Les traditions religieuses de type processionnaire étaient particulièrement nombreuses à Fuveau dans les siècles passés. Qu’il s’agisse de pénitents, de congrégations diverses voire de la communauté chrétienne tout entière, on ne manquait pas de montrer sa vitalité par ce moyen.
L’une des processions ayant laissé un souvenir particulier, c’est celle qui aux alentours du 24 juin partait du village pour aller en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean en passant par l’oratoire du chemin d’Aix, l’actuelle impasse de l’Esper, qui était loin d’être voie sans issue en ce temps béni, et descendait droit vers le hameau de la Grand’Bastide pour poursuivre jusqu’à la chapelle. Toute les fidéles défilaient au son des fifres et des bachas, des tambours sommaires, en chantant les litanies des saints. Le curé allait devant avec un chanteur qui égrenait la très longue liste des noms de saints du calendrier puis des saints plus locaux et la foule répondait invariablement « Ora pro nobis », priez pour nous. Or un jour le chanteur eut un trou de mémoire et ne sachant plus à quel saint se vouer, c’est le cas de le dire, il lança « Que san que siegue », quelque saint que ce soit, et la foule répondit « Ora pro nobis ». Depuis, on entend encore l’expression « Que san que siegue » pour exprimer que l’on est indifférent à une ou l’autre des solutions d’un problème.

La même histoire est connue avec la variante « Aqui l’a un traou » – « Ora pro nobis » Là, il y a un trou, le chanteur avait rencontré un trou sur le chemin de Saint-Jean.

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