« L’espère, quel joli nom pour désigner l’affût », c’est Alphonse Daudet qui nous le dit à la fin de Lettres de mon Moulin lorsqu’il conte ses souvenirs camarguais. A Fuveau, nous avons la bien nommée impasse de l’Espèr qui est la vraie graphie provençale pour désigner à la fois l’espoir ou l’affût quoique la prononciation locale est bien « espère » lorsque nous désignons cette forme de chasse qui consiste à se poster en attendant le passage du gibier.
Pourquoi, ici, au bout du chemin du Moulin des Forges, côté ouest, l’impasse de »l’ESPÈR » ?
Elle est bien située car au bout de cet actuel passage, donnant à la fois sur la vallée de l’Arc, la Grand’Bastide mais aussi sur la chaîne de l’Etoile, était l’espère de Dóufin en français Dauphin qui était le prénom de son propriétaire, un poste à feu de bonne qualité dans lequel on pouvait s’attendre à tirer des grives et des « petites bêtes » qui désignaient les oiseaux plus petits, pinsons, verdins, linots, gros-becs, à l’époque.
Petite note de nostalgie : lorsque les habitants du village descendaient pédestrement en droite ligne vers la chapelle Saint-Jean pour leur pèlerinage au son des « bachas », ils empruntaient cette voie avant de traverser la Grand’Bastide.

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