Voici un « classique » du patrimoine de Fuveau. Ce vénérable lavoir n’est pas encore âgé d’un siècle et demi puisque bâti seulement en 1873 après que la compagnie des mines ait creusé une galerie souterraine, dite galerie des Piémontais, destinée à évacuer les eaux de ses différents puits dans un premier temps en direction de Gréasque puis vers la mer. Il est bon et intéressant de préciser que ces eaux étaient relativement chaudes et rendaient plus agréable la tâche des lavandières. Elles se déversaient dans le ruisseau dit de la « Font des Prés » (anciennement de la Font des Pieds), lui-même se jetant dans le Grand Vallat dit parfois l’Alli ou Alic jusqu’au siècle dernier. Auparavant nos grands-mères faisaient leur lessive dans les ruisseaux surtout au niveau de la source de la Casserole (près du laboratoire actuel) et descendaient jusqu’à l’Arc pour les lessives importantes.

Dans son état actuel sur ce joli cliché de Flo Vatin,
et ci-dessous le plan établi en 1871.

Il se composait d’un rafraîchisseur, le « rafrescadou » et de deux bassins destinés au lavage proprement dit: les « lavadou », le petit bassin prévu sur l’extrême droite du plan en principe destiné au petit-linge n’a pas été construit.
Par la suite -nous sommes à Fuveau!- l’utilisation en a été contestée par les divers propriétaires riverains ainsi que par les utilisateurs des eaux du Grand Vallat en aval qu’ils soient mouliniers, fabricants de produits chimiques (usine de la « Potasse ») voire même agriculteurs arrosants. Ces diverses querelles sont contées avec de savoureux détails par Michel Colon dans son livre « Fuveau autrefois ». La dernière lavandière promenait encore son « charreton » de linge jusqu’en 1968. Après une malheureuse expérience d’utilisation comme vivier à poissons il est tombé en état de délabrement mais vient d’être agréablement restauré et peut constituer un sympathique but de promenade. Pour un peu prolonger la balade dans le passé, ont peut marcher une cinquantaine de mètres de plus pour découvrir sur la droite du Grand Vallat les substructions d’un ancien moulin qui appartenait à Toussaint Barthélémy, celui-là même qui a vendu une partie de son terrain à la commune pour édifier le lavoir.. Celui qui se trouvait sur le même ruisseau au niveau de l’ex-coopérative vinicole était propriété de Corsin Suzanne.


Et pour le plaisir le lavoir dans son état vers 1970. La photo est due à Pirozelli qui exerçait en son temps son activité de photographe à Fuveau.

Cette carte postale est connue, son éditeur qui se cache sous une ancre marine aussi mais elle a un intérêt particulier. Le pont sur le Grand Vallat est presque neuf et le lavoir est déjà caché par la végétation , la carrière de la Roucaoudo n’est pas encore ouverte mais regardez en plein centre de la photo ce moulin et sa (cheminée?). Il s’agit d’un bâtiment d’assez grande taille aujourd’hui rasé qui se trouvait sur la propriété Gontard (d’où le nom du chemin) et conséquemment juste derrière le lavoir, on peut supposer qu’ils utilisaient les mêmes eaux.
A l’extrème gauche de la photo, un autre moulin (Mouttet) devenu plus tard porcherie de Léon Roubaud et maintenant habitation au niveau du gué du Vallon.