Le glorieux saint Roch avait protégé la communauté fuvelaine de la contagion lors de la peste de 1720 et dans les années qui suivirent, sous l’impulsion du consul Honorat Jourdan une chapelle lui fut élevée.
L’habitude d’aller y chanter le Salve Régina le soir du 15 août fut rapidement prise. Du début du siècle dernier et jusqu’à nos jours, l’office s’achevait par « O grand san Ro », chant en provençal dû à Eugène Long. La mélodie que vous entendez est de Constant Chayne et correspond à ce chant.

Le chœur de la chapelle a gardé sensiblement le même aspect aujourd’hui que sur cette photo de 1906.

Voici le « trésor » de la chapelle Saint-Roch, ce superbe ex-voto sur lequel on peut lire :
Honorat Jourdan étant consul en l’année 1720
la peste étant dans la Province
le peuple ayant recours au glorieux saint Roch
ce lieu a été préservé de ce mal
et en mémoire cette chapelle a été édifiée des aumônes
que le sieur Jourdant a ramassées des bonnes gens
et il a fait faire ce tableau avec sa famille
C’est effectivement le saint en majesté, le consul avec sa mère, sa femme et ses six enfants qui sont représentés.


À l’angle rue Barthélémy Niollon – rue de la Paix, voici l’édifice dans son état actuel. Au fronton on peut lire la date de 1729.
Précisions sur saint Roch
Au début du XIe siècle, Roch, un jeune montpelliérain, partit pour Rome accompagné de son chien et sur son chemin, guérit de nombreux malades, en particulier des pestiférés. Il est normal qu’après la grande peste de 1720, de nombreux oratoires et chapelles aient été élevés en son honneur par les communautés qui avaient été épargnées de ce mal. L’église a fixé sa fête au 16 août ce qui explique que son culte accompagne souvent celui de l’Assomption.
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Ce cantique, dû à Eugène Long, les fuvelains ont pris pour habitude de le chanter tous les 16 août . On l’appelle parfois le chant du « Grand Roumiou », ce mot signifie pèlerin. La musique que vous entendez, due à Constant Chayne est précisément celle de ce cantique.
Cantico de Sant Ro.
Canten, Crestian, canten la glori
E fasen redire eis écos
E lou renoun e la memori
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
Emé lou cor que nous trampello,
Plen d’afecioun e d’estrambor
Venen prega dins la capello
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
Coumo un sourgent que toujour raïo,
Maugra lei esten e lei ro,
Caminaren dedins la draïo
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
En aqueou san tant populari
Sieguen sempre un pople dévo
E saluden lou santuari
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
E se jamaï la pesto affrouso
Venié ravaja notei lio,
Implouren l’ajudo amistouso,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
Se d’autrei fléu nous menaçavoun,
Vers eu moutarien nostei vo,
Envoucant lei man que sauvavoun,
Dòu grand Roumiou, dòu grand San Ro.
Mai dou pecca qu’es taco d’oli,
Aluencho lei bouco de fio,
E gardo nous per l’aout regoli
O grand Roumiou, o grand San Ro.

Une autre vue de la chapelle Saint-Roch, l’un des nombreux endroits de Fuveau bien exposés où les dames aimaient se retrouver pour enfiler des perles.