Il était courant voici plus d’un siècle de trouver des plaisanteries sur les villages voisins en voici un florilège loin d’être exhaustif pour en venir à Fuveau.
Iéu siou d’Auriòu, m’en trùfi (Je suis d’Auriol, je m’en moque !)
À Pourrièro, se metton à dous per porta un téule (À Pourrières, ils se mettent à deux pour porter une tuile)
Li gent de La Ciéutat, amon mai tout que la mita (Les gens de La Ciotat préfèrent tout que la moitié)
Au Martegue, dous fan mai qu’un (Aux Martigues, deux font plus qu’un)
À la Diauto, pagon per lei régret (À La Diote, ils paient pour chanter les regrets aux enterrements)
Même une en français : les hommes, c’est comme les poêlons d’Aubagne, ils périssent tous par la queue.
Et pour Fuveau alors ? Fuvéu, pitchoun villagi, grand bordéu

L’explication est sur la photo. Dans les années 1890 et suivantes, le café-hôtel Frégier avait une certaine réputation loin d’être usurpée. À l’entrée de l’établissement, l’arbre qui était planté était un jujubier et ça n’était pas par hasard. En provençal, une jujube se disait « chichourlo » et une chichourlo, c’était une dame que nous dirons avenante ; à l’étage, elles ne manquaient pas. Le propriétaire, bravant toutes les injonctions et procès-verbaux qui lui étaient dressés n’en faisait qu’à sa tête et faisait fructifier son commerce. On venait d’assez loin pour y rencontrer ces dames, on dit même que le célèbre abbé Saunière, y faisait un détour quand il se rendait en pèlerinage à la Sainte-Baume. Dès lors, ce dicton collait aux basques de Fuveau.