Anecdote triste et grave.
Nous sommes en 1944, année où les rafles sont une quasi-institution à Fuveau comme dans les villages environnants. Rafles de jeunes gens à emmener en camp de travail et rafles de familles juives. Au village, l’une d’elles reste mystérieuse, le docteur Laurent, Loran KIESELSTEIN, son épouse Berthe et leur fille ont adopté cette identité discrète avec des papiers parfaitement imités. Ils sont domiciliés au début de l’actuel chemin du Guignolet, sur l’avenue Alexandre Philip, à l’époque chemin de Gréasque, malheureusement quelques langues de Satan connaissent leur origine. Ils sont arrêtés par la gestapo et emmenés en camp de concentration, père d’un côté, mère et fille de l’autre. Un an plus tard, le père qui a réussi à s’évader revient au village, il y reste plus de six mois dans l’espoir de recevoir des nouvelles de sa famille. N’attendant plus rien, il en est reparti pour s’installer à Paris où il exerçait sa profession de médecin. Il est décédé en Corse le 29 décembre 1997.
Dans un article publié sur le bulletin paroissial en avril 2002 et intitulé « Il y a-t-il eu des justes à Fuveau ? », Auguste Honorat avait détaillé l’histoire de cette famille. Leur toute jeune petite fille Madeleine, née le 09 octobre 1942, a également été raflée alors qu’elle était cachée chez une autre personne. Il y a donc eu au moins un juste, plutôt une juste, à Fuveau mais combien d’injustes et de lâches ?
La famille Bielski et leur deux enfants domiciliés rue du Tuve ont subi le même sort. Nous avons retrouvé un vrai faux-tampon de l’époque fabriqué par un fuvelain et qui aurait permis à certains de s’exiler au Luxembourg.
Voici l’épilogue
Nous détenons le document qui prouve comment le maire Barthélémy Félix dit Bamban a dénoncé et fait arrêter le docteur Laurent par le plus odieux des stratagèmes, en lui donnant un rendez-vous à cinq heures du matin en mairie pour lui donner un soi-disant laisser-passer. Ce n’est pas ce fourbe collabo qui était là mais la Gestapo qui a emmené sans ménagement la famille vers les camps de la mort ! C’est bien trop grave et trop sordide pour que celui-ci soit publié. L’avocat le plus habile de la place d’Aix à l’époque, payé à prix d’or, a su éviter à ce criminel d’être fusillé et il a pu finir sa vie en toute quiétude comme sacristain de l’église Sainte-Rita à Nice… où de belles Fuvelaines aimaient à aller en pèlerinage..
.Et dire que cet assassin a été acquitté en s’offrant les services du meilleur avocat de la place d’Aix à l’époque!