le Gard. À Trets il y en a une célèbre mais localement cela s’appelle un « trou » et les Bassaquets (surnom des Tretsois) sont fiers de parler du « Trou de Madame Lion ».
Revenons à Fuveau, les locaux appellent cela un coutron. On peut raisonnablement supposer qu’il s’agit d’une déformation de « traucon » (prononcer traoucon), petit trou en provençal. Nous en avons un magnifique que tout le monde connait, c’est tout simplement la porte de Bassac que parmi les habitants des vieux quartiers d’aucuns appellent encore le « coutron de Poli ». Plusieurs coutrons, connus des vieux résidents ont été murés et récupérés par leur propriétaire, ils facilitaient pourtant bien des raccourcis.
Il en reste pourtant un, encore en service si l’on peut dire, il est presque au bout de la rue Barthélémy Niollon côté est. Certains l’appellent le « coutron de Piq » du nom de l’ancien propriétaire, à l’origine c’était le coutron de Minguin. Lorsqu’on l’emprunte, on a vraiment l’impression de rentrer dans un jardin privé, pourtant le droit de passage ancestral est toujours respecté et nous rendons hommage à son propriétaire actuel ainsi qu’à ceux qui l’on précédé.

Le coutron de Minguin
Et ci-dessous, voilà un page du journal municipal de juillet 2004 où A.H (Auguste Honorat) a publié un article sur les coutrons.
