Le S oublié au bout du chemin de Marlois n’est qu’un modeste détail parmi les aberrations qui foisonnent dans les noms de nos artères diverses. Nous pouvons commencer par le chemin des Esquirous, des écureuils en provençal, que nos cartographes ont affublé d’un S final ignorant totalement une règle essentielle de grammaire provençale,  pas de S même lorsque le nom est pluriel. Quoique, coté orthographe de la lengo nostro, il y a d’autres surprises chez nous.
 Et la traverse de Quène ! C’était le nom (ou le diminutif) de l’exploitant de l’ancien cinéma du village qui avait précédé Barrême jusque dans les années 50. L’ancienne plaque à droite en montant la traverse porte bien le mention traverse de Quène mais une nouvelle plaque à gauche indique traverse du Quène et à quand la traverse Duquesne ?
Autre sottise pour la rue du Ferrage parallèle au Boulevard Loubet derrière la presse. Une ferrage (au féminin) était auparavant une propriété non bâtie, c’était le cas pour ce quartier au début des années 1800. Les quartiers et rues de la Ferrage foisonnent en Provence. La rue qui nous intéresse ne doit en aucun cas évoquer le ferrage des chevaux et quand on dit chez nous de quelqu’un qu’il est « ferré » ou plein de « fer », c’est qu’il a des propriétés.
Que dire de la rue Barthélémy Niollon que de piètres administratifs ont transformé en rue Miollon ?
Et pourquoi, outre la rue du 14 Juillet, autant de rues portant le nom de tribuns révolutionnaires ? Rue Hoche, rue Marceau, rue Kléber, rue Danton, rue Mirabeau, liste peut-être non exhaustive. C’est que vers 1898, une municipalité radicale, d’extrème gauche de l’époque, a tenu à débaptiser la rue Vendôme (signe aristocrate s’il en est !) en rue Rondet, syndicaliste Forézien venu haranguer les mineurs, et en a profité pour donner un nom à connotation révolutionnaire pour ces traverses qui n’en avaient pas jusque là.

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