Juste en-dessous du cimetière, lorsqu’on emprunte à gauche en descendant ce joli chemin de terre, on trouve un panneau bien mystérieux pour le profane mais si beau pour l’initié que vous êtes ou que vous allez devenir. Cette impasse qui n’en est pas vraiment une suit le tracé de l’ancienne voie ferrée La Barque-Valdonne.
Traduit littéralement, c’est l’impasse « Le fond de terre du soldat ». Non, vous ne trouverez pas de cimetière militaire en ces lieux. Lou Bèn, c’est le champ ou le fond de terre souvent d’ailleurs francisé en « bien » pour ceux qui mélangent les langages provençaux et français. Quant au « sóudat », il désigne bien le soldat qui en l’occurrence avait été le surnom d’un Vitalis, plus tard surnom de toute une dynastie de Vitalis qu’il fallait bien différencier d’une façon ou d’une autre. Les plus nombreux étaient les Vitalis « dòu Castèu », du château, mais les Sóudat prononcé et écrit « Sourdat » dans sa forme marseillaise voire « sordat » plus localement, n’avaient rien à leur envier, de plus ils avaient la réputation d’apprécier les plaisirs du palais.
« A taulo lei Sourdat », à table les Sourdat, était encore il y a peu une expression populaire courante du village. On connaît aussi la devise que s’étaient donnée certains Vitalis : « La table et le reste ».
Dans ce quartier auparavant tout en restanques, le moindre lopin était cultivé et le nom de l’impasse correspond tout à fait à la réalité historique de notre microcosme villageois.


Tant pis pour les quatre fautes d’accent, une par mot, sur cette plaque néanmoins intéressante.
Le chemin de terre n’existe déjà plus, depuis août 2010 c’est une large voie, et non plus une impasse, qui mène à l’école de la Roque Martine.