
Les joueurs qui évoluent cette saison sur le stade de foot ignorent vraisemblablement pourquoi il a été baptisé ainsi bien que les tristes circonstances qui en ont fait le Stade Paul Prieur fassent partie d’un passé relativement proche.
Né en 1912, Paul était le fils d’un fromager des Alpes qui avait épousé une fuvelaine et s’était fixé au village. Après avoir fait un certain temps sa tournée « avec la brouette », celui-ci avait étendu son commerce jusqu’à desservir toute la région et devenir un commerçant aisé. N’avait-il pas acheté la voiture du docteur Barthélémy ?
Paul, fils unique et enfant gâté, fut l’un des premiers à pouvoir aller se baigner à l’Arc en vélo. Il n’eut aucune peine dans ses études à l’école de Monsieur Rabasse et plus tard dans le secondaire ce qui ne l’empêchait pas d’être un bon vivant comme nous le rappelaient ses amis qui l’ont bien connu et de participer à des « parties de cabanon sanglantes » comme savaient le faire certains jeunes du village.
Quelque temps après la première guerre s’était montée l’équipe de foot du village, le Joyeux Sport Fuvelain, composé pour mémoire de : NOZIGLIA dit Chinchet, goal. Henri RICHAUD, Lazare CHAYNE, arrières. Maurice ETIENNE, René REY, Marcel REY, demis. Pierre GRAND et Kléber PECOL, inters. BOYER et Daniel OLIVE ailiers. Avant-centre Daniel LAFOY. Quelque temps plus tard, les THEAGNO, Jean TRINCI, Camille BOURELLY, Jean GIRAUD puis Paul PRIEUR étaient venu remplacer ceux qui prenaient de l’âge.
Travaillant avec son père, Paul pouvait trouver le temps de sacrifier à une autre passion : l’aviation. Il venait d’obtenir son brevet de pilote civil à Istres lorsque le 15 mai 1936 il entra en collision avec un avion militaire au-dessus de Marignane. Il avait 24 ans.
Une foule l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure, une remarquable tombe de marbre noir à gauche en rentrant dans le cimetière. C’est à ce moment que le stade qui n’avait pas de nom devint le stade Paul PRIEUR.


Paul PRIEUR en cache-nez au cabanon avec ses amis, Fortuné ROUBAUD, Jean NEGREL et Jean RICHIER, affalé.