Jeannot Siccardi devait être né un petit jour, il n’était pas vraiment grand et n’avait pas un corps d’athlète. Il était pourtant très actif et avait travaillé dans sa jeunesse pour un maçon tretsois. Par la suite, dans les années 50, il eu l’occasion de rentrer aux Ponts et Chaussées pour y excercer le noble métier de cantonnier. Il se mit à la tâche avec la même vigueur, maniant pioche et pelle à tour de bras. Peu au fait des usages de la profession,   quand son chef d’équipe lui demandait de faire une pause, il n’en avait que faire, quand bien même ce fut un ordre. Frisant la désobeissance civique, il continuait de curer avec rage les ruisseaux de bord de route. Devant la désapprobation de ses supérieurs et collègues, un décision devint nécessaire : il fut dit que désormais, il constituerait à lui seul une équipe de travail . L’ordonnance fut prise officiellement et de ce jour on vit Jeannot sans arrêt à l’oeuvre ne comptant pas trop ses heures et toujours piochant, toujours piochant comme le pauvre Martin dans la chanson de Brassens sauf que l’exercice l’avait maintenu en bonne santé et il mourut à un âge très respectable.

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